Chapitre 1 006
KWAAAAAAAH—!!!!
Une mer de flammes immense jaillit de mes mains et engloutit tout sur son passage.
À l’origine, la Roue de feu des neuf flammes était une technique qui comprimait le feu pour lui donner la forme d’une bête avant de la déchaîner.
Mais à présent, combinée au sommet de l’Étoile de la Roue de Feu, sa puissance avait atteint un niveau absurde.
J’en fus moi-même stupéfait après l’avoir lancée.
« C’est quoi, ce bordel ? »
Comment un même art martial pouvait-il afficher une différence aussi écrasante ? Même en le voyant de mes propres yeux, j’avais du mal à y croire.
FWOOSH—!!!
Les flammes déferlèrent comme un raz-de-marée et consumèrent le monde.
D’immenses bêtes de feu ravageaient les alentours, renversant tout sur leur passage.
Comme lorsque j’avais dévoré ces bêtes de rang cramoisi.
Le feu qui jaillissait de mes mains était plus violent que tout le reste.
GIIIIIIING—!!!!!
L’anneau qui tournoyait derrière moi rugissait sans relâche.
SSS—!
Une sensation de brûlure me picota la paume. Je baissai les yeux : ma main luisait d’un blanc incandescent.
C’était l’effet secondaire de la chaleur.
La chaleur accumulée et comprimée avait pris cette couleur. Mais elle ne faisait pas que s’accumuler : elle tournait sans cesse.
« Ça tourne sans arrêt. »
La chaleur rassemblée dans ma paume était # Novelight # comprimée et mise en rotation, encore et encore.
Sa vitesse et sa force étaient écrasantes, ce qui me permettait de contenir cette énergie brûlante.
Et puis, il y avait l’anneau…
« Le centre est là. »
L’anneau derrière moi tournait à toute allure.
La puissance et la pression qui en émanaient étaient directement canalisées dans mes flammes.
Maintenant que j’avais atteint la Transcendance, l’Étoile de la Roue de Feu elle-même était devenue le prolongement de ma volonté. Je pouvais donc exploiter tout son potentiel sans gaspiller la moindre énergie.
Voilà le résultat.
CRAC ! CLAC !
La scène qui s’offrait à moi ne pouvait guère être qualifiée de simple résultat d’une seule frappe.
Tout était en feu, et l’immense champ de bataille disparaissait sous les flammes azur.
Et en plein centre…
Une silhouette se tenait seule, drapée dans les flammes azur qui brûlaient de mille feux.
« Krrrhh… Kghh… ! »
Incroyable, elle bougeait encore.
C’était Yusa, la créature que je venais de cribler de flammes.
« Keugh… Kyaaak… ! »
Le spectacle était pitoyable.
Sa peau calcinée et noircie, sa chair si brûlée que ses os étaient à nu… La chaleur avait fait fondre son corps jusqu’à la moelle.
C’était atroce.
Même si c’était moi qui lui avais infligé ça, le spectacle me choquait tout de même.
« KRRRRR—!!! »
SSSHHHAAAA—!!
« Quoi ? »
Dans un grondement sourd, le corps de Yusa se mit à se régénérer.
Sa vitesse de guérison était terrifiante.
Sa peau brûlée et fondue se reformait à toute vitesse, tandis que de la fourrure poussait à sa place.
« Krrr… »
Quand je m’en rendis compte, il avait déjà retrouvé sa forme d’origine.
Non… quelque chose avait changé.
« Il a l’air plus maigre ? »
Son corps massif et robuste avait visiblement rétréci.
Son ventre surtout semblait creusé, comme s’il n’avait rien mangé depuis des jours.
« Espèce de salaud… »
Cette faim se reflétait dans ses yeux.
Son regard était bien plus bestial qu’avant.
Puis…
BOUM—!!!
Il se rua de nouveau sur moi, ses pas encore plus lourds qu’auparavant.
Il n’avait pas l’intention d’abandonner.
Malgré son corps amaigri, son aura s’était faite plus féroce encore.
La faim.
Un besoin désespéré, dévorant, de manger quelque chose — n’importe quoi.
Cette émotion étrangère s’infiltrait dans son énergie et l’amplifiait davantage.
« KRAAAAA—!!! »
FEND—!!!
Ses griffes déchirèrent l’air.
BOUM— ! FEND— !!
Encore une fois, il n’y avait aucune technique structurée.
Même avec ma Perspicacité, il m’était difficile de prévoir ses mouvements, car ils n’étaient que purs instincts, complètement chaotiques.
J’évitai son attaque de justesse.
Mais même si ma Perspicacité ne fonctionnait pas, ce n’était pas grave.
Il n’avait aucune forme, aucun schéma.
Ce qui voulait dire…
« Ça simplifie les choses. »
Il ne comptait que sur sa force et sa vitesse.
Rapide et puissant, certes, mais d’une certaine manière, prévisible.
Il était écrasant, mais grossier.
