Chapitre 2 622
2622 Le trésor de Big Luoluo (2 en 1)
Des milliers de mines s’étendaient autour des lieux où vivaient les bêtes féroces. On y trouvait trente-trois supermines. En nombre total, elles ne rivalisaient pas avec celles de toute la Ville de l’Alliance des Cent. Mais, compte tenu de la population de bêtes féroces, elles représentaient évidemment une ressource immense.
Bien sûr, pour des bêtes féroces dont quatre-vingts pour cent avaient atteint le royaume de l’Ouverture céleste, les prétendues supermines n’avaient guère d’importance.
À cet instant, Han Fei avait pris l’apparence de Yu Jue. Son visage, sa voix, son souffle, sa chance, sa pression, sa Grande Voie et son âme : rien ne le distinguait de Yu Jue.
Wang Lanlan tenait une grosse palourde dans ses bras et la suçait tout en marchant. Elle avait observé Han Fei un nombre incalculable de fois et finit par ne plus pouvoir se retenir : « Maître Han Fei, vous êtes sûr que votre imitation ne pose aucun problème ? »
Han Fei demanda : « Vous voyez quelque chose qui cloche ? »
!!
Wang Lanlan secoua la tête. « Je ne vois absolument aucun problème, mais Big Luoluo est très puissante. Je ne peux pas percer votre déguisement, mais elle en serait peut-être capable. Si votre identité est découverte, rien ne garantit qu’aucune bête féroce ne s’en prendra à vous. »
Han Fei demanda : « La Big Luoluo dont vous parlez a-t-elle atteint le rang immortel ? »
Wang Lanlan hocha vivement la tête. « Oui, Big Luoluo est la plus puissante de nos bêtes féroces. Nous avons du mal à imaginer de quoi un Monarque est capable. »
Han Fei sourit avec désinvolture. « Ne vous inquiétez pas. »
Auparavant, Han Fei n’aurait jamais osé se faire passer pour quelqu’un d’autre et se présenter devant d’autres Monarques.
Mais sa force avait désormais complètement changé. Il pouvait parfaitement se déguiser grâce à la Technique divine de dissimulation céleste, à l’effet de la Technique de Tromperie céleste et à la moitié de l’essence de sang qu’il avait prélevée sur Yu Jue. Il voulait voir si une puissance du rang immortel réussirait à le reconnaître.
Même si son déguisement était percé à jour, il n’avait pas peur. Han Fei voulait même rencontrer le chef des bêtes féroces. Si l’Araignée divine aux sept ultimes était vraiment aussi intelligente que l’avait dit le Moineau empereur, et si le Pot de Purification des Démons disait vrai en affirmant que quiconque tuerait le Moineau empereur mourrait, alors l’Araignée divine aux sept ultimes n’avait aucune raison de le tuer.
En outre, même si cette personne voulait vraiment le tuer, elle n’allait pas se jeter sur lui sans un mot. Dans ce cas, cette Araignée divine aux sept ultimes serait vraiment stupide. De nombreuses rumeurs circulaient au-dehors, et Wang Xiaojiu avait même vu de ses propres yeux que le Moineau empereur était sa bête spirituelle. Elle aurait dû se demander quel genre d’individu pouvait avoir une créature aussi terrifiante pour bête spirituelle.
Ainsi, même si cette visite chez les bêtes féroces comportait quelques risques, elle valait la peine d’être tentée. Avec l’autorité de l’Araignée divine aux sept ultimes et son réseau d’information dans la zone minière occidentale, Han Fei pourrait peut-être apprendre certaines choses sur la Crête de l’Enterrement des Dieux.
Trois jours plus tard.
Han Fei et Wang Lanlan étaient déjà retournés en cachette au camp des bêtes féroces. Il n’y avait pas de ville ici, seulement des montagnes ; la plupart des bêtes féroces couraient donc d’une montagne à l’autre.
En fait, beaucoup d’entre elles étaient très espiègles et se rendaient souvent chez les puissantes bêtes féroces qu’elles connaissaient pour y dérober des affaires.
Une fois prises, peu importait qu’elles aient réussi à s’enfuir ou non. Si elles échouaient, elles se faisaient rosser ou punir, comme Wang Lanlan et Yu Jue.
À mesure qu’ils approchaient du camp, les bêtes féroces se faisaient de plus en plus nombreuses. Au loin, Han Fei percevait souvent leurs silhouettes qui filaient dans tous les sens. Même dans le vide, certaines se livraient à de violents combats, sans que personne s’en soucie.
