Chapitre 359
Les dieux des mythes sont arrogants. Ils pensent en dehors du champ de compréhension humain, agissent sans se soucier de l’avis des autres et atteignent leurs désirs sans la moindre difficulté.
Les groupes de MYTH ne s’écartaient pas vraiment de ce moule. En commençant par Yur, le leader de Hellas, cette image était devenue l’identité même de MYTH. Dans le cas de Polo, dont la personnalité allait à contre-courant, j’ai entendu dire qu’il lui avait fallu des années rien que pour obtenir l’autorisation de passer à la radio en solo.
On pourrait dire que Parthe est la quintessence de l’esprit de MYTH à l’état pur. Leur description en une ligne résumait tout : un être ultime au plus proche de l’humanité, mais absolument incapable de devenir humain.
C’est peut-être pour ça que Parthe donnait l’impression d’avoir été méticuleusement façonné de la tête aux pieds. En un mot : ultra-léché.
De leurs salutations de groupe, de plus en plus rares mais parfaitement synchronisées, à leurs tenues uniformes en passant par leur attitude décontractée, Parthe ressemblait à une vision du monde bien ficelée sous forme humaine. Il se murmurait même qu’ils évitaient délibérément les contenus d’horreur pour ne pas avoir à montrer la moindre peur.
C’est aussi pour ça que Song Minil ne se faisait pas descendre quand il lui arrivait de faire des faux pas verbaux. Tout le monde connaissait l’obsession extrême de MYTH pour son concept, alors peu importe l’arrogance de ses remarques, elles étaient mentalement traduites par : « Waouh… il a vraiment été bien dressé », ou « Le pauvre, il doit avoir du mal à fonctionner en société. »
Mais le Parthe actuel était différent. Ils étaient trempés de politesse, comblant chaque silence avec des mots choisis, projetant une sorte d’innocence qui donnait l’impression d’un groupe participant à un programme de survie pour la première fois. Exactement comme Spark lors de la saison 1.
Spark n’allait pas jusqu’à être extrêmement servile envers les groupes seniors ou à faire des courbettes à 180 degrés. À l’époque, on gardait une distance appropriée avec tous les groupes.
Il était donc juste d’interpréter le Parthe actuel comme une pâle copie de certains aspects de Spark.
Vous vous demandez si je me fais des idées ? Si on vous vole votre travail trois fois de suite, vous finirez comme moi. Il y a une raison pour laquelle on dit que l’intuition est le big data de la vie.
Au moment où ils ont posé le pied sur scène, mes soupçons se sont transformés en certitude.
Parce que la tenue de Parthe, c’était des t-shirts blancs, des vestes en jean et des jeans. Les seules différences avec les tenues qu’on portait lors de la saison 1 étaient l’ajout d’une veste, la couleur plus sombre du pantalon et le fait qu’il s’agissait de coupes larges.
« MYTH… ils ne devraient pas restructurer leur équipe de planification ? »
Certes, certains pourraient se plaindre ou comparer s’ils portaient des marques de luxe, mais les fans de Parthe préféraient leur image luxueuse. Les fans de Parthe de MYTH aimaient ce côté « humain-Mersace » de leurs idoles.
Si Blider, qui partageait une base de fans similaire à la nôtre, nous avait ciblés comme rivaux, ça aurait pu avoir du sens. Quel genre de groupe tourne le dos aux préférences de son propre fandom dans un programme de survie basé sur le vote des fans ? Ils n’ont aucune considération pour ceux qui votent ?
« Que ce soit la personne qui a planifié ça comme ligne directrice… ou ceux qui suivent le mouvement… »
Parthe n’était plus composé de rookies. Ils étaient largement capables d’exprimer leurs opinions. Ne rien faire à ce niveau-là, c’était de la négligence professionnelle.
« Enfin, j’imagine que seuls ceux qui ont des opinions prennent la peine de faire des suggestions. »
J’ai fixé l’arrière des têtes des membres de Spark qui trouvaient leurs places après la salutation du groupe. Si c’était ces gars-là, au moment où j’aurais dit « Notre concept cette fois, c’est le thème luxe », ils auraient débarqué comme un essaim d’abeilles en demandant « Pourquoi ? », « Est-ce que t’as pris en compte la dissonance avec l’image actuelle ? », « Tu penses que les avantages du nouveau concept peuvent compenser les inconvénients du changement ? ». C’est rassurant.
