Chapitre 2 674
Dès que Yuan entra dans les quartiers du Général Suprême, celui-ci referma la porte derrière lui et dit : « Reprends depuis le début. »
Yuan acquiesça et lui raconta tout ce qui s’était passé hors de la ville, en omettant quelques détails, comme le fait qu’il avait utilisé la Manipulation du vide pour interroger les coupables.
Il posa ensuite sur la table l’appareil qu’il avait récupéré auprès de la Deuxième Ombre.
« Voici la preuve qu’on s’en est pris à moi. »
Le Général Suprême prit l’appareil et examina les preuves. Il haussa un sourcil en découvrant la photo dont la Deuxième Ombre s’était servie pour prouver la mort de Yuan.
« En quoi cette photo de toi prouve-t-elle ta mort ? On dirait juste que tu dors », fit remarquer le Général Suprême.
« Ils ont essayé de m’empoisonner. »
« Si c’est vrai, comment as-tu survécu au poison ? Ne me dis pas que tu te promènes toujours avec des antidotes ou je ne sais quoi. »
Yuan sourit. « Bien sûr que non. Mon corps résiste naturellement au poison. »
Le Général Suprême ne douta pas de lui : on avait déjà confirmé qu’il possédait un physique de Raffinement Céleste Parfait.
Après avoir examiné toutes les preuves, le Général Suprême reposa l’appareil et dit : « Tu as raison. Rien là-dedans ne permet d’identifier ceux qui ont commandité ton assassinat. »
« Et si je te disais que je sais déjà qui ils sont ? » demanda Yuan.
« Tu vas me dire que c’est la Famille Gu ? » demanda calmement le Général Suprême, comme s’il était déjà au courant.
« Alors, tu le savais déjà ? »
« Rien de ce qui se passe dans mon Armée ne m’échappe », lança-t-il avec un rictus.
« Alors, pourquoi n’as-tu rien fait ? Parce que tu te méfies de moi ? » demanda Yuan.
Le Général Suprême plissa les yeux et répondit : « Ça n’a rien à voir avec toi. Il y a des règles à respecter et, tant qu’on ne peut pas prouver hors de tout doute qu’ils sont coupables, on ne peut rien faire, même si on en est convaincus. »
« Ça ne permet pas aux gens d’exploiter délibérément cette faille ? » demanda Yuan en secouant la tête.
« Je ne ferai pas d’autres commentaires sur les règles de l’Armée. Elles ont été établies bien avant que je prenne le pouvoir », dit le Général Suprême.
« Il me faut donc simplement des preuves, c’est ça ? Je compte utiliser cet appareil pour en obtenir. »
« Si tu comptes t’en servir pour les attirer, ça ne marchera pas. Ils pourraient simplement retourner la situation à leur avantage et s’en servir pour se défendre. Ça s’appelle un piège, et il y a déjà eu des précédents. »
Yuan resta sans voix.
« Donc, tu me dis de rester les bras croisés et d’attendre qu’ils finissent par me tuer après d’innombrables tentatives, sous prétexte que personne ne peut prouver que c’est eux. Parfois, ces règles ne profitent qu’aux puissants. »
« Ou alors, tu peux les prendre sur le fait et trouver des preuves… »
« Tout le monde n’a pas le temps pour ça », l’interrompit Yuan.
Sur ces mots, Yuan tourna les talons et se dirigea vers la sortie.
« Qu’est-ce que tu comptes faire ? » demanda le Général Suprême.
« À quoi bon poser la question, alors qu’apparemment, je ne peux rien faire ? »
« Toi… »
Yuan s’en alla avant que le Général Suprême ait pu terminer sa phrase.
Il se rendit ensuite aux quartiers où logeait la Famille Gu et frappa à leur porte.
Un instant plus tard, le Colonel Gu lui ouvrit. En voyant Yuan, son visage se décomposa aussitôt, partagé entre le choc et l’incrédulité.
« On dirait que tu viens de voir un fantôme », remarqua Yuan.
« P-pourquoi es-tu ici ? » Le Colonel Gu dut déglutir avec effort avant de parler.
Yuan sourit et répondit : « Je voulais juste te dire que j’ai laissé suffisamment de chances au Général Gu. Malheureusement, il semble bien décidé à me voir mort. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Le Général Gu veut ta mort ? Tu as des preuves pour étayer des accusations aussi scandaleuses ? » Le Colonel Gu fronça les sourcils.
« Toujours ces preuves, encore ces preuves. Chaque fois que tu veux échapper aux conséquences, tu te réfugies derrière ce mot comme s’il suffisait à te tirer d’affaire. Quelqu’un de vraiment innocent ne s’y accrocherait pas avec autant d’acharnement. »
« C’est tout ce que tu as à dire ? Si oui, tu peux partir. »
Le sourire de Yuan se fit plus froid, presque sinistre, mais il ne répondit rien. Il tourna les talons et s’éloigna.
Le Général Suprême avait observé leur échange depuis la fenêtre. Il poussa un soupir de soulagement en voyant Yuan partir sans faire d’histoire, car il était tout à fait prêt à intervenir si Yuan avait attaqué le Colonel Gu.
Pendant ce temps, une fois la porte refermée, le Colonel Gu rentra dans la maison et explosa :
« MAIS QU’EST-CE QUI SE PASSE ?! POURQUOI CE SALAUD EST-IL ENCORE EN VIE ?! »
Le Commandant Gu, qui se trouvait dans sa chambre, sortit en entendant le vacarme et demanda : « Qu’est-ce qui se passe ? »
Le Colonel Gu serra les dents de rage et expliqua : « On s’est encore fait avoir ! »
« Ne me dis pas que… » Le Commandant Gu déglutit nerveusement.
« Eh si ! Ce salaud est toujours en vie, alors que les Ombres en Colère nous ont apporté la preuve de sa “mort” plus tôt aujourd’hui ! »
« Ces putains d’escrocs ! »
Après un instant de silence, le Commandant Gu demanda : « Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? On devrait arrêter… »
« Arrêter ?! » s’emporta le Colonel Gu. « C’est maintenant qu’on a le plus de chances de se débarrasser de lui, tant qu’il est encore dans l’Union ! Si on n’est même pas capables d’éliminer un seul salaud, le Général va commencer à douter de notre compétence… et à se demander si on mérite qu’il nous garde ! »
Le Commandant Gu trembla en entendant ces mots.
Le Colonel Gu se mit à se ronger les ongles en marmonnant : « Merde… Je voulais me débarrasser de lui sans nous salir les mains, mais ça semble impossible si même les Ombres en Colère, le gang le plus réputé du coin, nous arnaquent. »
Mais, à peine eut-il prononcé ces mots que le Commandant Gu reçut un message.
« I-ils viennent de nous rembourser le deuxième paiement ! Trois cents millions de crédits ! » s’exclama le Commandant Gu en le découvrant.
« Quoi ? » Le Colonel Gu fronça les sourcils.
« Ils ont donné une raison ? »
Le Commandant Gu lut la suite du message et déglutit nerveusement avant de répondre : « Ils disent qu’ils annulent notre demande… et ils n’ont pas donné de raison valable. »
« Mais qu’est-ce qui se passe ? Rien de tout ça n’a de sens ! » Le Colonel Gu se pinça l’arête du nez, complètement dépassé par cette situation incompréhensible.