Chapitre 266
Sur mon visage, Eclipse afficha un regard curieux.
« Je… j’ai été utilisé par vous ? »
« …….. »
« Mais je ne vous ai pas utilisé, n’est-ce pas ? »
Mes paroles semblaient incroyables, il me jeta un regard de haut en bas, un air plutôt ridicule.
Si c’est vrai qu’il a perdu la mémoire, il serait ridicule de dire que sa vie a été ruinée en étant utilisé par une femme qui ne pouvait même pas se nourrir une semaine entière.
« C’est une histoire drôle. »
Lentement, les yeux gris-brun, baissés jusqu’alors, se redressèrent.
Il finit par exploser.
« Si vous ne voulez pas me parler du passé, pourquoi me dites-vous cela ? »
« Comme ça, vous cesserez de vous accrocher à moi. »
« Un grand Mirage » fait référence à un passé qu’il ne pouvait pas comprendre en me voyant. (?)
Le mot « ennemi » était plus proche de la vérité que l’hypothèse qu’il ait pu être un sauveur ou un amant.
Le sourire sur son visage s’estompa, tandis qu’il me fixait.
« ……alors que se passerait-il si je vous battais ? »
demanda-t-il d’une voix légèrement plus basse.
« Et si je pleurais en disant que j’ai été utilisé au point de ruiner ma vie, et que maintenant je vais ruiner la vôtre ? »
« Vous voulez faire ça ? »
Je répondis légèrement.
Avoir perdu la mémoire, Eclipse était devenu une personne différente, mais j’étais sûre qu’il ne le ferait pas.
S’il avait voulu me tuer, il ne m’aurait pas courue après, se donnant cette peine.
Il n’était pas vraiment curieux du passé, mais il devait avoir quelque chose qu’il voulait savoir sur moi.
« Eh bien, je ne pense pas que ce soit ce à quoi vous pensez en ce moment… »
Dans quelle mesure les prédictions se sont-elles avérées justes ? Eclipse répondit vaguement.
« Et vous ? »
Puis il me lança la balle.
« M’avez-vous aussi détesté ? »
A cette question soudaine, j’ouvris grand les yeux, puis hochèrent lentement la tête.
« …..ça a peut-être été le cas. »
« Pourquoi ? »
« À cette époque, vous étiez un peu quelqu’un de désagréable pour les nobles. »
Je haussais les épaules et inventais une bonne raison.
« J’étais arrogant, dites-vous… »
Eclipse copia mes paroles avec un visage plein de sens.
Je superposais son visage d’adulte à celui du jeune homme d’il y a cinq ans.
A cette époque, il n’y avait aucun scrupule à être têtu, à mentir ou à utiliser quelqu’un d’autre pour survivre.
Je trouvais ça naturel à l’époque.
Même si je partais, l’héroïne resterait. Et les personnages masculins principaux finiront par l’aimer.
Alors, quand il a amené Leila déguisée en Yvonne, j’étais tellement en colère que je ne pouvais plus le supporter.
Il me semblait que tous les échecs des attaques, l’impossibilité de m’échapper, et la possibilité de mourir finalement, étaient tous à cause d’Eclipse.
Tous ces mots sur l’amour qu’il me portait et le désir qu’il avait de m’avoir, ressemblaient à une tromperie.
Ce n’est que lorsqu’il s’est battu en duel avec le prince héritier, puis a risqué sa vie pour moi, que j’ai réalisé.
La barre d’indice de faveur rouge foncé, le fait que peut-être elle n’a pas été créée à cause du lavage de cerveau de Leila, mais à cause de moi.
Il était maintenant temps de fixer le vide au-dessus de sa tête grise où rien n’était visible.
« Eh bien… vous avez dû vouloir me tuer parfois, n’est-ce pas ? »
demanda soudainement Eclipse.
« M’assassineriez-vous au moins maintenant ? »
« ……quoi ? »
Je répondis à ses paroles un peu plus tard.
Entre-temps, il sortit rapidement un poignard de ses bras.
« Que faites-vous… »
« Tenez. »
Puis, avec un couteau aiguisé, il tapota près de ma gorge et indiqua.
« Ce sont les endroits où vous pouvez tuer d’un coup. »
« …… »
« Tenez, prenez-le. »
Je ne comprenais pas très bien de quoi il parlait lorsqu’il me tendit le manche du couteau.
Regardant ce qu’il faisait bêtement.
« ….êtes-vous drogué ? »
Le mot fou était à peine épuré. Il répondit avec désinvolture.
« Non. Ce ne sont que des choses qui circulent en dehors de la capitale. » (?)
