Chapitre 20
Une fois sorti, Elric eut enfin le temps de voir exactement où il se trouvait, car sa précipitation précédente l'avait empêché d'analyser pleinement les lieux.
Avec d'élégants rideaux couleur vin suspendus aux murs, une grande mosaïque ornant la paroi et un grand nombre d'étagères, cela ressemblait à une bibliothèque ordinaire et classique. Qui aurait pu imaginer qu'elle mènerait à une telle pièce ?
« Jeune maître ! »
« Jeune maître, où êtes-vous ? »
Alors qu'il s'apprêtait à jeter un œil aux livres, les voix de Davis et George, qui le cherchaient, se firent entendre depuis le couloir. En suivant le chemin par lequel il était venu, il les vit tous deux le regarder avec une expression anxieuse.
« Jeune maître, où étiez-vous passé ? »
« Après avoir cherché un moment sans vous trouver, nous avons cru qu'il vous était arrivé quelque chose ! »
Alors qu'il s'apprêtait à les saluer, il fut bombardé d'une rafale de questions. En voyant leur inquiétude, il ne put s'empêcher de ressentir une chaleur au fond du cœur.
« Tout va bien, je voulais juste jeter un coup d'œil rapide aux alentours. »
Il agita les mains, ne souhaitant visiblement pas entrer dans les détails. Heureusement, Davis et George comprirent rapidement le message et changèrent de sujet.
« Au fait, jeune maître, après avoir fait le tour, nous avons trouvé cinq pièces au rez-de-chaussée et une chambre principale à l'étage. »
Prenant les devants, Davis commença à décrire tout ce que contenait la maison et à expliquer à quel point elle était différente de celle du village.
George, sur le côté, restait silencieux, mais le léger sourire au coin de ses lèvres montrait qu'il était manifestement satisfait de leur nouveau foyer.
Après quelques minutes, voyant que Davis continuait son discours, Elric ne put s'empêcher de l'interrompre.
« D'accord, d'accord, j'irai voir les chambres quand j'en aurai fini ici, mais j'aimerais rester un peu. »
Il pointa la bibliothèque derrière lui, indiquant qu'il y resterait un bon moment.
« Pendant ce temps, sauf en cas d'urgence, ne laissez personne me déranger. »
En disant cela, son visage devint sérieux.
« Ne vous inquiétez pas, jeune maître, vous pouvez compter sur nous, nous veillerons à ce que personne ne vous dérange. »
D'un léger signe de tête, bien qu'ils fussent perplexes quant à ce qu'il faisait, ils savaient tous deux qu'il leur en parlerait si c'était vraiment important.
Voyant son air sérieux, ils s'en allèrent tous les deux, ne voulant manifestement pas le déranger.
Regardant les deux hommes s'éloigner, le sourire d'Elric fut progressivement remplacé par une expression grave.
Revenant dans la bibliothèque, il trouva un siège et sortit les notes qu'il avait prises plus tôt.
« La Maison des blasphémateurs, hein ? Il semble que la race humaine de ce monde ne soit pas aussi faible que tout le monde le pense. »
« D'après les notes, le premier stade dans le monde de l'extraordinaire est appelé le stade du fer noir. Ce stade exige d'extraire l'essence sanguine de bêtes extraordinaires dans laquelle il faut se baigner afin d'obtenir un effet de forge corporelle. »
« Cependant, il est strictement précisé que l'essence sanguine ne doit pas être bue directement, mais utilisée pour le bain. »
Après avoir suivi ce processus, le corps humain serait capable de sauter à plus de 10 mètres et de résister aux épées à mains nues. On dit que les os deviennent aussi solides que le fer, d'où le nom de stade du « fer noir ».
Plus il lisait, plus ses yeux brillaient, car les notes, bien que délabrées, enregistraient en réalité des étapes détaillées sur le processus d'extraction de l'essence sanguine ainsi que les étapes restantes jusqu'au stade sacré.
