Chapitre 10
-Drelin-drelin !
« J'arrive ! »
En enfilant précipitamment mon pantalon, je me dirigeai vers la porte.
En l'ouvrant, je découvris un homme en veste bleue tenant un gros colis.
« Rang 1750, Ren Dover, livraison de colis. »
Il me tendit le paquet volumineux, puis sa tablette, sur laquelle je signai rapidement.
-Clac !
Une fois la porte refermée, je retirai curieusement le ruban adhésif du carton.
La première chose que je vis fut une lettre blanche, soigneusement posée au-dessus des autres objets.
J'ouvris l'enveloppe et parcourus rapidement le contenu.
===
Salut Ren !
Comment se passe l'école ? Tu t'es fait des amis ? Quand reviens-tu à la maison ?
Viens nous voir souvent, ta petite sœur t'attend.
Au fait, je t'ai envoyé quelques affaires dont tu pourrais avoir besoin.
Bisous, bisous, ta seule et unique et magnifique maman.
P.-S.
Papa s'ennuie aussi de toi, alors travaille dur ! [émoji cœur][émoji cœur][émoji cœur]
===
Ah.
Oui, je me suis bel et bien réincarné avec des parents trop protecteurs.
Pendant mon séjour à Clayton Ridge, je recevais occasionnellement des messages de leur part, et à chaque fois que je répondais, la réponse arrivait en quelques secondes.
La plupart du temps, ils m'envoyaient des messages bizarres ou me harcelaient pour que je m'entraîne davantage afin de reprendre la guilde un jour.
Je ne peux pas dire que je détestais ça, cependant.
Comme ma famille m'avait quitté tôt dans ma vie précédente, j'avais perdu depuis longtemps la chaleur familiale. Maintenant que je l'ai retrouvée, je ne veux plus m'en séparer.
En ouvrant le carton, je triai rapidement les objets en deux piles.
Inutile et Utile.
Bien que je ne connaisse ma famille que depuis une semaine, je peux déjà dire, d'après ce que j'ai vu, qu'ils m'ont envoyé des babioles.
Et j'avais parfaitement raison.
La première chose que je sortis fut un grand t-shirt avec l'inscription « Le petit à sa maman ».
Jamais de la vie je ne porterai ça !
Je jetai le t-shirt sur la pile des objets inutiles et vérifiai le reste du contenu.
Il y avait beaucoup de choses, des sacs aux vêtements, en passant par d'autres objets qui pourraient m'être utiles plus tard.
Lentement, je séparai le nécessaire du superflu que maman m'avait envoyé.
« Ouf... Ça devrait être tout. »
En essuyant la sueur qui s'était accumulée sur mon front, je me levai et m'étirai paresseusement.
« Hein ? »
Juste au moment où j'allais partir, j'aperçus quelque chose dans le carton du coin de l'œil.
« Un livre ? »
En examinant le dernier objet, je ne pus m'empêcher d'être confus. C'était un livre rouge sans couverture ni illustration sur le devant.
D'après ce que j'ai observé jusqu'ici, quel que soit le Ren Dover qui occupait ce corps avant moi, il n'était certainement pas un amoureux des livres.
En fait, il semblait détester la lecture, car ma nouvelle mère avait paru très surprise quand je lui avais demandé des livres.
Elle voulait m'envoyer un cadeau de félicitations pour mon admission à la Lock, et comme je ne les connais pas très bien, je n'avais demandé que quelques livres.
En feuilletant l'ouvrage, je restai sans voix : il n'y avait rien d'écrit. C'était totalement vide.
« Peut-être un journal intime. »
Pensai-je en jetant le livre sur la pile des objets inutiles.
Ça semble plus logique.
Je jetai un coup d'œil autour de la pièce pour vérifier l'heure. Il était environ dix-huit heures.
-Gargouillis.
« Je suppose que je vais d'abord passer à la cantine, puis j'irai à la salle de sport. »
Voyant mon estomac crier famine, je décidai de manger un morceau avant de me rendre à l'entraînement.
Je préparai mon sac, pris mes clés et quittai rapidement la chambre.
-Clic.
La porte se referma et je partis vers la cantine.
Alors que je m'éloignais, à l'intérieur de la chambre, des gravures commencèrent à apparaître sur le livre rouge discret qui reposait au sommet de la pile d'objets inutiles dans le coin.
« Le bretteur luminescent »
...
Je dois dire que la nourriture à la cantine était incroyable.
Pour seulement 15 U, j'ai eu un repas qui aurait mérité une place dans le guide Michelin de mon ancien monde.
C'était aussi bon que ça.
Après m'être fait plaisir, je me dirigeai rapidement vers le terrain d'entraînement.
En arrivant, je ne pus m'empêcher d'être une fois de plus impressionné par les installations. Même si j'étais déjà passé par là aujourd'hui, j'étais trop fatigué pour vraiment les admirer.
