Chapitre 144
Chapitre 144 : Une bande de monstres
Un garçon qui tenait une canne murmura : « Je parie que ce gros a un faible pour Xia Xiaochan. Ça se voit dans ses yeux. Je dois dire que j’admire son courage. »
La petite fille fusilla le garçon du regard. Il se tut aussitôt et leva les yeux au ciel.
Han Fei regarda le garçon, rongé par la jalousie. Il était tellement beau !
Mais Han Fei se tourna aussitôt vers la jeune fille, cherchant à montrer son côté raffiné. « Xia Xiaochan, quel joli nom. La cigale dort pendant des années pour ne chanter qu’un seul été, tout comme le cactus de nuit s’épanouit en un instant après avoir attendu toute une journée. »
Xia Xiaochan plissa les yeux. « Tu connais les cigales ? »
« Ah ! Quelle jolie voix… »
Han Fei lui adressa un grand sourire. Elle avait vraiment une belle voix.
Hein ? À côté de Xia Xiaochan se tenait aussi une beauté froide comme un iceberg. Elle était jolie, elle aussi, mais n’avait pas le même entrain que Xia Xiaochan.
Han Fei s’interrompit, puis s’empressa d’ajouter : « J’ai lu des choses sur les cigales dans un vieux livre. »
« Très bien… Arrête de bavarder ! Han Fei, si tu tiens trois minutes sous leurs attaques, tu seras admis dans notre école. Mais je te préviens : si tu échoues, je ne te rembourserai pas tes frais de scolarité. »
Le vieil homme débraillé lança ces paroles avec fierté. Il semblait avoir une grande confiance en ces adolescents.
À cet instant, la petite beauté glaciale, jusque-là silencieuse, prit la parole : « Je m’appelle Luo Xiaobai. Je suis manipulatrice et grand maître pêcheur junior. Ma plante spirituelle est une Fleur bleue cannibale exotique. »
Le gros, qui était bien plus mince que Han Fei, éclata de rire. « Frérot, moi, c’est Le Renkuang. Je suis grand maître pêcheur junior et armurier. Ma bête spirituelle est une Palourde spirituelle exotique. J’espère que tu tiendras trois minutes ! Après ça, on sera forcément de bons frères. »
Han Fei le méprisa intérieurement. Tu es si gentil avec moi juste parce que je suis plus gros que toi ?!
Quant au beau garçon, il déclara d’un ton nonchalant : « Je m’appelle Zhang Xuanyu, je suis maître pêcheur au sommet. Je suis guerrier de l’âme, et ma bête spirituelle est un Requin sanguinaire exotique. Frérot, je sais que tu es riche. J’aime bien me lier d’amitié avec les gens riches. Bonne chance pour l’épreuve ! »
Une lueur rusée passa dans les yeux de Xia Xiaochan. « Moi, c’est Xia Xiaochan, grand maître pêcheur junior et chasseuse ! Ma bête spirituelle est une Crevette de l’ombre exotique. Ah, oui, j’ai aussi une deuxième bête spirituelle, un Arowana géant exotique… Et je n’aime pas les gros. »
Han Fei : « … »
Han Fei resta bouche bée en entendant leurs présentations. Les grands maîtres pêcheurs étaient donc si faciles à trouver ? Ils l’étaient presque tous ! Quelle bande de monstres !
Plus important encore, chacun possédait une bête spirituelle exotique qui avait l’air redoutable.
Et cette petite fille en avait même deux ! Il n’avait jamais entendu parler de quelqu’un possédant deux bêtes spirituelles exotiques. Cette académie miteuse semblait regorger de talents extraordinaires !
Han Fei prit une profonde inspiration. « Je m’appelle Han Fei. Je suis grand maître pêcheur junior, ainsi que rassembleur d’esprits et guerrier de l’âme. Ma bête spirituelle est… un Poisson avaleur d’esprit. »
Ils regardèrent aussitôt Han Fei d’un air étrange. Quoi ? Un Poisson avaleur d’esprit ?
L’homme barbu observa Han Fei avec intérêt. Intéressant ! Un type dont la bête spirituelle n’est qu’un Poisson avaleur d’esprit peut être à la fois rassembleur d’esprits et guerrier de l’âme ? Et il est devenu grand maître pêcheur à cet âge, dans un village. Il doit avoir un sacré talent.
L’homme barbu demanda : « Han Fei, tu es prêt ? Trois minutes, ça te va ? »
Han Fei prit une profonde inspiration. Les quatre élèves avaient beau avoir l’air inoffensifs, ils représentaient les cinq grandes professions et possédaient tous des bêtes spirituelles exotiques. Presque tous étaient grands maîtres pêcheurs. Il devait se montrer très prudent.
« Oui… Je suis prêt… »
L’homme barbu cria : « Prêt ? C’est parti ! »
Les quatre personnes d’en face crièrent d’une seule voix : « Fusion ! »
Han Fei activa aussitôt sa Fureur et cria : « Attachement ! »
Après avoir combattu Jiang Qin pendant six mois, il avait compris une chose : un guerrier de l’âme ne reculait devant rien. Quels que soient les ennemis en face de lui, il fonçait dans le tas et les massacrait.
Han Fei libéra toute sa puissance. En un clin d’œil, il leva sa canne et frappa Zhang Xuanyu, qui l’attaquait lui aussi. Mais à cet instant, un gros apparut soudain et un immense bouclier se matérialisa dans sa main.
Clang…
Le coup s’abattit sur le bouclier, soulevant un énorme nuage de poussière sur des dizaines de mètres. Pourtant, ni le gros ni Han Fei ne bougèrent. Han Fei fut surpris, puis remarqua une silhouette bondir derrière le gros.
