Chapitre 1 347
Esmeralda s’éveilla à contrecœur, résistant au froid et à l’épuisement qui tentaient de la ramener dans les ténèbres réconfortantes. Elle ouvrit les yeux, encore embrumés, et mit un bon moment à remettre ses pensées en ordre. Elle se sentait aussi perdue qu’à son réveil dans sa nouvelle incarnation, son corps incapable de supporter le poids de sa conscience. Heureusement, elle retrouva ses esprits bien plus vite. C’était la sixième fois qu’elle se réveillait ces dernières semaines, et elle sentait que ce serait son dernier repos.
Une fois encore, elle fut stupéfaite par les épreuves qu’elle avait dû endurer depuis qu’elle avait accroché son chariot à cet escorteur malchanceux. Esmeralda avait jadis été connue comme une fauteur de troubles irrécupérable, mais elle ne pouvait s’empêcher de se sentir comme une profane tentant d’imiter les exploits d’un véritable maître. Au moins, tout semblait être resté stable depuis son dernier assoupissement.
La barrière tenait toujours à distance la majeure partie du froid draconique, et celui qui s’infiltrait dans son sanctuaire était suffisamment dépourvu de racines pour devenir un outil capable de réprimer sa malédiction. Zac semblait lui aussi en état stable. Esmeralda sentait qu’il se trouvait dans un état comparable à celui des cultivateurs végétaux, ses pensées avançant à une lenteur glaciaire tandis qu’il restait accordé à sa Voie du Ciel.
Cette accalmie ne durerait plus longtemps. Elle distinguait à peine les alentours à travers un épais rideau de lumières, et nul besoin de percer les secrets des Cieux pour savoir qu’ils seraient renvoyés ailleurs d’ici quelques minutes.
Esmeralda ne put empêcher une froide appréhension de lui gagner le cœur à mesure que l’heure de vérité approchait. Ils avaient été plutôt sûrs de leurs théories : elle pourrait passer en tant que bête sous contrat, et le problème de son âge avait été contourné grâce à ses réincarnations sans fin.
Et s’ils s’étaient trompés ?
Le sceau qui réprimait la [Spirale des époques] n’était plus qu’une coquille depuis qu’il avait prêté sa force à Zac, et ils étaient coincés dans un coin oublié des Cieux, aux confins de la frontière. Si le Système lui refusait l’accès, elle était condamnée. Elle n’avait même rien à troquer avec ces vieux radins pour obtenir un autre sceau, au cas où elle parviendrait à les rejoindre à temps. Il fallait que ça marche.
Esmeralda se couvrit à la hâte de talismans capables de dissimuler sa présence. Elle ne croyait guère à leur efficacité, mais leur disposition familière la réconfortait. Avec précaution, elle sortit l’antique statue, dont la marque de sang vibrante pulsait toujours. Enfin, elle réveilla sa lignée épuisée afin de creuser temporairement des distances insondables entre son âme et tout fil du Karma.
Quelques instants plus tard, les lanternes des âmes avaient complètement envahi l’extérieur, et Esmeralda sentit un léger changement. Pendant un bon moment, elle n’osa ni respirer, ni bouger, ni penser. Plusieurs minutes de stabilité rassurante apaisèrent un peu ses craintes, et elle étendit prudemment ses sens vers l’extérieur. Son guide étant enfermé dans la glace draconique, elle devait s’assurer qu’il ne les entraînait pas tous les deux au fond d’un ravin.
Une puissante résistance empêchait son Sens de l’âme de s’étendre au-delà de quelques mètres. Pendant ce temps, sa vue était toujours submergée par l’éclat aveuglant d’innombrables lanternes, brûlant d’un Destin nourri par la Foi et d’antiques souvenirs. Esmeralda grogna d’agacement et cligna vivement des yeux. Des runes apparurent dans son œil gauche, et les distances cessèrent d’avoir de l’importance. Soudain, les alentours s’offrirent tout entiers à son regard. Esmeralda poussa un hoquet sonore tandis que des impressions presque oubliées, enfouies au fil d’innombrables réincarnations, émergeaient du brouillard devant cette scène familière. La Grande Tapisserie du Temps s’écoulait juste sous elle, son fleuve si vaste qu’il ressemblait à une mer sans limites. Elle frissonna devant les forces insondables qu’il recelait et ajouta quelques sceaux à la [Spirale des époques]. Elle aurait de sérieux ennuis si celle-ci se mettait à puiser dans ces eaux.
