Chapitre 507
Les lames s'entrechoquèrent à nouveau.
Une onde de choc brutale fit craquer le sol sous leurs pieds.
Nicolas dérapa en arrière.
Vlad laissa échapper un soupir, plus agacé qu'en colère.
« Arrête de faire l'imbécile, dit-il. Tu ne représentes même pas un défi. Je n'ai même pas utilisé mon Domaine, sans parler de mon Sanctuaire ou de mon Monde. Tu crois vraiment pouvoir me battre comme ça ? »
Nicolas ne répondit pas.
Il respirait difficilement. Chaque inspiration était une lutte.
Le sang coulait sur son front, imprégnait ses vêtements et formait une mare sous ses pieds.
Mais son épée était toujours en main, et ses jambes refusaient de céder. Ses articulations blanchirent autour de la garde, et le sol fissuré trembla sous lui, non par peur, mais sous la pression grandissante de son aura.
« Tu as été renforcé, certes, poursuivit Vlad. Mais zéro multiplié par cinq cents, ça reste zéro. »
Puis, il disparut.
Nicolas sentit l'attaque arriver et se tourna juste à temps pour lever sa lame.
Elle intercepta le poing de Vlad, mais la force brute l'envoya valser.
Il traversa trois tours en ruine, puis le sol, atterrissant dans un cratère de pierre et d'acier broyés.
La poussière et les débris retombèrent en pluie.
Nicolas resta immobile un court instant.
Puis ses doigts tressaillirent. Il toussa, du sang s'échappant de ses lèvres, et se força à se redresser alors même que ses os se remettaient en place avec un craquement sinistre.
La douleur était insupportable, mais il bougea. Il le fallait.
Vlad ne l'attendit pas.
Il fondit sur lui en un éclair, la paume rayonnante d'une lueur sanglante.
Nicolas était en train de se relever quand le coup porta. Le cratère s'approfondit et le cri de Nicolas résonna dans la terre dévastée.
Mais une seconde plus tard, un jet de lumière jaillit des décombres.
Une lance de pure radiance fendit l'air et manqua de percer l'épaule de Vlad.
Celui-ci pencha la tête pour laisser le projectile passer, mais une lame dorée suivit immédiatement.
Nicolas jaillit de terre comme un missile, tournoyant, son épée visant la poitrine de Vlad.
Ils s'affrontèrent dans les airs.
Nicolas pivota, esquiva la contre-attaque de Vlad, puis prit appui sur son torse pour gagner de la distance.
Il tourna sur lui-même, se propulsa grâce à un éclair d'énergie spatiale, puis abattit sa lame d'en haut.
Vlad leva le bras.
L'épée frappa son avant-bras et, bien que la peau se fendît légèrement, il ne broncha presque pas. Il saisit Nicolas par le cou et le projeta violemment au sol.
« Agaçant », grommela-t-il.
Le corps de Nicolas percuta la terre comme une météorite.
Une fissure s'ouvrit sous lui. Ses os craquèrent à nouveau.
Mais juste avant que Vlad ne puisse l'écraser, l'espace se tordit autour de Nicolas. L'instant d'après, il était derrière Vlad, frappant une fois de plus.
Leurs mouvements devinrent flous.
Le sol tremblait à chaque impact.
Nicolas se poussait bien au-delà des limites de son corps.
Il ne faisait pas le poids face à Vlad — loin de là — mais il était assez rapide et frappait assez fort pour le maintenir occupé.
Flèches de lumière. Rayons sacrés. Tranchants imprégnés de distorsion spatiale.
Nicolas combinait tout ce qu'il avait, une technique après l'autre, forçant Vlad à parer au lieu d'avancer.
Pourtant, Vlad restait calme, et... agacé.
Vlad claqua des doigts.
La Mer de Sang répondit instantanément.
L'espace se déchira et de minces filets de sang s'en écoulèrent.
Nicolas esquiva le sang, mais celui-ci semblait doté d'une volonté propre.
Il l'attrapa, s'enroula autour de lui et tenta de le ramener en arrière.
Une barrière de lumière entoura Nicolas. Elle se fissura et pulsa, retenant la vague un court instant.
Puis Vlad apparut à l'intérieur.
Un coup de poing au visage. Un coup de pied dans les côtes. Un coup de coude à la mâchoire. La barrière vola en éclats.
Nicolas tomba à nouveau.
Et à nouveau, il se tint debout.
Sa respiration était plus courte désormais. Sa main armée tremblait. Mais il n'y avait aucune hésitation dans son regard.
« Tu as une bonne régénération, c'en est agaçant. » Vlad plissa les yeux. « Est-ce la capacité de Karma ? »
Pas de réponse. Juste une nouvelle attaque.
