Chapitre 111
À vrai dire, Roan se trouvait dans une impasse avant cette conférence spéciale.
Face à un auditoire composé des génies de l'Académie de Tron, il ne savait absolument pas de quoi parler.
Pour ce qui était de l'administration, de l'étiquette, de l'histoire ou de la philosophie, il était évident que les étudiants en savaient bien plus que lui.
« Si je devais parler de guerres et de batailles, je pourrais discourir pendant des heures, mais… »
Avec cela seul, ni les étudiants ni Roan n'apprendraient quoi que ce soit les uns des autres.
Roan espérait qu'il y aurait quelque chose qu'il pourrait lui aussi retirer de cette conférence spéciale.
C'est alors qu'un sujet lui vint soudainement à l'esprit : « Et si vous connaissiez l'avenir ? ».
« Un débat déguisé en conférence spéciale. »
À travers ce débat avec les étudiants de l'Académie de Tron, Roan comptait imaginer de nouvelles méthodes variées pour se préparer à l'avenir.
« Bien entendu, il y a aussi des choses que je peux leur enseigner. »
Des récits qu'un soldat ayant connu toutes sortes de batailles et de guerres pourrait partager.
Cela aussi, du point de vue des étudiants, pourrait constituer une expérience précieuse.
D’un regard calme, Roan fixa les étudiants.
« Qu’a-t-il dit à l’instant ? »
« Si vous connaissiez l’avenir…… ? »
« Est-ce qu’il nous interroge, là ? »
Apparemment déconcertés par ce style de cours inattendu, les étudiants chuchotèrent entre eux.
N’y prêtant aucune attention, Roan écarta les bras.
« Pour l’instant, mettons-nous d’accord sur un scénario. Vous êtes des étudiants de quatrième année à l’Académie de Tron, à l’aube de votre diplôme. Votre maison est une noblesse déchue et vous n’êtes pas des élèves sur qui reposent de grandes attentes. Mais comme je vous l’ai dit auparavant, vous savez ce qui va se passer dans le futur. »
Sa bouche se courba lentement vers le haut.
« Vous savez que dans un an, le Royaume de Byron tentera une attaque surprise et envahira les frontières nord de notre royaume. »
À mesure que le récit avançait, les murmures des étudiants redoublèrent.
Roan parla d’une voix forte en arpentant l’estrade.
« Mais notre Royaume de Rinse est totalement pris au dépourvu. »
Hormis le moment choisi et l'adversaire, la configuration était exactement la même que celle de la guerre qui avait opposé le Royaume de Rinse au Royaume d'Istel l'année précédente.
Roan plongea son regard dans les yeux des étudiants.
« Dans une telle situation, que feriez-vous ? »
La question fut lancée.
Aussitôt, les murmures parmi les étudiants cessèrent.
Un silence étrange s'installa.
Roan sourit avec entrain et haussa les épaules.
« Tron n'est-elle pas censée être la meilleure académie du royaume ? Il semble que tout le monde ne soit pas aussi brillant que le prétendent les rumeurs. »
Une provocation.
Le visage des étudiants vira au rouge vif.
Une chaleur inhabituelle se propagea dans la salle.
À cet instant, un étudiant se leva brusquement.
« Je suis Charles Linkamp, étudiant en troisième année à l'école de chevalerie de l'Académie de Tron. Informer le palais, le quartier général de l'armée centrale, ou à tout le moins le quartier général des troupes du Nord, ne résoudrait-il pas le problème ? »
Plusieurs étudiants hochèrent la tête, comme pour approuver cette suggestion.
En revanche, l'expression de Roan trahissait son insatisfaction.
« De telles personnalités éminentes accorderaient-elles le moindre crédit aux paroles d'un simple étudiant ? »
« Cela, c'est que… »
Charles ne put poursuivre sa phrase et finit par se rasseoir.
Soudain, une voix irritée s'éleva de quelque part.
« Je n'ai même pas besoin de réfléchir autant à ce problème. Il me suffit d'en parler à mon père. »
Roan tourna son regard vers l'origine de la voix.
Un jeune homme à l'allure délicate arborait une expression arrogante.
« Pourriez-vous nous donner votre nom ? »
À ces mots, le jeune homme eut un sourire pompeux et répondit à haute voix.