« Cependant, si je fais exactement ce qui est écrit, je serai exactement comme ceux qui m'ont précédé, ce qui signifie que je ne pourrai jamais dépasser le stade sacré, et que je n'aurai jamais le pouvoir de résister à ces Dieux. »
En pensant à cela, il se souvint d'une ligne qu'il avait lue plus tôt.
« Le plus grand des saints reste une fourmi face au plus faible des Dieux. »
En y songeant, il ressentit une grande frustration. Alors qu'il était sur le point d'abandonner, une idée lui vint soudainement à l'esprit.
« Oui ! Pourquoi ai-je oublié ça ! »
« Avec l'inscription d'âme et le tatouage de renforcement corporel notés plus tôt, et les connaissances enregistrées dans ces notes, il n'est peut-être pas impossible de déduire une toute nouvelle voie extraordinaire ! »
Plus il y pensait, plus il s'enthousiasmait.
« Et même si ça ne fonctionne pas, il est écrit ici qu'en dehors de la maison des blasphémateurs, il existe aussi la maison des hérétiques et la maison des démons. Avec leurs connaissances couplées à ma Puce I.A., je ne peux pas croire que je ne puisse pas trouver une solution. »
Soudain, toute réticence disparut, ne laissant place qu'à la fierté d'un scientifique et à l'anticipation de l'avenir.
« Cependant, tout cela reste à vérifier. Demain, je demanderai à David et George d'emmener quelques membres de la tribu chasser avec les gardes de la ville ; peut-être pourront-ils capturer quelques bêtes que je pourrai utiliser pour mes expériences. »
Avec cette idée en tête, il saisit quelques livres au hasard sur les étagères et entama son voyage vers l'accumulation de connaissances. Sans qu'il le sache, quelque part dans le ciel étoilé, une série de plans se tramait contre lui.
.....
Dans le monde d'Elias, des millions d'étoiles scintillent dans le ciel nocturne. La rumeur veut que chaque étoile représente le royaume divin d'une certaine divinité observant le monde des mortels.
C'est pourquoi il existe un dicton populaire sur Elias : « Crois en un Dieu et tu vivras éternellement ». On raconte que tous ceux qui croient en un Dieu peuvent, après leur mort, s'élever vers le royaume de cette divinité pour y vivre éternellement, tandis que les âmes des incroyants sont jetées dans le fleuve Styx pour y souffrir pour l'éternité.
Cependant, en cet instant, dans un certain royaume divin, loin du paradis que la plupart des mortels imaginent, le paysage est en proie à des désastres tels que des tremblements de terre et des éclairs, comme pour refléter l'humeur de son maître.
« Maudit sois-tu, Latet, comment as-tu osé me chasser ! »
À ce cri puissant, le royaume divin sembla s'effondrer. Soudain, les millions de races qui le peuplaient se mirent à prier, espérant apaiser la colère de leur Dieu.
Au centre du royaume divin se dressait un immense trône doré, sur lequel siégeait une silhouette colossale dont la taille semblait ne connaître aucune limite.
Doté d'une grande barbe brune et d'une cicatrice sur l'œil droit, vêtu d'une armure de bronze céleste avec deux haches géantes flottant à ses côtés, siégeait Arès, le Dieu de la guerre et des Gobelins.
En cet instant, le célèbre Dieu de la guerre, actif depuis des millions d'années, affichait un visage empreint de peur et de colère.
« Comment a-t-il pu devenir un Dieu supérieur aussi vite ! »
En pensant aux millions d'années qu'il lui avait fallu pour devenir un Dieu médian, il se sentit soudain frustré.
*Cependant, ce n'est pas le moment de penser à ça.*
Regardant à ses pieds, environ deux douzaines de gobelins, rouges et verts, étaient agenouillés devant sa silhouette imposante.
Prenant un instant pour calmer ses émotions, il se concentra sur les deux gobelins les plus proches de lui.
« Slohet ! Moïse ! Savez-vous que vous m'avez déçu ! »
Alors qu'il prononçait ces mots, tous les gobelins présents ressentirent une pression sans précédent s'abattre sur eux.