Chapitre 2 887
2887 La chasse des humains dans les terres sauvages commence (3)
Han Fei ne put s’empêcher de rire. « Ne t’inquiète pas ! Je ne t’emmènerai pas avec moi. Mais tu te trompes lourdement si tu crois qu’il sera facile de suivre Xiaobai. Tss, tss… J’ai négligé de te discipliner, mais elle, elle ne le fera pas. Tu vas voir ! »
L’Étoile de mer hexagonale roula ses six grands yeux. « Alors, je reste quand même. »
L’Étoile de mer hexagonale connaissait bien le caractère de Luo Xiaobai. Au fil des ans, elle avait reçu de nombreuses tâches, mais, entre Han Fei, qui la battait souvent, et Luo Xiaobai, elle préférait encore se faire malmener par cette dernière.
Sans prêter attention à l’Étoile de mer hexagonale, Han Fei insuffla une aura bleue dans le corps de Luo Xiaobai.
!!
Luo Xiaobai fronça les sourcils. « Qu’est-ce que c’est ? »
« Une tribulation divine. Une fois libérée, personne en dessous du Royaume du Grand Monarque n’y survivra », expliqua Han Fei.
« Tu devrais la garder pour toi. »
Han Fei secoua la tête. « Non. Ce voyage de la race humaine ne sera certainement pas de tout repos. Quelqu’un cherchera forcément à empêcher sa migration. Les multiples essors et déclins de la race humaine doivent avoir une raison. Je suis certain que quelqu’un ne veut pas la voir s’élever. Cette fois, alors que la race humaine migrera et gagnera en puissance, l’adversaire se montrera probablement. De plus, il déclenchera forcément au moins une crise océanique capable de menacer cent quatre-vingts milliards d’êtres humains. Moi, un Monarque, je peux toujours fuir si je ne suis pas de taille, mais les humains sont si nombreux qu’ils n’auront tout simplement pas le temps de s’échapper. Tu en as donc plus besoin que moi, pour l’instant. »
Puis Han Fei ajouta d’un ton désinvolte : « Comme on en a convenu, ne crains pas de gaspiller tes ressources avant d’atteindre la Mer des Dieux et des Démons. Si nécessaire, utilise tous tes atouts. »
Luo Xiaobai hocha la tête, mais son visage, d’ordinaire si calme, trahissait à présent une certaine inquiétude. « Prends soin de toi. »
« Hum ! »
…
La migration des humains était en réalité assez lente. Ils ne pouvaient avancer qu’à la vitesse des plus faibles, et devaient s’arrêter de temps à autre.
Dans des circonstances normales, il leur aurait donc fallu au moins mille ans pour rejoindre la Zone minière infinie depuis les Terres désolées chaotiques. Mais les humains se renforçaient. À mesure que leur puissance augmentait, leur progression s’accélérait naturellement.
En outre, cette migration ne signifiait pas qu’ils devaient parcourir tout le chemin à pied. Les Établisseurs de Mer et les Ouvreurs de Ciel pouvaient les transporter sur de longues distances. Il leur suffisait de s’arrêter régulièrement pour s’entraîner, se reposer, percer, puis reprendre la route.
Han Xuan et Luo Xiaobai décideraient des haltes et des lieux d’entraînement.
Une demi-journée plus tard.
Han Fei avait déjà quitté les Terres désolées chaotiques. Sans hésiter, il pénétra dans le Monde du Vide. Là, il sortit le Navigateur du vaste océan et, d’une simple pensée, le vit pointer dans plusieurs directions en tournoyant sans cesse.
À cette vue, Han Fei ricana. Il cherchait à déterminer où se trouvait l’ennemi.
Sœur aînée Ombre noire l’avait bien prévenu : dès qu’il quitterait les Terres désolées chaotiques, quelqu’un s’en prendrait forcément à lui. À en juger par les apparences, plusieurs factions le visaient. Mais il ignorait si elles s’en prenaient à lui uniquement parce qu’il était un disciple du Temple du Vide ou si elles cherchaient aussi à empêcher l’essor de la race humaine.
Peut-être était-ce pour les deux raisons, peut-être pour une seule. Han Fei n’en était pas encore certain.
Il devait donc tuer quelques personnes.
…
Au large des terres sauvages, dans un courant sous-marin tumultueux non loin des Terres désolées chaotiques, trois puissants maîtres du Royaume du Monarque méditaient en tailleur dans le vide.
« Cela fait presque cent ans. Si Han Fei ne sort toujours pas, on va continuer à attendre comme ça ? » demanda l’un d’eux.
Un autre soupira légèrement. « Que veux-tu qu’on fasse ? Tu oses entrer dans les Terres désolées chaotiques ? Même ces anciens n’oseraient pas s’y aventurer, alors nous… »
Enfin, le troisième ouvrit les yeux. « Les ressources manquent cruellement dans les Terres désolées chaotiques. Je ne crois pas qu’il puisse s’y cacher longtemps. J’ai entendu dire que la race humaine était si faible qu’elle n’avait même pas le droit d’entrer dans le Domaine de glace chaotique pour s’entraîner. Si elle reste dans les Terres désolées chaotiques, impossible pour elle de s’élever. Si elle en sort, héhé… Même si Han Fei a un talent sans égal, comme Lei Heng, il mourra à coup sûr. »
« Exact. Quand il était dans la Dynastie de la Capitale divine, ce type n’avait que la puissance d’un cultivateur au sommet du stade avancé du Royaume de la Transformation stellaire. Même s’il est plusieurs fois plus doué que Lei Heng, et alors ? J’ai entendu dire que s’il a balayé les Terres désolées chaotiques, c’est grâce à la puissance du Temple du Vide. Ce n’est qu’une blague. »
Bzzzt !
À peine eut-il fini de parler…
Soudain, une lueur d’épée apparut à cent kilomètres, puis disparut sans le moindre avertissement.
En un clin d’œil, les trois hommes n’eurent même pas le temps de se coordonner. Des cristaux de glace violets apparurent devant l’un d’eux. Les deux autres ne furent pas en reste et lancèrent simultanément deux techniques divines : l’une s’attaquait à l’âme, tandis que l’autre faisait appel à la Loi de la Force pour décocher un coup de poing.
En les voyant attaquer, Han Fei comprit qu’ils n’étaient pas comme les cultivateurs qui avaient prouvé le Dao qu’il avait chassés jusque-là. D’abord, ils employaient des techniques divines. Ensuite, leur vitesse de réaction dépassait de loin celle de cultivateurs qui avaient prouvé le Dao.
Mais alors ?
« Voler, voler, voler… »
Il activa la Technique de vol du Vide. L’empreinte du poing disparut soudain, tout comme les cristaux de glace violets.
Pris au dépourvu, les trois hommes comprirent qu’ils n’avaient plus le temps de réfléchir. Celui qui avait attaqué le premier ouvrit brusquement la bouche et cracha un nuage d’épées. C’était tout ce qu’il pouvait encore faire.