Chapitre 1 143
Oberon expira lourdement, hochant la tête avec une expression grave.
« Raconte-moi tout ce qui s’est passé, » dit Atticus.
Oberon hocha la tête une fois, fermement. En voyant cela, Anastasia recula silencieusement et s’excusa, leur laissant de l’espace.
Atticus ne l’interrompit pas beaucoup. Il resta silencieux pendant la majeure partie de la conversation, ne posant que quelques questions pour clarifier certains détails pendant qu’Oberon lui expliquait tout.
Pourtant, à chaque mot qui passait, l’expression d’Atticus devenait plus sombre.
Puis, enfin, sa voix brisa le silence.
Quelqu’un est-il mort ?
C’était une question vague. C’était la guerre, la mort était attendue. Mais Oberon comprenait ce que voulait vraiment dire Atticus.
Est-ce que quelqu’un de ses proches est mort ?
Oberon secoua la tête. « Aucun. »
Cette réponse soulagea une partie de la pression qui pesait sur la poitrine d’Atticus. Anastasia avait dit la même chose plus tôt, mais elle était uniquement concentrée sur sa récupération.
Si quelqu’un était vraiment mort, il n’aurait pas été autorisé à se reposer. Elle aurait pu lui mentir jusqu’à ce qu’il se remette. Mais Oberon… Oberon ne lui mentirait pas. Il ne pouvait de toute façon pas.
Toujours est-il qu’au moins, avec tout le monde en vie, il pouvait avancer.
« Et Whisker ? »
Le visage d’Oberon changea légèrement alors qu’il secouait la tête. « Il a disparu après que tu as fainté. Nous ne savons pas où il est allé. »
Atticus fronça les sourcils. « Et tu n’as pas pu le retrouver depuis ? »
Oberon hocha la tête une fois en confirmation.
Immédiatement, la voix d’Ozeroth résonna dans son esprit. « Tu vois !? Je te l’avais dit ! Je t’avais dit de ne jamais laisser cette chose hors de ta vue ! »
Atticus expira lourdement, choisissant de l’ignorer. Il hocha légèrement la tête.
« D’accord. Merci. »
« Ce n’est rien, » dit Oberon. « Je te conseille de te concentrer sur ta récupération, Apex Atticus. Nous avons besoin de toi plus que jamais. »
Atticus hocha une fois de plus, et sur ce, Oberon se tourna et partit, laissant Atticus seul, plongé dans ses pensées.
‘T’es-tu renseigné sur tout ça ?’ demanda Atticus.
« Juste quelques parties. J’ai entendu les autres parler quand ils sont venus vérifier comment tu allais, » répondit Ozeroth.
« Et ils ne t’ont pas demandé de te battre ? » demanda Atticus, fronçant les sourcils.
C’était étrange. Tout le monde savait qu’Ozeroth était aussi puissant que lui. Dans une situation aussi critique, cela aurait été évident de demander son aide.
« Ils ont essayé, » dit Ozeroth. « Mais je ne leur ai pas répondu. »
« Tu ne leur as pas répondu ? »
« Oui. Je suis dans ton corps, et ils ont essayé de m’appeler. Je les ai simplement ignorés. Ils ont supposé que j’étais inconscient aussi. »
Atticus hocha la tête en réponse, ses yeux se tournant vers le soulkin perché paresseusement sur sa tête.
« Et lui ? »
Ozeroth éclata soudainement de rire.
« Ne te laisse pas tromper par ses airs mignons ! Il est aussi fier et têtu que toi ! Ils ont essayé de le porter sur le champ de bataille, en s’attendant à ce qu’il soit fort puisqu’il est ton soulkin, et il leur a donné raison ! Au moment où ils se sont approchés, il a simplement libéré son intention de tuer… et aucun d’eux n’a pu faire un seul pas ! C’était hilarant ! »
Les yeux du petit s’ouvrirent en grand alors qu’Ozeroth commençait à rager. Il inclina la tête et murmura doucement, « Ozzy ? »
Ozeroth se figea. « Je t’avais dit de ne plus m’appeler comme ça ! »
« Ozzy ! » répéta le soulkin, plus fort cette fois.
