Chapitre 2 456
Chapitre 2456 : Un coup d’une puissance inégalée
Quand Han Fei apprit que l’Oncle Neuf était en réalité un Monarque, il comprit aussitôt pourquoi Feng Xingliu et Qingcheng n’avaient couru aucun véritable danger en parcourant les étendues sauvages avec lui.
Feng Yi avait mentionné que quelqu’un de la Race divine du Phénix arriverait avant lui. À présent, il semblait que l’Oncle Neuf avait dû remarquer ce que lui, Feng Xingliu et Feng Qingcheng avaient fait dans les étendues sauvages.
Han Fei fut légèrement soulagé. Il semblait que ce type ne se souciait pas d’avoir impliqué la Race divine du Phénix dans son affrontement avec la Race céleste.
Maintenant que le Monarque de la Race divine du Phénix était arrivé, quelqu’un devait répondre de la malédiction qui frappait Feng Qingcheng. Si Shui Dongze ne voulait pas mourir, la Race céleste devrait payer le prix fort.
Malheureusement, dans la situation actuelle, Shui Dongze avait bel et bien une chance d’enchaîner les victoires.
Au milieu du troisième jour, les blessures de Shui Dongze furent guéries. Il avait dû recourir à des remèdes précieux, car il s’était rétabli particulièrement vite.
Bien sûr, il n’avait pas récupéré aussi vite que Feng Qingcheng. La Technique divine de l’Éveil céleste était l’art de guérison le plus miraculeux au monde. Feng Qingcheng s’était rétablie en moins d’une demi-heure, tandis que Shui Dongze avait mis une demi-journée.
Lors du combat suivant, Shui Dongze affronta Huang Quan pour sa vingt-troisième partie, mais celui-ci choisit de s’avouer vaincu d’emblée. Après le précédent exemple, il devait y avoir anguille sous roche dans cette défaite de Huang Quan.
Cependant, après avoir remporté vingt-quatre parties d’affilée et être arrivé à la vingt-cinquième, Shui Dongze chassa enfin toutes ces pensées de son esprit. Cette fois, il allait affronter Zhang Daqian, qu’il n’avait pas réussi à soudoyer.
Shui Dongze voulait remporter toutes les parties. On ignorait d’où lui venait cette confiance, mais il avait déjà engrangé huit points. À l’origine, il voulait affronter Zhang Daqian puis Zhang Xuanyu lors de ses trente et unième et trente-deuxième parties. Ainsi, il aurait pu continuer à gagner toutes les précédentes.
Pour une raison quelconque, pourtant, Zhang Daqian et Zhang Xuanyu avaient changé de place dans le classement, contrairement à ce que Shui Dongze avait prévu.
C’était peut-être parce que les organisateurs de la compétition ne voulaient pas laisser Shui Dongze s’appuyer sur ses relations pour obtenir un parcours sans défaite : ils avaient donc ignoré ses demandes.
Quoi qu’il en soit, Shui Dongze se retrouvait à présent face à Zhang Daqian et Ye Fengliu.
Ye Fengliu avait toujours l’air froid, impassible et raide. Or, on jugeait souvent ces gens-là les plus terrifiants.
Dans les gradins, quelqu’un cria : « Ye Fengliu ne peut pas perdre ! »
Un autre lança d’une voix sonore : « Je ne me vante pas, mais personne ici n’arrive à la cheville de Ye Fengliu en matière d’attaque. Je suis convaincu qu’il sera le premier Talent céleste sans égal de l’histoire du Grand Tournoi. »
Quelqu’un protesta : « Shui Dongze a remporté vingt-quatre parties d’affilée. Vous croyez vraiment qu’il les a gagnées si facilement ? Ça ne fait que trois jours. »
Un autre ajouta : « Si les figures clés ne s’étaient pas rendues, Shui Dongze n’aurait peut-être pas pu enchaîner vingt-quatre victoires. »
Quelqu’un ricana : « On a toujours une raison de s’avouer vaincu. Ce sont tous de grands Talents célestes. Qui renoncerait sans raison ? »
Les débats allaient bon train. Dans l’arène, Shui Dongze déclara avec indifférence : « Ye Fengliu, le sage se soumet au destin. Dans le Royaume de l’Établissement de la Mer, même avec un talent exceptionnel, tu n’es qu’un insignifiant personnage. Alors, je te conseille d’accepter ma proposition. »
Han Fei répondit froidement : « Pourquoi ne leur répètes-tu pas ce que tu m’as dit ? Je pense qu’ils seraient ravis de saluer tes ancêtres. »
« Hmpf, alors meurs ! »
Le visage de Shui Dongze se rembrunit. L’expression froide et méprisante de Han Fei l’avait mis hors de lui.