En tout cas, ça paie vraiment de bien éduquer les gens. Que ce soit un junior ou une idole.
* * *
Comme lors de la saison précédente, Yur était le MC. Cette fois, cependant, il n’était pas seul.
« Ravi de vous rencontrer, je suis Polo ! »
Polo s’était joint à lui. Yur était pourtant bien seul dans la loge tout à l’heure. Les pauvres groupes de juniors, qui s’étaient fait avoir en beauté, ont bondi sur leurs pieds et l’ont salué comme s’ils avaient été frappés par la foudre.
Après une brève présentation du nouveau MC, l’explication du programme a commencé pour de bon. Le thème global était une compétition entre princes pour déterminer qui monterait sur le trône, en sélectionnant les meilleurs talents à travers une série de banquets.
« Qu’est-ce qui différencie la saison 2 de la saison 1 ? »
« Idol Dynasty Chronicle Saison 2 offre divers plaisirs aux spectateurs à travers un total de six étapes. Pour le meilleur score de chaque compétition, en dehors de la cérémonie de proclamation… nous produirons une vidéo Sacho (Brouillon historique) contenant le processus de préparation de la compétition ! »
C’était un avantage étonnamment puissant. À en juger par le terme Sacho, il semblait qu’ils avaient l’intention de travailler sur des images brutes. Au lieu de courts montages pour la diffusion, ce serait du contenu dense, centré exclusivement sur une seule équipe.
Du contenu haute définition servi par le diffuseur avec des sous-titres ? Un aperçu complet des moments de stress de vos idoles que vous n’aviez vus qu’en fragments ou en extraits montés ? N’importe quel fan voudrait ça.
Et imaginez que tous les autres groupes en aient un, sauf le vôtre. Aucun fan d’idole ne pourrait rester sain d’esprit en regardant ça.
« Quels avantages reçoit l’héritier final du trône, Monsieur Polo ? »
« Un roi doit avoir un couronnement. Pour célébrer le vainqueur qui entrera dans l’histoire, nous financerons un showcase de fans luxueux ! »
« Waouh ! »
L’assistance a bruissé face à cet avantage exceptionnel.
Pas un showcase pour la presse, mais pour les fans ? Ils ne balancent pas juste le mot « luxe » tout en ne couvrant que les coûts d’installation de la scène, hein ?
« Cette question n’est pas dans le script, mais Monsieur Yur. »
« Oui ? »
« Quand vous dites showcase luxueux… jusqu’où va le soutien ? »
Comme on pouvait s’y attendre de Polo. Connaissant bien le marché et fort de son ancienneté, il était inarrêtable. Contrairement à son visage souriant qui semblait embarrassé, Yur a récité les avantages comme s’il expliquait des conditions d’assurance.
« La location de la salle et les frais d’installation de la scène, bien sûr, et un petit budget collation pour les fans participants sera également fourni. C’est ce dont nous avons été informés jusqu’à présent. »
Sa compréhension du programme était impressionnante. Il a même fait une pause avant de préciser que c’était basé sur des informations préalables, marquant clairement le coup pour faciliter le montage. Des seniors exemplaires, vraiment.
« Cool. Je veux gagner. »
Au milieu de tout ça, Lee Cheonghyeon, devenu un avec le capitalisme, avait des étoiles dans les yeux. Je n’avais aucune idée de ce qui l’avait rendu comme ça.
* * *
Vint ensuite le moment fort du tournage d’aujourd’hui : la scène de présentation de groupe, désormais appelée la Cérémonie du Banquet.
L’ordre de passage a été décidé par jegichagi. Je suis devenu le représentant de notre équipe pour le crime d’avoir listé le football comme mon sport préféré.
(Note de traduction : Le jegichagi est un jeu traditionnel coréen où les joueurs doivent maintenir un jegi en papier en l’air en le frappant avec le pied.)
« Spark ne devrait pas avoir de points bonus pour leurs tenues ? »
Polo a plaisanté. Et à juste titre, parmi ceux qui sont sortis pour taper dans le jegi, mon pantalon était celui qui flottait le plus. En exagérant un peu, mon pantalon était plus excessif que celui du membre de Parthe dont les jambes du pantalon semblaient aussi larges qu’une taille.
