Chapitre 1477
Chapitre 1477
Le dernier objectif d'entraînement concerne le domaine du dragon. Il s'agit de créer, autour de soi, une zone imprégnée de force draconique. Le mana ambiant est alors assujetti à leur volonté par l'usage de cette force. Cela empêche autrui d'utiliser le mana et permet d'amplifier leur langue draconique.
Contrairement à la langue draconique, qui peut être imposée par la force brute, le domaine du dragon est un défi de manipulation de la force draconique. Le domaine d'un dragon a pour but de supprimer le mana en son sein afin que nul autre ne puisse le manipuler. Mais cette suppression n'est pas absolue, contrairement à la langue draconique. Lorsque deux domaines de dragon s'affrontent, c'est le dragon ayant le meilleur contrôle, et la maîtrise la plus puissante de la force draconique, qui l'emporte.
Cet ultime objectif est le plus important à accomplir avant que tout dragonnet ne puisse se présenter à la cérémonie de nommage, qui se tient tous les 100 ans. Un dragon dépourvu de domaine ne pourrait même pas survivre à la cérémonie, et encore moins lutter contre les autres dragonnets. S'ils souhaitent avoir une chance de recevoir l'aide de l'esprit du dragon, leur habileté à manipuler la force draconique doit être supérieure à celle des autres.
Chaque dragonnet étant une entité de Mana, il n'existe pas de disparité flagrante de puissance. Cependant, la manipulation de la force draconique, qui constitue le fondement de la suprématie, créera un écart considérable entre eux. C'est sur ce facteur précis que le premier et le troisième comptent.
L'acquisition de cette compétence est leur seul espoir de surpasser le talent du quatrième et de le vaincre. Tant qu'ils travailleront avec acharnement leur contrôle de la force draconique, ils auront de bonnes chances de le défaire.
L'entraînement se poursuivit durant de nombreuses années, jusqu'à atteindre le centième anniversaire de leur éclosion.
Mère leur demanda : « Lequel d'entre vous souhaite se présenter à la cérémonie de nommage, à présent ? »
Le premier répondit : « Pas moi. »
Le deuxième et le troisième rejetèrent également l'opportunité de se tester dès maintenant. Ils préféraient attendre cent années de plus. Ils profiteraient de ce temps pour s'affiner et accroître leur confiance en leur succès.
Seul le quatrième se sentait assez confiant pour tenter l'épreuve. Il dit à Mère : « Je suis prêt. »
Mère l'interrogea : « En es-tu certain ? »
« Oui. J'ai le sentiment d'avoir atteint mon apogée. Je peux encore m'améliorer, mais ce sera plus lent. Tout délai ne ferait que permettre aux autres de me rattraper. »
Mère acquiesça : « Très bien. Nous partirons demain. J'appellerai votre père pour voir s'il peut venir. »
Ils furent tous surpris. Même le deuxième, d'ordinaire silencieux, ne put s'empêcher de demander : « Père va venir ? »
« Je n'en suis pas certaine. C'est la tradition que les pères soient présents lorsque leur première progéniture assiste à la cérémonie de nommage. Cependant, vous n'êtes pas sa première progéniture, et il est très occupé ; il est possible qu'il ne vienne pas. »
Le deuxième prit la parole : « J'aimerais voir Père. Il est très puissant. »
Ils n'avaient jamais vu leur père, mais ils savaient qu'il était extrêmement puissant. Cela ressortait des souvenirs qu'ils avaient de lui et de la difficulté de son épreuve ancestrale. Dans le défi qu'il leur avait imposé, il exigeait qu'ils détruisent la résistance d'un plan.
Lors de cette épreuve, ils possédaient la puissance d'un Transcendant, mais leur père voulait qu'ils envahissent et assujettissent un plan défendu par des centaines de Transcendants.
Cela semblait injustement difficile, mais c'était un exploit que leur père avait accompli avec succès. L'épreuve était une reconstitution des faits d'armes de leur père. Il avait autrefois envahi et soumis un plan, et il avait accompli l'essentiel du travail en moins d'une heure, car il s'était assis devant le portail planaire, attendant que les défenseurs s'amassent pour pouvoir les terrasser tous d'un seul coup.
Malheureusement, ils n'avaient pu réitérer son succès. Ils avaient échoué à l'épreuve et perdu sa bénédiction. Ils souhaitaient rencontrer un dragon si puissant, même s'il n'avait pas été leur géniteur. C'était un désir naturel pour tout dragonnet, la requête du deuxième n'était donc pas déplacée.
Mère les apaisa : « Oui, il est puissant. Mais il est aussi très occupé, alors ne nourrissez pas trop d'espoirs. »
Les dragonnets furent déçus, mais non pas parce qu'ils ne rencontreraient pas leur père. Le fait qu'il soit leur père leur importait peu. Ils ne se souciaient que du type de puissance qu'il représentait et de la rencontre avec une telle entité.
Il était très puissant, et représentait donc un obstacle de taille à surmonter. Le lien de parenté n'était qu'une coïncidence. Il s'était trouvé au bon endroit au bon moment pour être leur père. Mais sa force immense provenait de ses efforts acharnés. Il était clair pour eux quelle identité ils devaient admirer. Cette admiration s'accompagnait également du souhait de le vaincre.
Les dragons gagnant en puissance avec l'âge, il était attendu que leur père soit plus fort qu'eux. Il était également plus fort que les autres dragons dont ils avaient le souvenir ; le vaincre ne serait donc pas une mince affaire.
Les dragons croient que les seules entités dignes d'être leurs rivaux sont d'autres dragons. Les premiers rivaux qu'ils rencontrent sont leurs frères et sœurs. Puis, leurs contemporains. Après eux viennent les générations plus anciennes, comme leurs parents.
Ils doivent les surpasser tous. C'est ainsi qu'ils pourront devenir assez forts pour égaler leur ancêtre dragon. C'est pourquoi les dragons ne cessent de tenter d'usurper la Mère Haut-Ciel. Ils essaient de reproduire ce que leur ancêtre a accompli.
Les dragonnets continuèrent de s'entraîner même lorsque le soleil finit par se coucher. Le soleil ne se leva pas tôt, prolongeant ainsi la nuit. Cela ne changeait pas grand-chose pour eux, car ils s'entraînèrent toute la nuit et étaient encore à l'œuvre lorsque l'aube apparut.
Mère n'était pas encore partie, car l'esprit du dragon n'avait pas encore appelé à la cérémonie de nommage. Elle attendait cet appel avant d'emmener le quatrième à la cérémonie.
Un autre soleil se leva pendant qu'ils attendaient. Cela faisait désormais deux soleils dans le ciel. La chaleur qu'ils devaient supporter s'en trouva accrue. Hormis cela, il n'y eut pas grand changement.
Le deuxième observa avec méfiance ce second et dernier soleil apparu dans le ciel. Il murmura : « C'est étrange. J'ai cru ressentir quelque chose. »