Chapitre 77
L’essence des lois contenue dans les Armes maléfiques, comme la Hache fendant le ciel, permettait à Lin Yuan de progresser encore vers le quatrième rang.
Afin de continuer à renforcer la Société anti-dieux, Lin Yuan fit don de tous les fragments d’armes divines qu’il avait obtenus auparavant.
Ces fragments d’armes divines serviraient à former de nouveaux Commandants guerriers maléfiques.
Lin Yuan avait assimilé tous ces fragments d’armes divines ; les garder auprès de lui ne lui serait d’aucune utilité.
De plus, les fragments d’armes divines offerts avaient eux aussi été raffinés et obéissaient entièrement aux ordres de Lin Yuan.
Les Commandants guerriers maléfiques formés à partir de ces armes divines ne pouvaient pas se montrer indisciplinés : ils étaient entièrement dévoués à Lin Yuan.
Le temps passa.
En un clin d’œil, cinq années s’écoulèrent.
Capitale de la Dynastie du Grand Yan.
Palais des Cent Fleurs.
C’était le palais où l’impératrice du Grand Yan avait vécu lorsqu’elle était encore concubine.
Bien que son statut d’impératrice lui eût permis de s’installer dans un palais plus prestigieux, l’impératrice Wang Shangfeng n’en avait rien fait.
Elle vivait au Palais des Cent Fleurs depuis plus de dix ans et s’y était habituée.
Ce jour-là, Lin Yuan vint rendre visite à sa mère.
Depuis son accession au trône, Lin Yuan consacrait l’essentiel de son temps à la cultivation et ne lui rendait visite qu’une fois tous les six mois, voire une fois par an.
« Yuan’er, que penses-tu des concubines que je t’ai choisies la dernière fois ? » demanda l’impératrice Wang Shangfeng.
Bien qu’elle eût plus de quatre-vingt-dix ans, Wang Shangfeng paraissait n’en avoir que quarante-cinq et affichait un teint éclatant.
Dans le système de cultivation de ce monde, le Saint martial de l’affinement du sang était comparable au sommet du deuxième rang. Toutefois, il n’apportait pas grand-chose en matière de longévité. Même les Saints martiaux ne vivaient tout au plus qu’un peu plus d’un siècle.
Lin Yuan supposa que les armes divines y étaient également pour quelque chose.
Après tout, plus on vivait longtemps, plus on risquait d’explorer des domaines dépassant celui des Saints martiaux.
La plupart des trente-six armes divines demeuraient en sommeil presque tout le temps, ce qui empêchait naturellement tout événement d’échapper à leur contrôle.
Même parmi les Saints martiaux de l’affinement du sang, la plupart, une fois parvenus à ce stade, vivaient jusqu’à quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans. Leur vitalité déclinait alors, et leur fin approchait.
Comment auraient-ils pu trouver l’énergie nécessaire pour explorer les domaines au-delà des Saints martiaux ?
Wang Shangfeng n’étant pas une Sainte martiale, elle restait vive et active malgré son âge, grâce à la purification secrète de sa moelle osseuse par Lin Yuan.
Compte tenu de la puissance actuelle de Lin Yuan, cette purification de la moelle osseuse qu’il avait pratiquée sur Wang Shangfeng équivalait à un élixir d’immortalité.
Dans son état physique actuel, Wang Shangfeng pouvait vivre jusqu’à deux cents ans sans problème.
« Ça me va », répondit Lin Yuan avec désinvolture.
Après soixante ans de règne, Lin Yuan n’avait toujours pas eu de descendance.
Il n’en avait tout simplement pas besoin : il n’était pas l’empereur Liu Shi, qui devait avoir des héritiers pour désigner le prince héritier et le successeur de la dynastie.
Lin Yuan n’en avait pas besoin. Vu sa longévité, même s’il avait eu des enfants et désigné un prince héritier, celui-ci serait certainement mort avant lui.
Il lui suffisait de rester dans ce monde cent soixante ans pour vivre plus longtemps que le Saint martial de l’affinement du sang.
S’il décidait malgré tout de laisser une descendance, il n’y songerait que durant les vingt ou trente dernières années de son séjour.
À la réponse de Lin Yuan, l’impératrice Wang Shangfeng comprit aussitôt que son fils cherchait seulement à la contenter.
Mais désormais, Wang Shangfeng n’avait aucun moyen de faire changer Lin Yuan d’avis.
Sous le règne de Lin Yuan, la Dynastie du Grand Yan était presque devenue aussi puissante que les plus grands royaumes des trente-six États des Plaines centrales. Son prestige dépassait celui de tous les empereurs qui l’avaient précédé, et il était devenu le souverain le plus accompli depuis la fondation de la Dynastie du Grand Yan.
« Ah, au fait, ton père ne se sent pas très bien ces derniers temps. Yuan’er, trouve un moment pour lui rendre visite », dit l’impératrice Wang Shangfeng à voix basse.
« D’accord », répondit Lin Yuan en hochant la tête.
À peine avait-il quitté le Palais des Cent Fleurs que des membres de la famille impériale vinrent lui présenter leurs respects.
