Chapitre 531 – Échoué
Chapitre 531 – Échoué
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Isabella regardait le grand écran devant elle avec un large sourire.
Elle se trouvait actuellement dans une très grande salle de contrôle, qui ressemblait à celle qu’elle avait l’habitude de fréquenter en première année pour observer Atticus. Mais celle-ci était beaucoup plus grande.
Elle se trouvait dans la salle de contrôle principale et centrale de l’académie, d’où l’on pouvait surveiller chaque élément et chaque endroit de l’académie.
Outre Isabella, des opérateurs étaient assis devant différents écrans, vaquant à leurs occupations.
Harrison se tenait juste à côté d’Isabella, regardant également les écrans et remarquant son sourire.
Sur l’écran, on pouvait voir Atticus et Magnus filer à toute allure à travers une brèche qui venait de se former dans le dôme bleu. Un tel événement, même l’ouverture de la plus petite brèche dans le dôme, devait être surveillé de près.
« Enfin », murmura Isabella, le bonheur se lisant sur son visage.
Harrison se tourna vers sa fille. « Tu es heureuse ? » demanda-t-il.
Isabella acquiesça. « Pas toi ? Maintenant, nous avons une chance. »
« Une chance, hein », marmonna Harrison, ce qui fit se retourner Isabella vers son père, l’air interrogateur. « Dis-moi, Isabella, que faisais-tu quand tu avais 16 ans ? »
Isabella réfléchit un instant, se demandant pourquoi son père lui posait cette question. « J’étais à l’académie ? »
Harrison acquiesça. « Tu étais guidée, on te montrait les différentes voies que tu pouvais emprunter dans la vie. Sais-tu pourquoi ? »
Isabella secoua la tête.
« Parce que tu n’étais qu’une enfant. Une enfant qui devait être protégée, qui devait bénéficier d’un environnement sûr pour grandir, une enfant qui devait rêver et profiter du peu de temps paisible qui lui restait avant d’être plongée dans un monde de chaos et de mort. »
Harrison fixa Isabella, qui avait depuis longtemps perdu son expression joyeuse. Même si elle venait de secouer la tête, elle savait où cela allait mener.
« Isabella, c’est honteux. Le fait que nous tous, du bas de l’échelle du pouvoir jusqu’à la plus haute autorité, tous ceux qui ont un minimum de force, imposions un fardeau aussi écrasant à un garçon de 16 ans. Ce n’est rien d’autre que honteux. »
Harrison reporta son regard sur l’écran, fixant Atticus, qui se trouvait désormais de l’autre côté du dôme.
« Nous l’avons laissé tomber. Nous l’avons tous laissé tomber. »
Les mots de Harrison touchèrent Isabella au plus profond d’elle-même. Elle pouvait sentir à quel point tout cela affectait son père. Il ne le montrait peut-être pas sur son visage, mais elle le sentait dans ses mots.
« C’est vrai », dit Isabella, son expression se transformant soudainement en tristesse. Pour une fois, elle était tout à fait d’accord avec son père.
Elle venait de penser à la partie positive, celle où le domaine humain aurait enfin une chance de lutter contre les forces qui s’opposaient à lui. Elle avait complètement oublié qu’Atticus n’avait que 16 ans.
Un soupir s’échappa des lèvres d’Isabella, envahie par un sentiment de honte écrasant. C’était vraiment honteux.
Harrison et Isabella n’étaient pas les seuls à observer la scène. Au-dessus des nuages, même au-dessus du grand et imposant bâtiment administratif, se trouvait la silhouette d’un homme.
Avec une couronne de cheveux bruns et une grande barbe, il était assis en tailleur, le regard intense fixé dans une certaine direction.
Toute sa taille était ceinturée de différentes épées dans leur fourreau, et dans son dos se trouvait une énorme épée large dont la poignée dépassait au-dessus de sa tête.
La zone autour de lui semblait normale, mais l’atmosphère oppressante était palpable.
Il s’agissait d’Aric, le grand-père de Kael et le directeur de l’académie. Aric ne se montrait que très rarement, même lorsque les autres paragons visitaient l’académie.
C’était parce que sa présence n’était pas nécessaire. Aucun des paragons ne pouvait enfreindre les règles, ils le savaient tous très bien. Quoi qu’il en soit, il avait toujours observé tout ce qui se passait dans l’académie. De plus, Harrison veillait à lui rapporter tous les événements.
Aric, le regard souriant, était actuellement fixé sur Atticus malgré la distance insensée qui les séparait.
Il avait vu tout ce que le petit monstre avait fait et, pour être honnête, il était fasciné par sa personnalité. Elle était cruelle et faisait bouillir son sang.
Mais rien ne le faisait bouillir autant que lorsqu’il fixait son regard sur un autre endroit, où Kael frappait brutalement un arbre d’étude à mains nues, sans la moindre trace de mana ou d’équipement.
Son geste avait ensanglanté la zone d’impact et ses environs immédiats.
Ses bras étaient déjà cassés, mais il continuait à frapper malgré la douleur, sans montrer la moindre trace d’inconfort sur son visage. Au bout d’un moment, il passa soudainement à ses jambes. Une nouvelle série de coups brutaux commença pendant quelques minutes avant qu’il ne passe à une autre partie du corps.
Le sourire d’Aric s’élargit, ses yeux prenant une teinte cramoisie tandis que son intention de combattre se dégageait de sa silhouette. L’atmosphère autour de lui semblait trembler.
Seuls ceux qui avaient été témoins de la scène connaissaient la dévastation qui s’ensuivrait si la volonté de combat d’Aric se manifestait pleinement.
La lignée berserk de la famille Stormrider était à la fois simple et complexe. Plus on désirait devenir plus fort, plus on devenait fort. Ce n’était pas aussi simple que cela pouvait paraître. Il fallait trouver un stimulant, un rival, pour simplifier. Quelqu’un qui vous pousserait à vouloir devenir plus fort et à le ou la vaincre.
Au fil des générations, la famille Stormrider avait beaucoup appris sur ce pouvoir. Il comportait de nombreux aspects, mais seuls les plus importants seraient mentionnés ici.
Le premier : on ne pouvait marquer qu’un seul individu pour toute sa vie. Cela signifiait que si l’individu devenait plus fort que celui ou celle qu’il avait marqué, l’effet cessait immédiatement.
Le deuxième : cela ne pouvait fonctionner que sur ceux que l’on considérait comme ses égaux, en substance, une personne de la même génération ou du même âge. Il était normal que les adultes soient plus forts que les enfants, ils avaient simplement plus de temps. Cependant, il n’y avait aucune excuse si un camarade du même âge était plus fort que soi. Ce petit détail allait être le stimulant.
Pourquoi Aric était-il heureux ? C’était simple ! Kael avait marqué et désigné Atticus comme son rival !
À ce stade, les implications étaient évidentes.
Le sang d’Aric bouillait.