Chapitre 803
Livre 6 : Chapitre 076 : Arrivée
Salle du Passé, Secte de la Montagne spirituelle :
Bzzz !
Le Bouddha du Passé trembla et s’éveilla d’un étrange rêve.
« Vieux Monsieur Guan Qi ? Il y a huit cent mille ans ? C’est impossible ! Absolument impossible ! » Le Bouddha du Passé lança un regard furieux avant de sortir de la salle à grands pas.
« Bouddha du Passé ! » Les moines alentour s’inclinèrent respectueusement devant lui.
Le Bouddha du Passé observa les environs, déconcerté. *La Terre sainte de la Montagne spirituelle ? Ça n’y ressemble pas. Les bénédictions ? Il y en a si peu… Je ne connais pas ces moines. Non, ce n’est pas ça. Je les connais. Pourtant, ces gens sont morts depuis longtemps.*
« C’est vrai ? Je suis vraiment revenu ? » Le Bouddha du Passé trembla.
« Bouddha du Passé, qu’est-ce qui ne va pas ? » demandèrent les moines alentour, perplexes.
« Où est le Bouddha ? Où est le Bouddha ? » cria le Bouddha du Passé.
« Le Bouddha ? Il se trouve dans la Salle de la Grande Force », répondit machinalement un moine.
Frouf !
Le Bouddha du Passé arriva aussitôt dans la Salle de la Grande Force.
Deux personnes discutaient à l’intérieur. L’une d’elles était le Bouddha du Présent.
« Bouddha, nous sommes de retour ! Ce Vieux Monsieur Guan Qi nous a vraiment ramenés ! Que devons-nous faire maintenant ? » demanda anxieusement le Bouddha du Passé.
Dans la grande salle, le Bouddha du Présent leva la tête et le regarda, perplexe. « Bouddha du Passé, que vous arrive-t-il ? »
L’autre personne leva les yeux à son tour. En voyant son visage, le Bouddha du Passé recula, stupéfait. « V-vous êtes encore en vie ?! »
C’était un autre moine. Il joignait les paumes, les yeux mi-clos, et sa silhouette était corpulente.
« Bouddha du Passé, qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi dites-vous que je suis encore en vie ? » demanda le moine corpulent avec un sourire.
« Vous… vous… vous… » Le Bouddha du Passé affichait une expression incertaine.
« Bouddha du Passé, qu’est-ce qui vous prend ? Pourquoi êtes-vous si bouleversé ? » demanda le Bouddha du Présent, intrigué.
« Huit cent mille ans… Huit cent mille ans ! » marmonna le Bouddha du Passé. Il réprima son trouble, puis prit une profonde inspiration.
*Le Bouddha du Futur ? Ah oui, nous ne l’avons pas encore remplacé. Il s’agit de celui de la génération précédente. C’est normal qu’il soit encore en vie.*
*Mais pourquoi le Bouddha ne sait-il rien ?*
Soudain, le Bouddha du Passé frissonna, comprenant tout. « Démon céleste Gautama ? »
« Hein ? » Le Bouddha du Présent fronça les sourcils.
« Bouddha du Passé, qu’est-ce qui ne va pas ? Mon côté maléfique a encore fait une folie ? Il vous a offensé ? » Le Bouddha du Présent semblait légèrement déconcerté.
Le Démon céleste Gautama avait une double personnalité. Huit cent mille ans plus tard, elles s’étaient déjà séparées en un Gautama bon et un Gautama maléfique. Mais, pour l’instant, ils ne faisaient qu’un. Les deux personnalités habitaient le même corps, et le Gautama bon en avait actuellement le contrôle ?
« Ah ? Non, rien ! » L’expression du Bouddha du Passé se figea. Il ne pouvait pas parler de certaines choses.
« Bouddha du Passé, vous n’avez cessé de dire des choses étranges depuis votre arrivée. Vous avez rencontré quelque chose d’inhabituel ? Vous pouvez nous en parler », dit gravement le Bouddha du Futur.
« Il ne se passe rien. Rien du tout », répondit amèrement le Bouddha du Passé.
« Puisqu’il ne se passe rien, votre arrivée tombe à pic. J’ai quelque chose à vous dire », déclara le Bouddha du Futur en fronçant les sourcils.
« Oh ? » Les deux autres bouddhas se tournèrent vers lui.
« Récemment, j’ai discerné quelques éléments concernant l’avenir. Je n’en suis toutefois pas certain, et c’est terrifiant. Mes prédictions passées se sont souvent révélées fausses, mais cette fois, j’en ai un mauvais pressentiment », dit le Bouddha du Futur en fronçant les sourcils.
« Oh ? »
« Le Seigneur véritable des six voies, empli de grande compassion et de grande affliction ? Ha ! Dans mon rêve, il n’était pas aussi compatissant qu’il en avait l’air. Chacun de ses actes cachait une arrière-pensée. Dans mon rêve, il voulait tuer le Ciel ! » Le Bouddha du Futur fronça les sourcils, inquiet.
