Chapitre 81
« Une session de questions-réponses ? »
« C’est quoi ce truc ? »
Quand j’ai posé la question, Kang Kiyeon a répondu.
« Tu réponds à quasiment tous les posts sur le fan café, Hyung. Tu ne devrais pas arrêter ? »
Comme Kang Kiyeon l’avait souligné, je répondais aux posts sur le fan café de Spark comme un dieu omniscient de la FAQ.
≫ Vous avez mangé tous les snacks après le live ?
└ Il en restait, alors on les a refermés avec une pince. Le snack préféré aujourd’hui, c’était la pizza au miel ! 🙂
Le rythme des nouveaux posts n’était pas trop effréné, donc passer environ 30 minutes par jour suffisait à suivre la cadence.
La personne qui avait posté le commentaire voulait probablement des réponses des autres membres, mais je me suis dit qu’elle ne serait pas trop déçue d’avoir obtenu des infos en plus… C’est avec cette idée en tête que j’avais posté.
« Ouais. C’est une bonne idée. »
L’idée de Kang Kiyeon n’était pas mauvaise. Je pouvais réduire l’attention portée sur moi en parlant aussi des autres membres.
« Alors, tu dois récolter les questions, Hyung ? »
« J’en ai déjà accumulé pas mal, donc ça va. Il m’en faut juste quelques-unes de plus pour l’événement. »
« Pourquoi tu les collectionnes, à la base… ? »
Kang Kiyeon a secoué la tête, l’air de ne pas comprendre. Il croyait vraiment que je faisais ça par plaisir ?
Je pensais avoir franchi un obstacle. C’était avant d’apprendre la nouvelle choquante : je devais être le premier à filmer le contenu.
« Moi, en premier ? »
Je me suis désigné du doigt en demandant au manager.
La première chose qu’il a dite en arrivant dans la salle de répétition aujourd’hui, c’était : « Je pense qu’on va commencer par Iwol ! ».
J’avais envie de protester : « Mais Seongbin est le leader, pourquoi moi ? ». Mais je me suis retenu, parce que je suis un adulte responsable.
Et le manager a complètement piétiné ma mentalité d’adulte.
« Ouais. Parce que l’anniversaire d’Iwol est le premier de l’année. On fait ça par âge. »
À notre époque, c’est pas un peu démodé de se baser sur l’âge ?
On ne devrait pas mettre le leader en premier et laisser les autres passer selon leurs compétences ?
À cause de ça, je me suis retrouvé à filmer une vidéo dont tout le monde se foutrait, juste parce que je suis né en février.
Puisque c’était comme ça, je ne pouvais qu’espérer que les vues des autres membres explosent en me sacrifiant.
« Mais qui pourrait bien s’intéresser à mon contenu ? »
Si j’étais fan de ce groupe, je n’aurais même pas envie de regarder le membre qui est clairement le maillon faible, rien qu’en voyant ses fancams.
Même si je ne comptais pas faire ça à moitié, surtout avec l’équipe vidéo qui gérait le tournage, il fallait que je produise des résultats. C’était un gros morceau.
« Tu marmonnes quoi, là ? »
Choi Jeho s’est approché avec un ton décontracté.
« Qu’est-ce que je vais faire pour mon contenu solo ? C’est plus dur que je pensais de tenir 20 minutes tout seul. »
« Hmm. »
Pendant que je m’inquiétais sérieusement, lui, il faisait comme si de rien n’était.
Attends une seconde, il ne devrait pas s’inquiéter aussi ?
J’ai demandé, un peu perplexe.
« T’es pas inquiet ? »
« Je vais probablement remplir les 10 minutes avec un medley de danse. »
Regardez-moi ce petit c***.
« C’est quoi cette attitude ? Tu commences déjà à glander ? »
Quand j’ai dit ça avec un visage sérieux, l’expression de Choi Jeho est devenue bizarre. Il avait l’air plus décontenancé qu’énervé.
« Non, je ne comptais pas glander !! »
Choi Jeho a crié comme s’il était injustement accusé.
« Notre album, même en comptant toutes les chansons, ne dure même pas 10 minutes. Si tu parles de faire un medley de deux ou trois chansons, comment c’est pas glander ? »
« Je voulais dire que j’allais faire des reprises de danse ! »
Oh. C’était ça, son idée ?
C’est vrai qu’en tant que membre de la dance line et center, il y avait toujours une demande pour les reprises de danse de Choi Jeho. Je l’avais vu tellement de fois que j’en avais les yeux qui piquaient, alors comment j’avais pu oublier ?
