Chapitre 2
Elias Varen ouvrit les yeux.
L'air était étrangement pur. Chaque inspiration semblait remplir ses poumons plus profondément que d'habitude. Il resta immobile quelques secondes, le dos reposant directement contre le sol.
Devant lui s'étendait une plaine gigantesque. Des vagues d'herbes hautes ondulaient sous le vent jusqu'à une forêt lointaine. Plus loin, derrière des collines douces, une rivière reflétait la lumière du soleil. Et au-delà de tout cela se dressait une immense chaîne de montagnes.
Elias leva la tête, silencieux.
Les sommets étaient si hauts qu'il n'en distinguait pas l'extrémité. Certains disparaissaient dans les nuages, tandis que leurs flancs couverts de forêts s'étendaient jusqu'à l'horizon.
Ce n'est pas chez moi.
La pensée traversa son esprit avec une simplicité presque absurde. Elias porta immédiatement une main à sa poitrine. Son cœur battait rapidement. Il ferma les yeux et inspira profondément.
Paniquer ne lui apporterait aucune information supplémentaire. Au contraire, cela risquait seulement de le pousser à prendre une mauvaise décision. Il devait réfléchir.
La dernière chose dont il se souvenait était sa chambre. Son ordinateur était allumé. Son téléphone traînait sur le bureau. Il avait passé une partie de la soirée devant son écran, puis… rien. Le souvenir s'arrêtait brutalement.
Elias rouvrit les yeux.
« Bon.. »
Il passa une main sur ses vêtements. Son pantalon et son pull étaient les mêmes que quelques minutes auparavant, du moins selon ses souvenirs. Il vérifia ses bras, ses jambes, son visage et son torse. Aucune blessure. Son corps semblait parfaitement intact.
Il fouilla ensuite ses poches. Son téléphone était là. Ses clés aussi. Son portefeuille n'avait pas disparu.
Cette découverte aurait dû le rassurer. Elle ne fit qu'aggraver son incompréhension.
Si j'ai été kidnappé, pourquoi avoir conservé mes affaires ?
Si j'ai eu un accident, pourquoi n'ai-je aucune blessure ?
Et surtout, comment aurait-on pu me transporter jusqu'ici sans que je m'en aperçoive ?
Elias sortit son téléphone. L'écran s'alluma.
12H45
L'heure correspondait à peu près à celle qu'il attendait. La batterie était encore chargée. Il ouvrit immédiatement le réseau.
Rien. Il tenta un appel. Échec. Un second. Même résultat.
Pas de réseau mobile. Pas de Wi-Fi.
Il ouvrit sa carte. L'application chargea quelques secondes avant d'afficher une zone vide.
Elias fixa l'écran.
« Même mon GPS ne sait pas où je suis… »
Il releva les yeux vers l'horizon.
Une île ? Une zone isolée ? Un endroit hors réseau ?
La taille du paysage rendait cette dernière possibilité peu crédible. Il lui fallait un point de référence.
Si je suis encore sur Terre, je suis probablement dans un endroit extrêmement isolé.
Mais même les régions les plus sauvages possèdent généralement des traces humaines. Une route. Une antenne. Une construction. Un avion dans le ciel. Quelque chose.
Elias parcourut une nouvelle fois l'horizon. Rien.
Et si je ne suis plus sur Terre ?
Il repoussa immédiatement cette idée. Elle était absurde. Du moins, elle aurait dû l'être.
Il rangea son téléphone, puis fit quelques pas. Une sensation étrange venait de traverser l'air devant lui.
Elias s'arrêta.
Une lumière pâle apparut à hauteur de ses yeux. Elle prit progressivement la forme d'une... fenêtre ? Elle flottait devant lui, sans support visible. Des caractères apparurent en son centre.
Bienvenue sur Eraldia.
Elias fixa l'interface. Son premier réflexe fut de chercher un projecteur. Il regarda le sol, les arbres, le ciel. Rien.
Il tendit une main. Ses doigts traversèrent la fenêtre sans rencontrer la moindre résistance.
« Une projection ? »
Une nouvelle ligne apparut.
Vous avez été sélectionné en tant que joueur.
Elias sentit son estomac se nouer.