Chapitre 346
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / correcteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 346 : Tuons-le d’abord
La calèche fonçait vers l’Alliance des voies démoniaques.
Bih Sa-in fixait silencieusement le paysage par la fenêtre, se demandant qui pouvait bien tirer les ficelles dans cette affaire.
L’ennemi qui complotait contre tout le monde des arts martiaux… Quelle ambition démesurée.
En repensant à l’histoire du Murim, on trouvait toujours, à quelques générations d’intervalle, quelqu’un à l’origine d’un incident de cette ampleur.
Si tout s’était déroulé comme prévu, le complot aurait suivi son cours. Mais il avait été éventé à cause d’une seule personne. Il avait fallu qu’ils mettent leur plan à exécution à l’époque même où cette personne était en vie. 1
Le regard de Bih Sa-in se posa sur Geommugeuk, assis en face de lui.
Geommugeuk avait les yeux fermés. Même au milieu d’une conversation, dès qu’il disposait d’un instant, il marmonnait une incantation et se remettait à s’entraîner. On aurait dit qu’il n’était fait que de talent, mais cette fois avait révélé qu’il s’était en réalité entièrement forgé à force d’efforts.
Bih Sa-in regarda le siège à côté de Geommugeuk. La boîte de l’Épée du Soleil et de la Lune, qu’il lui avait offerte, était posée bien droite près de lui. Il avait beau lui avoir conseillé de la mettre dans le compartiment à bagages de la calèche, Geommugeuk s’obstinait à la garder à ses côtés, comme un enfant capricieux.
À cet instant, la calèche fut violemment secouée.
Les passagers décollèrent de leur siège et la boîte à épée s’éleva dans les airs.
On aurait dit qu’elle allait s’écraser au sol dans un grand fracas, mais elle resta simplement suspendue en l’air, puis reprit tranquillement sa place.
Geommugeuk avait protégé la boîte à épée grâce à la Télékinésie du Vide. Bih Sa-in avait cru qu’il faisait circuler son énergie ou qu’il dormait. Pourtant, même à cet instant, Geommugeuk avait veillé sur la boîte.
« Je te remercie de tenir à mon cadeau, mais ne serait-il pas plus pratique d’emporter seulement l’épée et de laisser la boîte ? » 2
Geommugeuk lui répondit sans ouvrir les yeux :
« C’est l’épée que j’offre. Ne vaut-il pas mieux la mettre dans sa boîte ? »
C’était l’écrin prévu pour ranger l’Épée du Soleil et de la Lune, dont le soleil et la lune étaient finement gravés.
— À qui vas-tu l’offrir pour y mettre tant de soin ?
— À mon cœur. 3
Bih Sa-in le dévisagea d’un air qui semblait dire : « Quelle drôle de plaisanterie ! » Geommugeuk ouvrit alors les yeux.
— Il y a quelqu’un qui compte autant que mon cœur. Tu crois que j’offrirais une épée aussi précieuse à n’importe qui ?
Le voir prendre soin de quelqu’un avec autant de sincérité lui allait bien. Pourtant, Geommugeuk donnait aussi cette impression :
— On dirait le genre d’homme à offrir une épée de valeur au premier inconnu croisé dans la rue.
— Tu te trompes sur mon compte. Je n’aime pas être perdant. Si j’offrais une épée à quelqu’un que je ne connais pas, ce serait parce que je convoiterais quelque chose d’au moins dix fois plus précieux en sa possession.
— Et qu’est-ce que tu convoites en offrant cette épée à ton cœur ?
— Mon cœur fait exception. Même si je ne convoite rien, c’est le genre de personne qui essaierait de tout me donner.
En entendant ces mots, Bih Sa-in se demanda à qui il offrirait un cadeau, lui.
Personne ne lui vint à l’esprit.
S’il devait absolument l’offrir à quelqu’un, ce serait peut-être Il-rang, parmi les Treize Loups. À bien y réfléchir, il n’avait pas non plus d’ami qui serait prêt à lui offrir un cadeau aussi précieux.
Il espérait que le Jeune chef du Culte du Démon Céleste ne finirait pas par être son seul ami.
Bih Sa-in observa de nouveau Geommugeuk. Celui-ci n’arborait pas son air enjoué habituel, mais contemplait en silence le paysage qui défilait, le regard calme et profond.
Alors que Bih Sa-in tournait la tête vers la fenêtre opposée, Geommugeuk prit soudain la parole.
