Chapitre 186 – Instructeurs
Chapitre 186 – Instructeurs
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
De retour dans la salle de contrôle de l’académie, un petit nombre de personnes s’étaient déjà rassemblées derrière Harrison et Isabella.
Ils étaient six et tous avaient une apparence distinguée. C’étaient tous des instructeurs importants de l’académie.
Malgré le nombre écrasant d’étudiants dans l’académie, le personnel et les instructeurs étaient complètement rares. Ils étaient très peu nombreux.
Chaque année, il n’y avait que quelques instructeurs, chacun enseignant aux jeunes son domaine de spécialisation, et tous les personnages se tenant actuellement derrière Harrison étaient les instructeurs des étudiants de première année, tous dégageant une aura de rang Maître.
Ils étaient tous venus dans la salle de contrôle pour observer comment les premières années allaient gérer leur premier obstacle.
Mais parmi eux, les quelques-uns qui avaient observé la bataille entre deux monstres en particulier étaient seulement venus ici pour les regarder.
Chacun d’entre eux regardait avec étonnement deux des nombreux écrans ornant le mur.
Sur l’un d’eux, un monstre gigantesque était représenté. Sa forme entière était entièrement enveloppée d’une profonde nuance de liquide cramoisi, et dans ses mains se trouvait une épée large dont la forme était également baignée dans le même liquide cramoisi.
Huit épées étincelantes se déplaçaient en perpétuel mouvement autour de lui.
Autour de lui gisaient les formes de vie de centaines de carcasses de bêtes, leur sang rouge et leurs entrailles baignant le paysage d’une teinte cramoisie. Kael Stormrider.
Et sur l’écran suivant, on voyait un groupe de jeunes aux cheveux blancs rassemblés, attendant les paroles d’un garçon aux yeux bleus perçants, Atticus Ravenstein.
Chacun d’eux ne put s’empêcher d’être surpris en regardant l’écran.
Qu’est-ce qu’ils venaient de regarder ? Étaient-ils vraiment âgés de 15 ans ?
Un homme aux cheveux orange vif, et un joyau rayonnant incrusté sur son front, signe distinctif de la famille Stellaris, prit soudain la parole : « Euh, monsieur le proviseur. Ces deux-là sont manifestement des démons à peau humaine. Êtes-vous sûr que nous devrions les mettre au même endroit que les autres ? »
Sa voix était forte, voire tonitruante. Mais tout le monde dans la pièce y était déjà habitué. Il n’essayait même pas de le faire intentionnellement ; c’était simplement sa façon de parler, un héritage sec des gènes de la famille Stellaris.
Bien que cela puisse surprendre beaucoup de gens que les membres de la famille de niveau un soient autorisés à être instructeurs dans l’académie où différents jeunes d’autres familles sont formés, c’est parce que seuls les meilleurs des meilleurs peuvent enseigner à l’académie. Et les familles hiérarchisées étaient tout simplement les meilleures pour les former.
En fait, plus de 90 % des instructeurs de l’académie venaient tous de la famille hiérarchisée, et encore plus de la famille de rang un.
Mais contrairement au camp du corbeau, où la famille Ravenstein était en quelque sorte indulgente envers son personnel parce qu’il était issu de la même famille, l’académie ne faisait pas de telles concessions.
Permettre à des individus issus d’une famille hiérarchisée de se rapprocher des héritiers d’autres familles, même s’ils étaient les meilleurs parmi les meilleurs, sans prendre de précautions appropriées et infaillibles, était insensé et ne pouvait que mener au désastre.
Outre le contrat de mana strict, encore plus strict que celui que la famille Ravenstein avait donné à son personnel, chaque instructeur, y compris Harrison, portait le même artefact que celui donné à tous les nouveaux.
Tous les artefacts étaient parfaitement intégrés dans un système, un système mille fois plus avancé que celui des Ravenstein. Tant qu’un étudiant se trouvait à l’intérieur de l’enceinte de l’académie, toute tentative d’attentat à sa vie le téléporterait instantanément hors des lieux.
En l’entendant, les autres instructeurs ne purent s’empêcher d’être d’accord avec lui. C’était comme mettre des lions dans une bergerie.
Harrison, sans détourner son regard de l’écran, répondit : « Ils sont tous entrés à l’académie en même temps. Ils sont tous en première année. Il n’y aurait pas de traitement de faveur, quelle que soit la raison », déclara-t-il.
Les instructeurs décidèrent tous de garder le silence après la déclaration d’Harrison. Bien que certains d’entre eux soient issus de familles de premier rang, à l’académie, les paroles d’Harrison n’étaient surpassées que par celles d’Aric.
Après avoir vu ce qu’ils étaient tous venus voir, Atticus et Kael, ils s’étaient tous retournés et avaient commencé à sortir du bâtiment.
Finalement, après un moment, seuls Harrison et Isabella étaient restés.
Isabella s’est tournée vers Harrison : « Papa… Le directeur adjoint. Il avait raison. Ne serait-il pas préférable de les entraîner séparément du reste des jeunes ? » avait-elle demandé, en accord avec ce qui avait été dit plus tôt.
Ces deux-là étaient tout simplement bien trop forts que leurs pairs pour faire face à tout signe de défi.
« Il serait préférable de les opposer l’un à l’autre. Leur rivalité les inciterait à s’efforcer de devenir plus forts », raisonna-t-elle.
Isabella craignait qu’étant donné leur force par rapport aux autres, et en l’absence de tout défi actif à relever pour devenir plus forts, ils pourraient tous deux se relâcher et devenir paresseux.
« Nous ne ferons rien de tel », répondit Harrison.
Il pouvait comprendre ce qui se passait dans la tête de sa fille. « Tout est une question de processus, Isabella. Dis-moi, ces deux-là seraient-ils aussi puissants qu’ils le sont maintenant si leur détermination à devenir plus forts était aussi faible ? »
« Quel que soit le talent que te leur attribue, ils sont tous les deux aussi forts à un si jeune âge à cause d’une seule chose, le travail acharné », ajouta Harrison.
Il lui était très facile de faire la différence entre la force acquise par le talent et celle acquise par le travail acharné.
Et en regardant ces deux-là, Harrison pouvait le voir. La quantité de sang et de sueur qu’ils avaient versée à l’entraînement pour atteindre leur niveau actuel était palpable.
Harrison détourna les yeux de l’écran d’Atticus et Kael, son regard se posant immédiatement sur l’écran affichant les images en direct d’une jeune femme aux cheveux violets d’une beauté saisissante.
Elle était assise nonchalamment sur le dos d’un dragon colossal. Toutes les deux secondes, sans un mot, le dragon plongeait vers le sol, ses mâchoires prenant immédiatement une teinte cramoisie alors qu’elle déchaînait une tempête de feu engloutissant la bête entière, ses formes réduites à rien de plus que des cendres.