« Kyle Chase. Je… je suis le second fils de la maison du Comte Chase. »
Le jeune homme était le second fils du Comte Jonathan Chase et redoublait sa troisième année à l'école d'administration de l'Académie de Tron.
Roan esquissa un léger sourire et secoua la tête.
« Nous nous étions mis d'accord sur le scénario avant de commencer. Tu es un étudiant de quatrième année sur le point d'obtenir son diplôme de l'Académie de Tron, ta maison est une noblesse déchue, et personne n'attend grand-chose de toi. Dans ce contexte, ton père n'est pas Monsieur le Comte Chase. »
« Non, c'est… »
Kyle hésita un instant avant de rougir.
C'est alors qu'un autre étudiant prit la parole avec une expression irritée.
« Que pourrait bien faire un simple étudiant issu d'une noblesse déchue dont personne n'attend rien ? »
Les autres étudiants froncèrent les sourcils et acquiescèrent.
« Ouais. Peu importe la façon dont on tourne la chose, il n'y a vraiment rien que nous puissions faire. »
L'un des étudiants demanda à Roan :
« Si vous étiez à notre place, Monsieur le Baron, que feriez-vous ? »
Tous les regards se tournèrent vers Roan.
Roan répondit avec un sourire enjoué.
« Qui sait ? Que diriez-vous de postuler pour les troupes du Nord ? Au sein des troupes du Nord, nous accumulerons des mérites tout en menant des missions, et nous chercherons des signes indiquant que les troupes du Royaume de Byron agissent de manière suspecte. Si nous obtenons des preuves, même les généraux en chef de l'armée ne pourront pas nous ignorer facilement. »
C'était, en réalité, la méthode que Roan avait employée avant la guerre contre le Royaume d'Istel.
À cet instant, un étudiant leva la main.
« Je suis Justin Buford, étudiant en quatrième année à l'école d'administration de l'Académie de Tron. La méthode que vous proposez n'est possible que pour les diplômés de l'école de chevalerie. »
Roan hocha la tête à ces mots.
« Vous avez raison. C'est indéniable. »
« Alors, que devraient faire les autres, comme nous, issus de l'école d'administration ? »
Les yeux de Justin brillaient de passion.
Cela signifiait qu'il ne cherchait pas une simple réponse, malgré sa question.
Roan ne manqua pas ce détail.
« Qui sait ? As-tu une idée intéressante ? »
Il lui retourna la question.
Un étrange sourire se dessina sur les lèvres de Justin.
Se tenant droit, il exposa ses réflexions d'une voix assurée.
« Pour commencer, je me porterais moi aussi volontaire pour les troupes du Nord. Ensuite, tout en réduisant les dépenses vagues en fournitures militaires et en vivres pour accroître les économies, je réparerais les anciennes installations défensives. Parallèlement, je remettrais les routes en état et j'instaurerais un entraînement militaire périodique pour les habitants… »
Un exposé mûrement réfléchi se poursuivit pendant un long moment.
Les étudiants écoutaient, sans même s'en rendre compte, le récit de Justin avec une attention soutenue.
« C'est un étudiant brillant. »
Roan sourit intérieurement.
Sur ces mots, la présentation de Justin prit fin.
« Avec tout cela, je prédis que nous serions capables de répondre adéquatement à une invasion soudaine. »
« Hmm. »
Un murmure sourd s'éleva de çà et là.
Roan frappa légèrement dans ses mains et hocha la tête.
« C'est un excellent plan. Mais quelqu'un confierait-il une tâche d'une telle envergure à un administrateur débutant tout juste sorti de l'académie ? »
« C'est que… »
Alors que Justin tentait de répondre.
Un jeune homme se leva soudainement de son siège.
« Nous pouvons commencer en tant qu'administrateur de bas rang au dépôt de ravitaillement militaire. Si nous parvenons simplement à rectifier les prêts et les baux dans le registre, nous devrions être en mesure de réduire les fuites inutiles de fournitures militaires. »
Justin poursuivit la suite.
« Il a raison. Si nous pouvons superviser efficacement les fournitures militaires, ne serions-nous pas reconnus par le commandant de troupe et ne recevrions-nous pas des missions plus importantes ? »
Ce fut le point de départ.
Bientôt, diverses suggestions fusèrent de toutes parts.