« Nos voies, la tienne, peu orthodoxe, et la mienne, démoniaque, ont encore un long chemin à parcourir. Si elles sont mal bâties, rebâtissons-les. Si une meilleure idée nous vient, démolissons tout et recommençons. Alors, ne nous précipitons pas. »
— Pourquoi me dire ça tout à coup ?
— Ça m’est venu à l’esprit. J’ai compris que quand je me disais : « Je le leur dirai plus tard », je finissais par oublier et ne rien dire du tout. Alors, ces temps-ci, j’essaie de tout dire dès que ça me vient à l’esprit.
— Voilà pourquoi tu parles autant.
— Un Jeune chef de culte bavard, ce n’est pas mieux qu’un chef silencieux dont on ne peut pas deviner les pensées ?
— Le problème, c’est que tu as beau parler, je ne sais toujours pas ce qui se passe dans ta tête.
Avec un sourire indéchiffrable, Geommugeuk reporta les yeux sur la fenêtre.
Bih Sa-in n’en savait rien. Il ne savait pas à quel point sa vie silencieuse avait été solitaire avant son retour dans le passé, ni combien cette vie bavarde lui était précieuse, à présent.
« Qu’a avoué le Maître de la Porte de l’Épée Fluide ? »
Geommugeuk avait déjà soupçonné Taejo, le Maître de la Porte de l’Épée Fluide, d’avoir révélé quelque chose.
« Il a dit que celui qui avait organisé l’enlèvement des enfants à la Porte était l’ancien chef de la Branche du Dragon Noir, Pyo Gigwang. »
Pyo Gigwang.
Ce nom ne disait rien à Geommugeuk. C’était sans doute quelqu’un qu’on avait utilisé comme un pion sacrifiable avant de s’en débarrasser.
« Il a quitté ses fonctions de chef de la Branche du Dragon Noir il y a plus de dix ans, à cause d’une grave blessure. Depuis, il vivait comme un homme brisé. »
— Quelqu’un a dû le recruter.
— C’est ce que je pense. À en juger par les nombreux avantages qu’il a fait accorder à la Porte de l’Épée, celui qui tire les ficelles derrière le chef de branche Pyo doit être très influent.
Geommugeuk s’y attendait.
— Peut-être que tu le connais bien.
Bih Sa-in acquiesça. S’il s’agissait de quelqu’un d’influent au sein de l’Alliance des voies démoniaques, il était impossible qu’il ne le connaisse pas. Restait à savoir de qui il s’agissait.
— Pourquoi avaient-ils besoin des enfants ?
Bih Sa-in hésita un instant avant de répondre. Si cette affaire n’avait rien à voir avec l’organisation mystérieuse qui avait infiltré à la fois le Culte du Démon Céleste et l’Alliance du Murim, et qu’il s’agissait réellement d’un groupe secret au sein de l’Alliance des voies démoniaques, alors tout révéler reviendrait à dévoiler les secrets de son Alliance au Jeune chef du Culte du Démon Céleste.
— Ils ont dit qu’ils cherchaient à former une organisation secrète ?
Bih Sa-in tressaillit. Geommugeuk était si perspicace qu’il était impossible de lui cacher quoi que ce soit.
— C’est exact.
Bih Sa-in répondit franchement. Geommugeuk avait parfaitement compris ce qui le préoccupait.
— Tu crains que cette organisation secrète n’ait aucun lien avec le groupe dont je t’ai parlé ?
— Oui.
— Même si c’était le cas, une organisation secrète préparée sans que tu le saches poserait déjà problème, non ? Me communiquer ces informations te sera également utile. Essaie donc de voir les choses du bon côté.
Si Geommugeuk s’était mis en colère, en disant : « Je t’ai accompagné jusqu’à l’Alliance des voies démoniaques pour t’aider, et maintenant tu me caches des choses ? », Bih Sa-in n’aurait pas su quoi répondre.
Mais Geommugeuk, au contraire, faisait preuve d’égards envers lui.
— Si ça te pèse vraiment, occupe-toi de cet aspect discrètement. Dis-moi si tu as besoin d’aide.
Il continuait de traiter Bih Sa-in comme le principal intéressé.
*Oui. Si j’avais voulu tirer profit de Geommugeuk et comploter dans son dos, je n’aurais jamais dû l’emmener avec moi.*
— Non, je vais tout te dire. Alors, aide-moi, s’il te plaît.
