Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Quelle est la première chose qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez l’expression « voir sa vie défiler devant ses yeux » ?
Beaucoup opteraient pour une interprétation littérale : à l’approche de la mort, tous les souvenirs de votre vie, en particulier les plus importants, défileraient dans votre esprit.
D’autres pourraient choisir une interprétation plus émotionnelle : au lieu de simples souvenirs, vous ressentiriez un flot d’émotions intenses liées aux moments et aux personnes qui ont compté le plus pour vous.
Mais la plupart oublieraient un aspect important de la situation : les émotions actuelles de la personne.
Selon les circonstances, ces émotions peuvent varier considérablement : regret, réticence, voire bonheur.
Mais pour Elysia, ce n’était rien de tout cela.
Elysia avait tout oublié. Elle avait oublié son amour éternel pour sa peau et sa beauté. Elle avait oublié sa loyauté envers l’Ordre Obsidien. Elle a oublié tous les souvenirs de sa vie jusqu’à présent. Au lieu de cela, une seule émotion l’avait submergée : la peur.
Alors qu’Elysia était projetée en arrière dans les airs, son corps se tordait de douleur, son visage était un amas de chair brûlée.
La chaleur des flammes d’Atticus avait déformé sa peau autrefois si précieuse, et l’agonie consumait chacun de ses nerfs. L’air rugissait autour d’elle, mais dans son esprit, tout ralentissait.
Elle ressentit la piqûre aiguë de la réalité, la douleur viscérale qui la déchirait, puis… la peur.
Son corps vieillit rapidement, des rides se formèrent sur son visage, ses cheveux autrefois éclatants devinrent d’un blanc criard.
L’énergie qu’elle devait puiser au plus profond d’elle-même pour garder la tête intacte après l’impact lui ôtait la majeure partie de sa vie.
Elle la sentait, sa jeunesse, sa vitalité, lui glisser entre les doigts comme du sable. Sa peau se relâcha, ses os craquèrent et sa vision s’assombrit.
La force vitale qu’elle avait sacrifiée pour survivre à cet instant l’avait laissée vieille, brisée et fragile.
À travers le monde de la douleur, elle força ses yeux à bouger, à chercher celui qui lui avait fait ça.
Mais Atticus était déjà parti, disparu.
Tout ce qu’elle voyait, c’était la traînée de feu scintillante qui avait traversé l’air là où il était passé.
‘Non…’, murmura son esprit, ses pensées s’emballant alors même que son corps luttait pour rester en vie. La peur resserrait son emprise sur son âme.
Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine tandis qu’elle tendait le cou, scrutant les environs, son esprit lui criant de le trouver avant que…
Là !
Une traînée de feu jaillit au-dessus d’elle, puis… il était là. Atticus apparut, son katana enflammé brandi haut, l’enfer de sa présence illuminant la nuit comme un second soleil.
Ses mouvements étaient fluides, comme un fantôme de feu, irréels tant ils étaient rapides. Mais pour Elysia, dont la vie lui échappait, tout semblait se dérouler au ralenti.
Le katana, enflammé par une chaleur intense, descendit vers sa tête comme un jugement divin. Le temps sembla s’arrêter. Elle pouvait voir le reflet de sa propre terreur dans la surface de la lame, déformée par les flammes qui dansaient autour d’elle.
‘Ah… alors c’est ça…’
Un moment de lucidité la frappa au milieu de la tempête de panique. Il n’y avait pas d’échappatoire. Son corps avait atteint ses limites, son âme vacillait au bord du gouffre.
La peur d’Elysia fit place à une sombre résignation, ses yeux, désormais ternes et vieillis, fixés sur la mort imminente.
Elle ferma les yeux, prête à accepter la fin. Mais juste au moment où le katana enflammé s’apprêtait à s’abattre sur elle, une silhouette aveuglante la percutait sur le côté, la projetant loin de la trajectoire de la lame.