Han Fei dit : « Votre punition n’est pas encore terminée. Si vous entrez au camp au grand jour, ne va-t-on pas vous chasser ? »
Wang Lanlan ne pouvait évidemment pas y entrer ouvertement. « Si Yu Jue et moi sommes allés voler des minerais, c’est parce qu’il a toujours aimé creuser des tunnels. La moitié de ceux qui passent sous notre camp, c’est lui qui les a creusés. Avant, on s’amusait à jouer à cache-cache dans ces tunnels, alors personne ne s’en méfiait. »
Mais Yu Jue n’était pas idiot. Il savait garder quelques tunnels secrets.
Wang Lanlan agita la main et sortit une carte topographique couverte de tracés : toutes les routes y figuraient, avec la longueur et la profondeur des tunnels. Ceux qui n’étaient marqués d’aucune couleur étaient des tunnels ordinaires, où tout le monde pouvait venir s’amuser. Mais d’autres tunnels, plus particuliers, y étaient également indiqués.
Han Fei demanda : « Que représentent les itinéraires rouges ? »
Wang Lanlan répondit : « C’est par là qu’on passait quand on allait voler… Enfin, rendre visite à nos amis. »
Han Fei leva les yeux au ciel. *Je ne te crois pas. Rendre visite à vos amis ? Pourquoi creuser des tunnels pour aller les voir ?*
Wang Lanlan gloussa. « Maître Han Fei, en vérité, notre habitude de voler n’est pas vraiment du vol. C’est une sorte d’entraînement : on exerce ainsi notre perception, notre capacité à repérer les choses, nos défenses, notre aptitude à évaluer le danger, et ainsi de suite… »
Han Fei dit : « Alors, placez directement vos trésors dans votre Étoile d’origine. Qui pourrait vous les voler ? »
Wang Lanlan répondit : « Bien sûr, nous mettons certaines choses dans nos Étoiles d’origine, mais nous cachons aussi des trésors chez nous et attendons que d’autres viennent les voler. C’est surtout pour nous pousser à progresser. »
Han Fei resta sans voix. « Vous cherchez les ennuis, en somme ? »
Wang Lanlan expliqua : « Eh bien, si on n’a rien volé mais qu’on se fait prendre, on va se battre dans le vide contre le propriétaire. Si on gagne, on peut quand même repartir avec les affaires. »
Han Fei trouva ça intéressant. Comment ces bêtes féroces avaient-elles inventé une méthode de cultivation pareille ?
Après réflexion, Han Fei demanda : « Vous voulez dire que je peux voler, moi aussi ? »
Wang Lanlan répondit : « Tant que votre identité n’est pas découverte, ça devrait aller, Maître Han Fei. Mais, à part chez quelques grands maîtres, il n’y a sans doute rien dans nos maisons qui puisse vous intéresser. »
Wang Lanlan ne pensait pas qu’un homme capable de jeter trois minerais de niveau huit comme s’il s’agissait de rien manquait d’argent. Avec sa fortune, avait-il besoin de voler ?
Han Fei reconnut que son raisonnement se tenait. Il ne volerait rien, à moins qu’il ne s’agisse du trésor d’un Monarque, mais ce serait aller trop loin. S’il se faisait passer pour une bête féroce uniquement pour voler, ce serait la honte.
Après tout, d’une certaine manière, il ne représentait pas seulement sa propre personne, mais aussi le Moineau empereur. S’il dérobait réellement les trésors des bêtes féroces, ce ne serait pas grave s’il échappait aux soupçons ; mais s’il se faisait prendre, l’image du Moineau empereur s’effondrerait aussitôt.
Han Fei désigna la carte. « Ces lignes noires n’ont jamais servi à voler ? »
Wang Lanlan secoua la tête. « Personne n’a jamais emprunté ces tunnels. »
Han Fei demanda encore : « Quel tunnel mène chez Big Luoluo ? »
Bzzz !
