Chapitre 2 590
Les cinq hauts dieux ne se cachaient pas. Ils se tenaient au-dessus de l'Empire des Nobles comme pour le protéger. Pourtant, ils ne faisaient absolument rien pour arrêter le massacre des nobles.
Le dieu du crime ne s'était même pas approché de l'Empire des Nobles qu'il les avait déjà sentis. Mais une fois leur présence découverte, tout s'éclaira dans son esprit.
Il s'arrêta et leur lança : « Destin, Voyageur, Marchands, Connaissance et Histoire. Devez-vous vraiment me combattre jusqu'à la mort ? »
Il avait espéré les intimider en laissant entendre que s'ils se battaient, ce serait une question de vie ou de mort, mais le dieu des voyageurs répondit sans hésiter : « Oui. »
Le dieu du crime ricana et déclara : « Je sais que vous êtes prêts à mourir par mesquinerie. Et alors, si j'ai tué votre frère ? Après tout ce temps, s'il n'était pas mort de ma main, il aurait fini par mourir de vieillesse. »
« Vous êtes un dieu désormais, et vous devriez me remercier de vous avoir poussé à atteindre votre puissance. Même si vous ne voulez pas m'être reconnaissant, vous devriez agir comme un dieu et laisser le passé derrière vous. »
Le dieu des voyageurs grinça des dents et rétorqua : « Je ne laisserai jamais le passé derrière moi. »
Le dieu du crime l'ignora et s'adressa aux autres : « Il peut choisir d'être assez puéril et mesquin pour risquer sa vie afin de m'arrêter. Mais êtes-vous, vous aussi, prêts à risquer vos vies pour une telle mesquinerie ? »
Le dieu des marchands répondit : « Je ne te combats pas par mesquinerie. Je te combats parce que tu m'as escroqué. Tu me dois beaucoup d'argent, je me dois donc de te combattre. »
Le dieu de la connaissance ajouta avec assurance : « N'essaie pas de nous intimider. En travaillant ensemble, tu ne peux tuer aucun d'entre nous. Et même si tu parvenais à nous tuer, cela n'aurait pas d'importance bien longtemps, car nous sommes des hauts dieux. Nous pouvons toujours ressusciter. »
Le dieu du destin acquiesça : « Selon mes prédictions, nos chances de succès dépassent les 80 %. Je pense donc que nous n'avons aucun souci à nous faire. »
Le dieu fantôme intervint : « C'est toi qui devrais t'inquiéter de mourir. Si tu meurs, un nouveau dieu de la justice, un nouveau dieu des chevaliers et un nouveau dieu de l'erreur pourraient bien s'élever pendant que tu es encore en train de ressusciter. »
Le dieu du crime sentit une migraine poindre à mesure qu'il les écoutait. Il était certes devenu bien plus puissant, mais il avait aussi offensé beaucoup de monde, et cela revenait le hanter.
En duel, il était confiant dans sa capacité à tuer ces dieux, mais ensemble, il lui serait très difficile de l'emporter. De plus, les tuer ne mettrait pas fin à ses problèmes, puisqu'ils pouvaient toujours ressusciter.
S'ils mouraient, ils ne perdraient pas grand-chose. Mais s'il mourait, il perdrait énormément, car il possédait trois voies avec lesquelles il n'avait pas encore fusionné complètement.
Pour couronner le tout, il ne pouvait pas utiliser sa capacité ultime de Rébellion, issue de la voie du crime, sur quelqu'un d'autre pour le moment. Il ne pouvait en effet l'utiliser que sur un seul dieu à la fois.
Puisqu'il l'utilisait déjà sur le dieu des nobles, il ne pouvait l'appliquer à ces cinq dieux. Cela le plaçait en position de faiblesse face à eux.
Il grogna et pensa en lui-même : « C'est tellement frustrant. »
Alors qu'il réfléchissait à la marche à suivre, le dieu des voyageurs fit un pas en avant et créa de multiples copies de lui-même. Il y en avait une centaine, et toutes fixaient le dieu du crime comme si elles étaient prêtes à attaquer.
Le dieu du crime savait que le dieu des voyageurs ne bluffait pas et ne cherchait pas simplement à l'intimider. S'il y avait bien une chose sur laquelle le dieu des voyageurs ne pouvait pas bluffer, c'était sa haine immense envers lui. Le dieu du crime comprit donc que s'il tentait de les faire reculer, il ferait face à un combat à mort.
Cela le mit très en colère. Extérieurement, il ricana face aux cinq dieux et dit : « Vous ne pourrez pas toujours vous protéger de moi. Il me suffit d'un seul faux pas de votre part, et vous ne pourrez plus m'arrêter. »
Mais intérieurement, il se dit : « Je ne vous rendrai pas la tâche facile, cependant. »
Il jeta un dernier regard au palais du dieu des nobles et pensa : « Je vais te donner une chance. J'espère que tu en feras bon usage. »
Après avoir parlé, il battit en retraite et disparut de la vue des cinq dieux.
Cela poussa le dieu des voyageurs à lui crier : « C'est ça, fuis donc. »
Le dieu des nobles était conscient de tout cela. Il avait vu les cinq dieux apparaître au-dessus de lui et discuter avec le dieu du crime.
Lorsque les cinq dieux étaient apparus, il s'était attendu à ce qu'ils l'aident à résoudre le problème de ses nobles mourants. Mais en les voyant rester là à observer, il comprit que quelque chose clochait.
Il ne parvint pas à identifier le problème avant que le dieu du crime n'apparaisse et ne commence à parler. C'est alors qu'il réalisa que c'était le dieu du crime qui massacrait ses nobles.
Cette révélation le frappa comme une météorite. Il s'effondra sur son trône, les yeux emplis de désespoir.
En écoutant la discussion des six dieux, il se prit à espérer que le dieu du crime les combattrait et l'épargnerait. Mais le dieu du crime ne fit rien de tel.
Le dieu du crime l'abandonna à son sort. La seule bonne nouvelle était que le dieu du crime avait levé la capacité ultime de Rébellion sur lui, rendant ses capacités divines à nouveau loyales.
Ce changement de situation fit briller ses yeux d'espoir. Son désespoir recula, laissant place à une détermination farouche.
Il se dit : « Je ne peux compter que sur moi-même. »
Maintenant qu'il avait retrouvé l'usage de ses capacités divines, il pouvait résister. Qui plus est, il avait deux moyens de le faire.