« Je peux demander un temps pour ajuster ma tenue ? »
« Autant que tu veux. »
Grâce au grand cœur de Yur, j’ai rajusté mon pantalon de Hanbok en ravalant mes larmes.
Bien que j’aie fait de mon mieux, mon score est malheureusement resté à la 2e place. La 1re place est revenue à Terkit, qui a montré des mouvements défiant la gravité. C’était un spectacle tellement incroyable que je n’ai pas pu m’empêcher d’applaudir.
Quand est venu le moment de choisir l’ordre suivant, j’ai pris la sixième place. J’avais reçu l’avis des membres au préalable que n’importe quel moment ferait l’affaire, mais j’étais curieux de voir comment Parthe réagirait si on prenait le même ordre qu’à la saison 1.
À en juger par leur trouble subtil mais indéniable, une route difficile nous attendait.
Rien à faire. Quand je retournerai à UA, je devrais demander s’ils prévoient une introduction en bourse.
* * *
Parmi des jeunes brutaux, Spark était la seule à poursuivre le look « érudit fleuri ». En portant des manteaux translucides orange clair sur des Hanboks en tissu léger, on a fait d’une pierre deux coups : l’effet d’un tissu riche et la sophistication.
Grâce aux groupes précédents, à l’exception de Parthe, qui tentaient des images intenses, Spark ressortait encore plus.
« On est les seuls sans maquillage charbonneux… pas de cire dans les cheveux non plus… »
« Même si tu veux changer d’équipe, c’est trop tard. Notre équipe est foutue sans toi. »
À mes mots, Lee Cheonghyeon a gracieusement accepté de rester. Je ne sais pas quand il prendra enfin à cœur mon conseil : « Cheonghyeon, ton visage est plus beau quand tu ne lui fais rien. »
Quand ce fut le tour de Spark, nous sommes montés sur scène avec un éventail chacun. C’étaient des éventails peints en blanc à la bombe par Kang Kiyeon, avec des dessins à l’encre légère par Jeong Seongjun, étudiant en peinture coréenne.
J’ai appris plus tard que les peintures dignes accrochées dans le couloir de la maison de Jeong Seongbin quand j’y suis allé étaient aussi des œuvres de Jeong Seongjun.
Alors que je tapotais légèrement l’éventail contre ma paume pour le redresser, quelqu’un au loin a dit que Monsieur Iwol ressemblait à un instructeur confucéen. C’était injuste. Même selon les standards de mon âge réel, je pourrais encore passer pour un étudiant de Sungkyunkwan.
« Pour autant que je sache, Spark sont des idoles avec beaucoup de talents. Alors à propos de cet éventail peut-être…… »
A dit Polo, en montrant de l’intérêt pour l’éventail tenu par Jeong Seongbin à côté de lui.
Avant que notre historique d’activités ne s’étoffe, il n’y avait aucun moyen pour les gens de connaître nos efforts à moins qu’on ne les explique nous-mêmes. Même si on faisait savoir que Spark touchait à tout, de A à Z, dans la saison 1 d’« Idol Dynasty Chronicle », c’était difficile d’attendre des gens qu’ils reconnaissent que « de A à Z » signifiait vraiment du sol au plafond.
Cependant, maintenant, c’était différent. Les gens savaient que Spark ne faisait rien à moitié, et qu’on travaillait bien plus dur que tout ce qu’ils pouvaient imaginer.
Une fois reconnu, le besoin d’expliquer directement a diminué. L’autre partie montrait de l’intérêt en premier et voulait entendre nos réponses. C’était vraiment un triomphe humain.
« Oui, on les a achetés et transformés nous-mêmes. »
« Au dortoir ? »
« La peinture en spray n’est pas bonne pour le système respiratoire, alors on l’a fait dans le parking du bâtiment UA. Tout le monde, assurez-vous d’utiliser de la peinture en spray dans un espace bien ventilé ! »
À mon commentaire, Kang Kiyeon, qui était resté immobile, a fait un pouce levé vers la caméra. À ce rythme, le surnom de Spark pourrait bientôt passer d’idoles « industrie artisanale » à ambassadeurs de la santé publique.