Wang Lanlan regarda Han Fei, stupéfaite. « Maître Han Fei, vous comptez voler Big Luoluo ? Si elle découvre que vous n’êtes pas Yu Jue… »
Han Fei sourit. « D’abord, vous ne devriez pas vous montrer au camp des bêtes féroces pour le moment. Ensuite, vous aviez prévu de voler les trésors de Big Luoluo dès le départ. Enfin, si je ne vais pas la voler, à quoi bon me rendre au camp ? Passer mes journées dans les tunnels ? Je ne pourrais même pas m’y promener. »
« Mais… »
Han Fei reprit : « Pas de “mais”. Puisque Big Luoluo a bon caractère, elle n’a aucune raison de me battre à mort. »
Wang Lanlan dit : « Big Luoluo a parfois mauvais caractère. Quand elle se met en colère, elle fait vraiment peur. Surtout quand elle s’en prend à ses ennemis : tout le monde tremble. »
Les lèvres de Han Fei tressaillirent. « Assez bavardé. Allons-y. Montrez-moi le chemin. »
Tant que le Moineau empereur serait sa bête spirituelle, Han Fei ne pourrait jamais échapper aux bêtes féroces. Puisqu’il devrait tôt ou tard entrer en contact avec elles, autant le faire cette fois-ci.
Wang Lanlan le conduisit, mal à l’aise, dans une grotte au milieu d’une mine. Lorsqu’ils pénétrèrent véritablement dans la mine creusée par Yu Jue, Han Fei fut stupéfait : ce type n’était pas si idiot, finalement. La grotte était un véritable labyrinthe, chaque ouverture donnant sur d’innombrables chemins. Qui pouvait bien s’y retrouver ?
Après que Wang Lanlan l’eut guidé à travers des dizaines de milliers de grottes, Han Fei en fut enfin convaincu. Pas étonnant que le Pangolin des Ténèbres du Nord traînât avec la Loutre aux mille ruses. Un homme intelligent et un idiot très puissant s’accordaient mieux que deux personnes intelligentes.
Wang Lanlan expliqua : « Maître Han Fei, les chemins que je vous ai fait prendre n’ont jamais été empruntés. Sinon, nous aurions pu croiser beaucoup de bêtes féroces sur les autres voies. Nous sommes maintenant à plus de trois cents kilomètres sous terre, dans la mine où se trouve la demeure de Big Luoluo. Comme c’est une supermine, elle bloque la perception : même les Monarques ne peuvent pas percevoir jusqu’ici. Mais nous sommes vraiment décidés à y aller ? »
Han Fei répondit : « Bien sûr. Dites-moi, comment est-ce que je peux voler des choses ? Même si elle ne peut rien percevoir dans la mine, une fois que nous en sortirons, comment une puissance du rang immortel pourrait-elle ne pas vous repérer ? »
Wang Lanlan expliqua : « Quand Big Luoluo cultive chez elle, elle n’englobe pas tout de sa perception. Elle pose seulement quelques petits pièges. Tant qu’on n’en déclenche aucun, on a de la chance. Donc, si on ne fait pas trop de bruit et qu’on ne la croise pas face à face, on peut voler. »
Han Fei resta sans voix. « Ce n’est pas comme si elle vous faisait cadeau de ressources ? »
Wang Lanlan répondit : « Big Luoluo est riche ! Les riches aiment s’amuser. Pour elle, c’est un jeu ; pour nous aussi. Mais si on perd, on est puni. Il suffit alors de cultiver en retraite pendant cent ans, de patrouiller dans les montagnes, de garder la Crête de la Tempête, de partir en mission à la Ville de l’Alliance des Cent ou d’aller harceler des bêtes divines, et ainsi de suite. Tout le monde en a l’habitude. »
À l’entendre, Han Fei devint vraiment curieux. Les passe-temps de cette grande cultivatrice étaient quelque peu singuliers ! Si des gens venaient la voler tous les jours, même un Monarque ne pourrait pas résister à cent mille voleurs s’attaquant à lui en même temps, pas vrai ?
Han Fei dit : « Montons. »
Wang Lanlan se résolut à y aller. Puisqu’elle était déjà là, même si on les découvrait, Big Luoluo ne lui en voudrait pas, n’est-ce pas ? Elle n’était que dans le Royaume de la Transformation stellaire accompli. En outre, le Moineau empereur lui avait donné un ordre ; elle ne pouvait tout de même pas lui désobéir !