Heureusement, ils se trouvaient à bonne distance du Fleuve du Temps, voguant sur un cours d’eau bien plus modeste, rempli de lanternes des âmes scintillantes. En scrutant les flots, elle aperçut des visages familiers et inconnus. Certains étaient enveloppés d’une lumière dorée et semblaient en transe. D’autres regardaient de tous côtés, essayant en vain de comprendre la situation.
Quelques inconnus se démarquaient. Il y avait une chose répugnante qui fourrait une lumière brûlante dans sa bouche. Une expression féroce se dessina sur son visage, et Esmeralda détourna vite le regard avant qu’il ne soit trop tard. Ses yeux se posèrent sur un chauve au visage de pierre, entouré de trois avatars illusoires. Chacun tenait une lanterne. Le moine remarqua quelque chose encore plus vite, et Esmeralda détourna le regard, impuissante. Depuis quand les jeunes étaient-ils si effrayants ? Ils l’avaient tous deux repérée et étaient prêts à riposter.
Le fleuve et le cours d’eau s’écoulaient dans la même direction. On aurait même dit que le courant du Destin impérial s’appuyait sur le flux infaillible du Fleuve temporel pour avancer. Ils se terminaient loin à l’horizon, où un immense continent les attendait, telle une île. La Grande Tapisserie du Temps s’y fracassait, soulevant d’énormes nuages d’écume qui en masquaient la majeure partie.
Une telle scène aurait dû être impossible, et pourtant elle était là. Plus étonnant encore, le continent remportait ce choc des forces. Une puissance mystérieuse le maintenait en place et l’empêchait d’être emporté. Le fleuve ne pouvait cesser de couler ; il ne lui restait donc qu’à le contourner et poursuivre vers un avenir inconnaissable.
Le continent était manifestement leur destination, et Esmeralda mit à profit tous les moyens à sa disposition pour y déceler des indices. Malheureusement, les eaux tourbillonnantes du temps produisaient un miroitement qui changeait sans cesse ce qu’elle voyait. Impossible de savoir si elle contemplait le présent ou un aperçu du passé.
Plus ce monde décrépit résistait à ses investigations, plus Esmeralda se fâchait. Rien n’allait comme elle le voulait, ces derniers temps. À présent, même un vieux bloc de pierre la prenait de haut. Elle refusait de croire qu’elle était incapable d’en exhumer le moindre secret, et ses mains se mirent à filer. Des éclairs de runes antiques apparurent, faisant écho au pouvoir depuis longtemps perdu de sa lignée pleinement éveillée.
Depuis des éons, Esmeralda avait évité d’employer ses véritables capacités. Elle s’était contentée de l’enveloppe morte-vivante conçue pour détourner les effluves de la malédiction. Maintenant qu’elle en était arrivée là, à quoi bon se retenir ? Pour atteindre son but, elle irait jusqu’à desceller la boucle s’il le fallait. Une rune illusoire rejoignit les autres dans l’œil d’Esmeralda. Les voiles se déchirèrent, ses yeux explosèrent et des fissures partirent de ses orbites sanglantes pour couvrir tout son corps.
Ces dégâts n’étaient rien comparés au choc subi par son esprit. Si Esmeralda n’avait pas préservé une parcelle de la force de son âme originelle, elle aurait été effacée de l’existence. Les secrets des Cieux ne se laissaient pas saisir si facilement. Pourtant, Esmeralda sourit, exaltée. N’était-ce pas là tout l’intérêt ?
Pendant un bref instant, le continent ne ressembla plus à un morceau de roche en ruine résistant au cours du temps. Il se transforma en un autel si vaste qu’il s’étirait jusqu’au terminus, marqué d’innombrables cicatrices. À son sommet reposait un calice, entouré de neuf chandelles éteintes, chacune dégageant une aura distincte qui vous hérissait les poils.