« Vagues triplement superposées de la Mer furieuse ! »
Clang ! Clang ! Clang !
En un instant, Han Fei eut l’impression qu’une marée déferlante s’abattait sur lui. Trois coups successifs le frappèrent et le repoussèrent de sept ou huit pas.
Le combat ne s’arrêta évidemment pas là. Han Fei remarqua qu’un objet filait dans les airs derrière lui. Il semblait capable de transpercer sa défense.
En un instant, Han Fei planta sa Canne en bambou pourpre dans le sol et se pencha en avant dans une posture étrange. La canne se courba, puis se détendit, projetant son extrémité contre la lame qui arrivait de derrière.
Clang…
Han Fei sentit que son adversaire reculait. Mais avant même d’avoir le temps de pousser un soupir de soulagement, il sentit des lianes s’enrouler autour de ses pieds. Il sortit aussitôt ses deux dagues et trancha les lianes. Dans le même temps, ses Sept Queues balayèrent celles qui s’étaient approchées.
Zhang Xuanyu s’écria : « Pas mal ! Allez, essaie donc mes Vagues septuplées de la Mer furieuse… »
La canne dansait entre les mains de Zhang Xuanyu comme un papillon. À chacun de ses mouvements, des vagues tumultueuses semblaient se jeter sur Han Fei.
Han Fei crut voir le fantôme d’immenses vagues déferler sur lui, couche après couche.
Il se sentit encerclé de toutes parts.
« Tempête de lames ! »
Han Fei se protégea aussitôt d’une barrière d’énergie spirituelle et tourna sur lui-même comme une toupie, projetant des lames meurtrières dans toutes les directions.
Cling, cling, cling…
Clang ! Clang ! Clang !
BAM ! BAM ! BAM !
Les lianes volaient dans tous les sens tandis que des éclairs d’acier froid fusaient.
Au loin, le barbu tira sur le bras du vieil homme. « Il a fait ses preuves. Trois minutes, c’est trop long. Ça fait déjà une minute. »
Han Fei fut stupéfait. Il pensait être déjà invincible parmi les jeunes de son âge. Mais ces quatre monstres venaient de lui prouver le contraire ! Il n’arrivait pas à croire qu’ils n’étaient que des grands maîtres pêcheurs juniors. Leur puissance était presque égale à celle d’un grand maître pêcheur au sommet !
Han Fei se contorsionna dans des postures étranges, cherchant à se frayer un passage hors du cercle formé par les quatre. Mais au moment où il allait s’en échapper, le gros, qui semblait pourtant inoffensif, tapota soudain sa boîte à armure. « Impact du mur de boucliers ! »
Han Fei vit alors des dizaines de fantômes de boucliers géants s’abattre de plein fouet sur lui.
Han Fei prit une profonde inspiration. Un cercle apparut soudain sous ses pieds. Une tornade d’eau tourbillonnante se forma dans les airs et l’emporta vers le ciel. Puis elle se transforma en liane d’eau et le tira sur le côté.
Le visage de Han Fei se décomposa. Le combat avait commencé depuis une minute à peine, et il avait déjà utilisé au moins dix techniques de combat. La moindre inattention lui serait fatale.
Han Fei pensait pouvoir tenir une ou deux minutes, mais dix minutes lui semblaient difficiles à atteindre, à moins que…
« Ombre hantée ! »
Han Fei venait à peine de retomber que Xia Xiaochan s’était déjà changée en ombre et se jetait sur lui à une vitesse fulgurante. Elle lui décocha un coup de dague sous un angle inimaginable.
Voilà donc la puissance d’une chasseuse ?
Han Fei estima que Fang Qing, qu’il avait rencontrée lors de la compétition des ressources, ne méritait même pas le titre de chasseuse. Comparée à Xia Xiaochan, elle n’était qu’une incapable.
« Cicatrice des ombres de guerre ! »
Une puissante énergie spirituelle jaillit soudain du corps de Han Fei. Il fonça comme un fou sur les quatre adversaires.
Cling, cling…
BAM…
« Quelle force ! »
Han Fei s’arrêta à dix mètres d’eux. Zhang Xuanyu, le plus faible des quatre, avait été projeté au loin.
Le Renkuang marmonna : « Il a une défense très solide. À moi… Corps de guerre furieux… »
Han Fei vit le gros foncer sur lui. Il semblait employer une attaque de combat semblable à la Cicatrice des ombres de guerre.
Hum ! Tu as osé te moquer de mon physique tout à l’heure ? Je vais te donner une bonne leçon !
Han Fei se jeta lui aussi sur lui, tel un missile en pleine explosion. Les deux hommes entrèrent en collision dans une déflagration assourdissante. Sous la violence de l’onde de choc, l’entrée de l’école fut entièrement détruite, la chaise du vieil homme vola en éclats et un énorme cratère se forma à l’endroit où ils s’étaient heurtés.
Le Renkuang fut projeté au loin. Pour la première fois, Han Fei eut l’impression que ses cinq organes internes s’étaient tordus ensemble. Bon sang, ce petit gros est fort !
« Épines, étranglement… »
Han Fei n’en revenait pas. Encore ? Ils ne pouvaient pas lui laisser une seconde de répit ?
À quatre ou cinq mètres de ses pieds, des lianes jaillirent en masse. Il les balaya de ses Sept Queues, mais ne parvint pas à les trancher.
Xia Xiaochan rugit : « Percée de l’ombre ! »
Zhang Xuanyu enchaîna : « Requin fou… »