Chapitre 2 876
2876 Han Fei crée un monde (1)
Oui, après un certain temps d’observation, Han Fei n’eut aucun mal à déceler quelques problèmes.
Les plantes démoniaques vivantes de son Étoile d’origine pouvaient certes pousser naturellement et obéir à des lois naturelles, mais cela ne suffisait pas, loin de là.
Ainsi, le moindre signe de croissance suffisait à faire prosterner ces gens en signe d’adoration. Cela devait être instinctif chez eux.
En repensant à l’Étoile d’origine du Monarque aux Dix Mille Écailles, Han Fei put rapidement résumer quelques questions fondamentales. Même s’il n’en était qu’à la phase de test, ces questions n’en étaient pas moins importantes.
Les problèmes pouvaient se classer grossièrement ainsi :
La plupart des lois connues avaient été octroyées par son Grand Dao. Elles étaient trop puissantes.
Il n’y avait que des humains sur son Étoile d’origine, et cela ne pouvait absolument pas convenir. La création exigeait un environnement écologique complexe, pas seulement des humains.
Les plantes spirituelles étaient trop monotones. La plupart étaient des plantes démoniaques auxiliaires, alors que le monde réel comptait toutes sortes de plantes spirituelles, certaines bénéfiques, d’autres néfastes.
Tout reposait sur la compétition. Les humains, les fleurs, les arbres, les oiseaux, les bêtes, les poissons, les insectes et tout le reste devaient se livrer concurrence.
Jusque-là, il ne s’en était pas préoccupé, car son Étoile d’origine était son jardin privé. Il lui suffisait d’y placer ce qui lui était utile.
Mais à présent, il créait un monde ! Il en établissait toutes les lois, autrement dit la loi du Dao céleste de ce monde. Tant que celle-ci n’existait pas, créer quelques personnes pour observer leurs actes n’avait en réalité aucun sens. Ce qu’il devait faire maintenant, ce n’était donc pas simplement créer des humains.
Voilà où résidait la difficulté. S’il voulait respecter le principe de la création, il devait tout créer. Mais combien de travail cela représenterait-il ?
Han Fei comprit que la difficulté de créer un monde consistait à tout créer, en s’appuyant sur les lois du Dao céleste.
« Je comprends. Pas étonnant que Vieux Han m’ait demandé de conserver tout mon Pouvoir de la foi. C’était pour ce moment. »
Les lèvres de Han Fei s’incurvèrent légèrement. Il avait voulu prendre un raccourci et observer les gens à travers les gens. Mais cette idée était fausse. Ce qu’il devait observer, c’était le lien entre les humains et la nature, entre les humains et le monde.
Ce lien n’avait pas encore été établi. D’une pensée, Han Fei quitta l’Étoile d’origine. Il ne fit pas repousser les fruits des arbres fruitiers où vivait la petite tribu, car cela leur aurait laissé croire qu’il suffisait de s’agenouiller pour recevoir des présents. C’était manifestement faux.
Il avait toutefois ouvert cette zone afin que Tai Chu et les autres puissent trouver ces gens, ce qui leur éviterait de mourir.
Après avoir quitté l’Étoile d’origine, Han Fei se rendit aussitôt dans la Mer déchaînée. Même si elle était désormais déserte, cela ne signifiait pas que les humains l’avaient abandonnée.
L’Origine de vie devait pourtant y être restaurée. Tant que la race humaine ne sortirait pas, la Mer déchaînée ne pourrait pas se rétablir. Après tout, chaque percée nécessitait des ressources et de l’énergie spirituelle. Avec cent quatre-vingts milliards d’habitants, la Mer déchaînée aurait du mal à se remettre.
Il restait toutefois dans la Mer déchaînée un grand nombre de créatures de bas niveau, comme les plantes et les animaux marins, ainsi que quelques plantes terrestres.
Dans la Mer déchaînée, Han Fei ne cessa d’entasser des choses dans son Étoile d’origine : toutes sortes de poissons, des plantes marines, des algues, des insectes, des récifs coralliens, des coquillages, et même du plancton, de la poussière et quelques oiseaux.
Bien sûr, il ne se contenta pas de fourrer toutes ces choses dans son Étoile d’origine.
Ces plantes poussaient dans la Mer déchaînée et bénéficiaient donc de la loi du Dao céleste de cette mer. Or, son pouvoir provenait en réalité de la Mer déchaînée. Ainsi, même au sein de son Étoile d’origine, ces choses pouvaient porter sa loi du Dao céleste.
Mais créer ne consistait pas simplement à déplacer ces choses. Chaque créature avait une composition qui lui était propre. Han Fei les avait transférées parce que le temps s’écoulait deux cent cinquante-six fois plus vite dans son Étoile d’origine que dans le monde extérieur, et qu’il avait le temps de les étudier.
Quelques jours plus tard, Han Fei entra de nouveau en retraite. Il se mit à analyser la composition de ces créatures une à une. Les désassembler était bien plus facile que désassembler l’énergie spirituelle.
Les gens ordinaires ne pouvaient pas voir l’énergie spirituelle, pas même les cultivateurs. Un microscope n’y changerait rien. Et désassembler l’énergie spirituelle était encore plus difficile. S’attaquer à quelque chose d’aussi minuscule qu’il en devenait presque invisible était naturellement bien plus ardu que désassembler une créature. Au moins, les cellules étaient visibles.
Han Fei savait que la vie était composée de cellules avant même d’arriver dans ce monde, mais ici, les choses étaient plus complexes. Dans un monde de cultivation, les cellules devaient aussi porter le potentiel maximal de cultivation.
Han Fei créa des milliers de clones et s’apprêtait à étudier différentes formes de vie lorsqu’un cri le tira soudain de ses recherches.
Il tourna les yeux vers la source du bruit et en resta stupéfait.
« Comment est-ce possible ? »
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Han Fei était stupéfait parce qu’il venait de voir un bébé naître.
Oui, il ne s’était pas trompé. Un bébé était né.
Il n’avait pas encore établi la loi du Dao céleste, mais l’influence de la Mer de l’Âme s’était déjà étendue à son Étoile d’origine ?
Les Étoiles d’origine n’étaient-elles pas indépendantes ? Certes, elles existaient dans cette vaste Mer des Étoiles. Mais les étoiles de la Mer des Étoiles ne se trouvaient-elles pas toutes dans le champ d’influence de la Mer de l’Âme ?