« Quoi ? » L’expression du Bouddha du Passé changea.
*Les informations que le Bouddha du Futur a discernées cette fois sont exactes ?*
« Taisez-vous ! » lança froidement le Bouddha du Présent.
« Bouddha du Futur, vos prédictions ne se sont jamais réalisées. Ne dites pas n’importe quoi, surtout en ce moment. Personne ne doit prononcer de telles absurdités. Si d’autres l’apprennent, qui sait combien d’experts vous tueront pour s’acquitter de leur dette de gratitude envers le Seigneur véritable des six voies ? Savez-vous combien d’entre eux lui sont redevables ? Et vous, vous parlez à tort et à travers ? Vous en avez assez de vivre ? » dit sévèrement le Bouddha du Présent.
« Mais ce rêve semblait si réel. Il était terrifiant ! » répondit amèrement le Bouddha du Futur.
« Taisez-vous ! Enfouissez tout ce qui concerne votre rêve au fond de vous », dit froidement le Bouddha du Présent.
« D’accord », dit le Bouddha du Futur avec un sourire amer.
« Bouddha du Passé, vous non plus, n’en parlez pas. La création d’un monde est imminente. Il ne faut pas laisser filtrer la moindre parole de rébellion », soupira le Bouddha du Présent.
L’expression du Bouddha du Passé se figea quelque peu. Puis il esquissa un faible sourire amer.
*Le Seigneur véritable des six voies veut tuer le Ciel ? Non, cela va bientôt commencer. J’en suis certain. Et le Seigneur véritable des six voies sait aussi que je suis revenu de huit cent mille ans dans le futur. Va-t-il venir me faire taire ?*
« Bouddha, je voudrais rencontrer votre côté maléfique. Je vous en prie, laissez-moi le voir », supplia le Bouddha du Passé, accablé.
« Oh ? Rencontrer mon côté maléfique ? Pourquoi ? » demanda le Bouddha du Présent, stupéfait.
Le Bouddha du Futur affichait lui aussi un air perplexe.
Mais le Bouddha du Passé refusa de s’expliquer. Il s’agenouilla soudain.
« Bouddha, je vous en supplie. Laissez-moi rencontrer votre côté maléfique, sinon il sera trop tard. Ma vie ne tient qu’à un fil. Non, la vôtre aussi ne tient qu’à un fil. Laissez-moi le voir. Sans cela, ma Terre sainte de la Montagne spirituelle — non, ma Secte de la Montagne spirituelle — sera anéantie ! » insista anxieusement le Bouddha du Passé.
Le Bouddha du Présent et le Bouddha du Futur le regardèrent, déconcertés.
C’est alors qu’un cri retentit au-dehors.
« L’Immortel des six voies demande audience aux trois Bouddhas des Trois Vies de la Terre sainte de la Montagne spirituelle ! »
Le puissant appel traversa la matrice rituelle de la Secte de la Montagne spirituelle et pénétra dans la secte.
« Le Seigneur véritable des six voies ? » Le Bouddha du Futur fut légèrement surpris.
Mais le Bouddha du Passé blêmit.
« Bouddha, dépêchez-vous ! Faites venir votre côté maléfique. Ce Seigneur véritable des six voies est venu détruire notre secte ! Vite ! Vite ! Vite ! » s’écria le Bouddha du Passé.
——
Au-dessus d’une vaste mer :
Un chat noir s’amusait au-dessus de l’eau.
« Mes petits poissons, mes chers poissons ! Vous voulez que je vous mange ? Entrer dans mon ventre, c’est une forme de purification. Vous pourrez renaître en humains dans votre prochaine vie. Ceux qui veulent que je les mange, suivez-moi ! » lança le chat noir en contemplant la mer.
Bang ! Bang ! Bang !
De nombreux poissons poursuivirent le chat noir avec enthousiasme.
« Miaou ! Je mangerai quiconque m’attrapera ! Allez ! Allez ! Miaou ! » gloussa le chat noir en zigzaguant entre les vagues.
Manger des poissons ? C’était aussi une distraction.
Les poissons se précipitaient à la suite du chat noir pour se faire dévorer par lui.
« Miaou ! Miaou ! Miaou ! »
Le chat noir courait joyeusement. Ce n’était qu’un chat joueur et prudent, sans la moindre arrière-pensée.
Tandis qu’il courait, son pelage se hérissa soudain. Un sentiment de menace immense l’enveloppa de la tête aux pattes. « Miaou ! »
Des vagues monstrueuses se soulevèrent tout autour. Pourtant, elles ne purent arrêter l’énergie qui fonçait vers le chat noir.
Bzzz !
Le chat noir trembla, debout sur la mer. Il ne bougea pas et son expression insouciante se tordit brusquement.
Il ne reprit ses esprits qu’au bout d’un moment.
