Chapitre 530
Whoosh !
Eugène était toujours connecté à la lumière que les prêtres et la Sainte avaient générée. Alors qu’il tombait vers la ville, Eugène leva la tête pour regarder le ciel.
Un fil reliait Eugène à Raimira, qui volait haut au-dessus de lui. En effet, la lumière descendant du ciel vers Eugène ressemblait à un fil ténu.
Si Eugène devait utiliser une comparaison, son apparence lui rappelait une marionnette, comme si une poupée était maintenue par une ficelle venue des cieux.
…Une poupée ? Eugène laissa échapper un souffle narquois et secoua la tête.
Eugène n’était pas une poupée. Il pouvait en être sûr. Ce fil n’était pas quelque chose que le Dieu de Lumière avait connecté à Eugène pour le contrôler comme une marionnette. Au lieu de cela, c’était l’expression de l’amour inconditionnel et infini du dieu. Le but du fil était de s’assurer que les attaques d’Eugène ne manqueraient pas leur cible, qu’il ne serait pas blessé et qu’il ne mourrait pas.
« Comme c’est pesant », se plaignit Eugène.
Il était naturel pour un dieu d’aimer ses fidèles. De plus, Eugène n’était pas un croyant ordinaire, mais le Héros choisi par le dieu. Bien que le Dieu de Lumière dégage habituellement une impression d’indifférence, il était naturel qu’il accorde son amour infini à Eugène.
Jusqu’à présent, Eugène avait connu à plusieurs reprises les miracles accordés par le Dieu de Lumière. Cependant, il n’avait jamais reçu de révélation directe du Dieu de Lumière, et c’était toujours le cas, même maintenant. Eugène n’entendait aucune voix tenter de lui parler.
Il prit le silence de la Lumière comme l’acquiescement du dieu à son action.
Quoi que fasse Eugène avec elle, la lumière ne refuserait pas de coopérer. Même si Eugène devait envahir le Saint-Empire, assassiner le Pape et massacrer des dizaines de milliers de croyants, le Dieu de Lumière continuerait à prêter à Eugène autant de force qu’il le désirerait.
[Sir Eugène], la voix de Kristina résonna dans la tête d’Eugène.
« Il est inutile que tu descends ici, reste là-haut », lui ordonna Eugène.
Kristina tenta de protester, [Mais —]
Eugène la coupa, « Tu le sens aussi, n’est-ce pas ? Même sans que tu descends ici et me suives… nous sommes déjà connectés par cette lumière. N’est-ce pas ?
À ces mots, Kristina n’eut d’autre choix que d’acquiescer. Bien que ce soit leur première fois à vivre quelque chose de semblable, c’était exactement comme l’avait dit Eugène.
À l’instant, le pouvoir divin de Kristina avait fusionné avec le pouvoir divin des prêtres du Rayonnement Gracieux et formé cette seule source de lumière connectée à Eugène. La volonté de Kristina et d’Anise pouvait être transmise à Eugène par ce fil de Lumière, et toute la magie sacrée et les miracles lancés par les deux Saintes pouvaient également être conférés à distance à Eugène, ainsi que le pouvoir divin fourni par les autres prêtres.
« Néanmoins, c’est vraiment très incommodant », dit Eugène en fronçant les sourcils en regardant au-dessus de sa tête le fil de lumière menant au ciel.
Ce n’était pas quelque chose de solide que l’on pouvait toucher avec les mains, et cela n’agissait pas comme un vrai fil, il n’y avait donc aucune gêne à se déplacer.
Cependant, c’était toujours une gêne. Par exemple, quand Eugène sautait dans l’espace avec Prominence ou lorsqu’il se déplaçait à vitesse maximale, si ce fil de lumière continuait à suivre Eugène, son adversaire ne pourrait-il pas suivre les mouvements d’Eugène sans difficulté aussi longtemps qu’il garderait un œil sur l’endroit où allait le fil ?
« Disparaît, disparaît… », murmura Eugène les yeux plissés en essayant de chasser le fil avec ses mains.