Bien sûr, sa souplesse et ses mouvements erratiques le rendaient difficile à affronter…
Mais ce n’était pas une raison pour m’en inquiéter outre mesure.
Si le problème, c’était de me faire toucher…
« Alors, je n’ai qu’à éviter ses coups. »
Tant que je pouvais esquiver ses attaques, tout irait bien.
Grrk— !
Je pivotai sur la pointe des pieds en faisant tourner ma taille.
« Encore une fois. »
J’allais de nouveau faire appel au sommet de l’Étoile de la Roue de Feu.
L’anneau derrière moi se remit à tourner.
WHIIIIIR—!!!
Je sentais sa rotation furieuse tandis que je me préparais à déchaîner mes flammes…
Mais alors…
TIC—!
« … Hein ? »
L’anneau…
s’arrêta brusquement.
FSSS—!!!
Il hoqueta et lâcha une bouffée de fumée.
La chaleur qui parcourait mes méridiens s’évanouit en un instant.
« C’est quoi, ce bordel ? »
L’exaltation qui montait en moi s’effondra, laissant place à l’impuissance.
Mais qu’est-ce que c’était que cette connerie ?
Je n’avais pas le temps de réfléchir.
SCRAAAAPE—!!
Ses griffes fondirent sur moi. Je tordis le corps au tout dernier moment pour esquiver l’attaque de Yusa.
CRASH—!!!
Ses griffes s’enfoncèrent dans le sol et fendirent la terre.
« Sale rat. Tu vas continuer à fuir comme ça ? »
Il gronda avant de me fouetter de sa queue.
THUMP—!
Sa queue, semblable à un fouet, s’abattit sur moi.
Je parvins à peine à bloquer le coup avec mon bras, mais l’impact fit trembler tout mon corps.
CRAC ! CRAC !
Je fus projeté dans les airs et m’écrasai contre plusieurs arbres en reculant à toute vitesse.
« Merde. »
Je sentais un os se fendre.
Si je n’avais pas renforcé mon corps avec mon Qi protecteur au dernier instant…
« Ça aurait été bien pire qu’une simple fissure. »
Je pris appui sur le sol et dérapai jusqu’à m’arrêter.
Puis je fléchis le bras gauche.
« Déjà guéri ? »
La fracture causée par le choc avait disparu, comme si elle n’avait jamais existé.
Comme je m’y attendais… le corps de Wolya était le meilleur.
C’était là le plus grand avantage à devenir un dragon.
Une capacité de régénération insensée.
Même si je prenais quelques coups, ce n’était pas grave : je pouvais récupérer.
« La tribu de la Nuit au clair de lune va encore plus loin. »
« Ce fichu corps… Il se régénère encore mieux que celui d’un dragon. »
En voyant Yusa se régénérer, je me rappelai l’Autorité de régénération dont Mang s’était servi autrefois.
Son bras avait repoussé instantanément, même après avoir été tranché.
La capacité régénératrice de Yusa semblait presque à la hauteur.
« Tss. Quel dommage. »
J’avais déjà eu cette impression : d’une manière ou d’une autre, la régénération ne me convenait tout simplement pas.
À l’époque, même après avoir obtenu l’Autorité de régénération, ma guérison n’avait été que légèrement accélérée.
« La seule chose dont j’ai vraiment besoin. »
Quand je m’étais rendu compte qu’elle ne s’intégrait pas correctement à moi, j’en avais été terriblement frustré.
C’était peut-être pour ça que, lorsque j’avais rejoint la tribu de la Nuit au clair de lune, la régénération que j’avais acquise m’avait paru d’autant plus précieuse.
Je m’époussetai. Alors que je chassais la saleté…
« Grrrrr… »
Je sentis Yusa approcher.
Non, je n’avais même pas besoin de le sentir.
Avec cette carrure gigantesque, impossible de ne pas le remarquer.
CRUNCH. CRUNCH.
Il avançait à pas de tonnerre, écrasant tout sur son passage.
Même sous sa forme bestiale, je voyais bien qu’il souriait.
« … Alors ? Tu as repris tes esprits ? Tu comprends à qui tu t’en es pris ? »
En s’approchant, Yusa tendit le bras, arracha un arbre du sol et le fourra dans sa bouche.
CRUNCH.
Il mâcha, mais le goût devait être infect.
Sa face se tordit de dégoût, et il recracha le bois.
PTUI !
Les restes mâchouillés de l’arbre tombèrent par terre.
Yusa s’essuya la bouche du revers de la main, puis reprit la parole.
« Tu t’es amusé avec mes subordonnés. Tu as dû te dire que leur commandant était faible. Quel dommage. »
GRRRRRR…
Il renifla avec agressivité.
« Tu n’es rien. Me faire repousser par un rat comme toi… C’est humiliant. »
Il avait l’air parfaitement sûr de lui.
Ça m’agaça.
Alors, je me mis à réfléchir.