Geommugeuk sourit. C’était le même sourire que tout à l’heure, quand ils avaient réglé l’affaire de Taejo au grand jour.
*Tu t’en sors bien.* 5
Ce sourire semblait précisément le lui dire.
Que Geommugeuk ait compris ses sentiments ou non, il se mit à passer en revue les coupables possibles.
« Si une organisation secrète est bel et bien en train de se former au sein de l’Alliance, qui pourrait être au courant ? »
« La plupart des informations importantes me parviennent aussi. Mais si quelque chose se trame sans que je le sache, alors cela doit venir du chef de l’Alliance ou du grand commandant. »
Deux des personnes les plus difficiles à affronter de l’Alliance des voies démoniaques venaient d’être nommées.
Pouvaient-elles être impliquées ?
Geommugeuk écarta aussitôt l’une des deux possibilités.
Le chef de l’Alliance… Hwa Moogi l’avait tué avant le retour dans le passé. Il ne pouvait donc pas être un de ses alliés. 6
— Quel genre d’homme est le grand commandant ?
— Il est extrêmement loyal envers le chef de l’Alliance. Si tu soupçonnes le grand commandant, je dirais que tu perds ton temps. Sa loyauté ne se limite pas au chef de l’Alliance, elle s’étend à toute l’Alliance des voies démoniaques. 7
On ne connaît jamais vraiment le cœur des gens. Mais si l’on écarte le grand commandant, comme le dit Bih Sa-in…
— Qui d’autre pourrait-il y avoir ?
— Que veux-tu dire par là ?
— Quelqu’un aurait pu agir sans que ni l’un ni l’autre soit au courant, non ?
Si quelque chose se tramait à l’insu du chef de l’Alliance et du grand commandant, on pourrait considérer cela comme un acte de trahison. Dans ce cas, il s’agirait probablement de ces gens dont Geommugeuk lui avait parlé.
— Si la personne a l’autorité nécessaire pour accorder des droits à la Porte de l’Épée Fluide, il peut s’agir d’un chef de branche ou d’un chef de division. Peut-être même d’un Ancien.
— Gardons plusieurs possibilités ouvertes et réfléchissons-y.
— Je vais commencer par enquêter discrètement sur le chef de branche Pyo.
Geommugeuk secoua la tête.
« Nous n’avons pas le temps. Quand nous arriverons à l’Alliance des voies démoniaques, celui qui tire les ficelles aura déjà appris que le chef du Bureau d’escorte du Dragon Jaune est mort et que le Maître de la Porte de l’Épée Fluide a été placé en détention par l’Alliance. Il se dira qu’il ne peut plus récupérer les enfants et soupçonnera peut-être aussi que son identité est sur le point d’être révélée. »
C’était une remarque pertinente. Une enquête discrète ne ferait que donner à l’ennemi le temps de se préparer.
« Enfonçons-nous directement dans le tas. La puissance martiale de ceux qui ont sévi au sein du Culte du Démon Céleste, de l’Alliance du Murim ou du Culte du Vent Céleste approchait celle d’un Suprême Démoniaque. Leurs méthodes d’infiltration sortaient également de l’ordinaire. Si nous n’avançons pas vite et sans hésiter, ils couperont leur queue et disparaîtront. »
Bih Sa-in approuva. Mais un problème se posait.
« Capturer et interroger le chef de branche Pyo ne sera pas difficile. Cependant, quelque chose qu’il a dit me tracasse. Quand le Maître de la Porte de l’Épée Fluide s’est confessé, il a dit que Pyo prétendait que l’avenir de l’Alliance dépendait de l’organisation secrète qu’il bâtissait. S’il croit sincèrement mener une opération secrète pour le bien de l’Alliance, il ne parlera pas facilement. Il pourrait même se donner la mort. »
Ce n’était pas sa seule inquiétude. Bih Sa-in en avait une autre.
— Celui qui tire les ficelles pourrait essayer de tuer le chef de branche Pyo pour couper la queue.
Geommugeuk lui proposa alors une solution impensable.
— Alors, tuons-le d’abord.
— Quoi ?
Bih Sa-in le dévisagea, les yeux écarquillés, mais Geommugeuk lui répondit par une autre phrase tout aussi absurde :
— Coupons nous-mêmes la queue et faisons-la nôtre.