Dans le ciel, Kristina et Anise exprimèrent le même désir. Ce faisant, le fil de lumière commença à s’estomper jusqu’à disparaître complètement. Mais la connexion établie par la Lumière n’avait pas été rompue. La connexion était simplement devenue invisible.
« Ce salopard ne nous écoute-t-il pas en ce moment ? », demanda Eugène avec suspicion.
[Hamel, même si tu es toi-même un dieu, je te prie de ne pas utiliser de mots aussi blasphématoires pour t’adresser à mon dieu], réprimanda Anise.
Bien qu’elle ait dit cela, en tant que Sainte, Anise avait des pensées plus blasphématoires sur son dieu que quiconque.
Oua du moins, c’est ce que pensait Eugène, mais il ne put s’empêcher de rien dire à Anise.
« Plus tard », murmura Eugène tranquillement.
Il serait préférable qu’il range cette observation pour plus tard, lorsqu’ils seraient dans une situation où il pourrait se permettre de rire aux éclats après avoir subi la gifle obligatoire d’Anise. Eugène esquissa un sourire ironique en regardant le sol.
En dessous se trouvait la ville capitale de Nahama, Hauria. Autrefois, c’était la ville la plus magnifique et la plus prospère de tout le royaume de Nahama.
Mais maintenant, Hauria avait été occupée par le Roi Démon et réduite en ruines où seuls les fantômes résidaient encore. Eugène regarda avec colère cette ville qui avait été détruite en une seule nuit.
Beaucoup de troupes de morts-vivants semblaient avoir été déployées dans le désert, mais comparées à tous les morts-vivants errant dans la ville, ces forces n’étaient qu’une goutte d’eau dans la mer[1].
Mais peu importe le nombre de morts-vivants, ce n’étaient que des morts-vivants.
Le plus grand avantage des morts-vivants était que leur nombre augmentait s’ils tuaient leurs ennemis. Des morts-vivants spéciaux comme les Chevaliers de la Mort, les liches, ou des choses comme Kamash pouvaient encore être dangereux, mais les morts-vivants errant actuellement à Hauria ne devraient poser aucune menace à l’Armée de Libération.
Il n’y avait pas de soldats ordinaires au sein des rangs de l’Armée de Libération. Tous ceux qui étaient venus ici possédaient au moins un niveau de compétence acceptable, et il était impossible qu’aucun des chevaliers ne vacille face à ce genre de morts-vivants.
Cependant, il n’y avait pas de certitude absolue sur le champ de bataille. Surtout depuis que Hauria était une ville actuellement dirigée par un Roi Démon. Bien que ceux-ci semblent être des morts-vivants ordinaires et faibles, cela pourrait ne pas être le cas.
« Sale bâtard », maudit Eugène silencieusement.
C’était exactement ce qu’il avait pensé.
Eugène examina attentivement l’armée de goules et de squelettes titubant dans la ville. Même parmi tous les morts-vivants, ces deux types étaient considérés comme les plus bas des bas. Cependant, si cela pouvait en effet être le cas, ils pouvaient toujours être utilisés comme réceptacles pour le pouvoir des ténèbres. La faible résistance des goules et des squelettes signifiait qu’ils ne pouvaient pas porter beaucoup de pouvoir des ténèbres, mais même cette petite quantité les rendait beaucoup plus forts que leurs homologues originaux.
En regardant le nombre qui grouillait dans la ville et en tenant compte du fait que toute la ville était inondée de pouvoir des ténèbres, les dégâts que l’Armée de Libération subirait en essayant de traverser la ville ne seraient pas négligeables.
« Et ce ne sont pas seulement les morts-vivants », se rappela Eugène.
Il ne restait plus de Bêtes Démoniaques Supérieures dans la ville. Tous les démons de haut rang qui avaient traversé Helmuth et leurs subordonnés étaient également morts dans le désert.
Cependant, les vassaux originaux de la Destruction restaient. Cela comprenait Alphiero et de nombreux autres démons de son espèce. Ils pouvaient être considérés comme les forces d’élite du Roi Démon qui avait pris le contrôle de cette ville.