Nicolas s'affaiblissait lentement.
Chaque guérison prenait plus de temps. Chaque blessure était plus profonde que la précédente.
Mais ses yeux ne faiblirent jamais. Il se battait avec la volonté de gagner du temps et de retenir Vlad, même si cela devait lui coûter la vie.
Après tout, plus personne ne l'attendait à la maison. Plus personne pour le pleurer.
Un autre rayon de lumière. Vlad l'écarta d'un revers de main.
Un autre coup d'épée. Bloqué.
Un coup d'estoc. Dévié.
Une onde sacrée. Dispersée par un geste de Vlad.
La pression monta. Une lueur sanglante inonda le ciel. Le sol n'était plus qu'un champ de terre retournée et de sang fumant, réagissant aux émotions de Vlad.
« Je te l'ai déjà dit, déclara Vlad. Tu n'as rien accompli. Tu veux voir ? »
Il leva une main.
Un miroir rouge apparut à ses côtés, flottant dans les airs.
Il montrait le champ de bataille.
Des dizaines de soldats pris dans le chaos. Des monstres de sang les attaquant.
Seule une poignée de membres de la Grande Expédition avait réussi à s'échapper.
La plupart n'avaient même pas réalisé ce qui se passait. Il était difficile de croire que le Chef du Clan du Dragon de Sang les trahirait.
Et maintenant que Nicolas avait libéré sa puissance, ils bougeaient si vite que le temps s'était pratiquement figé autour d'eux.
« Trois secondes, dit Vlad. C'est tout. Nous nous battons depuis trois secondes. Tu as tout sacrifié pour rien. Pas une seule personne de plus n'a pu s'échapper pendant ce laps de temps. »
Nicolas vacilla sur ses appuis, observant le miroir, voyant les gens échouer à fuir.
« Ce sont des criminels, ajouta Vlad, la voix plus basse. Tu ne sais même pas ce qu'ils ont fait. Pourquoi te bats-tu pour eux ? »
Nicolas ne répondit pas.
Son épée s'abaissa. Mais seulement un instant. Puis il la releva.
« Ils ne sont pas tous des criminels. La plupart sont des gens ordinaires qui sont nés ici. »
« Les enfants des criminels sont des criminels aussi. »
Il ignora la réplique de Vlad et fit un pas en avant.
Les blessures sur son corps brillaient faiblement. Sa peau semblait plus pâle. Ses réserves de mana étaient dangereusement basses.
Mais il avançait toujours.
Parce qu'il était le seul ici capable d'arrêter Vlad.
Et c'est ce qu'il ferait.
Quel qu'en soit le prix.
Le visage de Vlad se crispa légèrement. Pas de colère. Pas d'agacement. Quelque chose qui ressemblait davantage à de la pitié.
« C'est fini pour toi. »
Un fouet de sang jaillit.
Il attrapa Nicolas en pleine charge et le projeta à l'autre bout du champ de bataille.
Il percuta le sol violemment, et cette fois, il ne se releva pas immédiatement.
Son corps tremblait. Ses membres ne répondaient plus.
Vlad s'avança lentement vers lui.
« Je ne voulais pas en arriver là, dit Vlad. Tu n'es pas mauvais, et révéler ma véritable puissance à quelqu'un de plus faible est une insulte à ma propre force. »
Il leva la main.
Le sang s'enflamma autour de son bras.
Une pression plus lourde que tout ce qu'ils avaient ressenti jusqu'ici s'abattit sur le champ de bataille.
Le ciel au-dessus se fendit légèrement.
Une illusion de la Mer de Sang apparut dans les cieux.
Puis—
Une main se posa sur l'épaule de Nicolas.
Il sursauta, surpris, et tourna lentement la tête.
Tyr se tenait derrière lui. Ses yeux étaient calmes. Sa main restait fermement posée sur l'épaule de Nicolas.
« Merci d'avoir protégé mon peuple jusqu'ici, dit-il doucement. Je prends le relais. »
« Tu es revenu seul— »
« Toi, coupa Tyr en s'adressant à Vlad. Son regard devint glacial. Tais-toi, et mets-toi à genoux. »
Une pression terrifiante recouvrit le corps de Vlad.
Ses genoux commencèrent à plier.
Il essaya de résister, mais son corps ne lui obéissait plus.
« C'est une surprise. On dirait que tout le monde a sous-estimé le génie du Clan du Dragon Arme. »
« Alors tu peux encore parler. Bien, je n'aurai pas besoin d'arracher les réponses à ton cadavre. »
L'aura de Tyr commença à monter.
Ce n'était pas la faible aura qu'il avait montrée jusqu'ici à Neo et aux autres Chefs de Clan de Dragons.
Mais quelque chose d'infiniment plus puissant.