Chapitre 102
« Si vous voulez les atteindre, il faudra d’abord me passer sur le corps ! »
En se voyant encerclées, toutes les Amazones comprirent qu’elles étaient fichues, surtout en voyant Alvin, qui semblait prêt à leur bondir dessus dès qu’elles baisseraient leur garde.
Tss… Melinda ne va pas me lâcher avec ça. Mes droits au sein de la tribu vont sûrement encore être réduits après ça.
À cette pensée, le visage de Diana s’assombrit.
La plupart des membres de la tribu la respectaient au quotidien, mais elle savait que les apparences étaient trompeuses.
Petite sœur de Melinda, fille de l’ancienne matriarche et matriarche actuelle, Diana ne venait qu’après Melinda dans la hiérarchie.
Mais être numéro deux ne lui suffisait pas.
Aussi, dès qu’elle en avait l’occasion, Diana recrutait des alliés sous ses ordres, en vue de se battre pour la première place.
Malheureusement, Melinda n’était pas facile à duper, surtout avec Morgana, sa conseillère en chef, à ses côtés.
Sous le commandement de toutes les deux, aucun des plans de Diana ne semblait pouvoir aboutir. Au contraire, plusieurs s’étaient retournés contre elle, au point qu’on la considérait comme l’enfant à problèmes de la tribu.
C’était aussi l’une des principales raisons pour lesquelles Elenore hésitait à obéir à ses ordres : elle craignait évidemment que Diana se serve d’Aoma et de Lilith pour mettre à exécution une nouvelle manœuvre vouée à l’échec.
Avec tout ça, et vu la situation actuelle, Diana imaginait déjà le peu de prestige qu’il lui restait s’effondrer encore davantage, tandis que Melinda profiterait de l’occasion pour lui imposer de nouvelles restrictions.
Diana poussa un léger soupir. Elle savait qu’elle devait tenter de sauver la situation, non par peur d’Alvin et des autres, mais parce qu’elle refusait de perdre face à Melinda de cette manière.
« Les mains en l’air ! À genoux, les mains derrière la tête ! »
Alors que Diana cherchait une solution, le cri d’Alvin retentit soudain à ses oreilles.
Elle se tourna vers lui. Elle ignorait ce que c’était, mais le bâton d’os qu’il tenait lui inspirait un certain danger.
Bon sang ! Qu’est-ce que ces gens bizarres tiennent dans leurs mains ? Et pourquoi est-ce que je sens un tel danger ?!
Diana remarqua alors qu’Alvin n’était pas le seul à tenir une telle arme : tous ceux qui les encerclaient en avaient une, même si aucune ne lui inspirait autant de crainte que celle d’Alvin.
Ce danger la stupéfia. Elle savait à quel point elle était forte : à la chasse, elle revenait presque toujours sans une égratignure.
En fait, sa force était connue de la plupart des habitants de leur territoire de chasse. Les bêtes prenaient souvent la fuite dès qu’elles apercevaient sa silhouette.
Pourtant, même elle, dont les bêtes et les hommes redoutaient la réputation, ne parvenait pas à croire au danger que représentaient ces armes, bien qu’elle fût affaiblie par la nuit.
Sans quitter des yeux le bâton d’Alvin, Diana prit une profonde inspiration.
« Bonjour. Qui êtes-vous ? Vous êtes sûr qu’il ne s’agit pas d’un malentendu ? »
Abandonnant complètement l’arrogance dont elle avait fait preuve jusque-là, Diana afficha un sourire et tenta d’apaiser la situation<novelnext></novelnext>
Malheureusement, Alvin ne l’entendait pas de cette oreille.
« À terre ! Ne me faites pas répéter ! »
En voyant Diana, Alvin avait perdu son sang-froid.
Les explosions précédentes avaient réveillé le pyromane et l’incendiaire qui sommeillaient en lui. Seule une grande force de volonté l’avait empêché de réduire Diana en miettes.
Bon sang ! Pourquoi ça recommence maintenant ? Je croyais que c’était fini !
Les lèvres tremblantes, Alvin faisait de son mieux pour garder le contrôle.
Depuis qu’il avait passé un mois dans la grotte avec George et Elric, ce problème le hantait.
Durant ce mois, en dehors des recherches occasionnelles, les explosions avaient été sa seule source de plaisir et de détente. À tel point que même après avoir quitté la grotte, elles étaient devenues une partie de lui.
Désormais, dès qu’Alvin voyait ou provoquait une explosion, son esprit passait soudain en mode incendiaire et il cherchait à tout faire sauter. Heureusement, avec tout le travail accompli à Poudlard ces derniers temps et les efforts qu’il avait fournis, Alvin croyait être guéri.
Malheureusement, il semblait que ce n’était pas le cas. Les explosions successives de Lilith et d’Alma avaient complètement fait basculer Alvin au bord de l’éveil.
Alors qu’Alvin tentait de se calmer, la voix de Diana lui parvint soudain.
« Hum… Pourriez-vous baisser vos armes ? Essayons de régler ça en gens civilisés », dit Diana.
Alvin était inexplicablement furieux de voir la personne en face de lui refuser d’obéir. À cette pensée, il leva brusquement son bâton, prêt à attaquer.
« Arrêtez ! »
« Attendez, enseignant Alvin. Puisqu’elles veulent coopérer, pourquoi ne pas les ligoter d’abord, pour les empêcher de tenter quoi que ce soit ? »
Heureusement, juste avant qu’Alvin ne passe à l’attaque, la voix de Lilith lui parvint et ramena un peu de lucidité dans son regard.
Elle avait peut-être compris qu’Alvin n’était pas dans son état normal. Elle s’empressa donc d’intervenir, et, heureusement, cela fonctionna.
En entendant Lilith, Alvin comprit qu’il était sur le point d’aller trop loin. Il hocha alors la tête pour lui donner son accord.
En voyant cela, Lilith afficha un sourire inquiet. Son intuition avait visiblement été la bonne : Alvin n’était pas dans son état normal.
Elle décida de tout raconter à Elric dès son retour à Poudlard.
Pendant ce temps, les Amazones, et Diana en particulier, éprouvaient un mélange de frustration, de colère et d’autres émotions, tandis qu’elles assistaient impuissantes à la décision d’Alvin et de Lilith concernant leur sort.