Relevant la tête, Eugène regarda ce qui se trouvait devant lui. Au loin, il pouvait voir le palais royal. Le Roi Démon, cette fausse copie, l’attendait là.
Eugène tourna la tête pour regarder derrière lui.
Boum !
Eugène regarda les murs extérieurs de Hauria s’effondrer. À travers les vastes nuages de poussière soulevés par l’effondrement, il vit une lumière scintillant comme un joyau.
« Tu devrais continuer », la voix de Sienna traversa la grande distance qui les séparait et réussit à atteindre Eugène.
Sienna n’était pas la seule à avoir contribué à l’effondrement des murs de la ville. Melkith, qui avait enfin réussi à signer un contrat avec Tempête, abattit les murs de la ville en entrant dans la ville. Les mages des Tours de Magie et le Corps Magique d’Aroth entrèrent par le chemin qu’elle avait ouvert pour eux.
De plus, à un autre endroit distant, les guerriers de la tribu Zoran et les ordres chevaleresques des différents pays avaient ouvert leur propre chemin dans la ville. Les escadrons volants dirigés par Carmen et Raphaël descendaient également du ciel avec eux.
Hauria était vraiment une ville colossale. Il n’était pas nécessaire qu’Eugène ait à affronter seul la grande armée de morts-vivants ou les vassaux de la Destruction errant dans cette ville massive, et il n’y avait aucune raison pour qu’il essaie même.
Allons-y !
Les cris unifiés de l’Armée de Libération résonnèrent dans toute la ville. Les émotions portées dans leurs voix, leurs attentes envers Eugène, et ce qu’Eugène lui-même avait juré de faire — Eugène prit tout cela à cœur alors qu’il rassemblait sa détermination.
Eugène tourna la tête vers l’avant. À partir de maintenant, au lieu de se retourner pour regarder en arrière, Eugène ne regarderait que vers l’avant.
« Sienna, il est inutile que tu te presses. Après tout, c’est moi que ce bâtard attend », grogna Eugène.
Bien qu’il y ait une certaine distance entre eux, Sienna put toujours entendre la voix d’Eugène extrêmement clairement. Elle rit en remarquant facilement l’intention flagrante sous-jacente aux paroles d’Eugène.
« N’utilise pas de telles astuces évidentes. C’est moi qui me sens embarrassée après les avoir entendues », railla Sienna. « Alors Eugène, pourquoi n’essaies-tu pas d’être plus honnête à la place ?
Elle le connaissait vraiment trop bien. Avec un sourire ironique, Eugène hocha la tête, « Si possible, viens m’aider une fois que tu auras fini avec la ville. »
Sienna leva un sourcil, « Cette immense ville ? Ce n’est pas une demande facile. »
« Est-ce trop même pour la Déesse de la Magie ? », taquina Eugène.
« Puisque c’est une demande de mon disciple bien-aimé, cette pré-Déesse devrait faire de son mieux pour satisfaire ta demande », répondit Sienna en riant.
En écoutant sa réponse, Eugène continua d’avancer.
« Kristina, Anise, vous deux… », Eugène fit une pause, « devriez essayer d’aider nos alliés afin que moins de gens meurent. »
Kristina acquiesça immédiatement, [Oui, compris, Sir Eugène.]
[« Moins de gens mourront », dites-vous. Hamel, il semble que vous ayez encore une conscience, même si elle n’est que fine comme un cheveu[2]], taquina Anise.
Ce fut le champ de bataille. Il était impossible pour les forces alliées de ne pas subir une seule victime. Le rôle des Saintes et des prêtres sur un tel champ de bataille était de s’assurer qu’un minimum de leurs alliés meurent.
« J’ai toujours été une personne consciencieuse », rétorqua Eugène.
Anise murmura, [Non seulement tu es stupide, mais tu es aussi vraiment impudent. En tout cas, Hamel, vas-tu directement au palais ?]