Le katana enflammé la manqua d’un cheveu, mais la force derrière le coup d’Atticus était si écrasante qu’un arc cramoisi déchira l’air, divisant en deux la colline sur laquelle ils se trouvaient. La terre gémit lorsque l’énergie pure de l’attaque secoua le domaine.
Elysia ouvrit les yeux en sursaut, apercevant Gideon, dont tout le corps brillait d’un éclat platine. Son aura avait largement dépassé la transformation dorée qu’il avait subie auparavant.
Sa silhouette massive dominait le champ de bataille, ses muscles semblables à des câbles d’acier, ses veines palpitant d’une puissance brute. Il avait évolué vers sa forme finale : une force terrifiante de la nature.
Boman fut pris de vertige à cette vue. ‘Platine ?’ pensa-t-il, incrédule. Il doutait que même lui puisse survivre à un coup direct de Gideon sous cette forme.
« UNE FOURMI RESTE UNE FOURMI ! JE T’ÉCRASERAI JUSQU’À CE QU’IL NE RESTE PLUS RIEN DE TOI ! »
Gideon rugit en reculant son bras colossal.
Ses yeux se fixèrent sur Atticus. Sans hésiter, il lança son poing massif vers l’avant, la puissance brute du coup générant des bangs soniques et formant plusieurs cercles concentriques autour de lui.
Le sol sous les pieds de Gideon se fissura sous la pression, et son aura éclata autour de lui comme une onde de choc.
Mais Atticus, enveloppé de flammes, recula simplement comme si son corps était fait de flammes vivantes.
Ses mouvements étaient incroyablement rapides, laissant des images rémanentes dans l’air alors qu’il s’éloignait.
Puis, en un instant, il explosa, son katana brillant d’une lumière cramoisie. Il se déplaça à une vitesse aveuglante, déchaînant une rafale de coups. Des centaines de coups se transformèrent en milliers, chacun visant un seul point : le poing de Gideon.
Le bruit de chaque coup fendant l’air était assourdissant, la chaleur rayonnant du corps d’Atticus déformant l’espace autour de lui.
Ses mouvements étaient si rapides qu’il semblait s’être multiplié, les images rémanentes le suivant tandis que les coups convergeaient vers un point aveuglant. La température monta en flèche, la chaleur si intense que l’air lui-même semblait brûler.
En un seul instant dévastateur, les coups frappèrent le poing de Gideon, convergeant dans une explosion de force.
Ce qui aurait dû être un impact écrasant se transforma en quelque chose de bien plus dévastateur. Le katana trancha le bras de Gideon comme une lame en fusion traversant de l’acier, coupant les muscles épais de ses jointures, les divisant en deux, puis traversant son épaule avec une précision terrifiante.
Le rugissement de douleur de Gideon fit trembler le champ de bataille, son corps massif reculant alors que le sang giclait dans les airs comme un geyser.
Il ouvrit grand la bouche et son aura explosa, secouant la terre d’un rugissement qui résonna à travers le champ de bataille.
Ce rugissement était bien plus puissant que celui qui avait projeté Boman en arrière. Mais avant même que le rugissement de Gideon ne puisse prendre forme, avant que sa puissance écrasante ne puisse se déchaîner avec toute sa force, Atticus était déjà là.
Sans avertissement, un pied enflammé frappa le menton de Gideon dans un uppercut brutal.
La force se répercuta dans sa mâchoire, la faisant se relever brusquement, et l’onde de choc se propagea dans son crâne comme un éclair.
Le sol sous leurs pieds se déforma, projetant de la poussière et des débris dans toutes les directions tandis que la silhouette colossale de Gideon était projetée dans les airs comme une poupée de chiffon.
L’onde de choc se propagea à travers le domaine, fendant le sol et arrachant des débris des bâtiments environnants. Le corps de Gideon fut propulsé vers le haut, son corps massif se tordant dans les airs tandis que le sang jaillissait de son bras sectionné, formant d’épais arcs cramoisis.