* * *
« Combien de temps encore vas-tu continuer comme ça ? »
À cette exclamation, la salle de banquet, jusque-là bruyante, se tut. Tous les regards se tournèrent vers les deux hommes debout au milieu de la salle.
— Je t’ai autrefois respecté. Comment as-tu pu tomber si bas ?
Comme toujours, Pyo Gigwang avait réuni des artistes martiaux au banquet pour se vanter de ses exploits passés en tant que chef de branche. Il avait peut-être un peu trop forcé sur l’alcool. Quelqu’un avait fini par oser le réprimander.
— Tu n’as pas honte devant tes cadets ?
Et ce n’était pas n’importe qui, mais un artiste martial qui avait autrefois servi dans la Branche du Dragon Noir. Comme il venait de le dire, il avait fidèlement suivi les ordres de Pyo.
*Honte devant les cadets ? Honte de quoi ? D’avoir bu quelques verres et raconté de vieilles histoires ? Qu’est-ce qu’il y a de honteux à ça ?*
Il avait envie de crier :
*Vous savez seulement tout ce que j’ai sacrifié pour l’Alliance ? Vous ne pouvez même pas écouter un vieux souvenir ?*
Mais il n’arrivait pas à le dire. Les regards autour de lui étaient empreints de pitié et de mépris. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait une scène pareille.
Pyo Gigwang sortit de la salle en titubant. Il n’était même pas si ivre, mais il trébucha exprès. Sans faire au moins ça, il se serait senti encore plus pitoyable.
Autrefois, il avait vraiment vécu comme un homme brisé. Ces derniers temps, en revanche, il ne faisait que jouer ce rôle. Tout cela n’était qu’une comédie destinée à montrer qu’il restait un bon à rien.
Mais après ce qui venait de se passer, son cœur s’enfonça dans un froid pesant. Au moins, il n’avait pas voulu subir de tels reproches et une telle humiliation de la part d’un ancien subordonné qu’il estimait.
S’il avait encore été un homme brisé, il aurait peut-être fracassé une bouteille ou répliqué en criant. Mais à présent, le cœur amer, il se contenta de tourner les talons.
*Si mes arts martiaux étaient encore ce qu’ils étaient… vous auriez osé me traiter comme ça ?*
Tant que cette pensée persistait, son amertume ne pouvait que s’aggraver.
Il venait de s’engager sur un sentier forestier désert.
Soudain, une silhouette masquée apparut et lui barra la route.
Avant même qu’il ait pu demander qui c’était, la silhouette dégaina son épée et se rua sur lui.
Il voulut tirer la sienne pour parer le coup, mais son adversaire était trop rapide. *C’est donc comme ça que je vais mourir !* Au moment où le désespoir l’envahit…
Clang !
Quelqu’un s’interposa entre lui et la silhouette masquée et para le coup.
Sa tentative d’attaque surprise ayant échoué, l’agresseur masqué s’enfuit aussitôt.
L’homme qui avait bloqué l’attaque se tourna vers Pyo Gigwang. En reconnaissant son sauveur, celui-ci écarquilla les yeux, stupéfait.
« Jeune chef ? » 8
Quelques artistes martiaux des Treize Loups se lancèrent à la poursuite de l’agresseur en fuite.
— Vous allez bien ?
— Grâce à vous, j’ai survécu.
— Heureusement que je suis arrivé à temps.
Pyo Gigwang était à la fois surpris et déconcerté.
— Jeune chef, que faites-vous ici ?
— Je ne suis pas passé par hasard pour vous sauver. Je suis venu vous voir, chef de branche Pyo.
— Me voir ?
Pour Pyo Gigwang, c’était totalement inattendu.
À cet instant, les Treize Loups qui étaient partis à la poursuite de l’agresseur revinrent.
— Nous l’avons perdu. Sa technique de légèreté était remarquable.
Mais Pyo Gigwang ne remarqua pas qu’ils étaient désormais un de plus qu’au départ. L’agresseur masqué de tout à l’heure n’était autre que Geommugeuk.
Après avoir feint de prendre la fuite, il s’était tranquillement changé, avait revêtu la tenue des Treize Loups et était revenu avec eux.
Bien sûr, Pyo Gigwang n’en savait rien. Il se demandait toujours pourquoi Bih Sa-in était venu le voir.
— Qui a essayé de vous tuer ?
Pyo Gigwang secoua la tête.
— Je l’ignore, moi aussi.