Eugène secoua la tête, « Il y a quelque chose que je dois faire avant cela. »
Il perdit presque le contrôle de son humeur lorsque Anise commença à le taquiner en disant qu’il était stupide. Cependant, il savait que se mettre en colère contre Anise dans leur situation actuelle serait ridicule, alors il réprima de force sa rage. C’était aussi parce qu’il savait que se fâcher contre les remarques taquines d’Anise serait une perte de sa colère. Dès le moment où il descendit à Hauria, Eugène avait fixé une cible désignée pour toute sa rage.
Les flammes de Prominence flamboyèrent. Eugène se transforma en une comète noire qui transperça le ciel. Le paysage de la ville en ruines qui avait été transformée en repaire de morts-vivants fila sous lui.
Hauria était une ville extrêmement vaste. Cependant, la taille de la ville n’avait pas d’importance, car la vitesse de vol d’Eugène était ridiculement rapide. Il traversa toute la ville en quelques instants.
Comme il l’avait dit à Anise, Eugène ne s’était pas précipité dans le palais. Les ailes de Prominence, qui avaient flotté derrière lui comme la queue d’une comète, se levèrent soudainement. Lorsque cela se produisit, le corps d’Eugène tomba droit vers le bas.
Puis, comme s’ils attendaient ce moment, des créatures sautèrent pour bloquer Eugène. C’était un groupe de chimères qui avaient été assemblées à partir de différents animaux comme des pièces de puzzle. Rien qu’à leur apparence, il était assez évident de voir qui les avait créées.
« Amelia Merwin », siffla Eugène son nom à voix basse et froide.
Même Kamash n’avait pas pu retenir Eugène. Les démons de haut rang ne pouvaient même pas supporter un seul des coups d’Eugène.
Alors ces chimères ? Et les morts-vivants ? Même s’ils étaient regroupés en un mur de chair, ils ne seraient toujours pas assez nombreux pour arrêter Eugène.
Il était impossible qu’Amelia ne le sache pas.
« Comme c’est sordide », cracha Eugène.
Ces chimères qui sautaient sur lui, espérant l’entraîner dans un combat… elles n’étaient pas là seulement pour gagner du temps.
En quelques instants, Eugène fut capable de comprendre ce que faisaient ces chimères. Chacune d’elles avait un puissant sort d’autodestruction intégré. Et ce n’était pas un simple sort d’autodestruction alimentant une explosion avec leur pouvoir des ténèbres restant.
Amelia avait infusé toutes les différentes malédictions qui pouvaient être lancées à l’aide de la magie noire dans leurs sorts d’autodestruction, et elle avait également imprégné les explosions d’un poison mortel ciblant l’existence même de sa victime, à la fois le corps et l’âme. Elle ne s’attendait peut-être pas à ce que l’un ou l’autre tue vraiment Eugène, mais que ce soient les malédictions ou le poison, Amelia devait désespérément espérer qu’au moins l’un des deux pourrait le ralentir.
Comme c’était sordide et mesquin de sa part. Espérait-elle vraiment que quelque chose comme ça pourrait réellement fonctionner ? Eugène ne put s’empêcher de laisser échapper un rire moqueur. Il n’était même pas nécessaire qu’il brandisse l’Épée Sainte ou l’Épée de Lune pour se débarrasser de ces choses.
Eugène étendit simplement ses flammes. Ce mouvement seul ne s’avéra pas seulement suffisant ; il était même excessif. Les douzaines de chimères brûlèrent immédiatement en cendres et disparurent, incapables de maudire, d’empoisonner ou d’exploser sur Eugène.
Amelia put également observer ce qui se passait. Tout en avalant une respiration tremblante, elle sauta sur ses pieds.
Eugène Lionheart, cet homme, ce monstre, arrivait d’une manière ou d’une autre ici en sachant exactement où elle se cachait.
« Je dois m’enfuir », pensa Amelia en panique.
Si elle avait eu le choix, elle aurait voulu se réfugier dans le palais, mais cela était devenu impossible.
En effet, le pouvoir émis par ce monstre — l’Incarnation de la Destruction qui ne s’appelait plus Hamel et était maintenant devenu un spectre anonyme — dévorerait même la magie d’Amelia et des liches si elles s’approchaient trop près.