Wang Lanlan guida Han Fei vers le haut et lui dit : « Maître Han Fei, une fois sortis, il faudra faire attention aux pièges de Big Luoluo. Elle pose souvent de petits réseaux, des illusions, des mécanismes, des ondulations de Motifs du Dao, des casse-têtes à base d’insectes et ainsi de suite… »
Han Fei resta bouche bée, mais se dit qu’il ne s’agissait que de petits pièges et que ce ne serait pas un problème. Il demanda : « On peut utiliser notre perception ? »
Wang Lanlan répondit : « Seulement sur une petite zone. On peut l’utiliser sans problème sur ce qu’on voit à l’œil nu. Mais si on s’en sert à grande échelle, autant annoncer à Big Luoluo qu’on est là. Elle nous attrapera aussitôt. »
Han Fei hocha légèrement la tête. Bientôt, lui et Wang Lanlan atteignirent le bout du passage. Les dix derniers mètres de la mine n’avaient pas été déblayés. Yu Jue ne venait les creuser que lorsqu’il activait ce passage.
Mais cela ne pouvait naturellement pas arrêter Han Fei. Il n’était pas un Pangolin des Ténèbres du Nord, mais il savait lui aussi très bien creuser.
D’une pensée, Han Fei transforma l’Eau infinie en grandes griffes de pangolin et se mit à creuser. Quelques dizaines de secondes plus tard, il avait déjà ouvert un passage.
Han Fei et Wang Lanlan sortirent la tête. Ils virent une forêt de plantes démoniaques, mais n’y repérèrent aucune trace de présence.
Dans la Zone minière infinie, il n’était pas facile d’aménager une forêt de plantes démoniaques. On pouvait seulement en déduire que Big Luoluo devait tenir à son confort et ne voulait pas contempler des pierres dures toute la journée.
Wang Lanlan bondit hors du tunnel et lui transmit par la pensée : « Maître Han Fei, nous devons être dans la forêt de plantes démoniaques de Big Luoluo. Sa demeure en compte plus de trois cents. Même en avançant les yeux fermés, on ne risque pas de tomber sur elle. »
Han Fei sortit à son tour, balaya les lieux du regard et demanda d’un ton distrait : « Elle aime beaucoup les trésors ? »
Wang Lanlan répondit : « Tout à fait ! Quand Luoluo est de bonne humeur, elle laisse des dizaines de milliers de personnes partir à la recherche de trésors. Celui qui en trouve un le garde. Mais il ne faut pas abîmer le paysage de sa demeure. On doit donc tout découvrir par nous-mêmes. La dernière fois, c’est moi qui ai trouvé un minerai de niveau huit. Malheureusement, Yu Jue était si content qu’il a déclenché un mécanisme et nous nous sommes fait prendre tous les deux. »
Han Fei hocha légèrement la tête et se dirigea tranquillement vers les fleurs. Il désigna l’un des milliers de boutons floraux, qui s’épanouit aussitôt. Il contenait un minerai de niveau sept.
« Hein ? Eh bien… »
Wang Lanlan en resta stupéfaite. Il l’avait trouvé si facilement, et il avait même obtenu un minerai de niveau sept ?
Wang Lanlan demanda : « Maître Han Fei, comment l’avez-vous trouvé ? »
Han Fei répondit : « Pourquoi fallait-il le chercher ? Vous ne voyez pas que la tige de cette fleur est légèrement plus courbée que les autres ? »
Wang Lanlan fixa la fleur un long moment, puis secoua la tête. « Je ne vois pas. »
Han Fei dit : « D’accord ! Vous avez peut-être une mauvaise vue. Allons nous promener. »
Sur ces mots, Han Fei lança le minerai de niveau sept à Wang Lanlan. Elle le rattrapa et haussa les sourcils, songeuse : *C’est à moi ?*
Mais à peine y avait-elle pensé que Han Fei ajouta : « N’oubliez pas de donner la moitié des trésors que vous trouverez à Yu Jue. Il est faible. Vous êtes plus maligne que lui, vous devriez lui donner quelques conseils. »
Wang Lanlan hocha la tête. « Oui. »
Wang Lanlan le suivit, mais il n’avait pas fait plus de trente pas lorsque Han Fei s’arrêta et se tourna vers un grand arbre non loin de là. Il fit claquer son doigt, et une petite araignée s’envola vers un autre arbre.
L’instant d’après, une feuille tomba de l’arbre. En touchant le sol, elle se transforma en or.
Wang Lanlan s’exclama : « Un sabre à feuille d’or, une arme divine à usage unique de basse qualité ! Maître Han Fei, comment l’avez-vous trouvé ? »
Han Fei se toucha le nez. « Il y avait une araignée sur cet arbre. Les araignées sont souvent signe de richesse. »
Wang Lanlan resta sans voix. « C’est tout ? »
« C’est tout. »
Wang Lanlan : « … »
Après une centaine de pas supplémentaires, Han Fei se dirigea brusquement vers le bord du chemin, déplaça une pierre et la posa de l’autre côté d’une autre pierre. Celle-ci se fendit alors, révélant un minerai de niveau sept.