« Alors pourquoi faites-vous tout cela soudainement ? »
« Juste, j’en avais assez de vous poursuivre et de chasser les démons. »
« …….. »
« Puisque nous nous haïssions, j’ai pensé que ce serait amusant si vous essayiez de me tuer. »
J’essayais de me débarrasser de ses sentiments persistants, mais lorsque j’ai dit qu’il était un « ennemi », cet intérêt blessant sembla lui venir à l’esprit.
Parlant de mots merveilleux (?), Eclipse tira de force ma main figée et me donna un poignard.
« Êtes-vous fou ? Arrêtez ça. Votre vie est-elle si drôle pour vous ? »
Je criai, secouant la main comme une crise d’épilepsie.
« En fait, je suis assez fatigué de vivre. »
Mais il ne bougea pas d’un pouce, et me regarda avec des yeux étranges.
« En repensant à ces jours-là, je me demande comment vous me détestiez. »
« Vous… »
« Comment me suis-je comporté ? Peut-être avez-vous essayé de profiter de moi, et je vous ai trahi sans connaître la gentillesse que vous m’avez témoignée ? Ou… »
« Laissez tomber, non ? »
« Ne voulez-vous pas que je vous tienne le poignet et que je l’embrasse ? » (?)
Comme pour faire une farce, il prit ma main et toucha son cou avec plusieurs fois.
Clic, clic. Le tranchant du couteau a maintenant touché une vieille perle jaune inutilisable.
Pendant un instant, je fus étonnée par le comportement fou d’un homme que je ne pouvais pas suivre, et j’essayais de retirer ma main.
Mon visage froid se durcit aux paroles de l’homme qui était en fait assez proche de la vérité.
« Je vous ai dit de ne pas vous méprendre. Ce n’était pas si grave. »
J’arrêtai la bagarre, qui était sur le point de lui échapper, et avec l’autre main qui n’avait pas été attrapée, je saisis la chair.
Et je poussai le poignard dans son cou, comme il le voulait.
Puis il lâcha ma main avec une expression très intéressante sur son visage.
« Pourquoi devrais-je me salir les mains pour votre amusement ? »
Je lui demandai en fixant le poignard.
« J’ai entendu dire que vous étiez mon maître. Peut-être, pour rembourser la dette de l’esclave dans le passé ? »
« Eh bien. Pour vous, qui aviez à peine remarqué le collier à votre cou, cela valait-il vraiment la peine ? Je ne me souviens pas. »
Lorsque je parlai en regardant le collier caché dans l’interstice de l’armure, l’intérêt dans ses yeux s’estompa progressivement.
En le voyant perdre son expression comme de la cire à nouveau, je poussai un cri glacial.
« Et, vous n’êtes pas mon esclave. Je savais que je ne voulais pas être utilisée misérablement, alors j’ai trouvé mon chemin. »
« Vous avez dû vivre une vie meilleure à l’époque. » (Je peux me tromper sur ce point, je ne suis pas sûr si cela concerne lui ou elle)
En le voyant faire une blague avec une expression impassible, j’appuyai un peu plus fort sur le poignard dans ma main.
Le son étrange de quelque chose qui se coupait stimula l’oreille.
« Dès que votre valeur d’utilisation a pris fin, je vous ai donné la clé (elle parle de l’anneau qui le contrôlait), et notre relation s’est terminée là. »
La lame entra un peu plus profondément.
Finalement, le cuir épais fut coupé.
Les harnais qui lient les esclaves n’étaient pas facilement endommagés avec la plupart des armes en raison de leur magie.
Cependant, le cuir qui s’était usé avec le temps après la disparition de tout mana, avait déjà été rompu une fois, et il portait des traces de gel avec de l’adhésif.
C’était la partie que je visais.
« J’ai entendu dire que vous avez tué un mercenaire parce que vous ne vouliez pas être appelé esclave. Alors pourquoi continuez-vous à donner des coups de pied à ça ? »
Je saisis le collier qui avait été tenu et qui tombait sans force, et je le brandis deux fois devant ses yeux.
« C’est comme dire que vous, ayant oublié vos souvenirs, étiez un simple mensonge. »
Tenant toujours le couteau contre son cou, il brillait comme une menace.
Puis il bougea lentement les yeux et regarda le collier que j’avais coupé.
« Je sais. »
« …… »
« Il n’y a plus aucune raison de le porter, comme vous l’avez dit… »
« …… »
« Pourquoi portais-je cette chose autour de mon cou comme un chien ? »
Il inclina la tête vers ma main tenant le poignard sans même réaliser que la pointe du couteau creusait l’espace.