Le chat noir ne souriait plus. Il n’y avait désormais que de la haine, une haine sans bornes.
Plouf ! Plouf ! Plouf !
Les poissons alentour nagèrent rapidement jusqu’à lui, espérant manifestement qu’il tienne sa promesse et les mange.
« Dégagez ! Le Ciel est sur le point de s’effondrer. Qui a le temps de vous manger ? Miaou ! » gronda le chat noir.
« Quatre vieux débris, venez vite me trouver ! Dépêchez-vous ! Retrouvez-moi ! C’est très grave ! Quelqu’un veut tuer le Ciel ! » rugit le chat noir, le visage féroce.
« Tiens ? Le petit chat noir a cessé de faire l’innocent ? » Une voix retentit soudain, sans qu’on sache d’où elle venait.
« Hahaha ! Mao Tianyun, laisse tomber. Je ne te croirai pas ! »
« Pff ! Petit chat noir, tu passes tes journées à ne rien faire au lieu de t’acquitter de ta tâche. Prends garde : le Ciel va finir par s’occuper de toi ! »
« Hahahahahaha ! C’est la meilleure blague que j’aie entendue cette année ! »
Quatre voix distinctes retentirent de directions différentes.
À leur apparition, le chat noir se figea. *Les quatre autres bêtes divines ne me croient pas ?*
« Ciel au-dessus de moi, Tianyun a une requête à présenter ! Miaou ! » rugit Mao Tianyun vers le ciel.
Mais aucune réponse ne vint.
« Petit chat noir, arrête de crier. Le Ciel aide en ce moment le Seigneur véritable des six voies à explorer ce qui se trouve au-delà du ciel. Comment veux-tu qu’il t’entende ? La création d’un monde est imminente. Crois-tu qu’il ait le temps de s’occuper de toi ? Continue plutôt à manger tes poissons. Hahahaha ! » lança une voix.
« Créer un monde ? Quel monde ? L’Immortel des six voies est un menteur ! Il a dupé tout le monde ! » rugit Mao Tianyun.
Pourtant, les voix alentour semblèrent s’évanouir. Les quatre autres bêtes divines cessèrent de parler.
Le pelage de Mao Tianyun se hérissa. Il prit un air féroce et fixa la mer toute proche.
Un homme vêtu d’une robe taoïste apparut au-dessus de la mer. Ses cheveux étaient relevés en un haut chignon. Debout dans les airs, il regarda Mao Tianyun avec bienveillance.
« Divinité féline, je vous ai trouvé sans trop de mal ! » dit le taoïste avec un léger sourire.
« L’Immortel des six voies ? Miaou ! » rugit férocement le chat noir.
« En effet. Comment as-tu vécu ces huit cent mille ans d’emprisonnement ? C’était confortable ? Hahahahahaha ! » s’esclaffa le Seigneur véritable des six voies.
À son rire, un épais brouillard apparut soudain au-dessus de la mer alentour et isola les lieux.
——
Une grande montagne, sur un continent colossal légèrement au nord de la mer de l’Est :
Frouf !
Soudain, un rayon de lumière arc-en-ciel tomba du ciel.
Boum !
Un grand fracas retentit. Le rayon semblait envelopper une silhouette qui s’écrasa au sol.
« Que s’est-il passé ? »
« Quelqu’un est tombé du ciel ? »
« De quelle secte vient cet incapable ? Il est tombé en apprenant à voler ? Hahahaha ! »
Des rires retentirent, et de nombreuses personnes se dirigèrent vers le profond cratère.
Celui qui se trouvait au fond n’était autre que Gu Hai.
Gu Hai se frotta la tête, encore un peu étourdi. Puis il s’envola hors du cratère, tandis qu’un nuage de poussière s’élevait autour de lui.
« Vieux Monsieur Guan Qi ? Une partie ? Seulement un an ? Il y a huit cent mille ans ? » Gu Hai se massa les tempes en fronçant les sourcils, repensant à ce qui venait de se passer.
Quand Gu Hai s’envola hors du cratère, les environs étaient déjà bondés.
« Hahaha ! Regardez, il est sonné par sa chute ! »
« Quel idiot ! Il est tombé du ciel ? »
« Il faut que j’en parle à mon frère aîné. C’est la première fois que je vois quelqu’un tomber en apprenant à voler ! »
La foule se moqua de lui. Gu Hai avait déjà repris tous ses esprits. Il épousseta ses vêtements et examina les gens autour de lui.
Il n’en connaissait pas un seul.
*Le Maître de secte Heavenly Access de la Secte des Sans entraves, Kong Xuan, Ao Shun, Shangguan Hen et Mo Yike ont tous disparu ? Je suis seul ? Heureusement, j’ai toujours ma cultivation et je n’ai perdu aucun membre.*
« Où sommes-nous ? » demanda Gu Hai en fronçant les sourcils devant la foule.