Chapitre 1
Chapitre 1 - Ma future petite amie est morte (1)
Traduction: Moonkissed
Combien de temps s'est écoulé depuis ce jour ?
J'ai essayé de me souvenir avec mon esprit embrumé, mais c'était difficile.
J'aurais dû me souvenir du jour où ma petite amie – non, ma future petite amie – est morte, mais je n'y arrivais pas. N'importe quelle femme m'aurait probablement méprisé si elle avait appris que j'avais oublié quelque chose d'aussi important.
J'ai expiré et la fumée s'est échappée au contact de l'air froid. Je marchais sans but dans les belles rues de Paris. Je ne vivais pas à Paris, mais j'étais venu ici avec ma future petite amie et d'autres amis. C'était moi qui avais proposé d'aller à Paris.
On pourrait se demander qui irait à Paris en hiver, mais j'avais un plan. Je voulais lui avouer mes sentiments dans la ville de l'amour, au sommet de la tour Eiffel. Cela peut paraître enfantin, ridicule, embarrassant ou autre, mais c'était ma façon d'exprimer à quel point je l'aimais.
Ah.
Je pense que cela fait environ une semaine qu'elle est décédée.
J'aurais déjà dû partir pour Londres, où je vis, mais j'étais toujours coincé dans la ville de l'amour. Je n'avais pas de famille, donc personne ne s'inquiéterait pour moi de toute façon. Ma seule famille était peut-être cette fille, mais elle est morte maintenant...
Quelle vie de merde je menais.
Mes parents et ma petite sœur sont morts dans un accident de voiture quand j'avais seulement dix-sept ans. Depuis, je vivais grâce à l'assurance-vie de mes parents. Je vivais, mais pour moi, c'était l'enfer. Je n'avais personne à qui tenir.
J'avais toujours été quelqu'un de jovial, mais depuis la mort de ma famille, j'étais devenu un véritable introverti et j'aimais ça sincèrement. Je me sentais en paix quand j'étais seul. Je pouvais comprendre à quel point l'introverti que j'avais rencontré auparavant se sentait seul.
Après cela, j'ai commencé à étudier l'informatique dans une école spécialisée dans ce domaine. Cela fait près de quatre ans que j'étudie dans cette école, car j'ai maintenant 22 ans. En tant qu'introverti, j'aurais dû rester seul pendant ces quatre années, mais non. Elle ne m'avait pas laissé vivre comme ça. Je parle bien sûr de la femme que j'ai le plus aimée dans ma vie.
Elle a engagé la conversation avec moi lorsque nous avons dû réaliser un projet à deux. Par hasard, je me suis retrouvé avec elle, probablement la plus belle fille que j'aie jamais rencontrée. Au début, j'étais timide, mais elle a réussi à me mettre à l'aise. Pendant quatre ans, je lui ai parlé, j'ai appris à la connaître et je suis tombé amoureux d'elle.
Mais maintenant, c'est fini.
Je suis entré dans une boulangerie voisine et j'ai fait la queue. À mon tour, j'ai donné deux euros au boulanger, la monnaie en Europe.
« Deux baguettes, s'il vous plaît. »
« Bien sûr, monsieur. »
Elle m'a souri de manière professionnelle et m'a rapidement tendu deux baguettes.
« Merci beaucoup. »
« Je vous en prie. »
Elle a répondu en anglais avec son accent français. C'était mignon. Maintenant que je la regardais, elle était belle. Devais-je tenter quelque chose ?
Non.
J'ai secoué la tête devant cette idée stupide.
Je devais retrouver mon ami avant cela....
et j'avais oublié que j'étais introverti.
De plus, j'avais une apparence ordinaire, je ne pensais donc pas qu'une belle Française s'intéresserait à moi. Je me demande encore comment elle est tombée amoureuse de moi, car oui, je savais qu'elle m'aimait avant sa mort. Son frère me l'a dit après tout.
« Elle est aussi amoureuse de toi, mon pote ! »
Quand son frère, mon ami, m'a dit cela, j'ai atteint le summum du bonheur. Je me souviens encore de moi, regardant le ciel avec une expression de bonheur déformée. J'ai commencé à imaginer des fantasmes où je sortais avec elle, notre première nuit, avoir des enfants, les élever.
En repensant à cela, j'ai pris une bouchée de la baguette.
« Délicieux. »
Comme prévu, en France, les baguettes étaient parfaites.