« Savez-vous par hasard ? »
« Je ne sais pas. »
Un filet de sang commença à couler. Je le repoussai.
« Homme fou, il n’y a aucun moyen que je le fasse. »
Je le maudissais d’une voix basse, et je jetai le collier au fond du canyon.
Puis, en me secouant les mains, je demandai tranquillement.
« D’accord ? »
Ce fut une relation qui ne valait pas la peine de laisser aller ce qu’il avait oublié pendant cinq ans sans savoir pourquoi.
Sur mes paroles, les yeux gris-brun scintillèrent d’une lumière insaisissable.
Cependant, je l’ignorais et rendis le poignard poliment.
« Et je suis désolée, si vous voulez mourir, occupez-vous-en vous-même et mourez quelque part loin de moi. Je ne veux pas trop savoir, que vous mouriez ou non. »
« ……vous êtes plus froide que vous en avez l’air. »
Il regarda mon couteau, que j’avais jeté, et il ne fallut pas longtemps avant que je le reprenne avec un petit rire.
J’étais grandement soulagée dans mon cœur, mais je ne m’exprimais pas comme telle.
« Chaque fois qu’un démon apparaissait, vous essayiez de protéger les autres, alors j’ai pensé que vous étiez une philanthrope. »
« Je ne veux pas voir des gens mourir à chaque fois au travail. Et je suis aussi assez capable de gérer ça. »
À cette réponse arrogante, je plissais les yeux.
« Est-ce que ça vous amuse de faire ce que vous faites ? »
Mais soudain, il me demanda quelque chose de totalement inattendu.
« Est-ce plus amusant que d’être… la seule duchesse d’Eckart ? »
« C’est du travail. Comment pourrait-ce être amusant à chaque fois ? »
« Pour ça, vous sembliez très enthousiaste… »
« J’ai tendance à ressentir autant de récompenses que j’ai souffert pour avoir abandonné la seule princesse des Eckarts. » (?)
J’essayais de garder la tête baissée à ses questions sauvages.
Et après une pause, j’ajoutai sans importance.
« En vivant, il y aura d’autres choses intéressantes pour vous un jour. »
« …… »
« Il y a quelque chose que je veux faire, et je suis folle de ça, et je le poursuis toute l’année… »
« …… »
« Vous êtes trop jeune pour dire que la vie est ennuyeuse. »
« Vous avez dit que nous n’étions pas dans une grande relation, et vous vous souvenez de mon âge ? »
« Qu’un homme plus jeune que moi soit si effronté ? Oui, je m’en souviens. »
Lorsque je répondis avec entrain, les bras croisés, son expression devint à nouveau étrange.
« Que cherchez-vous à obtenir de moi ? »
L’homme qui me cherchait à travers ses pupilles sèches ouvrit à nouveau la bouche.
« Pourquoi dites-vous cela à quelqu’un que vous détestez qui vient de mourir ? »
Que ce soit intentionnel ou non, j’ai eu le cœur brisé par la voix d’Eclipse, qui a souligné chaque mot que j’ai dit.
« Avez-vous remarqué que c’était un mensonge ? Oh, vous ne vous souvenez pas… »
Mais de toute façon, je ne pouvais rien dire de ce visage à lui qui était dépourvu de toute agitation.
Après un moment d’angoisse, j’abandonnai mon cerveau et répondis doucement.
« …..parce que je suis trop heureuse maintenant pour continuer à me souvenir de toutes ces émotions négatives. »
Ce fut la seule chose que je lui ai jamais dite avec sincérité.
« Je l’ai dit parce que je vous ai déjà rencontré inconfortablement, et je voulais que vous le sachiez. De toute façon, j’ai reçu de l’aide aujourd’hui, je ne veux pas que ça soit considéré comme de la triche. »
« …… »
« Si vous comprenez, arrêtez de me poursuivre. »
« Le fait que je vous ai détesté et vous ai ressenti de la rancœur,»
« …….. »
« …..était-ce vrai ? »
Ce fut alors. Contrairement à moi, qui voulais arrêter de parler, il s’enquit de son passé, dont il ne voulait pas savoir de manière persistante.
Je répondis en soupirant.
« Pourquoi vous mentirais-je ? »
« J’ai menti, en fait. »
Mon ton aigre a-t-il stimulé quelque chose ?
Ses paroles affluaient sans changer une seule expression, si bien que j’ai arrêté de respirer pendant une seconde.
« Au début, je vous ai poursuivi pour vous tuer, peu importe ce qui s’est passé dans le passé. »