Chapitre 2 292
Un instant plus tard, dix personnes furent plaquées devant Han Fei et Feng Xingliu. Une étrange lance les clouait au fond de la mer, alignés en rang.
Sur les treize, Feng Xingliu en avait tué deux avant que Han Fei ait eu le temps de le prévenir. Le dernier s’était enfui, car il était encore plus rapide que Han Fei.
À cet instant, la poitrine de Feng Xingliu se soulevait à un rythme effréné et son corps tremblait légèrement, tout comme ses jambes et ses mains. Pour réprimer ces tremblements, il faisait semblant de danser, mais avait plutôt l’air complètement défoncé.
Han Fei ne pouvait rien pour lui. Bon sang, qu’est-ce qu’il avait l’air stupide ! Il ne put que détourner la tête de cet idiot.
Les dix membres de la Race céleste étaient sous le choc : la puissance que Han Fei venait de déployer était au moins trente pour cent supérieure à la précédente. Ils ne comprenaient pas comment il pouvait devenir toujours plus fort. Toujours est-il qu’à ce moment-là, Han Fei les avait frappés l’un après l’autre ; leurs âmes étaient blessées, ils ne pouvaient donc ni s’enfuir ni le distancer.
« Un Talent céleste de premier ordre. »
Ils comprirent alors quel genre de puissants combattants ils avaient affronté. Yi Yuan n’avait pas été assez fort pour éprouver la puissance de Han Fei et de ses compagnons. Il les avait seulement trouvés plus forts que lui, sans pour autant les croire impossibles à vaincre.
Mais à présent, avec tous ces gens, ils avaient enfin pu mesurer la véritable puissance de combat de ces deux hommes. Tous deux étaient des Talents célestes de premier ordre. Si les meilleurs Talents célestes de la Race céleste ne se manifestaient pas, il leur faudrait sans doute doubler leurs effectifs pour maîtriser ces deux fous.
Han Fei se tenait devant Yi Yuan. Celui-ci gisait au fond de la mer, immobilisé par la lance qui scellait son corps. Voilà la terrifiante puissance de la Lance scellant les dieux. Feng Xingliu avait déjà demandé en secret à Han Fei de quelle technique de scellement il s’agissait, car il voulait l’apprendre.
Yi Yuan était horrifié. Cette fois, il était fichu. Il n’aurait jamais cru qu’un seul homme le piégerait deux fois.
La dernière fois, Han Fei n’avait pas cherché à le tuer. Peut-être voulait-il simplement se servir de lui pour attirer d’autres puissants combattants de la Race céleste. Mais cette fois, ils étaient treize contre deux, et ils avaient essuyé une défaite écrasante. Comment Han Fei aurait-il pu laisser partir les dix autres ?
Les autres étaient eux aussi terrifiés et se disaient qu’ils allaient mourir. Comme ils devaient participer à la Compétition des dix mille ans et qu’ils avaient sur eux des Jetons de qualification, ils ne pouvaient pas utiliser certains de leurs atouts. Si la volonté spirituelle du Grand Monarque East Martial le détectait, leur vie serait le cadet de leurs soucis : ils risquaient même de compromettre la Race céleste.
Boum !
Han Fei donna un coup de pied au visage de Yi Yuan et l’écrasa. L’humiliation était totale. En tant que Talent céleste de la Race céleste, quand l’avait-on déjà traité de la sorte ?
Même devenu prisonnier, il rugit de colère.
Boum !
Han Fei lui marcha dessus, puis afficha un sourire méprisant. « Tu me prends de haut, ou quoi ? Je t’ai déjà dit que je viendrais te voir dans un demi-mois. Et regarde la bande d’idiots que tu as amenée ! Ils ne résistent même pas à un seul de mes coups ! »
Le ton déçu de Han Fei stupéfia même Feng Xingliu. *Ces types sont en fait très puissants. Si je devais en affronter huit tout seul, je ne gagnerais pas facilement sans recourir à une technique de haut niveau.*
Cependant, il était désormais du côté de Han Fei. Quand celui-ci donna un coup de pied à Yi Yuan, il l’imita naturellement.
Boum !
« Hé ! C’est pas mal, ça… »
Les yeux de Feng Xingliu s’illuminèrent. Les voir de haut et se rappeler le ton qu’ils avaient employé lors de leur première rencontre le rendit aussitôt tout fier.
