Chapitre 572 – Premier pas
Chapitre 572 – Premier pas
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Lorsque la femme eut fini d’expliquer les règles du sanctuaire à Atticus, les autres élèves et les instructeurs avaient déjà rejoint les bâtiments.
« Ça doit être sympa d’être le petit-fils d’un Paragon. Nous, on a dû se crever pour en arriver là, et lui, il a tout eu sur un plateau », marmonna quelqu’un.
Le choc provoqué par la présence d’Atticus s’était transformé en haine et en jalousie, beaucoup pensant qu’Atticus profitait du luxe qu’ils avaient tous dû gagner à la sueur de leur front grâce à ses relations.
Même s’ils avaient tous été choqués au début, ils étaient finalement fiers d’être des maîtres à part entière. Quiconque se retrouvait dans le sanctuaire avait le potentiel pour devenir un grand maître.
Beaucoup retournèrent immédiatement à leurs appareils, choisissant de laisser seul le garçon qui n’avait clairement pas sa place ici.
‘Je pense que je devrais arrêter de l’utiliser. Ça ne sert plus à rien’, se dit Atticus en se concentrant sur lui-même et en cessant d’utiliser son talent inné, Dissimulation. Comme une bombe avait explosé, son aura jaillit brusquement.
Ce qui était autrefois un rang avancé+ changea pour devenir un rang expert+.
Tout le monde dans la zone s’arrêta. Que se passait-il ?
Quelques jours plus tôt, quand Ae’zard avait vu Atticus, il avait immédiatement su que ce dernier était expert+, tout comme Magnus l’avait deviné quelques années auparavant.
En effet, la perception d’un paragon était si profonde qu’il leur était facile de voir le mana contenu dans ses muscles et ses veines.
Cependant, seuls les paragons pouvaient se permettre un tel luxe.
Les maîtres+ qui fréquentaient le sanctuaire et les instructeurs avaient tous supposé qu’Atticus était de rang avancé+ ; ils en étaient tous convaincus, mais cette croyance venait d’être brisée.
Le calme sur le visage de la femme disparut, laissant enfin apparaître une pointe de choc. Elle n’était pas la seule. Beaucoup sortirent de leurs bâtiments et se concentrèrent sur Atticus, qui avait déjà commencé à calmer son aura.
Atticus était incroyablement grand, encore plus grand que la femme de plus de 30 ans à ses côtés, mais ils ne pouvaient pas se tromper. Il avait 16 ans ! Pourquoi diable était-il dans le rang expert+ ?
Atticus calma son aura, son attitude austère comme s’il ne se souciait pas des regards intenses fixés sur lui. Il se tourna vers sa guide choquée et demanda :
« Et les trois flammes allumées derrière ton uniforme ? J’en vois d’autres avec deux et une. Que signifient-elles ? »
La question d’Atticus la sortit de son état de choc et son expression redevint calme. Mais Atticus pouvait sentir un changement dans son attitude à son égard.
« Elles représentent le nombre de sommets que j’ai conquis. Une flamme allumée pour le premier sommet et trois pour le troisième », expliqua-t-elle.
Atticus hocha la tête en signe de compréhension.
« Je crois que ce sera tout. Je vais te laisser », dit-elle.
« Attends, j’ai une dernière question », intervint Atticus.
La femme se tourna vers Atticus, se demandant pourquoi il l’avait arrêtée.
« Comment t’appelles-tu ? »
La femme marqua une pause. Son nom ?
C’était la dernière chose qu’elle s’attendait à entendre. Et pour être honnête, elle l’aurait immédiatement ignoré et serait partie. C’était tout simplement sa façon d’être. Mais son intérêt avait été piqué.
« Joana Ravenstein », répondit Joana avant de se retourner et de s’éloigner, ne laissant aucune chance à Atticus de se présenter.
Atticus secoua la tête. « Bien sûr que tu es une Ravenstein, était-ce vraiment nécessaire de le préciser ? » marmonna-t-il.
Décidant de ne plus y penser, il se concentra sur sa prochaine tâche. ‘Je devrais aller chercher mon uniforme’, pensa-t-il.
Il se dirigea vers les bâtiments résidentiels et s’en approcha. Il attira encore plusieurs regards, mais Atticus les ignora.
Il arriva devant un bâtiment dont la porte était marquée « inoccupé ». Alors qu’Atticus s’approchait, un appareil rond sortit et le scanna, lui permettant d’entrer.
Atticus se retrouva dans une pièce simple où régnait une chaleur intense. Elle comprenait une salle de bain, une armoire, une table, une chaise et un lit de taille moyenne. Joana avait raison : elle disposait de toutes les commodités de base.
Atticus s’approcha de l’armoire, qui était équipée d’un miroir sur toute sa hauteur, l’ouvrit et découvrit une rangée d’uniformes. Il en prit un et se changea immédiatement.
Dès qu’il l’eut enfilé, Atticus sentit un léger lien avec le vêtement. Il se regarda dans le miroir et constata qu’il n’y avait pas la moindre flamme allumée dans son dos.
Sans perdre de temps, Atticus quitta le bâtiment et se dirigea vers le centre du sanctuaire où se trouvait le bas de l’escalier menant au sommet.
La température y dépassait depuis longtemps les 1 000 degrés Celsius. Il faisait brûlant, mais pas au point qu’Atticus ne puisse le supporter, du moins pas encore.
En s’approchant, Atticus aperçut plusieurs personnes qui montaient les escaliers en courant. ‘Ces types devraient vraiment trouver autre chose à faire’, soupira-t-il.
Les autres personnes qui voulaient monter les escaliers s’étaient arrêtées en le voyant avant de s’écarter. Elles se tenaient chacune sur le côté et l’observaient sans rien dire.
Il était peut-être trop jeune pour se trouver dans un sanctuaire, mais il était tout de même le fils du chef de famille. Beaucoup étaient mécontents de sa présence ici, et sans cela, ils se seraient déjà approchés pour lui chercher des noises.
Atticus ne leur prêta aucune attention et s’approcha de la première marche. Les marches étaient enflammées, chacune brûlant comme des braises. Cependant, aucune fumée ne s’en échappait.
Le passage était suffisamment large pour que dix personnes puissent y passer de front, mais Atticus était le seul à vouloir monter.
‘Ne t’emballe pas, je dois d’abord avancer pas à pas et analyser la situation’, pensa-t-il.
Atticus posa un pied sur la première marche, et juste au moment où il s’apprêtait à poser l’autre pied, il s’arrêta immédiatement et retira son pied de la marche enflammée.
Des rires étouffés remplirent l’espace, certains spectateurs essayant de toutes leurs forces de ne pas rire de la retraite précipitée d’Atticus.
« Je savais que ça allait arriver. »
« Pourquoi fait-il perdre le temps de tout le monde ? Il devrait partir. »
« Qui parie qu’il lui faudra des années avant de faire le premier pas ? »
Les discussions continuaient, mais Atticus n’y prêtait aucune attention. Ses pensées se bousculaient dans sa tête.
Il fit immédiatement un pas. Il sentit une intense vague de chaleur se propager de la marche à son corps, sa température augmentant sans qu’il puisse le contrôler.
Une image surgit soudainement dans son esprit, celle de Joana marchant.
‘Essayons’, pensa-t-il.
Atticus prit une profonde inspiration avant de poser les deux pieds sur la première marche, puis sur la suivante, puis sur une autre, chaque pas faisant baisser la mâchoire des spectateurs.