Chapitre 411
Han Fei sentit le corps de Xia Xiaochan se raidir soudain dans ses bras. Avant même qu’il ait pu parler, elle lui asséna deux coups dans le bas-ventre.
Aussitôt après, elle le projeta au sol d’un coup de pied.
Han Fei se tint le ventre. « Coopérons, coopérons, compris ? »
Xia Xiaochan avait le visage rouge. « Comment… Comment… Comment as-tu pu m’embrasser ? »
Han Fei vérifia son ventre. Comme il n’était pas perforé, il poussa un soupir de soulagement. « Regarde d’abord derrière toi. »
Xia Xiaochan se retourna et vit les garçons la dévisager, les yeux brillants comme ceux de loups. Ce chapitre est mis à jour par n)ovel/\bin/\
Un garçon lança : « On dirait qu’ils se disputent ! Xia Xiaochan, épouse-moi. Je te promets de bien te traiter. »
Les garçons se bousculèrent pour se précipiter vers elle. Xia Xiaochan frissonna de peur, se réfugia derrière Han Fei et pointa sa dague sur eux. « N’approchez pas ! »
La jeune fille regarda Han Fei. « On dirait qu’elle ne t’aime pas beaucoup. »
Han Fei foudroya les garçons et les filles du regard. « Vous ne savez donc pas que les coups sont une preuve d’affection et les insultes une preuve d’amour ? Vous n’y connaissez rien ! »
Derrière la jeune fille, les autres filles répliquèrent : « Nous aussi, on peut te frapper et t’insulter ! »
Han Fei chuchota à Xia Xiaochan : « Tu vois ? Ils sont prêts à tout pour se marier. »
Xia Xiaochan hocha la tête, se demandant si ces gens avaient perdu la raison. Qu’il y en ait un ou deux, passe encore ! Mais tant de personnes qu’elle n’avait jamais vues débarquaient soudain pour la demander en mariage ! C’était terrifiant !
Han Fei dit : « Je m’occupe des garçons et tu t’occupes des filles. »
Xia Xiaochan acquiesça. « D’accord, bonne idée ! Allons-y ! »
Han Fei fit un pas en avant, l’Aiguille à broder sur l’épaule, et lança d’un ton menaçant : « Écoutez-moi bien, Xia Xiaochan est à moi. Allez vous faire foutre, bande de déchets ! Sinon, je vais vous démolir. »
Xia Xiaochan cria à son tour : « Oui, salopes, dégagez ! Han Fei est à moi. »
« Ohhhh… »
« Ha ha, intéressant ! Quel spectacle avant le combat ! Excellent… »
« Ha ha ha, comme j’envie ces jeunes ! Quelle tempête de jalousie ! Ça me rappelle ma jeunesse. » « Tu plaisantes ? Je ne me souviens pas que tu aies jamais été amoureux ! »
Sous le toit, les spectateurs savouraient la scène, oubliant de se préparer au combat.
Quelqu’un se mit même à vendre des graines de melon de mer, qui furent bientôt épuisées. Beaucoup en grignotaient tout en profitant du spectacle.
Sur le toit.
Les garçons qui faisaient face à Han Fei bouillonnaient de rage, comme si on leur avait ravi leur bien-aimée.
Un garçon pointa son épée sur Han Fei. « Je te défie en duel. »
Han Fei sourit d’un air désinvolte. « Si tu perds, tu déguerpis. » Le garçon prit un air féroce. « Je ne perdrai pas ! Tu n’es qu’un Pêcheur suspendu intermédiaire, je te conseille de partir. »
Sans un mot, Han Fei abattit son bâton sur lui.
Le garçon à l’épée eut un sourire froid. Une lueur verte parcourut sa lame, autour de laquelle s’enroulait l’ombre d’un serpent, étincelante comme un soleil couchant. Face à l’attaque de Han Fei, il n’éprouva pas la moindre crainte.
Crac !
BAM !
Le sourire du garçon n’eut pas le temps de s’effacer qu’il était déjà projeté à des centaines de mètres, le nez et la bouche en sang, les mains tremblantes.
Han Fei remit l’Aiguille à broder sur son épaule. « Ce que je déteste par-dessus tout, c’est les grandes gueules qui ne passent jamais à l’action ! La ferme ! »
« Waouh ! »
Quelqu’un dans la foule s’étonna : « Hein ? Ce gamin est sacrément fort. Il n’a pas l’air d’un Pêcheur suspendu intermédiaire ! »
Quelqu’un hocha la tête. « Oui, le garçon à l’épée est un Pêcheur suspendu avancé, mais il n’a même pas résisté à un seul coup. Ça montre que la force de ce gamin rivalise avec celle d’un Pêcheur suspendu au sommet. »
Les garçons qui faisaient face à Han Fei prirent soudain un air grave. Il était plus fort qu’ils ne l’avaient cru ! Ils allaient devoir invoquer leurs bêtes spirituelles.
De l’autre côté, les filles qui s’intéressaient à Han Fei avaient les yeux brillants. Les filles aimaient les hommes forts, surtout à cette époque.
Xia Xiaochan fit la grimace et les désigna du doigt. « Qu’est-ce que vous regardez ? C’est à moi que vous avez affaire. »
Une fille s’avança. « Je vais l’affronter ! »
C’était une armurière. À peine son coffret d’armure ouvert, des dizaines de longs fouets jaillirent, s’élançant comme des lianes.
Mais contrairement à des lianes, ces armes semblaient avoir été fabriquées selon des méthodes spéciales : elles étaient particulièrement souples et toutes de qualité moyenne.