« On ne peut pas gravir les échelons simplement en accomplissant bien ses missions. »
« Ouais. C’est bien plus complexe en réalité. »
« Ne vaudrait-il pas mieux, au contraire, découvrir les raisons pour lesquelles le Royaume de Byron nous envahit ? »
« C’est exact. Si nous pouvions résoudre ce problème, nous pourrions éviter une guerre inutile. »
« Et s’il n’y avait aucune raison ? Nous finirions par perdre une année entière. »
À présent, Roan n’avait plus besoin d’intervenir.
D’eux-mêmes, les étudiants entamèrent un débat passionné.
Les élèves de l’école d’administration, de l’école d’éducation et de l’école de magie commencèrent les premiers, puis, plus tard, ceux de l’école de chevalerie et de l’école militaire se joignirent à eux.
Le débat s’éternisa sans fin.
Roan n’intervenait que légèrement de temps à autre pour calmer le jeu lorsque la discussion devenait trop houleuse, se contentant pour le reste de rester debout et d’observer.
« C’est un spectacle assez inédit. »
« Tu as raison. C’est la première fois que je vois un débat aussi enflammé. »
« Quoi qu’il en soit, ils sont tous très intelligents. »
« Je n'aurais jamais cru qu'il pût exister des plans et des réflexions si diversifiés. »
Même les professeurs de l'Académie de Tron semblaient surpris par le débat enflammé des étudiants.
Le directeur Fred Brown, qui observait la scène depuis le côté, esquissa un léger sourire.
« Nous devrions intégrer ce type de cours au programme éducatif principal. »
De nombreux professeurs acquiescèrent à ces mots.
Pendant tout ce temps, le débat passionné s'était enlisé dans une impasse.
Plusieurs centaines d'étudiants avaient partagé leurs suggestions, mais aucune réponse claire n'en ressortait.
Finalement, Justin leva la main.
« Monsieur le Baron. À ce rythme, cela ne finira jamais. Je vous en prie, dites-nous quelle est la bonne réponse. »
« Oui. Quelle est donc la réponse correcte ? »
« Que devrions-nous faire ? »
Les étudiants s'exclamèrent, les traits marqués par l'exaspération.
Roan les observa un instant sans bouger, puis leva les mains pour apaiser l'atmosphère.
Avec un sourire radieux, il fixa les étudiants.
« La réponse est déjà toute trouvée. »
À ces mots, les étudiants se regardèrent et commencèrent à s'agiter.
Il en fut de même pour le directeur et les professeurs.
« Quoi ? Quelle était la réponse ? »
« Alors, comme on pouvait s'y attendre, la réponse consiste-t-elle à postuler pour les troupes du Nord, comme l'a suggéré le Baron Tale ? »
« Mais cela n'est possible que pour les diplômés de l'école de chevalerie. »
Le brouhaha ne cessait de croître.
Roan leva de nouveau la main pour calmer l'assemblée.
« La réponse à ce sujet est…… »
Gloups.
Chacun déglutit difficilement.
Sentant leurs regards peser sur lui, Roan poursuivit calmement ses paroles.
« Toutes les suggestions émises jusqu'à présent. »
Soudain, les étudiants et les professeurs affichèrent des expressions stupéfaites.
Des expressions vides de toute âme.
Roan continua de parler sans s'en soucier.
« Il n'existe pas de réponse unique à ce sujet. Cependant, il existe d'innombrables réponses diverses. »
Il pointa les étudiants du doigt.
« Les méthodes que vous avez tous suggérées sont ces réponses. »
Le silence se prolongea.
« Ce n'est pas possible… »
Quelques étudiants murmurèrent d'une voix basse.
Bientôt, des cris mêlés d'agacement retentirent.
« Toutes les suggestions que nous avons avancées sont-elles les réponses ? »
« Voulez-vous dire qu'il n'y a pas de bonne réponse ? »
« Alors, pourquoi avons-nous même eu ce débat ? »
« Avons-nous simplement perdu notre temps ? »
Roan secoua la tête à ces mots.
Il déplaça lentement ses pieds et se tint devant le bureau.
À partir de cet instant, ce fut l'histoire que Roan voulait raconter.
« Tout le monde. Si vous connaissiez l'avenir, auriez-vous l'impression de pouvoir tout faire et tout accomplir ? Mais lorsque nous avons réellement débattu, vous auriez dû réaliser qu'il y a beaucoup moins de choses que vous pouvez faire que ce que vous pensiez au départ. Au contraire, vous seriez également effrayés. Parce que si vous ne pouvez pas réagir correctement, vous ou les personnes qui vous sont chères pourriez mourir. »
Les étudiants qui clamaient se turent.