« Votre Majesté, cela fait plus de dix ans que la Dynastie du Grand Yan n’a pas vu naître de Commandant guerrier. »
Ce membre de la famille impériale, qui était l’aîné de Lin Yuan et dont l’âge commençait à se faire sentir, le lui rappela.
Pour les trente-six États des Plaines centrales, la priorité absolue était de former des Commandants guerriers.
Tout le reste était secondaire : seuls les Commandants guerriers pouvaient garantir la stabilité d’un pays.
La précédente Commandante guerrière, la septième sœur de Lin Yuan, était morte plus de dix ans auparavant. Comme elle n’avait jamais permis aux armes divines de se réveiller, ni même de les activer, elle avait vécu plus longtemps que les Commandants guerriers qui l’avaient précédée.
« Commandant guerrier… »
Lin Yuan se souvint de sa septième sœur, qui était venue le voir cinquante ou soixante ans plus tôt et lui avait fait ses adieux, les yeux rougis.
Devenir Commandant guerrier revenait à être lié aux armes divines. À moins que Lin Yuan ne les surpasse en puissance, rompre ce lien était difficile.
« Ce n’est pas urgent », dit Lin Yuan avec désinvolture.
« Je comprends. »
Le membre de la famille impériale hésita, mais finit par garder le silence.
Après l’avoir congédié, Lin Yuan rencontra bientôt l’ancien empereur, Liu Shi.
L’état de Liu Shi était bien pire que celui de l’impératrice Wang Shangfeng. Sa barbe avait blanchi et sa peau s’était ridée.
Lin Yuan ne lui avait pas purifié la moelle osseuse.
En tant qu’ancien empereur de la Dynastie du Grand Yan, Liu Shi avait accompli de nombreux sacrifices aux armes divines nationales. Celles-ci avaient depuis longtemps marqué son corps de leur empreinte.
Si Lin Yuan avait employé sa propre puissance pour purifier la moelle osseuse de Liu Shi, il aurait probablement alerté les armes divines nationales.
« Père. »
Lin Yuan s’entretint longuement avec l’ancien empereur Liu Shi. Ce fut surtout Liu Shi qui parla, tandis que Lin Yuan l’écoutait.
Liu Shi connaissait assez bien la situation actuelle de la Dynastie du Grand Yan. Son fils était devenu le souverain le plus accompli de l’histoire de la dynastie.
Liu Shi en éprouvait naturellement une joie sincère.
« Yuan’er, je crains que mon heure ne soit venue. »
« Ce que je regrette le moins dans ma vie, c’est de t’avoir confié le Grand Yan, mon fils. »
Après avoir parlé quelque temps, Liu Shi se sentit fatigué et ferma les yeux pour dormir.
« Il est temps. »
En quittant le palais où résidait l’ancien empereur Liu Shi, Lin Yuan tourna le regard vers le nord.
C’était là que se trouvait la terre ancestrale des armes divines de la Dynastie du Grand Yan.
Cinq ou six ans plus tôt, Lin Yuan avait déjà atteint le quasi-quatrième rang, comparable aux armes divines. À présent, après avoir absorbé l’essence de nombreuses armes maléfiques, comme la Hache fendant le ciel, sa puissance avait encore augmenté.
Le lendemain, à la cour, les fonctionnaires civils et militaires de la Dynastie du Grand Yan étaient ravis. Lin Yuan allait assister à la séance matinale pour débattre des affaires de l’État avec ses ministres.
La nouvelle les réjouissait, car l’actuel empereur de la Dynastie du Grand Yan, malgré ses capacités sans égales, se montrait rarement en public.
De nombreux nouveaux courtisans ne l’avaient jamais vu de leurs propres yeux.
Aux yeux d’innombrables habitants de la Dynastie du Grand Yan, Lin Yuan était la figure la plus digne de respect. Sans lui, comment la dynastie aurait-elle pu connaître une telle prospérité ?
Assis sans façon sur le trône du Dragon, Lin Yuan écouta les ministres se lever à tour de rôle pour rendre compte des affaires de l’État.
Alors que la séance matinale touchait presque à sa fin, le ministre des Rites s’avança enfin.
« Votre Majesté siège sur le trône depuis plus de cinquante ans. Selon les rites ancestraux, il est temps de vous rendre sur la terre ancestrale des armes divines pour y accomplir un rituel. »
Le ministre des Rites récita mécaniquement sa formule, sans espérer de réponse favorable.
Depuis plus de cinquante ans, trois ministres des Rites s’étaient succédé. À chaque séance matinale, tous trois avaient conseillé à l’empereur de se rendre sur la terre ancestrale des armes divines pour y accomplir un rituel, mais celui-ci n’avait jamais réagi. Aucun des trois n’avait osé insister ; ils avaient néanmoins continué, dans l’espoir qu’une occasion se présenterait.
Pourtant, après que le ministre des Rites eut fini de parler, Lin Yuan hocha légèrement la tête, se leva et déclara : « En effet, il est temps de nous rendre sur la terre ancestrale pour y accomplir le rituel. »
Le ministre des Rites resta un instant bouche bée. Puis ses yeux s’humidifièrent.
Après plus de cinquante ans, la santé de l’empereur s’était enfin améliorée et il comptait se rendre sur la terre ancestrale des armes divines pour y accomplir un rituel. (La santé, hein ? Haha :D)
…