Chapitre 2
11 h 45, dans le bureau du proviseur.
Mrs Moulin (directrice) : Monsieur De Vinci, savez-vous pourquoi je vous convoque ?
À ce moment-là, je me disais que je n’avais rien fait de mal. C’est vrai, quoi, j’ai juste défendu de pauvres gens rongés par cette malédiction incurable. On ne peut que les plaindre et non les détester.
Mrs Moulin : Je ferme les yeux pour cette fois, mais la prochaine fois, ce sera une exclusion de trois jours. Insulter un prof de connard n’est pas très intelligent.
Professeur H-G : Pardon, mais c’est une blague !? Il m’a menacé de mort !
Ange D. : Menacé de mort ? Mais vous avez complètement craqué ! Je ne vous ai en aucun cas menacé de mort !
Ce gros lard rempli de sueur me fait passer pour le méchant de l’histoire et ruine ma future réputation d’Emo Boy trop stylé !
Mrs Moulin : Ça suffit, maintenant ! Je ne veux plus vous entendre !
Le silence s’installa dans la salle et seules les mouches pouvaient être entendues. Puis, d’un mouvement de main, le directeur nous demanda de partir. Le prof d’histoire partit rejoindre sa classe et moi, je partis à la cafétéria. Il était déjà midi quinze, l’heure du déjeuner.
J’arrive à la cafétéria et vois encore des gens faire la queue. Je pris un plateau et fis la queue, qui avançait assez rapidement. Puis, au moment de payer, j’entendis la fameuse Nora supplier des élèves de lui passer un euro pour payer son repas. Mais bon, vu ce monde de crevards, je pense que personne n’était prêt à lui passer le moindre centime.
Ange D. : Nora, c’est ça ? Si tu veux, on partage mon repas.
Dis-je sans même regarder Nora dans les yeux.
Nora : … Et pourquoi j’accepterais ?
Je me disais bien que ce n’était pas une fille facile. Il faudra donc que j’insiste pour qu’elle accepte. En y pensant, c’est un peu bizarre, ça fait vieux pervers.
Ange D. : Je me disais que tu devais vraiment crever la dalle pour réclamer un euro à tout le monde.
Nora : Certes, mais je n’accepterai pas un repas venant de toi. Rien qu’à ta dégaine, tu ne m’inspires pas confiance.
Mon cœur prit un coup. Je veux bien être sympa, mais ma patience a des limites.
Ange D. : J’essayais juste d’être sympa et toi, tu me craches à la gueule ? Tu sais quoi ? Va te faire foutre et crève la bouche ouverte.
J’ai vraiment du caractère. J’avoue, je suis assez fier de moi, j’arrête enfin d’être une victime.
Après le déjeuner, les cours étaient déjà finis. Cette journée fut riche en émotions. Je passai la porte du bâtiment avant de rentrer dans la cour, mais Nora me prit le bras, me ramena de force dans le hall et me jeta par terre devant tout le monde. Puis, elle me regarda dans les yeux et me dit d’un ton froid :
Nora : Avoue, t’es un déchet.
Une question si soudaine… Puis même, pourquoi la poser ? Qu’est-ce qui lui fait dire que j’en suis un !?
Ange D. : T’es complètement malade, ma pauvre fille ! Moi, je suis sain d’esprit et en bonne santé !
Lui dis-je en me relevant avec un air contrarié.
Nora : J’ai de quoi te faire cracher le morceau.
Nora me sortit une photo d’un homme mi-humain, mi-corbeau, bouffant des restes humains dans une maison de campagne. Pourquoi me montrer ce genre d’atrocités !?
Ange D. : C’est dégueulasse ! Dégage ça de ma vue !
Nora : Avoue juste que t’en es un ! Sur la photo, c’est bien toi, hein !?
Tout le monde se retourna et nous regarda pendant que Nora me tournait autour, me montrant toujours la photo.
Ange D. : Mais quoi ? Mais t’as complètement craqué !…
À ce moment-là, le temps se mit à ralentir et je vis juste une flaque de sang par terre. Puis, en regardant en détail, je vis un couteau dans mon abdomen. Nora me l’avait planté. Je m’écroulai, crachai et vomis mon sang. J’essayai de crier à l’aide, mais personne ne réagit. Les gens préférèrent crier et courir dans tous les sens. Que suis-je devenu pour qu’ils aient aussi peur !?
Puis je compris pourquoi… En regardant ma tête dans le reflet de mon sang, mon visage n’était plus le mien, mais il avait été remplacé par un crâne de corbeau au bec assez large. Le crâne avait l’air assez vieux et puait vraiment le rat crevé.
Nora n’était déjà plus là et, vu les traces de pas teintées de mon sang, elle avait dû prendre la fuite. Je dois absolument la rattraper pour lui demander ce qui m’arrive. Elle doit savoir ce qui se passe !
Je me relevai et regardai tout le monde, terrifié par mon apparence bestiale, dont même moi, j’étais terrifié. Qu’est-ce qui m’arrive, putain ?
Puis, je partis à la recherche de Nora pour avoir des réponses à mes questions qui me trottaient dans la tête à ce moment-là.
La question qui me revenait le plus à ce moment-là : comment l’ange a-t-il pu devenir le démon ?
À suivre…