Chapitre 241 – Nonchalamment_
Chapitre 241 – Nonchalamment
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
De retour dans la salle de contrôle où tous les nouveaux étaient surveillés, les instructeurs ne pouvaient s’empêcher d’approuver d’un signe de tête ce que le jeune de la famille Pysquillian était en train de planifier.
Les instructeurs et pratiquement tout le monde dans la salle de contrôle pouvaient observer tout ce qui se passait dans l’ensemble de la forêt à tout moment.
Donc, en gros, tout mouvement ou toute stratégie que l’une des divisions entreprenait ou prévoyait d’entreprendre était vu par eux.
L’académie était un endroit cruel. C’était vraiment loin de ce que les gens appellent une école. Tous ceux qui avaient fréquenté l’académie savaient à quel point cela pouvait être terrible et extrêmement difficile.
Mais malheureusement, même dans ces conditions, ils n’avaient pas d’autre choix que d’y envoyer leurs enfants.
Le domaine humain était alors en guerre, et tout le monde, quel que soit son talent, devait se battre.
Personne n’avait l’intention de jouer les héros et de protéger les masses. Peu importe qui, tout le monde devait faire sa part.
Ce qui a poussé les gens à dépeindre l’académie sous un jour aussi sombre n’était pas la difficulté du programme ou l’entraînement ou les tests infernaux imposés par l’académie ; c’était plutôt une seule chose : l’indifférence.
L’académie avait ses règles. Au fil des générations, de nombreuses règles ont été ajoutées et modifiées au fil des décennies.
Les règles étaient précises et simples à comprendre par tous.
Et surtout, les règles de l’académie étaient la loi.
Quelle que soit la situation, aussi mauvaise soit-elle, tant qu’elle respectait les règles, aucun membre du personnel de l’académie n’interviendrait en aucune circonstance.
C’était une règle que tous les membres du personnel de l’académie respectaient et suivaient comme s’il s’agissait d’un décret. Personne ne pouvait y déroger.
L’académie avait déjà résolu le problème le plus inquiétant qui puisse se poser : aucun des élèves ne pouvait mourir.
Et c’était exactement pour cela que, même lorsqu’ils avaient vu qu’Emeric avait pris le contrôle des chefs de division, personne n’avait même sourcillé.
C’était la cruauté de l’académie.
Mais malgré ce que beaucoup pourraient penser, l’académie était si extrêmement cruelle que même eux reconnaissaient les choses vraiment mauvaises qui pouvaient arriver si un groupe d’adolescents était complètement livré à lui-même.
Parmi les règles de l’académie, allant d’activités allant de la torture au viol, l’artefact interviendrait immédiatement et arrêterait lesdites activités.
Mais bien sûr, l’intimidation était complètement différente de la torture ; l’artefact n’interviendrait en aucun cas dans l’intimidation.
Et c’est pourquoi à l’époque, à l’époque où un jeune avait voulu violer une fille au camp, parce qu’Aurora était intervenue juste avant que la situation n’aille trop loin, l’artefact n’avait pas pu réagir.
« Hahahaha ! Voyons comment il gérerait le… » La voix tonitruante de Jared fut brusquement interrompue lorsque plusieurs instructeurs apparurent autour de lui, scellant sa bouche et son nez avec leurs mains jointes à l’unisson.
Leurs expressions montraient toutes la même chose : de l’agacement, alors qu’ils essayaient tous d’arrêter le bourdonnement dans leurs têtes.
« Qu’est-ce que tu fous, Jared ! Je t’avais dit de ne rien dire ! » s’exclama soudain Zael en essayant d’utiliser sa deuxième main libre pour se frapper la tête et arrêter le bourdonnement.
Avant de parler, Jared avait toujours essayé de contrôler l’intensité de sa voix et de chuchoter à la place, et même si cela avait toujours échoué lamentablement, c’était encore un peu tolérable.
Mais Jared n’avait pas fait ça cette fois-ci ! C’était encore pire ; il avait même essayé de parler plus fort !
Jared leva rapidement les bras en l’air et commença à les agiter rapidement en signe de défaite tout en essayant de supplier, mais les mains des instructeurs étaient fermes ! Aucune ne bougeait d’un pouce.
Seuls des sons étouffés sortaient. Il ne pouvait même pas respirer !
Après quelques instants, le visage de Jared changeant déjà de couleur, voyant qu’il n’allait plus parler, ils retirèrent tous à contrecœur leurs mains de sa bouche, la plupart d’entre eux grognant de contrariété.
Beaucoup d’entre eux ne voulaient toujours pas le lâcher ; aucun d’entre eux ne lui faisait confiance pour rester silencieux.
Jared, la bouche maintenant libre, s’éclaircit la gorge avec une légère gêne. Alors qu’il était sur le point de s’excuser d’avoir parlé trop fort, les regards de tous les instructeurs se tournèrent vers lui, chacun d’entre eux libérant subtilement son aura.
Leur intention était on ne peut plus claire : un mot et il pourrait ne plus jamais parler.
Jared s’éclaircit la gorge maladroitement une fois de plus, levant les mains en signe de défaite. Son expression se transforma en une moue douce comme s’il était victime d’intimidation.
Voir quelqu’un d’aussi musclé et grand que Jared faire la moue était quelque chose que beaucoup tueraient pour voir.
Et c’était d’autant plus vrai qu’il avait l’air pitoyable, mais les instructeurs n’en avaient rien à faire.