Wang Lanlan en aurait presque pleuré. « Maître Han Fei, pourquoi ? »
Han Fei répondit : « L’asymétrie nuit à l’esthétique. »
Wang Lanlan : « … »
Une heure plus tard.
Han Fei et Wang Lanlan sortirent enfin de la forêt de plantes démoniaques. Wang Lanlan le regardait d’un air étrange. C’était vraiment un putain de dieu ! Elle avait vu de ses propres yeux Han Fei sortir une tablette de jade de la bouche d’une chenille. C’était une technique de dissimulation.
En chemin, Han Fei avait déjoué soixante-huit mécanismes et obtenu soixante minerais de niveau sept, trois armes divines à usage unique de basse qualité, deux tablettes de jade et trois gouttes d’Eau de purification de l’âme.
Wang Lanlan s’était toujours crue assez maligne, mais en rencontrant Han Fei, elle comprit à quel point elle était stupide ! La demeure de Big Luoluo regorgeait de trésors, mais elle n’en avait jamais découvert aucun.
Après la forêt de plantes démoniaques, un chemin de pierre bleue apparut. Peu après, ils arrivèrent devant un couloir. Wang Lanlan s’exclama : « Ah ! On dirait qu’on a beaucoup de chance ! C’est le Couloir des occasions. Il compte cent huit marches, et chacune est une porte de téléportation aléatoire. Derrière ces cent huit portes, il y a forcément un endroit où se trouve un trésor exceptionnel : des minerais de niveau huit, des armes divines de haute qualité, voire des armes divines à usage unique de haute qualité, de grandes techniques et même des techniques divines. »
Han Fei demanda : « Une seule porte permet de trouver un tel trésor ? »
Wang Lanlan hocha la tête. « Une seule offre une occasion pareille, mais chacune des portes de téléportation mène à une occasion. À nous de voir si nous saurons la trouver. »
Han Fei demanda : « Où se trouve Big Luoluo, d’habitude ? »
Wang Lanlan répondit : « Big Luoluo cultive, en général ! Elle se contente d’organiser les occasions. »
Han Fei ne put s’empêcher de froncer les sourcils. « On a donc très peu de chances de la rencontrer ? »
Wang Lanlan répondit : « Exactement ! C’est pour ça qu’on l’appelle le Couloir des occasions ! Quand on tombe dessus, c’est généralement signe qu’une occasion se présente. Les chances de réussir le vol atteignent quatre-vingt-dix-neuf pour cent. »
Han Fei hocha la tête. « D’accord ! Allons-y, alors ! Voyons ce qu’on peut trouver. »
Han Fei songea : *Big Luoluo est aussi généreuse qu’elle en a l’air. Quelle fortune doit-elle avoir pour permettre à tant de bêtes féroces de venir la voler ?*
…
De l’autre côté, sous un grand arbre, au milieu de la supermine, huit bêtes féroces étaient suspendues à une branche.
Elles étaient pendues la tête en bas le long du tronc. Sous l’arbre, une jeune fille tenait un fouet à la main et haletait de colère.
Pan ! Pan !
Clac !
« Aouh~ Aouh~ »
La jeune fille fouetta l’air d’un geste sec. Les huit bêtes féroces suspendues à l’arbre furent lacérées, la peau et la chair à vif. Ce chapitre a été mis à jour par n)ovel/\bin/\
Si Han Fei avait été là, il aurait immédiatement reconnu Wang Xiaojiu, qui était venu bavarder avec lui : il était pendu là, et avait été le premier à se faire accrocher.
« Oh ! Big Luoluo, j’ai eu tort. J’irai garder la Crête de la Tempête. »
Clac !
Une main sur la hanche, la jeune fille jura : « Tais-toi. Tu as déclenché huit sceaux en volant. Ha, les clochettes des sceaux n’arrêtent pas de sonner dans mes oreilles. Tu ne sais pas que je suis contrariée ces derniers temps ? Tu crois que tu es capable de garder la Crête de la Tempête ? Tu finirais probablement englouti par la tempête ! »
Clac !
Une bête féroce gémit : « Big Luoluo, j’ai eu tort. Arrête de me fouetter toujours du même côté ! Change de côté. »
Clac !