Mais Shui Dongze n’était pas stupide. Il se doutait que Han Fei l’achèverait encore d’un seul coup. Dans ce cas, en remportant vingt-quatre parties, il ne ferait que servir Han Fei.
Shui Dongze avait étudié de nombreux grands maîtres par le passé et découvert que même les Établisseurs de Mer au sommet du niveau ultime de la Race céleste n’étaient pas capables de faire ce que Ye Fengliu pouvait accomplir. Il en avait donc conclu que ce dernier ne possédait peut-être qu’un seul atout : ce coup. Il lui suffirait de le briser pour l’emporter.
Le seul regret, c’était de ne pas avoir réussi à imprimer la malédiction dans le corps de Han Fei.
À cet instant, Han Fei tenait déjà son sabre. Shui Dongze savait que, quel que soit son adversaire, il devait briser le coup de Ye Fengliu et ne lui laisser aucune occasion d’attaquer.
Shui Dongze ouvrit brusquement les bras. Une lumière verte jaillit de sa poitrine : c’était la lueur d’une lance qu’il avait nourrie pendant une durée inconnue. Elle se refléta dans l’arène et sa puissance teinta de vert le vaste ciel.
On ignorait contre qui ce coup avait été préparé, mais il servit cette fois à attaquer Han Fei. Puisque le déroulement final ne correspondait pas à ses plans, Shui Dongze se dit qu’il ne lui restait qu’à se battre de toutes ses forces.
Il était convaincu d’être le plus fort, même en termes de puissance réelle au combat.
Dans le vide, beaucoup furent surpris.
Quelqu’un s’exclama : « Il avait caché une lance dans son corps. L’intention de la lance s’est répandue dans sa chair et son sang, imprégnée d’une grande quantité de qi et de sang. Ce coup est au moins comparable à celui d’un Ouvreur de Ciel. Pour le dire franchement, il ne peut pas tuer complètement un Ouvreur de Ciel avant le Royaume de la Transformation stellaire, mais il devrait pouvoir le tuer une fois. »
Quelqu’un acquiesça : « Ce coup est intéressant. Aucun Établisseur de Mer ne peut le bloquer. J’aimerais bien voir quel atout Ye Fengliu lui opposera. N’a-t-il vraiment qu’une seule attaque ? »
À l’extérieur de l’arène, Zhang Xuanyu, assis aux côtés de Nezha, affichait lui aussi un air grave. Il déclara néanmoins : « Si Ye Fengliu ne parvient pas à lui résister, je ne le laisserai certainement pas remporter toutes les parties. »
Nezha sourit sans rien dire.
L’instant d’après, Zhang Daqian brandit son sabre comme à son habitude. Quelle que fût la puissance de la lumière de la lance qui lui faisait face, son coup demeurait invincible. Mais, à la différence des précédents, celui-ci était singulier. En plus du Dao du sabre et de l’Intention du sabre qui s’épanouissaient, il fit surgir l’ombre d’un Dragon d’Azur, fracassa le vide et déchaîna une Turbulence chaotique du Vide. On pouvait même distinguer des Motifs du Dao gravés sur son sabre.
C’était toujours la Technique du dégainement, mais elle n’avait plus rien à voir avec celle d’autrefois. Han Fei avait presque poussé cet art à son paroxysme.
Sur une haute plate-forme, quelque part dans le vide, quelqu’un se leva brusquement et s’exclama : « J’ai reconnu l’ombre de la Technique de pourfente du Dragon. Depuis combien de temps les dragons ont-ils disparu ? »
Clang !
Un crissement assourdissant retentit aux oreilles de tous. Une brèche dans le vide fracassé et un long dragon de qi de sabre enveloppèrent la lance foudroyante, tourbillonnant et s’enroulant autour d’elle. Finalement, au milieu des ondes de choc d’une explosion, la lance de Shui Dongze fut entièrement pulvérisée.
Mais la lumière du sabre ne s’arrêta pas. Sous l’influence de l’Intention du sabre, la Turbulence chaotique du Vide se transforma en lame et engloutit Shui Dongze.