Ils écoutèrent attentivement le récit de Roan.
« Connaître l'avenir ; ce n'est pas aussi difficile que vous le pensez. Quelle est la raison pour laquelle tout le monde étudie dur pendant quatre ans à l'académie ? Pour gagner de la richesse ? Pour le pouvoir ? L'honneur ? En fin de compte, c'est pour l'avenir. Les amis intelligents et ceux qui ont étudié avec diligence devraient le savoir. Quels types de cultures et de minéraux deviendront précieux, ou peut-être où se situe le pouvoir politique actuel du royaume et vers où il se dirige. Vous devriez être capables de prédire et de juger ces choses. »
Plusieurs étudiants hochèrent la tête.
Les paroles de Roan continuèrent.
« En fin de compte, la seule différence réside dans votre degré de certitude, et cela ne diffère guère de la connaissance de l'avenir. Je vous repose la question à tous. Dans un an, le prix du blé montera en flèche. Que ferez-vous ? »
Les étudiants ne répondirent pas immédiatement et multiplièrent les plans, encore et encore.
En observant l'éclat qui brillait dans leurs yeux, Roan esquissa un léger sourire.
« Ce à quoi vous pensez tous en ce moment, ce sont les réponses pour préparer l'avenir. Mais ce n'est pas tout. »
D'un doigt, il pointa sa tête.
« Le monde n'est pas à l'intérieur de votre tête. Le monde est… »
Le doigt qui pointait la tête se dirigea vers le ciel.
« Dehors. »
Une certaine force s'installa dans sa voix.
« Ne vous contentez pas de réfléchir, agissez personnellement. Vous avez déjà de nombreuses réponses. Maintenant, il est temps… »
Un sourire flottait sur les lèvres de Roan.
« Pour prouver la réponse. »
Sur ces mots, la leçon prit fin.
L'histoire que Roan souhaitait transmettre aux étudiants.
À savoir qu'ils devaient se mouvoir, agir, affronter et faire l'expérience des choses par eux-mêmes.
Les gens intelligents ne manquaient pas.
Si l'on incluait ceux qui se croyaient tels, ce nombre augmentait encore davantage.
Mais en réalité, bien peu étaient ceux qui inscrivaient leur nom dans l'histoire.
« Si vous vous contentez de songer à marcher sans jamais faire un pas… »
Les yeux de Roan brillèrent d'un éclat vif.
« … aucune empreinte ne subsistera. »
Même en cas d'échec ou de désespoir, les traces laissées derrière soi deviendraient un signe pour les autres.
« Si vous marchez encore et encore, vous finirez par atteindre votre but. »
C’est précisément ainsi que Roan avançait sans relâche, en cet instant même.
Il ne se contentait pas de réfléchir et de planifier, il marchait, concrètement.
Il souhaitait que les étudiants de l’Académie de Tron deviennent, eux aussi, des individus qui avancent avec diligence.
« Je ne sais pas s’ils ont saisi mon message. »
Roan esquissa un sourire amer intérieurement.
Il n’était pas certain de l’effet produit sur les étudiants, mais il avait lui-même retiré beaucoup de choses de cette conférence spéciale.
« Parmi les nombreuses méthodes suggérées par les étudiants, il y en avait un bon nombre qui méritaient d’être exploitées. »
Des méthodes audacieuses et radicales que la plupart des nobles auraient probablement évitées.
Roan comptait bien les affiner.
« Sur ce, je conclus cette conférence spéciale. »
Il se dirigea vers le côté du bureau et s’inclina.
Les étudiants semblaient encore plongés dans leurs pensées.
À cette vue, Roan esquissa un léger sourire.
C'est alors.
« Monsieur le Baron Tale. »
Parmi les étudiants, un jeune homme à la carrure imposante se leva.
C'était un jeune homme fort séduisant, mais son visage était empreint d'une expression de lassitude.
« Je suis Brian Miles, étudiant en quatrième année à l'école de chevalerie de l'Académie de Tron. »
Soudain, un air stupéfait apparut sur le visage de Roan.
« Brian Miles ? »
Un nom qu'il avait oublié jusqu'à présent.
Mais c'était un nom que tout chevalier ou soldat du royaume avait forcément entendu au moins une fois.
