Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Plusieurs heures s’étaient écoulées depuis qu’Atticus avait pénétré dans ce nouveau monde, et il se tenait debout, le regard froid, au sommet d’une colline, fixant le village en contrebas.
‘Quelle est la prochaine étape ?’
Pendant ces heures, Atticus avait extorqué des informations à l’homme qu’il avait capturé plus tôt. Inutile de dire que cette séance avait été fructueuse, mais elle avait laissé Atticus insatisfait.
La première question qu’Atticus avait posée était de savoir où il se trouvait.
Le Gouffre Abyssal semblait être un monde séparé du domaine humain, mais cet espace lui semblait identique. Il semblait être un monde distinct du Gouffre Abyssal.
Atticus doutait que l’Ordre Obsidien ait quelqu’un capable de créer des mondes, et ce fait fut confirmé par les explications de l’homme.
Ils se trouvaient actuellement à l’intérieur d’un artefact, que même les paragons ne pouvaient détecter. C’était un artefact puissant qui permettait de construire un monde avec son propre écosystème à l’intérieur.
Atticus posa d’autres questions sur la situation. Bien qu’il en fût déjà certain, il confirma qu’ils appartenaient bien à l’Ordre Obsidien et que c’était ce groupe qui avait attaqué le camp du Corbeau.
Atticus garda son sang-froid lorsqu’il l’apprit et continua à poser des questions. Qu’avaient-ils fait pendant les cinq dernières années ? Quelle était la situation du village, qui était le plus puissant et combien étaient-ils ? Quelles étaient leurs capacités de reconnaissance et comment pouvait-on entrer dans le village ?
À la première question, l’homme avait insisté sur le fait qu’il n’y avait rien à dire, ce qu’Atticus avait du mal à croire.
Ils se cachaient dans le Gouffre Abyssal depuis des années et n’avaient ni attaqué ni fait quoi que ce soit dans le domaine humain. Il avait également affirmé qu’il n’avait aucune idée de leurs prochains plans, une réponse qui poussa Atticus à lui infliger une douleur atroce. Mais il dut finalement passer à autre chose.
La réponse à la question suivante avait rendu Atticus quelque peu sceptique quant à l’idée d’entrer dans le village. Comme il s’y attendait, les chefs de l’Ordre Obsidien des secteurs 3 et 4 étaient présents, et tous deux avaient le rang de grand maître+, un niveau qu’Atticus doutait de pouvoir atteindre dans son état actuel.
Le village comptait des milliers d’habitants, un contraste saisissant avec leur nombre avant la guerre contre les Ravenstein. Ils n’avaient pas relâché leurs efforts pour recruter de nouveaux membres.
Beaucoup trop de gens étaient mécontents du mode de gouvernement des familles dominantes, ce qui était prévisible compte tenu du secret absolu qui entourait l’ordre.
La question suivante portait sur leurs capacités de reconnaissance et les moyens d’entrer dans le village. Ensuite, Atticus posa la question qu’il voulait poser depuis qu’il avait vu le trio : quelle famille les soutenait de l’extérieur…
C’est ce qui avait laissé Atticus insatisfait, car dès qu’il avait posé cette question, il avait vu le regard de l’homme se rétrécir et une quantité folle de mana commencer à s’accumuler autour de son noyau de mana.
Atticus avait réagi instantanément, se concentrant sur l’élément glace et gelant l’homme. Il l’avait ensuite immédiatement tué. Il était inutile à ce stade. Si Atticus le dégelait, outre les dommages nerveux, il exploserait.
Tout en fixant le village, Atticus repassa dans son esprit tout ce qu’il savait à son sujet.
‘Ils sont divisés en trois forces principales : les éclaireurs, les chasseurs et la force de combat principale.’
Bien qu’ils fussent un millier dans le village, Atticus ne s’intéressait qu’aux personnes ayant au moins le rang de maître-. Les autres n’étaient que de la chair à canon. Chacune des forces qu’il venait de mentionner comptait la plus forte concentration de maîtres et constituait essentiellement leur force de combat.
‘Je devrais m’occuper de ces trois-là avant toute chose. Y a-t-il des nuits dans ce monde ?’
Atticus fixa le soleil brillant dans le ciel. Le meilleur moment pour infiltrer le village serait la nuit.
Même s’il disposait de nombreuses capacités de camouflage, attaquer pendant la journée comportait d’énormes risques. Le domaine humain était peuplé de personnes de différentes lignées, qui savait ce qui pouvait arriver ?
Atticus décida d’attendre que le soleil se couche. Si ce n’était pas le cas, il trouverait un autre moyen.
Heureusement, après plusieurs heures, le soleil disparut à l’horizon.
Atticus passa à l’action.
L’élément ténèbres obéit à son ordre et l’enveloppa alors qu’il dévalait la colline, atteignant le bas en moins d’une seconde.
‘Je dois d’abord m’occuper des éclaireurs. Ils se trouvent en haut des remparts et patrouillent discrètement dans le village’, pensa-t-il.
Atticus n’avait pas pu déterminer leur nombre exact, mais ils étaient environ 50, tous des assassins entraînés, et il décida donc d’être prudent.
En atteignant les hauts murs, Atticus remarqua des lumières au-dessus. Il plissa les yeux et se laissa flotter vers le haut, atteignant silencieusement le sommet de la clôture.
La faible lumière d’un artefact magique éclairait à peine le sommet du mur, où dix hommes étaient blottis autour d’une petite table de fortune.
Ils étaient tous membres de l’Ordre Obsidien, des vétérans à l’allure élancée et au regard intense, des hommes qui avaient connu leur lot de batailles. Pourtant, ce soir-là, ils s’adonnaient à une partie de poker.
L’atmosphère était tendue, mais il y avait aussi un sentiment d’ennui, comme s’ils étaient lassés de leur situation actuelle.
« Allez, les gars, c’est ma main chanceuse ! » dit un homme grand, avec une cicatrice sur la joue, en souriant tandis qu’il posait ses cartes.
Les autres gémirent immédiatement à l’unisson lorsqu’il révéla une main gagnante, ramassant la pile de pièces et de billets éparpillés sur la table.
Le domaine humain avait depuis longtemps cessé d’utiliser le papier et les pièces comme monnaie, mais ces hommes essayaient manifestement de rendre le jeu aussi réaliste que possible.
« Encore, Rorik ? Tu gagnes toujours ! » se plaignit un autre homme, plus petit et chauve, en jetant ses cartes sur la table avec frustration.
Rorik ricana, son sourire s’élargissant alors qu’il glissait l’argent dans sa poche. « Que veux-tu que je te dise, la chance est de mon côté ce soir. La prochaine fois, tu auras peut-être plus de chance, Argus. »
Argus lui lança un regard noir mais ne dit rien, se contentant de croiser les bras et de s’adosser contre le mur. Les autres se mirent à râler, mélangeant leurs cartes pour la partie suivante.
Un troisième homme, à la barbe épaisse et à la silhouette élancée, se pencha soudainement en avant, les yeux nerveux.
« Hé, vous avez entendu quelque chose ? »
Le groupe se tut, tendant l’oreille pour capter le moindre bruit dans la nuit. Tous étaient des assassins chevronnés et savaient qu’il fallait prendre tout signe d’inquiétude au sérieux.