« Oh ! J’ai entendu dire que Feng Yu avait battu plein de monde dans le Royaume divin de la Mer centrale. C’est donc ça, l’effet que ça fait ? C’est génial. Non, il faut que j’en piétine encore quelques-uns. »
Han Fei assista alors à la stupide démonstration de Feng Xingliu.
Bam ! Bam ! Bam !
Feng Xingliu les piétina l’un après l’autre et cria chaque fois :
« Fourmi ! »
« Boum ! Fourmi. »
« Boum ! Fourmi. »
« Boum ! Fourmi. »
« … »
Han Fei : « ??? »
Han Fei ne comprenait pas ce qui prenait à Feng Xingliu. Il l’arrêta à la hâte. « Tu peux arrêter de leur marcher dessus, le temps que je leur pose des questions ? »
Feng Xingliu était un peu déçu. Il n’avait pas fini de les piétiner. À cet instant, il écrasait le visage de l’un d’eux sous son pied, sans le retirer. Il semblait apprécier cette sensation.
Feng Xingliu lança : « Vas-y. »
Han Fei tourna la tête et resta soudain interdit. *Qu’est-ce que je viens de dire ? Merde, c’est la faute de Feng Xingliu.*
Han Fei renifla. « Votre Race céleste est bien mystérieuse. On raconte qu’elle compte d’innombrables Talents célestes, comme les poissons dans la mer. Pourquoi n’en ai-je rencontré aucun ? »
Quelqu’un cria : « Les meilleurs Talents célestes de notre race ne vont pas se soucier d’une affaire aussi insignifiante ! Tu veux rencontrer les meilleurs Talents de notre race, pas vrai ? Alors, si tu en as le courage, relâche-moi. Je les appellerai et on verra si tu oses les affronter ! »
Cet homme cherchait délibérément à provoquer Han Fei. Il craignait que si celui-ci ne relâchait qu’une ou deux personnes pour prévenir les autres, il ne soit condamné. Il prit donc les devants.
Boum !
Han Fei lui donna un coup de pied. « La ferme. C’est à toi que je parle ? »
Han Fei avait parfaitement compris ce que l’homme voulait dire, mais il s’en moquait.
Après l’avoir frappé, Han Fei déclara d’un ton tranquille : « Je vais vous donner une autre chance. Remettez-moi toutes vos qualifications et toutes vos ressources, et je vous laisserai partir. Toi, Yi Yuan, c’est ça ? Je reviendrai te voir dans un mois. Tu ferais mieux d’amener les meilleurs Talents célestes de ta Race céleste. Sinon, la prochaine fois, tu mourras. Ah, et n’oublie pas de me donner toutes tes ressources. J’ai un moyen de savoir si vous en gardez. Quiconque en cachera sera tué sur-le-champ. »
Ces gens étaient stupéfaits et n’osaient pas défier Han Fei. Il était manifestement absurde de risquer leur vie pour quelques ressources.
En réalité, ils n’avaient pas grand-chose sur eux. Aucun ne possédait plus de 70 000 kilomètres de ressources. Le moins fortuné était Yi Yuan, que Han Fei avait dépouillé un demi-mois plus tôt : il n’avait plus que 8 000 kilomètres de ressources. Han Fei en avait le cœur lourd.
Peut-être valait-il mieux ne pas emporter trop de ressources dans un terrain de chasse comme celui-ci ; en tout cas, ces gens n’en avaient généralement pas beaucoup.
Han Fei déclara : « La prochaine fois, quiconque aura moins de 50 000 kilomètres de ressources sera tué sur-le-champ. »
Bam ! Bam ! Bam !
Les sceaux de la Lance scellant les dieux se brisèrent l’un après l’autre. Les prisonniers ne s’attardèrent pas et s’enfuirent aussitôt. Moins forts que leurs ennemis, ils n’avaient pas d’autre choix que de détaler.