La scène était majestueuse, mais il était évident qu’il manquait quelque chose à l’autel. Pour l’heure, on pouvait tout au plus le considérer comme un avenir tabou, rejeté par le cosmos. L’autel était réprimé par dix-sept chaînes et quatre montagnes dissimulées dans les replis de la réalité. Il ressemblait à une bête immortelle, inflexible, enchaînée depuis des âges. Et sa lutte cachée était sur le point de porter ses fruits.
Sept chaînes avaient cédé, tandis que la rouille recouvrait les autres. Pendant ce temps, l’autel reprenait lentement des forces et prenait peu à peu forme. Le Fleuve du Temps était une mer de sang qui s’écrasait contre l’autel montagneux. Une partie s’infiltrait dans les cicatrices, y déposant une fraction de sa puissance. Une autre éclaboussait les chaînes encore debout, ajoutant de nouvelles couches de rouille sanguine.
La rivière bien plus modeste, constituée de lanternes-souvenirs et de Destin impérial, se déversait plutôt vers les chandelles encore éteintes, imprégnant lentement leurs runes de pouvoir. Plus important encore, quelque chose de terrifiant grandissait dans le calice, quelque chose capable de bouleverser le cours de l’histoire. Pourtant, même après avoir payé un prix aussi exorbitant, Esmeralda ne parvenait pas à en discerner la véritable apparence.
« Empereur Sans-Limites, qu’est-ce que tu manigances ? » haleta Esmeralda. De petites spirales illusoires, parcourues de rides temporelles, apparurent dans ses orbites vides et firent repousser les yeux qu’elle venait de perdre.
À cet instant, une conscience immense passa au-dessus du fleuve du Destin impérial. Elle recelait un pouvoir antique et sans fin. Une simple pensée aurait suffi à éteindre les innombrables lanternes-souvenirs et les participants à l’épreuve qu’elles transportaient. Esmeralda glapit et s’enfonça davantage dans sa poche isolante, activant une série de runes dissimulées dans tout son sanctuaire.
Le fleuve trembla brièvement avant qu’un voile de Destin contrôlé par le Système ne sépare le fleuve des souvenirs du monde extérieur. Il l’empêcha aussi d’évaluer l’identité de cette conscience, ce qui ne dérangeait pas Esmeralda. Savoir quels vieux salauds se cachaient dans les fissures pour observer la bataille du Cinquième Pilier ne lui serait d’aucune utilité. Bien au contraire.
Même certains participants pouvaient sentir son regard, inutile donc de parler de ces vieux salauds. Pire encore, plus d’un possédait des méthodes permettant de tuer à travers les liens les plus ténus. De telles méthodes auraient fait rire Esmeralda à son apogée. Échapper à la traque et aux représailles de ces êtres était souvent plus excitant que le vol lui-même. À présent, elle ne pouvait que maîtriser sa colère.
L’esprit d’Esmeralda était encore en plein chaos après la scène dont elle avait été témoin, et les nombreuses présences ne faisaient qu’aggraver sa confusion. Il était impossible que les observateurs ne remarquent pas ce qui se passait. À vrai dire, ils auraient même dû pouvoir plonger bien plus profondément dans le phénomène. Pourtant, aucun d’eux ne semblait prêt à intervenir. Étaient-ils si sûrs de pouvoir déjouer les machinations de l’Empereur Sans-Limites ? Ou bien l’heure n’avait-elle pas encore sonné ? Attendaient-ils que cette chose, dans le calice, prenne forme ?
Les balayages continuèrent, et Esmeralda finit par s’y habituer. Sa curiosité et son désir prenant le dessus, elle étendit de nouveau ses sens avec précaution. Le continent lointain se rapprochait à grande vitesse, et Esmeralda comprit que les particules ne se dirigeaient pas toutes dans la même direction. Le fleuve des âmes se ramifia en neuf ruisseaux qui poursuivirent leur route vers les terres. Ils ne s’étendaient pas très loin, et s’achevaient dans des nuages tourbillonnants où résidait le pouvoir du déplacement.