J’avais cru que Choi Jeho avait un bug informatique dans le cerveau quand il avait sorti cette idée, mais pour le coup, c’était clairement mon erreur. Je me suis excusé sincèrement.
« Désolé. J’avais mal compris. »
« Peu importe. Mais qu’est-ce qui t’arrive ? »
« Moi ? Qu’est-ce qui m’arrive ? »
« T’es à fleur de peau. Depuis hier. »
Moi ?
C’est quelque chose auquel je n’avais pas du tout pensé. J’ai repassé ses mots dans ma tête, me demandant si j’avais bien compris.
Non, bien sûr, mon humeur faisait des montagnes russes depuis hier à cause du système, mais…
C’était encore plus choquant que quand Jeong Seongbin avait remarqué mon malaise plus tôt.
Cette fois, la personne en face n’était autre que Choi Jeho. Ce type est encore plus inconscient qu’un ours polaire.
Si même lui trouvait que j’étais tendu, je n’ose pas imaginer à quel point les autres devaient être mal à l’aise avec moi.
« Je devais juste être fatigué. Ça va mieux maintenant. »
« Ok, ça marche. »
Sur ce, Choi Jeho a tourné les talons pour retourner à ses occupations.
Quelqu’un qui a été pris de justesse, qui est le moins doué, et qui utilise son âge comme excuse pour faire des reproches, qui se balade dans le dortoir en affichant clairement : « Je suis super tendu en ce moment ! ».
« C’est le pire. »
Un profond soupir est sorti du fond de mes tripes. Il semblait bien que c’était moi qui avais une case en moins.
* * *
J’étais très déçu de moi-même pour ne pas avoir réussi à contrôler mes émotions correctement.
Alors, j’ai écrit trois pages de journal intime remplies de remords. J’ai cru que mes doigts allaient lâcher à force d’écrire.
Je me suis aussi excusé auprès des membres pour avoir perturbé l’ambiance au dortoir. Comme ce sont des âmes charitables, ils ont tous dit en chœur : « On n’a rien remarqué ! T’as pas besoin de t’excuser ! ».
Pour réparer mon attitude tordue, je me suis porté volontaire pour aider les membres en secret.
J’ai acheté un déshumidificateur pour le placard à chaussures et j’ai nettoyé le balcon de fond en comble. Sans que personne ne le sache.
Au moins, c’était une chance qu’on soit en période de pause.
Si on avait été en pleine période d’activité, j’aurais dû nettoyer le sol du salon d’une main, rédiger des propositions de l’autre, et répéter mes pas de danse avec les deux pieds.
Si je me faisais choper à faire ça tout seul, tout le monde devrait faire le ménage selon les règles du dortoir, alors je nettoyais encore en secret ce matin, comme un mari invisible et diligent…
« Tu fais quoi là ? »
Je suis allé dans la cuisine pour faire bouillir du thé à l’orge et j’ai surpris Choi Jeho et Lee Cheonghyeon en train de se tenir là, l’air gêné.
« Euh, on regardait juste… s’il y avait de la vaisselle à faire ! »
« Je l’ai déjà faite plus tôt. »
Il n’y avait pas grand-chose à laver dans ce dortoir. Il fallait bien que quelqu’un ait mangé quelque chose pour qu’il y ait de la vaisselle.
Lee Cheonghyeon, pris en flagrant délit de mensonge, a immédiatement battu en retraite.
J’ai regardé Choi Jeho et j’ai demandé avec les yeux : « C’est quoi ton excuse ? ».
Alors Choi Jeho a répondu sans hésiter.
« Cheonghyeon voulait manger des pancakes au kimchi, alors on est venus voir ce qu’on pouvait faire. »
« Ah, Hyung ! »
« Donc, vous étiez en train de comploter ? »
J’ai jeté un coup d’œil dehors et j’ai vu une fine pluie tomber. Peut-être parce que c’était encore le matin, tout ce que j’entendais, c’était le bruit de la pluie.
C’était dur de ne pas avoir envie de faire des pancakes par un temps pareil.
En regardant les deux gars décontenancés, j’ai demandé :
« Vous voulez que j’en fasse ? »
« Hein ? »
« Des pancakes. Je ne garantis pas que ce sera bon, par contre. »
Malheureusement, j’étais plus expert en brochettes de pancakes.
Néanmoins, le visage de Lee Cheonghyeon s’est illuminé. On aurait dit un bouquet de fleurs en pleine éclosion.