Ils étaient prêts à se jeter sur lui s’il faisait le moindre bruit !
Même Xia, d’habitude enjouée et charmeuse, regardait Jared avec un regard froid.
Voyant que la situation était revenue à la normale et que Jared n’avait pas l’intention de parler à nouveau, Zael détourna son regard vers les écrans, ses yeux se concentrant immédiatement sur l’écran affichant la bataille de division d’Atticus.
Les autres instructeurs imitèrent Zael et se concentrèrent sur l’écran d’Atticus. Bien qu’il y ait de nombreuses batailles en cours sur les différents écrans affichés sur le mur, la plupart des instructeurs se concentraient sur la bataille qui se déroulait sur l’écran d’Atticus.
Beaucoup d’entre eux n’avaient qu’une seule pensée en tête : comment allait-il gérer cela ?
Des milliers de bêtes de la taille d’un chien étaient intrinsèquement différentes de mille jeunes.
Les premières étaient des bêtes complètement stupides ; les tuer était facile et simple.
Mais un millier de jeunes, chacun avec des styles de combat, des pouvoirs et, surtout, la capacité de penser différents, était complètement différent.
Au premier rang de tous les instructeurs, Harrison et Isabella restaient impassibles. Ne se souciant même pas de la voix tonitruante de Jared ou des réactions exagérées des instructeurs à celle-ci. Leur regard ne quittait pas l’écran une seconde.
Ils étaient les seuls à ne pas être perturbés par tout ce qui se passait.
Les lèvres d’Harrison se retroussèrent en un sourire alors qu’il observait le déroulement de la bataille, son anticipation bouillonnante.
‘C’était ce que tu espérais ?’ se demanda-t-il.
De retour dans la salle de contrôle de la division d’Atticus, il se tenait aux côtés des non-combattants, chacun d’eux surveillant la carte en direct sur la table.
Il venait de recevoir plusieurs rapports de chacun des jeunes Ravenstein à la tête des groupes, chacun disant la même chose : ils étaient attaqués par un petit nombre de personnes.
Atticus l’avait également confirmé. Dès le début de l’attaque, de minuscules points rouges étaient apparus tout autour de chaque point où les membres de la division étaient regroupés.
Apparemment, ils pouvaient voir l’emplacement des membres de la division ennemie lorsqu’ils étaient à proximité ou activement engagés dans la bataille.
Ayant entendu Atticus recevoir le rapport, chacun des non-combattants ne pouvait s’empêcher de se demander ce qui se passait.
Pourquoi n’attaquaient-ils chaque point qu’avec un petit nombre de membres ?
Zara se tenait également debout, une main posée sur son menton, tout en regardant la carte de la forêt. Elle avait toujours eu la tête sur les épaules, et elle le savait bien.
‘Attaquer chaque point avec un petit nombre alors qu’ils en ont plus d’un millier. Une… diversion’, dès qu’elle s’en rendit compte, c’était comme si toutes les pièces du puzzle s’assemblaient instantanément dans sa tête.
‘Ils viennent ici’, réalisa-t-elle.
« Jeune ma… » alors qu’elle était sur le point d’informer Atticus de sa déduction, de multiples marques rouges commencèrent soudain à apparaître sur toute la carte posée sur la table, leur nombre était stupéfiant.
Chacun d’eux apparaissait juste en dessous de la colline où était situé le camp.
Tous les non-combattants commencèrent immédiatement à paniquer. Ils savaient bien que les points rouges représentaient les membres de la division adverse.
Et à en juger par le nombre de points rouges, il était clair qu’ils étaient au moins un millier !
Pourquoi étaient-ils là ? N’étaient-ils pas censés capturer les terminaux ?
Chacun d’entre eux tourna son regard vers Atticus, s’attendant à le voir choqué, mais ce fut eux qui reçurent le choc en voyant Atticus fixer l’écran avec un énorme sourire aux lèvres.
Avant qu’ils ne puissent tous comprendre ce qui se passait, Atticus leva soudainement la main et tapa sur son artefact, puis dit : « Appelle Aurora. »
[Appel d’Aurora Ravenstein] répondit instantanément la voix de l’IA.
Clic.
En quelques secondes, la voix enthousiaste d’Aurora retentit de l’autre côté de l’appel :
« Enfin ! Dis-moi que quelque chose va se passer, je m’ennuie ! »
Atticus ignora ses singeries et déclara simplement : « Plan D ».
L’appel se tut soudainement pendant quelques secondes avant qu’Aurora ne parle : « Le veinard », fit-elle en claquant la langue d’insatisfaction, raccrochant instantanément avant qu’Atticus ne puisse répondre.
« Pfft », Atticus éclata de rire en voyant sa réaction.
« Jeune maître », Atticus détourna son regard de la carte pour voir Zara et les autres non-combattants le regarder avec inquiétude.
« Hm ? » Atticus pencha légèrement la tête sur le côté, un peu confus.
Ils étaient inquiets ?
Il ne put s’empêcher de secouer la tête en riant légèrement.
Il pensait avoir montré à ces gens à quel point il était puissant, mais il semblait qu’ils avaient tous encore des doutes.
« Ne vous inquiétez pas. Je m’en occupe », déclara Atticus.
Son ton ne semblait pas confiant, ni effrayé.
C’était le genre de ton qu’on utilise quand on veut informer les autres qu’on va faire une promenade, de manière tout à fait désinvolte.
Les non-combattants ne purent même pas dire un mot pendant qu’Atticus quittait la salle de contrôle.