Les lanternes des âmes étaient triées, puis envoyées vers l’intérieur des terres. Leur destination était-elle aléatoire ? Quelques calculs discrets répondirent par la négative. Un lien unissait les terres aux lanternes. Le tout formait un système extrêmement complexe, en rapport avec la vision. Chaque chose avait un sens, et chaque mouvement obéissait à un dessein. Même les participants à l’épreuve étaient devenus des rouages de la machine.
Bientôt, ils furent entraînés jusqu’à la périphérie du continent. Des fragments détachés formaient des archipels, comme sur n’importe quel continent. Les énergies qui les animaient dépassaient de loin celles d’un continent de rang C. Heureusement, elles n’avaient rien à voir avec les terres sans fin des Royaumes ancestraux ou des Cieux primordiaux, même si ces îles surpassaient toujours de beaucoup les mondes ordinaires de rang D.
Une île en particulier exerçait une forte attraction, détachant du fleuve quelques lumières plus faibles. Esmeralda n’y prêta pas attention jusqu’à ce qu’elle voie une série de morveux être arrachés au courant et entraînés vers le monde. La plupart affichaient des airs stupéfaits et tentaient toutes sortes de manœuvres pour regagner le fleuve. Rien ne semblait fonctionner.
Esmeralda jura lorsque l’emprise sur son passeur gelé se renforça, les faisant s’enfoncer davantage dans le fleuve. La chose qu’elle cherchait ne se trouverait certainement pas dans un monde mineur. Heureusement, elle disposait de divers moyens pour atténuer la plupart des forces qui chercheraient à l’immobiliser ou à la piéger.
Une lumière émanant d’un endroit dissimulé, près de l’entrée du Sanctuaire de Kanba dans la poitrine de Zac, devança sa résistance. Ils se stabilisèrent et poursuivirent leur route. Esmeralda repéra quelques autres personnes qui avaient échappé à l’attraction, dont la plupart des subordonnés de Zac. Elle observa les cultivateurs qui tombaient et fit le rapprochement.
« Vous auriez dû travailler plus dur », ricana Esmeralda.
Ceux qu’on entraînait vers le bas étaient sans doute les participants qui n’avaient pas réussi à assembler un ticket d’entrée complet. Esmeralda ne serait pas surprise qu’une épreuve sanglante les attende en contrebas, une dernière chance de compléter leurs sceaux et de rejoindre la véritable épreuve. Peu lui importait. Elle avait de plus gros poissons à frire.
Esmeralda reporta son attention sur les embouchures du fleuve, qui se divisaient. Les premiers participants étaient déjà répartis, et leur traitement différait clairement. Ceux qui étaient enfermés dans des lumières étaient doucement guidés vers des ruisseaux précis, tandis que les autres étaient simplement entraînés vers le plus proche. Quelques rares individus parvenaient à changer de cours d’eau par des moyens particuliers, alors que la plupart ne pouvaient résister à l’attraction du fleuve.
Avec neuf branches, chacune devait représenter l’une des cours inférieures, l’une des chandelles attendant d’être allumées. Emprunter la mauvaise ne ruinerait pas forcément ses plans, mais lui compliquerait assurément la vie. Mais laquelle choisir ? Elles se ressemblaient toutes et aucune ne dégageait d’aura particulière. Réactiver sa vision spéciale était exclu. Si près du continent, le contrecoup serait bien plus violent.
Le continent restait dissimulé, sans livrer le moindre indice supplémentaire. L’échéance approchait, et elle regarda frénétiquement autour d’elle. Les lanternes étaient la clé, mais elle n’était pas une participante. Elle ne pouvait presque rien tirer de l’observation des lumières. Avec toutes ces lanternes qui ballottaient, trouver la bonne revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Esmeralda ne renoncerait pas pour autant. Surmonter tous les obstacles et renverser le destin étaient les fondements de la cultivation, et elle était destinée à la grandeur. Elle avait souffert pendant des éons à cause d’une minuscule erreur, et l’univers lui devait réparation. Les yeux injectés de sang, elle promena ses sens sur les lumières alentour, utilisant le peu d’énergie qu’elle avait récupérée pour en entrevoir les secrets.