Pourtant, Xia Xiaochan ne s’en soucia pas. Elle se changea aussitôt en ombre. Avant même que son adversaire ait pu réagir, la protection d’énergie spirituelle qui l’entourait vola en éclats, puis Xia Xiaochan la poignarda deux fois.
Xia Xiaochan ne faisait pas de quartier au combat. Un homme pouvait hésiter à frapper une fille, mais cette idée ne lui traversait même pas l’esprit. Sans la moindre hésitation, elle lui planta deux coups dans la taille.
Elle combattait encore plus vite que Han Fei. Lui devait prendre le temps de manier son bâton, tandis qu’elle achevait la bataille en un clin d’œil.
La puissance de Han Fei et de Xia Xiaochan arracha aussitôt des exclamations à la foule.
Quelqu’un s’écria, stupéfait : « Ils sont si forts ! Ces deux adolescents sont redoutables. »
Un autre s’exclama : « Il n’est qu’un Pêcheur suspendu intermédiaire ! Qu’est-ce que ça donnera quand il sera au sommet ? »
Han Fei sourit jusqu’aux oreilles. Xia Xiaochan était toujours celle dont il se souvenait. Elle ne pourrait jamais être douce : la Xia Xiaochan violente, c’était la vraie.
Han Fei lança d’un ton nonchalant : « Qui vient ensuite ? Ou vous préférez tous vous y mettre en même temps ? Ça m’est égal. »
Constatant la force de Han Fei, un Pêcheur suspendu au sommet, chasseur de son état, s’avança. Il avait fusionné avec sa bête spirituelle et ses bras ressemblaient à deux cimeterres.
Han Fei sourit. « Viens, que je voie si tu mérites vraiment ton rang de Pêcheur suspendu au sommet. »
« Bzzz… »
La seconde suivante, l’homme disparut. Dans la perception spirituelle de Han Fei, deux lames tournoyantes fondaient sur lui, l’une par la gauche, l’autre par la droite.
Han Fei balaya l’air de son bâton. Des flammes jaillirent et la force stupéfiante de l’impact fit onduler l’air sur une centaine de mètres.
Puis Han Fei pencha brusquement la tête et saisit le Sceau de séparation des eaux. L’objet s’illumina aussitôt d’énergie spirituelle. Clang ! Clang ! Clang !
Dans les airs, le garçon croisa les bras pour se protéger, mais fut projeté en arrière, le sang coulant des commissures de ses lèvres.
Pourtant, il ne s’avoua pas vaincu et lança soudain deux dagues sur Han Fei d’un coup de pied.
L’instant d’après, quelqu’un s’écria :
« Putain, il a attrapé les Armes spirituelles à mains nues ? »
Han Fei tendit brusquement les mains, saisit les deux dagues spirituelles et les renvoya vers le garçon dans les airs.
« Tchac… »
Cependant, Han Fei fut déçu : l’Arme spirituelle ne lui appartenait pas. Son attaque ne blessa donc pas son adversaire.
Han Fei avait pourtant déjà lancé son Arc du Dragon errant de la Mer Bleue. Aux yeux de la foule, il se déplaça à une vitesse folle et frappa violemment le garçon, que la ligne de pêche avait attrapé, avec un petit sceau.
Sous les regards horrifiés de tous, Han Fei le souleva par le cou d’une main. « Nuls. Vous êtes vraiment trop nuls. Venez tous vous battre ! »
En hurlant son défi, Han Fei prit les devants et se rua dans la foule, l’Aiguille à broder à la main.
« Tuez-le ! »
« Attaquons tous ensemble ! »
« Ha ! Il cachait forcément sa vraie force ! Xia Xiaochan ne peut pas l’épouser. »
« Ne faites pas les froussards. Tuez-le ! »
Une mêlée générale éclata.
De l’autre côté, Xia Xiaochan venait de percer la défense de lianes de la manipulatrice, une Pêcheuse suspendue au sommet, et contre-attaquait.
Aux yeux des spectateurs, ces adolescents se livraient un combat acharné.
Environ une demi-heure plus tard.
Du côté de Xia Xiaochan, toutes les filles qui s’étaient entichées de Han Fei, y compris la Pêcheuse suspendue au sommet, étaient étendues au sol, se tenant le ventre.
Du côté de Han Fei, tous les garçons avaient le visage tuméfié et s’entraidaient pour tenir debout.
Han Fei lança un regard à Xia Xiaochan. « Hé, tu as fait des progrès incroyablement rapides ! »
Xia Xiaochan jeta un coup d’œil au ventre de Han Fei. « Toi aussi, on dirait que tu es devenu beaucoup plus fort ! »
Après cet affrontement féroce, les filles s’éloignèrent en titubant et en gémissant. Certaines se retournaient encore vers Han Fei, comme si elles regrettaient de devoir partir.
Du côté des garçons, bien qu’ils eussent tous été vaincus, ils rechignaient à s’en aller : Xia Xiaochan était trop belle. Han Fei les rabroua avec colère : « Qu’est-ce que vous regardez ? Foutez le camp ! Vous voulez encore vous battre ? »
Aussitôt, un garçon jura : « Je parie que tu ne passeras pas la nuit. Alors, Xia Xiaochan sera à nous. »
Han Fei leva l’Aiguille à broder et fit déguerpir les adolescents d’un vif mouvement.
« Ha ! »
Ravie de les voir partir, Xia Xiaochan tira Han Fei par le bras. « Vite, partons d’ici. »
Un instant plus tard, sur un toit isolé.
Xia Xiaochan rougit. « Je suis encore jeune. Je ne peux pas encore avoir de bébé ! »
Han Fei : « ???! »