« Ugh... »
Il grogna en ouvrant les yeux !
Son esprit était embrumé, désorienté, quand la lumière chaude et vive du soleil vint agresser ses iris rouges. Par réflexe, il porta les mains à son visage.
Ses yeux rouges s'habituèrent lentement à la clarté ambiante.
HAAAH !
Une minute plus tard, il soupira ! Il se redressa lentement, chaque mouvement trahissant une profonde apathie.
Il découvrit enfin le monde. Il venait de naître en ce lieu, au cœur d'une forêt dense.
Il se trouvait dans une petite clairière d'une douzaine de mètres de diamètre, couverte d'une herbe émeraude qui ondulait sous la brise fraîche, baignée par la chaleur d'un soleil éclatant.
Il tourna la tête. Son expression, confuse et curieuse comme celle d'un enfant, balayait les environs. Pourtant, une lueur d'intelligence adulte, étrangère à tout nouveau-né, brillait dans ses yeux cramoisis.
« Une calamité... ! » murmura-t-il en observant la paume de ses mains d'un regard calme. « Je suis... ! » Ses mots tombèrent dans le silence comme une pierre au fond d'un puits sombre.
Il resta immobile quelques secondes, le regard vide, ses cheveux rouges mi-longs flottant dans la brise calme de la forêt.
Soudain, il se prit la tête entre les mains, les yeux plissés par une migraine fulgurante. Mais avec cette douleur vint un afflux d'informations étrangères qui lui fit écarquiller les yeux.
« Hmmm !... »
Il ferma les paupières, tentant de traiter ces données.
Dix minutes passèrent dans le silence. La douleur s'était dissipée. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il observa l'herbe qui bougeait en contrebas. Si quelqu'un l'avait regardé de près, il aurait vu la douleur, la détermination, et même la rage et la haine briller dans ses yeux cramoisis, pourtant toujours aussi calmes.
SOUPIRE !
Il expira.
C'est alors, dans ce bref instant de tranquillité, qu'il l'entendit : les pas d'un prédateur qui approchait. Ses oreilles légèrement pointues tressaillirent et il tourna la tête vers le bruit.
Bien qu'il ne puisse pas voir distinctement la calamité qui avançait dans l'obscurité de la forêt, il pouvait sentir cette vie mythique à quelques centaines de mètres, tapie dans les ténèbres.
Il perçut une aura puissante, oppressante et assoiffée de sang. Heureusement, la sienne était encore faible, sa naissance étant trop récente. Pourtant, cette calamité était forte ; le simple fait qu'elle puisse le détecter d'aussi loin, malgré sa présence instable, en était la preuve.
Elle cherchait à localiser sa proie. La distance était d'environ quatre à cinq cents mètres ; il avait encore un peu de temps pour fuir.
« Quelle malchance... ! »
« Mon lieu de naissance se trouve sur le territoire de cette puissante calamité », murmura-t-il. « Quoi qu'il en soit, à en juger par l'aura massive qu'elle dégage sans retenue, ce doit être au moins une calamité de rang 3 ! » Cette réalisation pesa sur l'air comme un brouillard étouffant.
Il réfléchit en se frottant le menton.
Étonnamment, il n'avait pas peur. Son calme prouvait qu'il savait parfaitement qu'il n'avait aucune chance de gagner contre cette créature, étant lui-même une calamité de rang 1.
Lui seul pouvait expliquer pourquoi.
Cependant, en le voyant faire demi-tour pour s'éloigner en sens inverse, il était clair que, malgré son calme, il n'était pas assez stupide pour affronter ce qui le traquait frénétiquement.
« Bien que cette calamité soit sauvage et dépourvue d'intelligence, contrairement à moi, il m'est impossible de la tuer dans mon état actuel, même avec mes capacités étrangères ! » Sa voix était stable comme la montagne, sans la moindre trace de peur.
« Je devrais d'abord trouver des calamités plus faibles pour me familiariser avec mes forces et mes faiblesses, sans penser à autre chose. »
Il s'enfonça dans la forêt.
Il n'oublia pas de supprimer totalement son aura, ce qui ne lui demandait aucun effort en tant que calamité consciente, rendant sa détection très difficile pour les créatures sauvages.
Cela ne signifiait pas pour autant qu'il était en sécurité.
En tant que <Calamité Mortelle>, il avait besoin de subsistance pour survivre. Il devait trouver de la nourriture et de l'eau, les besoins les plus élémentaires dans ce plan.
... ... ... ... ...
Les secondes passèrent. Les minutes. Puis les heures.
Sous la canopée dense, parmi les arbres de vingt à trente mètres de haut, il ne cessait de capter les auras de nombreuses calamités. Malheureusement, elles étaient toutes bien plus fortes que lui, allant du rang 3 au rang 4.
La chance, dans son malheur, était qu'en tant qu'être faible parmi les forts, il excellait à dissimuler sa présence tout en avançant silencieusement à la recherche d'une proie.
SOUPIRE !
« Je n'arrive pas à croire que la première chose que je fais après ma naissance, c'est me cacher », grogna-t-il. « Je sais que je suis fort, et que mon potentiel dépasse peut-être celui de ces pitoyables calamités sauvages, mais visiblement, ce n'est pas suffisant. » Ses mots avaient le goût d'un poison amer qu'il était forcé d'avaler.
Il expira de nouveau et ferma les yeux.
Debout dans l'ombre d'un grand arbre, il sentait l'aura assoiffée de sang des calamités rôdant dans l'obscurité sans fin de la forêt.
« Malgré mon intelligence, le fait que je me cache depuis ma naissance, même après six heures, prouve que je suis faible, pathétiquement faible... ! » Il eut un rire amer.
Ses yeux s'ouvrirent, brillant d'une lueur moqueuse. Grâce aux bribes d'informations reçues à sa naissance, il comprenait un peu mieux sa situation.
Il savait qu'en tant que calamité intelligente, s'il ne devenait pas fort rapidement, il serait inévitablement traqué par des puissances extérieures. Ce n'était qu'une question de temps.
Après tout, chaque partie de son corps, de son âme à son cœur, était une ressource qui valait la peine de déclencher des guerres. Le destin lui jouait un tour cruel : il était comme un agneau doré errant seul au milieu d'une meute de loups affamés.
Normalement, une calamité intelligente comme lui devrait naître au moins au rang 7, et pourtant, il errait comme une misérable calamité de rang 1 !
Il ignorait pourquoi.
Était-ce parce que l'énergie disponible à sa naissance n'avait suffi qu'à le former, ou avait-elle été détournée ?
Peut-être pour développer ses capacités innées ou son sang de calamité. Il était certain d'être une <Calamité de Sang Pur> de premier niveau. En fait, la seule différence entre lui et les autres calamités qu'il observait résidait dans son [Intelligence].
Ou peut-être ses capacités ! C'était fort possible.
Il était peut-être né faible parce que l'énergie destinée à augmenter son rang avait été absorbée par le développement de ses étranges facultés, dont il avait une vague idée, sans en être certain !
C'était comme si on lui avait donné une épée tranchante, mais sans la force nécessaire pour la soulever.