Les gens qui se promenaient sur le même trottoir que moi souriaient légèrement en me voyant manger avidement ma baguette par ce temps hivernal. En effet, la baguette chaude était déjà froide, mais j'avais faim, très faim.
J'ai regardé ma montre et j'ai expiré.
[8 h 47]
« Je devrais y aller maintenant. »
J'ai fait demi-tour et me suis dirigé vers un endroit étrange. Mon ami m'avait dit hier de venir là-bas, alors j'avais accepté.
Après avoir marché pendant une dizaine de minutes, j'ai aperçu mon ami de dos. Il était assis sur un banc. Il semblait regarder dans le vide. Son dos, toujours droit, était maintenant voûté. Je pouvais facilement le battre dans cet état.
Retenant l'envie de lui donner un coup de pied dans le dos, je me suis assis à côté de lui sur le banc.
« ... »
« … »
« … »
« … »
« Nyr. »
Il a enfin parlé.
« Oui. »
« Comment vas-tu ? »
Il m'a demandé d'une voix rauque. J'ai également remarqué des traces de larmes séchées sur ses joues, mais j'ai choisi de les ignorer.
« Bien, et toi ? »
« Bien, hein. Ahaha. »
« Emric ? »
Je fus déconcerté lorsque Emric éclata soudainement d'un rire sec.
« Tu vas bien ? Cela ne fait qu'une semaine qu'elle est morte. Ephera, ma sœur, ta petite amie ! »
Il haussa le ton à la fin.
« Ce n'était pas ma petite amie. »
Je répondis calmement. Elle n'était pas ma petite amie, car je n'avais finalement pas eu l'occasion de lui avouer mes sentiments.
« Je ne lui avais pas avoué mes sentiments, donc elle n'est pas ma petite amie. »
dis-je en prenant une bouchée de ma baguette.
« Oh. Tu en veux ? »
Je tendis une des baguettes à Emric, mais celui-ci se contenta de me regarder, les lèvres tremblantes. Je voyais bien qu'il se retenait de me frapper, alors je retirai ma main.
« Que s'est-il passé, Nyr ? Tu es... Tu t'es soucié d'elle ? Je ne te reconnais pas. »
Emric a finalement dit ce qu'il avait en tête depuis qu'il m'avait vu.
Je l'ai regardé.
Ce visage...
Il avait des traits similaires à ceux de sa sœur, Ephera. J'ai senti une colère bouillonnante monter en moi, alors j'ai détourné le regard.
« Qu'est-ce que tu crois ? »
Je répondis par une question, mais cela ne plut pas du tout à Emric, qui se leva.
« Ça suffit. »
Je fus un peu surpris de le voir s'éloigner. Il ne m'avait finalement pas frappé, malgré mon attitude indifférente.
Je posai le sac de baguettes sur le banc et me levai.
« Emric. »
Je me suis dirigé vers lui.
« Va-t'en, Nyr. »
Il ne s'est même pas retourné pour me dire ça.
J'ai ignoré ses paroles et je me suis précipité vers lui.
« Tu sais, Ephera, elle n'était pas mal. »
« ! »
Emric s'est arrêté de marcher. Je pouvais voir qu'il serrait les poings.
« J'ai eu de la chance de l'avoir. Mais quand même... »
Un sourire narquois s'est lentement dessiné sur mon visage.
« C'est dommage, je n'ai pas passé une seule nuit avec elle... »
- Bam !
Un poing puissant a percuté ma joue et j'ai été projeté en arrière. Je me suis cogné la tête contre le banc et j'ai glissé sur le sol.
« Ah ! »
Du sang chaud coulait de ma tête, mais je l'ignorai et regardai Emric avec un sourire douloureux.
« Tu me dégoûtes, Nyr. J'ai été ami avec un connard comme toi et j'ai même laissé ma sœur te fréquenter... »
Emric secoua la tête et s'éloigna.
« Ah... »
Je soupirai et me relevai. Je lissa mes vêtements et pris le sac de baguettes.
« Hum ? »
Je remarquai que plusieurs personnes me regardaient. Elles étaient probablement curieuses de savoir ce qui s'était passé.
Mon regard se posa sur une petite fille qui serrait la jambe de sa mère tout en me fixant.
« Tu en veux ? »
Je lui tendis le sac de baguettes.
« Non, merci. »
La mère sourit poliment en disant quelque chose en français, puis s'éloigna avec sa fille.
« C'était une blague. C'est pour moi. »
Je serrai le sac contre moi et rentrai chez moi pour soigner ma blessure.