Pour la barrière qui recouvrait toute la ville, un cercle magique élaboré était nécessaire pour réparer constamment les formules sous-jacentes de la barrière des dommages dus aux attaques extérieures, mais il était impossible de maintenir un tel cercle magique dans le palais alors qu’il était affecté par le pouvoir des ténèbres du spectre.
Amelia n’eut donc d’autre choix que de quitter le palais. Parce qu’elle et les liches ne voulaient pas devenir une cible facile, elles allèrent dans les cimetières de la ville et creusèrent encore plus profondément sous eux pour établir une base profondément souterraine.
L’une des caractéristiques d’un cimetière, l’énergie maléfique stagnante qui s’était accumulée sur une longue période, en faisait l’endroit idéal pour dissimuler l’utilisation de la magie noire à grande échelle.
Mais comment diable Eugène avait-il vu à travers leur ruse ? Leur camouflage aurait dû être parfait. Ils étaient également cachés très, très profondément sous terre. Ils n’avaient pas laissé la moindre trace dans le cimetière en surface. Et Amelia avait même préparé des mannequins élaborés cachés ailleurs, au cas où.
Amelia ne s’attendait pas à pouvoir tromper Eugène longtemps, mais… elle n’aurait jamais pu imaginer qu’il se dirigerait directement vers elle sans hésitation, en sautant l’étape de l’investigation.
« G-Grand Maître », balbutia l’une des douzaines de liches suivant Amelia.
Elles n’étaient pas autorisées à se déplacer de leur propre gré, elles devaient donc attendre les ordres d’Amelia.
Naturellement, Amelia n’avait aucune intention de protéger les liches. Elle n’hésita pas le moins du monde lorsqu’elle fit son choix de les abandonner. Amelia saisit immédiatement son bâton, Vladmir, et quitta le cercle magique.
Kamash était mort. Les bêtes démoniaques qui avaient été amenées ici de Ravesta étaient toutes mortes également. L’armée de morts-vivants pouvait encore rester debout, mais Amelia ne pouvait contrôler aucun des morts-vivants de la ville.
Quant aux vassaux de la Destruction ? Il en allait de même pour eux. Les seuls qu’Amelia pouvait commander étaient les légions de morts-vivants qui avaient déjà été déployées dans le désert. Tout ce qui restait dans la ville appartenait uniquement au spectre.
Donc, tout d’abord, Amelia devait sortir de ce repaire souterrain. Bien qu’il y ait une assez grande distance entre elle et le palais, elle pourrait quand même s’échapper là-bas si elle avait un peu de temps. Elle avait espéré que les chimères pourraient lui acheter un peu de ce temps, mais elles n’avaient même pas réussi à activer leurs sorts d’autodestruction, et encore moins à utiliser les malédictions et le poison élaborés.
Dans ce cas…
« Vous toutes, je vous ordonne de mourir pour moi », cracha Amelia sans même se retourner.
Les feux dans les orbites des liches s’estompèrent à ces mots. C’était un ordre cruel à suivre, mais il était impossible pour les liches de résister. Les réceptacles de vie de toutes les liches étaient détenus par Amelia.
Elle avait pris possession de leurs réceptacles de vie en disant aux liches que cela lui permettrait de les diriger pour lancer leur magie noire avec plus de puissance et d’efficacité. Elle était leur Grand Maître, une figure qu’elles avaient toujours respectée en tant que mages noirs et auprès de laquelle elles avaient cherché des conseils toute leur vie. Qui aurait pu imaginer qu’elle les abandonnerait comme si elle jetait une vieille chaussure ?
Les liches sautèrent sur leurs pieds. La structure du cercle magique commença immédiatement à se transformer. Il n’était plus structuré pour protéger la ville, mais calibré pour tuer méthodiquement un seul ennemi. En même temps, l’atmosphère de cette base souterraine subit un changement soudain.
Alors qu’Amelia se préparait à s’échapper, elle pensa : « Cela devrait me donner un peu plus de temps — »
Elle n’eut même pas le temps de finir cette pensée.