« Non, je ne veux pas. J’aime fouetter ce côté-là. »
La bête féroce s’empressa de dire : « Big Luoluo, c’est la faute de Wang Xiaojiu. Il allait trop vite et ne s’est pas arrêté à temps ; il a touché les sceaux ! »
Wang Xiaojiu jura aussitôt : « N’importe quoi ! Ce n’est pas moi. Je n’y suis pour rien. C’est vous qui étiez trop lents. »
Clac !
« Ouaf ~ »
Wang Xiaojiu gémit et fut à deux doigts de fondre en larmes. « Big Luoluo, ma fourrure ! Ma fourrure est abîmée. »
Pan ! Pan ! Pan !
La jeune fille le fouetta sept ou huit fois de suite avant de se calmer. « C’est toi qui fais le plus de bruit ! Un jour, je t’arracherai toute ta fourrure. Tu iras tenir compagnie à Chauve. Vous allez si bien ensemble. »
Wang Xiaojiu protesta aussitôt : « Comment pouvez-vous me comparer à Chauve ? Je suis un chat de pure race, alors que lui, c’est un faux. Il n’a même pas de fourrure. On ne peut pas l’appeler un chat. »
Pan ! Pan !
« Tais-toi, tais-toi ! Pourquoi tu jacasses sans arrêt ? Tu es le plus pénible de toute la lignée des bêtes féroces. Blablabla… Pourquoi n’es-tu pas mort dans la Cité des Marionnettes ? »
Wang Xiaojiu répondit : « Big Luoluo, je ne vous ai pas cassé les oreilles récemment ! Arrêtez de me fouetter, ou vous allez tuer ce chat adorable. »
Big Luoluo ricana froidement. « Tant mieux si tu meurs. Je ne veux plus te voir. Va te faire voir à la Crête de la Tempête et cultive dans le Cercle des Vents pendant huit cents ans. Si tu reviens ne serait-ce qu’un an plus tôt, je te dépouillerai vivant. »
« Ouaf ~ »
Wang Xiaojiu gémit de douleur. « Non, Big Luoluo ! Je peux aller à la Crête de la Tempête, mais je ne veux pas entrer dans le Cercle des Vents ! Là-bas, je me ferai tuer en seulement quatre-vingts ans ! »
La jeune fille ricana. « Parfait, tu tiendras compagnie à Chauve. »
Les autres bêtes féroces n’osaient pas ouvrir la bouche, de peur que Big Luoluo les envoie dans le Cercle des Vents au moindre mot.
À cet instant, sous le grand arbre, une lueur mystérieuse jaillit et deux silhouettes apparurent devant tout le monde.
« Hé hé… »
La jeune fille croisa les bras. « Quelle coïncidence. En voilà une nouvelle fournée. Voyons qui a la malchance d’atterrir juste devant moi. »
Han Fei et Wang Lanlan étaient bien entrés au hasard dans un portail, mais quand la lumière leur revint dans les yeux, ils aperçurent sept ou huit bêtes féroces suspendues à l’arbre et une jeune fille qui les regardait, les bras croisés, d’un air ravi.
« Aaaah~ »
« Li Luoluo ? »
Wang Lanlan poussa un cri et resta figée sur place.
Wang Lanlan s’assit par terre. Avant que la jeune fille ait pu parler, elle s’essuya les yeux et gémit : « Pourquoi est-ce que j’ai autant la poisse ! Big Luoluo, c’est Juejue qui a insisté pour revenir. Je n’y suis pour rien ! »
Sur ces mots, Wang Lanlan se rappela que Yu Jue se trouvait alors sur l’Étoile d’origine de Han Fei et que celui qui se tenait à côté d’elle n’était autre que Han Fei déguisé.
Wang Lanlan jeta à Han Fei un regard désolé, se disant qu’elle avait parlé trop vite.
Les paupières de Han Fei tressaillirent frénétiquement. Lui aussi était resté figé sur place. Inutile de le préciser : le chat pendu à l’arbre était une vieille connaissance. Et la jeune fille sous l’arbre… était elle aussi une vieille connaissance.
Han Fei ne savait que dire. Big Luoluo ? Il avait cru que c’était un nom vraiment particulier. À présent, il comprenait que c’était Li Luoluo. Li Luoluo du Monde Yin-Yang, puis Li Luoluo, qui s’était cachée dans un coin de la Mer déchaînée. Le Royaume marin était si vaste. Il n’aurait jamais cru retrouver cette femme ici.