Du moins, c'était le cas dans sa vie passée.
Surtout pour Roan, qui était l'ami de Pierce, il était quelqu'un qui avait laissé une forte impression.
Il plongea son regard droit dans les yeux de Brian.
« Brian Miles. »
Son cœur battait la chamade.
« Le génie malheureux. »
*****
Boum !
Depuis les profondeurs des montagnes, une explosion retentit soudainement.
Kugugugung.
Des arbres géants s'effondrèrent et un flanc de montagne s'écroula.
Keuheoheoheong.
Et dans la foulée, le cri d'un monstre résonna.
Bang !
Une nouvelle explosion retentit.
Le cri du monstre, comme s'il s'agissait d'un mensonge, ne se faisait plus entendre.
À la place.
« Hé ! Je t'avais dit de contrôler ta force. Ta manipulation du mana est encore trop brute ! »
Un rugissement colérique résonna bruyamment.
Puis.
« Maître. Ce n'est pas aussi simple qu'il y paraît. »
Une voix maussade s'éleva.
Bientôt, l'arbre abattu fut écarté et un homme d'âge mûr ainsi qu'un jeune homme apparurent.
Tous deux avaient les cheveux et la barbe longs.
Le jeune homme s'assit sur l'arbre et soupira.
« Huu. »
À cette vue, l'homme d'âge mûr fronça les sourcils.
« Pourquoi ce soupir, tout à coup ? »
Une voix qui se voulait quelque peu amusée.
Puk !
En guise de réponse, le jeune homme planta la lance qu'il tenait dans sa main droite près de son pied.
L'homme d'âge mûr ricana et jeta un coup d'œil.
« Pourquoi ? Tu veux redescendre ? »
À ces mots, le jeune homme soupira de nouveau.
« Huu. Cela fait déjà un an que nous sommes entrés dans les montagnes de Grain. N'est-il pas temps de redescendre ? »
« Et tu es satisfait de tes compétences ? »
L'homme d'âge mûr lança cette question en guise de réponse.
Le jeune homme ne fut pas en mesure de dire quoi que ce soit.
Les paroles de l'homme d'âge mûr continuèrent.
« Même si tu t'arrêtes maintenant, ton nom sera toujours cité parmi les meilleurs lanciers du royaume. Mais cela s'arrête là. Si Roan agit en ayant le continent pour théâtre, alors tu ne seras qu'un ami médiocre. »
Roan. Le nom de Roan sortit de la bouche de l'homme d'âge mûr.
« J'ai entendu dire que tu avais fait une promesse à Roan. Celle de devenir le meilleur lancier du continent. »
Le coup de grâce.
Le jeune homme, qui gardait la tête basse, se redressa soudainement.
Saisissant la lance à ses pieds, il fixa l'homme d'âge mûr.
« Maître. Allons dans un endroit plus reculé. »
À ces mots, l'homme d'âge mûr sourit avec éclat.
« Voilà qui est mieux. Maintenant, tu agis comme Pierce. »
Pierce.
L'identité du jeune homme était Pierce.
Et l'homme d'âge mûr qui poussait Pierce avec tant de rudesse n'était autre que Reil Baker, l'homme connu comme un génie de la lance.
Pour leur entraînement au maniement de la lance, les deux hommes s'étaient enfoncés dans les montagnes de Grain.
Grâce à cela, ils n'avaient absolument aucune idée de ce qui arrivait au Royaume de Rinse et à Roan.
Ils se concentraient simplement, encore et encore, sur leur entraînement.
Reil passa le bras autour de Pierce et prit un air sauvage.
« Alors. Devons-nous aller plus profondément ? »
Pierce eut un sourire amer à ces mots.
Mais ses pas se dirigeaient déjà vers les profondeurs des montagnes de Grain.
« Monsieur l'Adjudant Roan. Encore un peu, je vous en prie, attendez encore un peu. »
Sa loyauté demeurait intacte.
Non, sa loyauté s'approfondissait à mesure que le temps passé loin de lui s'étirait.
Bientôt, Pierce et Reil disparurent.
Boum !
Une fois de plus, une explosion retentit.
Et.
« Hé ! Je t'avais dit de contrôler ta force ! »
La voix de Reil suivit.
< Académie Tron 2 > Fin
Traducteur : CSV
Correcteur : st8_lupe.