Chapitre 174
Chapitre 172 : Armes runiques [2]
La première était l'épée longue de Lucien. Une lame de 1,5 mètre au corps d'acier argenté. Une rune était gravée sur une face, tandis que trois autres, plus petites, ornaient l'autre côté, agissant comme des amplificateurs pour la première. Elle ne possédait qu'une seule capacité principale ; les autres servaient essentiellement à renforcer la durabilité et le poids de l'arme.
L'épée pesait 12 kilos, voire plus. La poignée, loin du noir habituel, était faite d'un cuir argenté à l'aspect extrêmement luxueux. La rune principale sur le flanc de la lame scintillait d'une lueur dorée. Les yeux rouges du prince doré brillaient d'excitation alors qu'il contemplait cette arme qui semblait intégralement forgée dans un argent éclatant.
Axel l'avait conçue en pensant au fait que Lucien portait toujours des vêtements mêlant argent et noir. Sur la table, l'épée dégageait une puissance silencieuse mais majestueuse ; un seul coup d'œil suffisait pour deviner la force terrifiante qu'elle renfermait.
Vint ensuite l'arc de Vyra. Au départ, elle lui avait demandé deux épées courtes maniables, mais elle avait changé d'avis pour un arc. Le corps de l'arc était fait à partir de l'os de la colonne vertébrale d'un monstre de 2e phase. Axel l'avait teint en rouge. Il comportait une pseudo-rune principale et trois autres pour soutenir l'arme. Aucune rune ne se touchait, mais leurs effets renforçaient l'ensemble. La corde avait été fabriquée avec les tendons du monstre qu'il avait chassé.
La couleur rouge vibrante de l'arc en faisait un messager de mort, capable de faucher d'innombrables créatures surnaturelles d'une simple flèche.
Il était également lourd. Une puissance perçante s'en dégageait, laissant Vyra sans voix. Puis, il y avait la lance de Heinz. Sa pointe argentée était faite d'un mélange de métaux de haute qualité. Pour être précis, le corps entier était issu d'une seule coulée, ce qui en faisait une arme monobloc.
Le fût de la lance était recouvert d'un cuir brun robuste et confortable. Trois petites runes étaient gravées sur la poignée, mais le cuir les masquait. La pointe acérée portait la rune principale, scintillante d'une lumière dorée. Elle était gravée avec maestria, couvrant une grande partie de la pointe argentée.
La lance semblait divine. Prête à transpercer les créatures les plus résistantes comme si elles étaient faites de papier.
Enfin, le collier doré de Lumina. Sans être flamboyant, il oscillait entre simplicité et majesté. Le pendentif, minuscule, semblait fait de saphir d'obsidienne bleue. C'était à couper le souffle, et c'était sans doute l'outil qui attirait le plus l'attention parmi les quatre exposés sur la table.
Une grande pseudo-rune était gravée sur le saphir, accompagnée de nombreuses runes plus petites sur tout le collier. C'était d'une beauté absolue. Ils s'avancèrent tous, le souffle court. Heinz fut le premier à tendre la main et, sans hésiter, saisit la lance. Elle n'était pas lourde ; au contraire, elle était assez légère.
Il la prit en main, se retourna et fronça les sourcils, pensant qu'elle était trop légère pour un usage pratique. Soudain, un message défila devant ses yeux.
[Relique non liée détectée. Souhaitez-vous la lier à vous ?]
Heinz hésita un instant, puis accepta mentalement. Les autres l'observaient, attendant sa réaction. Une autre notification résonna à ses oreilles…
[Lance de Cor de Guerre ajoutée à votre arsenal.]
[Collecte des statistiques de la Relique]
[Affichage des statistiques………]
Le Nexus primordial afficha alors les statistiques et capacités de la lance. Dès que Heinz jeta un œil au panneau détaillant la relique, son visage excité se figea dans un choc pur, une incrédulité totale. Il n'en croyait pas ses yeux et, sous le coup de la stupeur, laissa échapper la lance.
Elle tomba doucement sur le sol, produisant un léger cliquetis métallique. Les yeux de Heinz se tournèrent involontairement vers Axel, qui souriait, satisfait, comme s'il avait anticipé cette réaction.
Heinz regardait Axel comme s'il s'agissait d'un monstre. Les autres restèrent sans voix face à cette réaction exagérée, puis une excitation curieuse s'empara d'eux. Ils saisirent immédiatement leurs outils respectifs. Le message familier apparut, et dès qu'ils eurent lié les objets…
Le même air choqué apparut sur leurs visages. Heinz observait l'arme avec une expression sombre. Il soupira et la rangea dans son dispositif de stockage lié au système, étant le premier à se remettre de son choc.
Mais les autres fixaient toujours Axel avec la même stupeur. Il laissa échapper un rire satisfait. Le plus comique était Lucien : son visage était devenu pâle, il regardait Axel avec une lueur indéchiffrable et une méfiance accrue. Axel s'avança, lui tapota l'épaule et dit : « Je pense que tu devrais aller tester cette épée. »
Il ajouta en chuchotant : « Oh, une dernière chose, je n'ai aucun intérêt à courtiser la Valkyrie, elle est trop hautaine pour moi. Pas que j'y arriverais si j'essayais, alors elle est toute à toi, mon pote. »
Lucien lança un regard noir à Axel. Il voulut répliquer, mais se retint, conscient qu'ils n'étaient pas seuls. Axel s'adressa aussi à Lumina, toujours sous le choc, mais dont les yeux trahissaient autre chose : de l'appréciation et de la gratitude. Elle le regarda avec des yeux empreints d'une certaine tristesse et dit :
« Merci », son ton débordant d'une immense reconnaissance. Il se contenta de sourire.
Elle rangea l'artéfact dans son stockage, puis, saisissant la main de Lucien, elle l'entraîna au loin. Elle avait compris en silence qu'Axel avait des choses à dire à Vyra et Heinz. Bien qu'ils fussent des amis proches, elle savait qu'Axel lui cachait beaucoup de choses, mais elle ne posa pas de questions ; chacun avait ses secrets, elle y compris.
Axel, lui, était reconnaissant qu'elle ait compris son signal. Sur les quatre outils du Nexus créés, trois étaient des Reliques, destinées aux aspects de la Branche Guerrier, et un seul était un artéfact, pour les aspects de la Branche Magie. C'était, évidemment, le collier de Lumina.
D'une certaine manière, c'était le plus spécial des quatre, car il était nécessaire. Une pointe de culpabilité traversa ses yeux ; le véritable but de cet outil était quelque chose que Lumina ne soupçonnerait jamais. Il ne put que s'excuser intérieurement auprès d'elle.
Il jeta un regard interrogateur à Vyra, qui finit par sortir de sa torpeur. Elle reprit ses esprits après un moment et demanda, incapable de contenir sa curiosité : « Toi ? Comment as-tu pu, même… ?? »