Alors que je me penchais pour attraper la poêle sous l’évier, Lee Cheonghyeon a demandé à Choi Jeho :
« Hyung, tu connais la recette des pancakes au kimchi de ta mère ? »
« Non. »
« Pourquoi ? Ils sont si bons que ça, les pancakes au kimchi de la mère de Choi Jeho ? »
Quand j’ai posé la question, Lee Cheonghyeon a hoché la tête si fort que j’ai cru qu’elle allait tomber. Puis, il a commencé à s’extasier sur la qualité des pancakes de la mère de Choi Jeho, comme s’il rappait.
« J’en ai mangé qu’une fois. C’était la première fois que je goûtais un pancake au kimchi aussi délicieux. Hyung, tu sais comment les bords des pancakes sont généralement la meilleure partie ? Mais les pancakes de la mère de Jeho Hyung sont croustillants au milieu aussi. Ils n’étaient pas brûlés ou quoi, juste parfaitement croustillants ! »
« …C’est vraiment si bon ? »
« Bon ? Wow, allez quoi. »
Quand Choi Jeho a marmonné avec indifférence, Lee Cheonghyeon a ricané, incrédule.
« Hyung ne semble pas réaliser la valeur des pancakes au kimchi de sa mère. Même Joowoo Hyung a dit qu’ils étaient délicieux. »
« Park Joowoo ? »
Choi Jeho était un peu surpris qu’un nom aussi inattendu sorte soudainement. J’étais un peu surpris aussi.
« Il a déjà dit que quelque chose était délicieux ? »
Choi Jeho a demandé. Il avait l’air sincèrement curieux.
« Ce Hyung mange pour vivre, non ? Genre, il mange seulement parce que la nourriture est là. Pour qu’il dise que quelque chose est bon, c’est une garantie. »
C’était vrai.
Il semblait que les papilles de Joowoo suivaient sa personnalité : il préférait le doux au gras, le subtil à l’épicé.
Si Kang Kiyeon mangeait sa salade sans sauce pour se gérer, Joowoo enlevait la sauce juste pour goûter le goût naturel des légumes.
« S’il n’y a que du soda, il attend que le gaz soit parti avant de le boire. »
Mais Park Joowoo avait dit que mes donggeurangttaeng étaient délicieux pendant Chuseok. Est-ce que ça passait parce que c’était un produit tout fait ?
Bref. Puisque j’avais décidé de devenir un esclave volontaire, je ne pouvais pas ignorer ça maintenant que j’avais entendu que les maîtres voulaient manger des pancakes au kimchi.
J’ai attrapé l’épaule de Choi Jeho et je l’ai tourné vers moi.
« Hé. »
« Quoi ? »
« Va chercher la recette auprès de ta mère. »
* * *
« Allô ? Euh, Maman… »
Incapable de supporter la pression de Lee Cheonghyeon et la mienne, Choi Jeho a finalement appelé sa mère.
Comme ça aurait été bien s’il avait appris à cuisiner avec sa mère plus tôt.
Pendant que Lee Cheonghyeon et moi échangions des sourires satisfaits en nettoyant les rebords de fenêtres, un grand fracas a retenti depuis la cuisine.
« Hé, y’a un truc qui a cassé ? »
« L’évier est cassé ? »
Lee Cheonghyeon et moi avons chacun fait une remarque avant de jeter nos chiffons et de courir dans la cuisine.
Là, on a trouvé Choi Jeho accroupi entre l’évier et la table à manger, entouré de poêles qui étaient tombées dans un vacarme assourdissant.
« J’ai fait tomber des trucs. Maman, quelle poêle je dois utiliser ? »
Tenant une grande poêle dans chaque main, Choi Jeho a froncé les sourcils.
L’appel téléphonique qui a suivi était extrêmement inquiétant.
« De la préparation pour pâte ? Je sais pas. On peut pas juste utiliser de la farine ? »
« Du kimchi fermenté juste comme il faut ? Comment je sais quand c’est fermenté juste comme il faut ? »
« On peut savoir en goûtant ? On n’a qu’une seule boîte de kimchi dans le dortoir, par contre. »
Alors que Choi Jeho posait sa dernière question, un bruit fort est venu de l’autre bout du fil. On aurait dit que la patience de la mère de Choi Jeho venait d’atteindre ses limites.
À cet instant, j’ai eu comme une vision du futur.
Je nous voyais en train de manger six gâteaux de farine au kimchi épais, ressemblant à des pancakes et trempés dans l’huile.
Alors que j’imaginais nous cinq avec les lèvres luisantes de gras de kimchi, ma main tapotait déjà l’épaule de Choi Jeho.
« Quoi ? »
A demandé Choi Jeho.
Tu demandes encore ?
Passe-moi le téléphone, espèce de *****.