Après avoir couru pendant une demi-journée, l’un d’eux cria avec fureur : « Quel arrogant ! La prochaine fois, j’appellerai mon cousin et il lui marchera dessus pendant trois jours et trois nuits ! »
Un autre était fou de rage. « Ce type qui joue avec le feu est fichu. Je lui ferai répéter “Je suis une fourmi” dix mille fois ! »
Quelqu’un hurla de colère : « Je demanderai à ma cousine d’apporter ses armes divines et de les découper en morceaux. Je les forcerai à avaler du poisson et des crevettes pourris, jusqu’à les écœurer à mort ! »
« Oui ! C’est ça ! »
« Écoutez, si nous ne nous vengeons pas, comment préserver notre Cœur du Dao ? Mobilisons nos effectifs et appelons vite des renforts. Dans un mois, retrouvons-nous devant le Camp de demain pour leur donner une leçon. »
« D’accord ! J’y vais. »
…
Plus d’un demi-mois plus tard.
Han Fei et Feng Xingliu accompagnaient toujours Feng Qingcheng dans sa chasse aux maîtres pêcheurs. Ils attendaient simplement que quelqu’un vienne les traquer pour lui dérober ses ressources. Après tout, avec le soutien de la Race céleste, ils n’avaient pas à craindre de manquer de Jetons de qualification.
Ce que Han Fei et les autres ignoraient, c’était qu’à cet instant, sur le terrain de chasse à l’extérieur de la Dynastie de la Capitale divine, des gens couraient dans tous les sens.
Certains puissants combattants que Han Fei avait piétinés se rendirent sur un grand navire.
« Cousin, il faut que tu m’aides. »
Son beau cousin, qui buvait avec une cultivatrice du Détroit fantôme, prit un air contrarié. « Tu viens toujours me voir après t’être fait battre. Tu n’as donc rien appris ? »
L’homme s’empressa de répondre : « Cousin, deux types à l’identité secrète sont sortis de nulle part. L’un vient de transformer sa Mer d’Origine en étoile, l’autre pas encore, mais ils nous ont battus à deux contre treize… Enfin, bref… Cousin, il méprise les meilleurs Talents célestes de notre race, et donc il te méprise aussi ! »
Le beau jeune homme se rembrunit. « Vraiment ? Ils osent s’en prendre à la Race céleste sous prétexte qu’ils ont des origines extraordinaires ? Humph, je viens avec toi leur donner une leçon. »
…
De l’autre côté.
« Cousin, je me suis fait battre ! Ils m’ont pris toutes mes ressources et mes Jetons de qualification… Enfin, bref… Cousin, ce type a dit qu’il n’y avait aucun Talent céleste dans notre race et nous a traités de fourmis. Je ne peux pas laisser passer ça ! »
« Comment osent-ils traiter les membres de la Race céleste de fourmis ? Quelle arrogance ! Sais-tu de quelle faction il vient ? S’il est un Talent céleste de premier ordre, ce n’est certainement pas un inconnu. »
« Cousin, je n’en sais rien ! Ils ont dit que si nous étions incapables de les battre, nous ne méritions pas de connaître leurs noms. Mais l’un d’eux maîtrise des techniques de poing sans égales, tandis que l’autre repousse ses ennemis avec le feu. Je soupçonne le premier de venir de la Montagne de la Lumière du Poing, et l’autre, de la Cité de la Terreur. »
« Humph ! »
« La simple Montagne de la Lumière du Poing ose défier notre Race céleste ? La Cité de la Terreur n’est qu’un adversaire que nous avons déjà vaincu. Comment osent-ils t’insulter ? Attends que je prenne ma Lance tueuse de dieux et les cloue à mort. »
L’homme reprit aussitôt du poil de la bête. *Mon cousin va utiliser la Lance tueuse de dieux. Ces deux morveux sont fichus. Comment osent-ils s’en prendre à notre Race céleste ? Ils n’ont aucune idée de la puissance de nos Talents célestes.* Ce chapitre a été mis à jour par n)ovel/\bin/\
Un mois plus tard.
Camp de demain.
Des silhouettes apparurent les unes après les autres dans la mer, au large.
« Hein ? Yi Tianlong, tu es là ? »
« Hé, Yi Shuiliu, toi aussi, tu es là ? »
« Hein ? Yi Jiajia, ils t’ont même invitée ? Tu crois que deux voleurs méritent que tu te déplaces ? »
Soudain, quelqu’un leva les yeux vers le ciel, où une silhouette chevauchait un Poisson-dragon volant.
« Hiii ! C’est Yi Xianling. Mais… mais elle n’avait pas dit que la chasse l’ennuyait ? Qu’est-ce qu’elle fait ici ? »