Boum !
Un impact énorme fit s’effondrer le plafond de leur base souterraine. La barrière de la base, qui était composée de centaines de couches de sorts, fut facilement transpercée face à cette force impitoyable et écrasante, comme un morceau de papier devant un poinçon.
« Faites-le maintenant ! », cria Amelia.
Les liches, qui n’avaient d’autre choix que de suivre son ordre, commencèrent immédiatement à lancer le sort.
Grrrrrrrrrr !
Leur pouvoir des ténèbres combiné commença également à se déchaîner.
Non seulement il était trop tard, mais c’était inutile. La propagation des flammes d’Eugène était plus rapide que la vitesse à laquelle les liches pouvaient lancer leur sort. Les flammes noires flamboyantes étaient plus épaisses et plus intenses que le pouvoir des ténèbres généré par les douzaines de liches travaillant ensemble en concert ou l’énergie maléfique qui s’était accumulée et distillée dans ce cimetière pendant une longue période.
Les flammes noires d’Eugène n’illuminaient pas ce repaire souterrain sombre. Cependant, aux yeux des liches, cela semblait à la fois éblouissant et brûlant, comme s’ils regardaient un soleil apparu à un seul pas d’eux.
Les liches n’avaient rien comme de la peau, de la chair ou des muscles. Bien qu’elles surpassent de loin les squelettes ordinaires en comparaison, leurs corps n’étaient toujours que composés d’os recouverts de leur pouvoir des ténèbres.
À l’instant, il semblait que tout leur corps creux était réduit en cendres. Les liches roulèrent par terre, criant de douleur. Les flammes bouillonnantes envahirent également le cercle magique, l’incinérant, et la magie noire sur le point d’être lancée fut dissipée.
Quant à Amelia… quelqu’un lui avait attrapé les cheveux. Cela s’était produit en une fraction de seconde. Cet homme, ce monstre, était soudainement apparu juste à côté d’elle.
Du point de vue d’Amelia, il semblait qu’elle avait été piégée dans les ténèbres, incapable de voir quoi que ce soit, lorsqu’un fantôme avait soudainement tendu la main vers elle. Le fantôme attrapa rapidement et fermement les cheveux d’Amelia, puis boucles les longues mèches autour de son poignet pour s’assurer qu’il ne les perdrrait pas.
Puis la tête d’Amelia fut tirée sur le côté. Même si elle était tirée avec une grande force, ses cheveux ne furent pas déchirés en deux. Ce fantôme, ce monstre, semblait être très familier avec le contrôle de sa force pour la maintenir dans les limites de résistance de ses cheveux.
Autrefois, Amelia avait également eu l’expérience de supporter un tel traitement. Cependant, c’était une histoire d’il y a longtemps. L’Amelia actuelle s’était habituée à être celle qui infligeait la violence en tirant sur les cheveux de quelqu’un d’autre. D’autre part, elle n’était plus habituée à se trouver elle-même dans cette même situation.
Cependant… alors que ses cheveux étaient tirés, ses jambes furent soulevées de dessous elle, ses genoux écrasés contre le sol, sa taille pliée, puis ses cheveux tirés dans l’autre direction, ce qui fit s’étirer son cou vers l’arrière… Amelia se rappela clairement son enfance, qui avait été principalement remplie de la même humiliation et de la même douleur.
Amelia se rappela également le genre d’attitude qu’elle devait afficher lorsqu’elle était maîtrisée de cette façon.
« Hé », une voix parla soudainement à voix basse.
Ce fut seulement alors qu’Amelia vit le monstre la tenant.
Et ce fut alors qu’elle sut quelque chose avec certitude.
« Ça fait longtemps », dit Eugène avec un sourire vicieux.
Peu importe combien elle pleurerait et supplierait, ce monstre ne lui ferait aucune grâce.
1. Le texte original utilise un idiome coréen ayant une signification similaire, le sang dans le pied d’un oiseau. ☜
2. Le texte original utilise l’idiome coréen d’une queue de souris pour décrire quelque chose de minuscule. ☜