Chapitre 99 – Tranchant Éternel
Chapitre 99 – Tranchant Éternel
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Atticus regarda Cedric, son attention fixée sur chaque mot sortant de la bouche de l’aîné.
Cedric continua de parler : « Bien que ce ne soit pas la seule raison, 90 % d’entre nous ont péri en tentant de franchir la frontière entre Grand Maître et paragon. Les quelques autres ont trouvé la mort pour diverses autres raisons. »
Atticus fronça les sourcils, sa voix teintée d’une colère contenue : « Cela signifie-t-il qu’il n’y a jamais eu auparavant de détenteur de l’arme de vie au rang de paragon ? »
Cedric acquiesça d’un signe de tête : « Exact, il n’y a jamais eu de détenteur ayant atteint le rang de paragon dans l’histoire de notre famille. »
La frustration intérieure d’Atticus était palpable. Il y avait donc une chance qu’il meure au rang de Grand Maître sans jamais atteindre le rang de paragon ? Pourquoi n’en avait-il entendu parler que maintenant ? Pourquoi son père ne le lui avait-il pas dit ? Alors pourquoi avait-il travaillé si dur ?
Il serra le poing, sa colère bouillonnait.
Cedric, reconnaissant l’agitation d’Atticus, soupira et offrit une explication :
« Je suis désolé, petit, mais cela faisait partie des règles. Chaque fois que cela se produit, le même être revient et change les souvenirs de chacun pour faire oublier la véritable cause du décès. De plus, l’arme de vie est une entité à part entière, qui emmagasine un fragment de nos âmes à notre mort. Je ne suis qu’un simple locataire ici, lié par ces règles. J’étais le dernier détenteur avant toi, et il m’était interdit de te parler jusqu’à ce que tu obtiennes la reconnaissance de l’arme. Et une fois ce lien établi, il était immuable. J’espère que tu peux comprendre. »
Il fallut quelques secondes à Atticus pour retrouver son calme. Il inspira profondément, se rappelant de ne pas perdre son sang-froid, ‘Calme-toi, Atticus. Tu n’es pas du genre à perdre ton sang-froid comme ça.’ Ses tentatives pour se calmer semblèrent fonctionner, car sa colère s’apaisa un peu.
‘Allons-y étape par étape’.
Atticus se tourna alors vers Cedric et lui posa une série de questions : « Qui est l’entité ? Pourquoi suivez-vous tous ses instructions ? Qu’est-ce qui a causé la mort des précédents détenteurs en essayant d’atteindre Paragon ? Vous avez également été amenés dans ce monde ? Tous les anciens détenteurs se sont-ils réincarnés ? Pourquoi avons-nous été amenés ici ? »
Chaque question revêtait une importance capitale. Même si Cedric ne pouvait répondre qu’à une seule, elle aurait quand même de la valeur à ses yeux.
Cedric esquissa un sourire ironique et secoua la tête en guise de réponse.
Atticus comprit immédiatement ce qu’il voulait dire : « Je ne suis pas autorisé à le savoir pour l’instant… D’accord, je veux commencer à apprendre le deuxième art », demanda rapidement Atticus.
Il n’était pas du genre à perdre son temps sur des choses qu’il ne pouvait pas influencer. Bien qu’il soit furieux contre tout et qu’il veuille vraiment des réponses, il y avait encore des questions importantes sur lesquelles il devait se concentrer : survivre.
Il était déterminé à tirer le meilleur parti du temps qu’il avait.
Cedric ne put s’empêcher d’applaudir la rapidité avec laquelle Atticus avait retrouvé son calme. La première fois qu’il avait découvert tout cela, il lui avait fallu plus de trois heures pour se remettre du choc et se calmer.
Il arborait un sourire satisfait en hochant la tête et en disant : « Suis-moi », faisant signe à Atticus de le suivre. Ensemble, ils revinrent sur leurs pas.
Après avoir marché un moment, l’environnement se transforma et Atticus se retrouva dans une vaste salle.
Au centre de la salle se trouvait un petit bâtiment blanc. Atticus se retourna et vit un homme assis sur un trône sur une plate-forme surélevée avec de grands escaliers qui y menaient.
Atticus reconnut immédiatement l’homme, c’était le même homme qu’il avait combattu auparavant alors qu’il cherchait à obtenir le katana.
Pendant qu’Atticus observait l’homme, Cedric commença à expliquer : « Cet homme est l’Avatar de l’arme de vie. Il n’écoute personne et ne suit que la volonté de l’arme de vie. »
Atticus acquiesça, réfléchissant à son prochain mouvement. Il demanda : « Alors, je dois juste le combattre comme la dernière fois ? » Il se tourna vers Cedric pour obtenir des conseils.
Cedric laissa échapper un petit rire et répondit : « Tu pourrais, mais je ne le recommande pas. Le deuxième art ne peut être comparé au premier. La meilleure chance que tu as de l’apprendre est de le former étape par étape », conseilla-t-il.
Atticus tourna à nouveau son regard vers l’homme sur le trône et demanda : « Puis-je simplement le combattre ? » Atticus avait le sentiment de mieux se connaître. Il croyait que l’apprentissage par la bataille avait été la méthode d’apprentissage la plus efficace pour lui.
Grâce à sa perception accrue, il sentait qu’il pouvait saisir le deuxième art en observant les mouvements de l’homme, comme il l’avait fait avec le premier.
Cedric secoua la tête en souriant : ‘Cela devrait être amusant’, pensa-t-il.
« Comme tu voudras », répondit-il avant de s’écarter, faisant signe à Atticus de s’approcher de l’homme.
Alors qu’Atticus s’avançait vers les marches menant au trône, il leva les yeux vers l’homme et déclara : « Je vous défie. »
Les yeux de l’homme s’ouvrirent brusquement et un regard glacial sembla immobiliser Atticus sur place. Avec un flegme royal, l’homme se leva lentement de son trône, une ascension digne d’un roi.
D’un mouvement presque éthéré, il descendit gracieusement de la plate-forme surélevée, atterrissant sans bruit à quelques mètres derrière Atticus. Sa tenue flotta dans l’air immobile, mais son expression resta inchangée.
Atticus se tourna rapidement pour faire face à l’homme. ‘Il a l’air plus fort qu’avant’, pensa-t-il. Il remarqua que l’aura émanant de l’homme était plus forte que ce qu’il avait ressenti la première fois qu’il l’avait affronté, bien plus forte.
L’homme se tenait simplement là, le visage inexpressif. Il était évident qu’Atticus devrait être celui qui ferait le premier pas.
Atticus prit une profonde inspiration, ferma les yeux, puis les ouvrit brusquement, et en un instant, il tendit la main vers le katana à sa taille gauche.
Au moment où sa main touchait la poignée, une sensation surréaliste s’empara de lui. C’était comme s’il avait perdu le contrôle de ses bras, et il regarda, perplexe, sa vision commencer à s’incliner et à glisser inexplicablement.
Comme une banane qui se décolle de sa peau, ses mains se détachèrent de son corps et, avant qu’il n’ait pu comprendre ce qui se passait, ses jambes et sa tête suivirent le mouvement.
Alors qu’Atticus luttait pour reprendre le contrôle, il sentit sa conscience s’échapper. La dernière chose qu’il entendit fut les mots énigmatiques de l’homme, prononcés avec nonchalance :
« Série Katana, 2e Art :
Tranchant Éternel. »