La voilà ! Esmeralda faillit bondir hors du sanctuaire par pur instinct, toute son attention rivée sur une lanterne bien plus brillante que les autres, mais elle s’arrêta au dernier moment. Elle ne percevait que le souvenir de ce qu’elle cherchait, pas la chose elle-même. Cela suffisait. La personne représentée par cette lanterne avait rencontré l’objet qu’elle convoitait, et cette rencontre avait laissé une empreinte indélébile sur son âme.
Les yeux fous, Esmeralda fit un geste pour l’attraper. Rien ne se produisit. [Nab], cette fabuleuse capacité innée qui l’avait accompagnée du stade de têtard jusqu’au sommet, ne saisit que du vide. La lanterne rayonnante poursuivait sa route, dérivant toujours plus loin. De plus en plus désespérée, Esmeralda essaya diverses méthodes, allant jusqu’à tirer la langue pour l’enrouler autour de la lanterne.
Pire encore, elle voyait qu’elle se dirigeait vers une branche différente de la sienne. Devait-elle sortir et la suivre ? Non, quelque chose dans son statut faisait manifestement défaut. Il y avait fort à parier qu’elle traverserait les lanternes et serait engloutie par le fleuve temporel en contrebas. À supposer qu’un de ces vieux salauds ne repère pas l’objet avant elle. Elle avait besoin d’aide.
Trépignant d’anxiété, elle lança sa Voix du Dao, espérant que Zac l’entendrait dans son état actuel. « J’ai trouvé un indice, mais je ne peux pas y arriver seule ! »
Après un bref silence, Esmeralda reçut la réponse qu’elle espérait, sous la forme d’un lointain « Vas-y. » Une série de runes apparut sur le Draugr immobile, modifiant sa trajectoire avant de l’accélérer vers la lanterne qui s’échappait.
Plus haut sur le fleuve, Zac sortit lentement de son sommeil. Le froid qui le tenaillait étant devenu dépourvu de racines, l’équilibre commençait déjà à se rompre. Les flammes de Vie expulsaient peu à peu le froid tandis que ses Noyaux d’âme craquaient, donnant leurs premiers signes de mouvement depuis plus d’une semaine. Le processus prendrait un certain temps, mais il percevait encore vaguement Esmeralda qui menait la moitié Draugr de son corps dans l’épais nuage, à la poursuite de l’indice qu’elle avait trouvé.
Zac savait déjà que ce qui émergerait de la glace ne serait pas le même que ce qui y était entré. Il ne restait que des bribes de la lumière éblouissante qui assaillait son Ouverture de l’âme, et l’énergie démoniaque qui avait déchiré ses corps n’était plus que l’écho de sa puissance passée. Il était parvenu à conserver son État du Vide, canalisant instinctivement l’[Apothéose de l’Empereur du Vide] tout au long de son repos.
Ainsi, les trésors imprégnés de loi qu’il avait consommés juste avant de se geler avaient presque entièrement été absorbés, devenant nourriture et source de progrès. Zac sentait même qu’il pourrait accélérer de force son rétablissement si nécessaire. Il ne le fit pas. Il devrait reprendre sa Formation du Noyau dès que la glace ne parviendrait plus à sceller complètement son Espace quantique, et le voyage n’était pas terminé.
La connexion quantique trembla lorsque la moitié Draugr de Zac s’engouffra dans un nuage tourbillonnant, et une brume opaque envahit leurs sens partagés. Zac n’eut pas le temps d’en méditer les conséquences. À cet instant, une particule rayonnante repoussa ses voisines plus faibles et lui percuta le front. Cette intrusion soudaine ébranla son esprit trouble, et son premier réflexe fut de la repousser. Mais une odeur familière le retint, et une lumière dorée l’enveloppa bientôt.
Une série de souvenirs lui revint tandis qu’il dérivait sur une nouvelle voie, guidé par l’histoire et le destin.