« Combien ont-ils dépensé pour ça ? »
Je n'arrivais même pas à imaginer la somme engloutie dans la création de ce complexe. Le budget nécessaire pour un tel environnement devait largement dépasser les quelques milliards d'U.
La salle de gravité seule coûtait environ 50 millions d'U, et ils en avaient pas moins de cinq ici.
Avec le recul, on comprend pourquoi ils investissent autant. Bien qu'ils ne soient que des adolescents, ils sont les futurs piliers qui protégeront l'humanité de l'invasion démoniaque. Pourquoi l'humanité ne miserait-elle pas sur eux ?
S'ils veulent maximiser leur progression, une telle installation est indispensable.
Il était environ 19h00 et le complexe était presque vide.
Mais ce n'est pas parce qu'il était vide aujourd'hui qu'il le resterait toujours.
À l'avenir, beaucoup plus de personnes utiliseraient ces salles. C'était juste le premier jour, et peu de monde était présent. La plupart traînaient avec leurs nouveaux amis ou étaient trop épuisés pour s'entraîner.
À cause de mon classement relativement bas, peu de gens voulaient m'approcher, c'est pourquoi je n'avais rien de mieux à faire que de m'entraîner.
Eh bien, je ne pouvais pas m'en plaindre, j'aimais être seul.
-Clang ! -Clang ! -Clang !
Alors que je m'échauffais, j'entendis dans un coin le bruit du métal s'entrechoquant.
Sans même regarder, je savais de qui il s'agissait.
« Kevin. »
Comme tous les protagonistes, c'était un fanatique de l'entraînement qui travaillait plus de 8 heures par jour.
Rien que de voir son éthique de travail me laissait sans voix. Comment diable vais-je faire pour le rattraper s'il s'entraîne constamment tous les jours ?
Je poussai un soupir, sortis mon katana et commençai à m'exercer.
Swish ! Swish !
...
En marchant dans le couloir, Donna vérifia l'heure sur sa tablette.
Elle sortait tout juste d'une réunion et était assez fatiguée. En y repensant, elle ne put s'empêcher de maudire intérieurement ces vieux renards qui lui faisaient perdre son temps avec ces réunions inutiles.
La majeure partie du temps avait été gaspillée en discussions sur l'allocation budgétaire, à débattre de quel sujet devait voir son budget augmenter ou diminuer.
Après une heure de disputes stériles, Donna n'en pouvait plus et s'était éclipsée.
En marchant, elle jeta un coup d'œil par la fenêtre qui donnait directement sur le terrain d'entraînement.
La première chose qui attira son regard fut la silhouette d'un beau garçon s'exerçant avec grâce contre l'un des mannequins d'entraînement.
C'était un spectacle vraiment fascinant.
Même Donna resta hypnotisée quelques secondes avant de reprendre ses esprits.
« Comme c'est intéressant. »
Elle ne savait pas pourquoi, mais chaque fois qu'elle voyait l'escrime de ce garçon, elle se sentait comme envoûtée.
Depuis la première fois qu'elle l'avait vu, elle avait commencé à le surveiller de près. Elle pouvait dire d'un coup d'œil qu'il irait loin.
En passant sa carte pour accéder à la salle, elle entra.
Ce n'est qu'une fois à l'intérieur qu'elle remarqua un autre étudiant en train de s'entraîner.
Au début, elle fut ravie.
Quel professeur n'aime pas voir ses élèves travailler dur ?
Mais en voyant ses mouvements étranges, elle se souvint du garçon qu'elle avait vu lors de la session d'entraînement plus tôt.
« Il perd encore son temps à faire ces absurdités ? »
Secouant la tête, elle se dirigea vers Kevin.
« Je dois dire que chaque fois que je vois ton escrime, je ne peux m'empêcher d'être fascinée. »
Surpris, Kevin s'arrêta et regarda la silhouette enchanteresse qui marchait gracieusement vers lui.
« Mademoiselle Donna ? Pourquoi êtes-vous ici ? »
« Pourquoi ne pourrais-je pas être ici ? »
En penchant la tête, elle regarda avec amusement Kevin, qui était en nage.
« Tu sais, c'est bien de t'entraîner contre les mannequins, mais tu devrais arrêter ça pour le moment. »
« Pardon ? »
Regardant Donna avec confusion, Kevin baissa son épée.
« D'après ce que j'ai observé, ton corps ne suit pas ton cerveau. »
Sortant sa tablette, elle fit glisser son doigt et une image holographique du mannequin apparut devant elle.
« Quand tu t'entraînais, j'ai remarqué que ton corps a du mal à suivre le regard de tes yeux. Regarde ça. »
Elle tapota rapidement sur le mannequin d'entraînement virtuel : plusieurs points rouges apparurent sur l'hologramme, avec des chiffres flottant au-dessus.