Alors que les deux commençaient à se disputer dans son esprit, Atticus les ignora complètement, recentrant son attention sur ses pensées.
‘Quelle est la prochaine étape ?’
Son esprit bouillonnait. D’après tout ce qu’Oberon venait de lui dire, il s’était passé bien trop de choses en un mois et demi.
Après qu’Atticus eut fainté et que Whisker eut disparu, les parangons se grattèrent la tête, essayant de trouver comment avancer, surtout avec le Soleil Creux qui approchait.
À cause de cela, ils passèrent en revue d’innombrables scénarios avant de finalement choisir une ligne de conduite. Ils tenteraient de rassembler les différentes races.
Pour cela, ils devaient dépasser la peur profondément enracinée de sortir de la sécurité des Boucliers d’Aegis.
N’ayant pas d’autre option, les parangons décidèrent de bouger ensemble. L’un après l’autre, ils parcoururent les domaines, essayant de convaincre les chefs des races de sortir et de s’unir pour combattre.
Mais cela s’avéra être une perte de temps totale. À l’exception des Evolari et Nullite, dont les leaders faisaient déjà partie des parangons, aucun des autres ne consentit à baisser leurs Boucliers d’Aegis.
Cependant, cela n’avait pas été totalement inutile. Parce que les parangons avaient quitté leurs domaines protégés, ils découvrirent une nouvelle si dévastatrice qu’elle faillit leur faire exploser le cœur.
Les Zorvans avaient franchi le Bouclier d’Aegis.
Les événements qui suivirent changèrent Eldoralth à jamais.
Tout d’abord, les parangons répandirent la nouvelle dans les domaines restants. Mais même alors, la plupart refusèrent de le croire. Ils s’accrochèrent à l’illusion de sécurité, lançant excuse après excuse.
Lorsque il devint évident que les mots ne suffiraient pas, les parangons passèrent à une dernière tentative. Ils se rendirent dans les domaines Nullite et Aeonian, récupérèrent leurs Cristaux d’Aegis, et évacuèrent la population, la conduisant dans le domaine des Evolari, qui se trouvait le plus proche du centre de l’alliance.
Puis, les Zorvans atteignirent le premier domaine.
Le Domaine du Dragon.
Les dragons avaient ri des avertissements. Ils croyaient en leur bouclier. En leur puissance.
Leur Bouclier d’Aegis tomba en quelques secondes.
Le carnage qui suivit fut presque indescriptible. Tout le domaine fut pris au dépourvu. En quelques jours, la Race des Dragons fut effacée de la surface de la planète.
Ce moment, cette chute, réveilla le reste du monde.
Les Zorvans possédaient une arme capable de neutraliser le Bouclier d’Aegis. Leur meilleure défense… était inutile.
Ces mots se répandirent comme une traînée de poudre à travers la planète. Pourtant, beaucoup de races s’accrochèrent à leur pouvoir. Ils croyaient en leur force. En leurs domaines.
Les Zorvans ne laissèrent rien derrière eux.
Ils ne prirent aucun prisonnier. Ils venaient de toutes parts, écrasant tout sur leur passage, de manière brutale. Les Elfes et Lucendi tombèrent ensuite.
Ce n’est qu’alors que les autres furent sortis de leur stupidité.
Ils commencèrent à évacuer leurs domaines, chacun emportant ses Cristaux d’Aegis avant de se replier dans le domaine des Evolari.
Mais les Zorvans ne s’arrêtèrent pas.
Ils marchèrent à travers la planète, laissant la ruine derrière eux.
Et maintenant, ils s’étaient rassemblés.
De tous les côtés d’Eldoralth, leurs forces envahissaient, obscurcissant l’horizon, assiégeant le dernier bastion de l’alliance.
Le Domaine des Evolari.
Juste alors, un rayon de feu frappa le Bouclier d’Aegis avec une force incroyable, provoquant des tremblements dans tout le domaine.
Les gens se serraient contre leurs proches. Les gens pleuraient.
Leurs regards tremblants se levèrent vers le ciel, où une lumière ardente brûlait contre le bouclier, noyant la coupole dans une lueur cramoisie.
Et tout ce chaos, Atticus plissa les yeux.