Une chose était certaine : on avait bel et bien voulu le tuer. L’épée qui avait foncé sur lui était animée d’une véritable intention meurtrière et visait précisément son cœur. Sans Bih Sa-in, il serait mort à coup sûr.
— Pourquoi êtes-vous venu me voir ?
— Le nom du chef de branche Pyo est apparu au cours de notre enquête sur l’enlèvement d’enfants par la Bande du Serpent Noir et leur remise à la Porte de l’Épée Fluide. J’ai aussi appris que c’était vous qui aviez demandé au maître de la Porte de récupérer ces enfants. On dit que c’était pour former une organisation secrète. Est-ce vrai ?
Pyo Gigwang était décontenancé. Il ne s’attendait pas à ce que Bih Sa-in vienne soudain le trouver pour l’interroger. Comme Geommugeuk l’avait dit, Bih Sa-in ne perdait pas de temps : il fonçait droit au but.
— L’assassin de tout à l’heure… Je crois qu’on l’a envoyé pour vous éliminer parce que j’ai découvert tout ça.
Bih Sa-in insista délibérément sur le mot « éliminer ». Cela faisait partie du plan de Geommugeuk : faire croire que ceux qui dirigeaient l’opération avaient tenté de tuer Pyo Gigwang, afin de le pousser à tout avouer.
— Quelle organisation secrète êtes-vous en train de former ? Que se passe-t-il dans mon dos ?
Pyo Gigwang ne répondit pas.
Il ne soupçonna pas un instant le Jeune chef d’avoir orchestré l’attaque. Bih Sa-in n’avait aucune raison d’agir ainsi. Surtout, Pyo Gigwang s’était toujours attendu à ce qu’un moment pareil arrive.
*Si l’opération secrète est découverte, ils essaieront de m’éliminer. Le jour est donc enfin arrivé.*
Un sacrifice au nom d’une grande cause. Il accepta l’instant en se disant : *Ça y est. Le moment est venu.*
— Je sais que le chef de branche Pyo s’est dévoué corps et âme à l’Alliance. Et qu’il ne mérite pas d’être traité ainsi. Alors, laissez-moi vous protéger.
Pyo Gigwang avait déjà décidé de se sacrifier pour l’Alliance des voies démoniaques. Il se contenta donc de baisser la tête, sans répondre.
— Je vois. Je vais me retirer pour l’instant. Mais je vais vous envoyer un de mes subordonnés comme escorte.
— Ne sacrifiez pas inutilement votre subordonné.
— Si c’est ce qui vous inquiète, dites-lui tout.
Bih Sa-in se tourna vers son subordonné et lui ordonna :
— Protège bien le chef de branche Pyo.
— J’exécuterai vos ordres.
Celui qui s’avança en réponse n’était autre que Geommugeuk.
L’opération venait de commencer : s’emparer d’une queue sans savoir à quelle tête elle était rattachée, puis la suivre pour découvrir le corps qui se cachait derrière tout ça.
— Je vous protégerai.
1 : Je me demande si tous les autres complots qui ont échoué étaient dus à des régresseurs, eux aussi. La logique voudrait que non, puisque la Technique de la Grande Méthode du Retour n’a été achevée que grâce au travail de Seo Gong. Mais qui sait, peut-être que le Vieux Ciel les a aidés sans elle.
2 : À moins que l’arme ne soit un peu trop capricieuse pour se laisser toucher par quelqu’un d’indigne, comme la Lame du Dragon de Flamme ^^ (Ruler of the Land)
3 : Je le savais !!! Lee Ahn était la seule de son groupe à ne pas avoir d’épée de valeur. Jangho n’en a peut-être pas non plus, mais il a moins de chances de l’accompagner hors du Culte.
4 : On ne peut pas dire que ce soit faux, il donne vraiment cette impression XDXDXD
5 : J’aime beaucoup ce genre de conseils. L’amener à tirer ses propres conclusions l’aidera à mûrir plus vite que si on lui mâchait tout le travail.
6 : À moins que ce ne soit un stratagème pour accroître la réputation de Hwa Moogi ; mais dans ce cas, cela témoignerait de méthodes de manipulation mentale assez ignobles.
7 : Les gens qui suivent leur propre vision de leur organisation peuvent être bien plus dangereux que ceux qui la trahissent par jalousie. Espérons que ce ne soit pas le cas.
8 : Ah, je vois, c’est ce genre de mort. Je pensais qu’ils l’enlèveraient et fabriqueraient de fausses preuves de sa mort.