Quelle était la meilleure chose à faire ?
« Si tu comptes attendre la nuit, tu ferais mieux d’abandonner ce rêve tout de suite. Plus j’ai faim, plus je deviens fort… et la nuit, c’est là que j’ai le plus faim. »
« Tu deviens plus fort quand tu as faim… ? »
En entendant ça, je réexaminai son corps.
Mince. Décharné.
La faim brûlait dans ses yeux.
Si sa régénération l’avait réduit à cet état…
« Ce serait lié à l’Autorité de prédation ? »
C’était possible.
Je n’avais pas tous les renseignements sur la Prédation.
Mais une chose était sûre.
« Alors, tu deviens encore plus fort la nuit ? »
Si Yusa était déjà aussi puissant, alors, à la tombée de la nuit…
Ce serait pire encore.
J’y réfléchis attentivement…
Puis je pris rapidement une décision.
« Alors, arrête de perdre ton temps et abandonne, tout simplement… »
Yusa allait ajouter quelque chose, mais je l’interrompis.
« Je l’admets. »
« Quoi ? »
Yusa se figea.
« De quoi tu parles ? Qu’est-ce que tu admets ? »
« J’avais tort de croire que je pourrais en finir avec toi comme ça. »
« Ha. »
À ces mots, Yusa éclata de rire.
« Tu l’admets seulement maintenant ? Quoi, tu vas me supplier de t’épargner ? Vas-y, qui sait ? Je pourrais bien t’écouter. »
Il ricana avec mépris.
Je le fixai un instant avant de répondre.
« J’admets aussi… que laisser traîner ça jusqu’à la nuit serait pénible. »
S’il devenait encore plus fort, le vaincre serait bien plus compliqué.
J’avais beau avoir rejoint la tribu de la Nuit au clair de lune grâce à l’Étoile de la Roue de Feu, si la vraie lune se levait, Yusa gagnerait encore davantage en puissance.
Alors…
« Finissons-en ici. »
« Ah oui ? Et parce que tu le dis, je suis censé m’arrêter… »
« Arrête-toi. »
« !!! »
À mon ordre, le corps de Yusa se bloqua.
Ses pupilles se dilatèrent et son expression se figea.
« Toi… Comment… ? »
« Tu croyais que je ne pouvais te commander que la nuit ? Mes excuses. Tu en étais si sûr que j’ai décidé de te laisser croire ce que tu voulais. »
Je serrai le poing.
« Il se trouve que ça m’a bien arrangé. »
WHIIIIIR—!!!
L’anneau derrière moi se remit à tourner.
Cette fois, il tournait sans problème.
« Pourquoi s’était-il arrêté, tout à l’heure ? »
La question me trottait dans la tête, mais je la repoussai.
Pour l’instant, je me concentrai sur l’anneau.
WHIIIIIIIR—!!!!
Sa vitesse augmenta.
Lorsqu’il atteignit son maximum, je puisai dans l’énergie de Tua Pacheonmu.
Le Qi heurta le Qi et créa quelque chose de nouveau.
L’Art divin de Cheonma s’agita en moi et remonta à la surface.
La Roue de feu des neuf flammes avait atteint la transcendance.
Tua Pacheonmu approchait de sa forme parfaite.
La collision de ces forces se rassembla dans mon poing, se condensant en chaos pur.
« Toi… Toi… Guh… ! »
Yusa comprit que quelque chose n’allait pas.
Il se débattit désespérément.
Mais était-ce aussi grâce à la transcendance ?
Ma maîtrise de la Domination s’était renforcée.
Bien sûr…
CRAC !
La puissance brute du corps de Yusa signifiait que ça ne durerait pas longtemps.
Je sentais mon emprise se fissurer à chaque instant.
Si je laissais traîner les choses, Yusa se libérerait bientôt.
Ce n’était pas grave.
« Il ne me faut qu’un instant. »
Ça suffirait.
J’avançai, rapprochant le chaos dans ma main.
À mesure que je m’approchais, le chaos tourbillonnant prit forme.
Contrairement au Coup unique de Cheonma que j’avais créé grâce à Tua Pacheonmu…
C’était autre chose.
Son origine : le Cœur de Flamme.
Ou peut-être… le Poing qui Fend le Ciel.
Une sphère de chaos condensé.
Rien qu’en la tenant dans ma main, je sentais tout mon corps trembler.
Je l’approchai tout près de Yusa.
Elle était plus petite qu’un Cœur de Flamme, environ deux fois moins grande.
Mais sa puissance, elle, était incomparable.
Née de la friction, sa force dépassait de loin tout le reste.
Le chaos concentré dans ma paume.
Je lui donnai un nom.
« Noyau chaotique de Cheonma. »
La sphère de chaos toucha Yusa.
Au moment où elle entra en contact…
POC.
Un petit bruit discret.
Puis…
WUUUUM—!!
Le son disparut.
Le silence le plus assourdissant au monde engloutit tout.