« Gel du Vide ! »
Mais la glace vola en éclats avant même d’avoir eu le temps d’apparaître. L’instant d’après, Shui Dongze ne put résister à la Lame du Vide, qui ne s’était toujours pas dissipée. L’arbitre dut intervenir et annihiler ce coup de Han Fei.
Malgré tout, la force de recul projeta Shui Dongze au loin et son sang inonda l’arène.
Quand Shui Dongze réapparut, son corps avait beau s’être reconstitué, il se désagrégeait à une vitesse terrifiante. Sa constitution ne pouvait résister à cette étrange et effroyable Intention du sabre.
Cette bribe d’Intention du sabre était si puissante qu’elle ne ressemblait en rien à celle d’un Établisseur de Mer.
À cet instant, tout le monde poussa des exclamations.
Quelqu’un éclata de rire : « Hahaha ! Je le savais. Ye Fengliu est le plus fort des trente-deux meilleurs. Shui Dongze a remporté vingt-quatre parties d’affilée, et alors ? Il a quand même perdu. Il n’a même pas résisté à une seule attaque. »
Quelqu’un soupira : « C’est censé être un putain de coup de sabre ? J’ai vu l’ombre d’un dragon et une Lame du Vide. Ça ne ressemble pas du tout à l’attaque d’un Établisseur de Mer ! »
Un autre soupira : « Pour être honnête, s’il n’y avait pas autant d’experts du Royaume de l’Ouverture céleste ici, j’aurais cru qu’il avait triché. »
Dans la foule, une seule personne était complètement sidérée : Zhang Xuanyu. À cet instant, il regarda Nezha avec stupeur, les yeux brillants.
« Putain de merde. »
Au bout d’un long moment, Zhang Xuanyu finit par lâcher ces mots.
Oui, il avait reconnu cette technique.
Cette attaque découlait de l’Art du dessin, et Zhang Xuanyu en avait perçu la familiarité dès le début.
De plus, ce coup portait l’empreinte de la Technique du dégainement. Zhang Xuanyu l’avait vue un nombre incalculable de fois. Comment aurait-il pu ne pas la reconnaître ?
Et ce n’était pas tout : ce coup contenait aussi la férocité de la Technique de pourfente du Dragon. Durant les deux cents années où Han Fei s’était efforcé d’ouvrir son ciel, Zhang Xuanyu et les autres avaient beaucoup échangé avec le Monde du Domptage du Dragon. Il pouvait donc reconnaître la Technique de pourfente du Dragon lui aussi.
Puis il se rappela que Ye Fengliu venait de la Cité des Vagabonds, dans les Terres désolées du Chaos. Que pouvait-il encore ne pas comprendre ?
« Putain ! J’aurais dû le savoir ! »
Zhang Xuanyu fit la grimace, puis jura : « Fourbe, calculateur et sans vergogne ! Parmi les trente-deux meilleurs ? Hmpf… »
Comment Han Fei aurait-il pu ne pas comprendre ce que pensait Zhang Xuanyu ? Celui-ci était furieux que Han Fei ait été assez cupide pour placer deux de ses clones parmi les trente-deux meilleurs.
Zhang Xuanyu soupira lui aussi. Qu’est-ce que les autres penseraient s’ils apprenaient que Ye Fengliu et Nezha n’étaient que les clones d’une seule et même personne ?
Mais Zhang Xuanyu était également stupéfait. Il demanda, hésitant : « Encore un ? »
Nezha grogna avec indifférence, et le coin des lèvres de Zhang Xuanyu tressaillit.
Il n’avait jamais rencontré Zhang Daqian, mais il pouvait deviner que celui-ci n’existait pas depuis très longtemps : quatre ou cinq cents ans, tout au plus. Mais comment Zhang Daqian avait-il pu devenir si puissant si vite ? Il n’avait vécu que quatre ou cinq cents ans et il était déjà aussi fort ?
Il n’avait pas soupçonné Ye Fengliu auparavant, car celui-ci ressemblait trait pour trait à la Race aux Dix Mille Écailles. Et comme si peu de temps s’était écoulé et que Zhang Daqian était si puissant, il n’avait pas osé envisager cette possibilité.
Maintenant que Han Fei le confirmait de sa propre bouche, Zhang Xuanyu ne pouvait pas se sentir plus mal. Il prit sa décision : quoi qu’il arrive, il devait ouvrir son ciel au plus vite. Après cela, il lui faudrait encore redoubler d’efforts pour devenir un Monarque.