« Ces mannequins ne sont pas seulement extrêmement résistants, ils sont dotés d'une technologie de pointe. Ils peuvent mesurer la force que tu exerces, la vitesse de tes coups et leur précision. Une véritable merveille d'ingénierie ! »
En pointant les chiffres au-dessus des points rouges, Donna regarda Kevin.
« Tu vois ça ? Ce nombre indique la précision de tes coups. Pour l'instant, ton meilleur score est de 85 %. Même si les 15 % que tu as manqués ne représentent qu'un millimètre, cela peut faire la différence entre la vie et la mort face à un ennemi. »
En faisant glisser son doigt vers la droite, un tableau détaillé apparut devant Kevin. Plusieurs chiffres s'affichèrent, révélant la puissance de ses attaques et sa régularité.
« Grâce à un logiciel de suivi oculaire de pointe, nous pouvons prédire exactement où tu vas frapper. Il prend en compte non seulement ta ligne de mire, mais aussi ton langage corporel, comme l'orientation de ton corps, l'angle de ton coup et bien d'autres facteurs. Les chiffres affichés mesurent ta précision en tenant compte de tout cela. »
Fixant le tableau un moment, Kevin prit une longue inspiration et regarda Donna.
« Alors, que dois-je faire ? »
« Que dois-tu faire ? Ce n'est pas un problème si difficile. »
En pointant la salle de gravité de l'autre côté du complexe, elle dit :
« Je te recommande de renforcer ton corps dans la salle de gravité pour qu'il puisse suivre ton cerveau. »
« Compris ! »
En essuyant la sueur qui perlait sur son corps, il remercia Donna pour ses conseils et se dirigea rapidement vers la salle de gravité.
Voyant la détermination de Kevin, Donna ne put s'empêcher d'afficher un sourire satisfait.
« Maintenant, au tour de l'enfant à problèmes. »
Tournant la tête, son regard dériva vers le garçon qui dégainait et rengainait son katana sans réfléchir.
« Hé, toi ! »
Voyant qu'il continuait son manège, Donna n'en put plus et se dirigea vers lui.
« ? »
En penchant la tête, le jeune garçon regarda dans la direction d'où venait la voix.
Son corps se figea instantanément et des gouttes de sueur apparurent sur son front.
En le regardant, Donna trouva la scène plutôt amusante.
Elle scruta le garçon de haut en bas. Cheveux noir de jais, yeux bleu cristal, traits bien définis. Son corps était plutôt mince, mais il n'était certainement pas laid.
En le regardant, elle ne put s'empêcher de penser à Jin et Kevin, ce qui lui arracha un sourire amer.
Il n'y avait tout simplement aucune comparaison possible.
« Dis-moi, que fais-tu ? »
« Mademoiselle Donna, je m'entraîne. »
« Tu appelles ça t'entraîner ? »
Soupirant, elle le regarda d'un ton agacé.
« Écoute, dégainer et rengainer ton épée comme ça, c'est complètement stupide. Qu'espères-tu accomplir ? »
Se grattant la tête avec embarras, le garçon détourna les yeux et répondit d'une voix à peine audible.
« Vous voyez, à chaque fois que j'essaie de sortir mon katana, il reste coincé dans le fourreau, et ça arrive assez souvent, alors... »
Comme Donna était une surhumaine bénie par le mana, il ne lui fut pas difficile de comprendre ce qu'il disait. Mais en entendant cela, elle regretta de l'avoir entendu.
L'épée coincée dans le fourreau ?
Comment peut-on faire une erreur aussi stupide ?
Non. En premier lieu, comment quelqu'un qui ne sait même pas sortir un katana de son fourreau a-t-il pu être admis à la Lock ?
Des millions de questions surgirent dans son esprit alors qu'elle regardait le garçon, sans voix.
« Haaa. Achète un meilleur fourreau ou change d'épée. Arrête de perdre ton temps comme ça, d'accord ? »
« D'accord. »
Sentant qu'elle allait avoir une migraine carabinée si elle restait plus longtemps, elle fit demi-tour et partit.
Juste au moment où elle allait quitter le complexe, elle jeta un dernier coup d'œil derrière elle.
Elle resta une fois de plus sans voix.
« Est-il sourd ou quoi ? »
Le même garçon à qui elle venait de parler recommençait ! C'était comme si ses conseils n'étaient jamais entrés dans ses oreilles !
« Très bien, fais comme tu veux, si c'est comme ça que tu veux jouer, ça me va. »
Ce n'était pas son devoir de le surveiller personnellement. Il avait déjà 16 ans, sa vie était sa responsabilité. Elle avait pris sur son temps de travail pour lui donner des conseils, mais il avait choisi de les ignorer. Son travail était de guider les élèves, et s'ils ignoraient ses conseils, c'était leur problème, pas le sien.
En partant, elle ajouta directement Ren sur sa liste noire.