Chapitre 337
Traducteur : FenrirTL
Relecture et contrôle qualité : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 337 : Parce que mon épée risque de faire moins mal.
Ça ne risquait pas de dérouter Woo Sochu ?
Il n’hésitait que pour une seule raison.
Le même doute que Gong Chan avait eu autrefois.
« Cette personne peut-elle vraiment être le Jeune chef du Culte du Démon Céleste ? »
Très bien. Admettons, pour les besoins de la discussion, que le Jeune chef du Culte du Démon Céleste soit vraiment venu seul. Admettons même qu’il soit dans un état lamentable.
Mais vous voulez me faire croire qu’il a accouru jusqu’ici pour sauver un tavernier et sa famille ? Qu’il reste debout tandis que ces gens de basse condition sont assis ? Qu’il est même allé jusqu’à épousseter la neige sur l’épaule de l’un d’eux ?
Pour Woo Sochu, de telles choses étaient absolument inconcevables.
« Ce n’est pas le Jeune chef du Culte du Démon Céleste. Impossible que ce soit lui. » 1
Il en était certain.
Mais il ne pouvait refuser la demande de son interlocuteur. Les arts martiaux dont celui-ci avait fait preuve en maîtrisant Gong Chan étaient bien réels. Il n’avait pas pu observer la scène en détail depuis l’intérieur du bâtiment, mais il avait vu Gong Chan s’effondrer sans que l’autre lève le petit doigt. Un tel niveau était loin d’être ordinaire.
« Si le Jeune chef m’ordonne de descendre, je le dois. »
En regardant la silhouette descendre lentement l’escalier, Geommugeuk lança d’un ton glacial :
« Vous ne devriez pas descendre simplement parce que je vous l’ai ordonné. Vous devriez le faire parce que la vie de votre subordonné est en jeu. Au lieu de prendre tout votre temps pour descendre, vous devriez bondir jusqu’ici et vérifier d’abord comment va votre homme. »
Woo Sochu bouillait de rage.
Pas seulement à cause de l’ordre de descendre, mais aussi de cette remarque à laquelle il ne pouvait même pas répliquer. C’était humiliant. Les guerriers du bureau d’escorte regardaient, et les villageois assistaient eux aussi à la scène. Sa colère ne faisait que croître.
Voilà pourquoi les cinq personnes assises derrière Geommugeuk lui portaient encore plus sur les nerfs.
« Bande de vauriens ! » 2
Jamais encore il n’avait subi une telle humiliation de la part d’inférieurs. Une fois cette affaire réglée, il ne les laisserait pas s’en tirer.
À l’exception de Jo Chunbae et Yang In, les trois autres n’osaient pas croiser le regard de Woo Sochu.
Dans cette région, le plus puissant était le chef du Bureau d’escorte du Dragon Jaune, et ce n’était autre que lui. Pourtant, ils étaient assis tandis que le chef du bureau se tenait debout.
« Ça fait mal. »
Yang In s’adressa à sa petite sœur. Le regard terrifiant de Woo Sochu l’avait poussée à serrer trop fort la main de celle-ci.
« Désolée. »
« Seon, ça va, maintenant. »
Bien qu’elle sache que Woo Sochu l’entendait, Yang In s’exprima avec assurance. Elle l’ignorait peut-être tout à l’heure, mais maintenant que la personne venue à leur secours était bel et bien le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, elle croyait sincèrement que tout irait bien.
Yang In lança un regard à Jo Chunbae, l’interrogeant des yeux.
« Tout va vraiment bien se passer ? »
Jo Chunbae hocha vigoureusement la tête, confirmant les paroles rassurantes de son épouse avec conviction.
« Ne t’inquiète pas, belle-sœur. »
« Beau-frère ! »
« C’est un moment unique dans une vie, alors autant en profiter. » 3
Jo Chunbae le savait. Il savait exactement quel genre d’homme se tenait devant eux, leur faisant rempart de son corps. Même si ce rempart s’effondrait, ce dos-là ne tomberait jamais.
C’était lui qui avait fait venir les Suprêmes Démoniaques dans sa modeste Taverne du Vent Flottant et les avait convaincus d’y laisser des inscriptions sur le mur. C’était lui qui avait fait venir le Démon Céleste en personne dans son établissement.
Une telle force n’avait rien à voir avec la simple maîtrise des arts martiaux. Il n’y avait jamais eu, et il n’y aurait jamais, de Jeune chef du Culte du Démon Céleste comme lui.
Jo Chunbae se surprit à vouloir vivre longtemps. À quoi ressemblerait le monde lorsque le Jeune chef deviendrait le Démon Céleste ? Que deviendrait le Culte du Démon Céleste sous sa direction ? À quoi ressemblerait le Murim avec lui pour Démon Céleste ? Il voulait tout voir.
Yang In contempla son mari en silence.
C’était un mari qui ne parlait jamais des affaires de la taverne. Comment aurait-elle pu ignorer à quel point il était difficile de gérer les clients ivres ?
Mais depuis la visite du Jeune chef, il avait changé. Chaque fois que Geommugeuk ou les Suprêmes Démoniaques venaient, il racontait avec enthousiasme les événements de la journée, les yeux brillants comme des étoiles. C’était le même regard qu’il posait maintenant sur Geommugeuk. Et aujourd’hui, l’étoile brillait plus fort que jamais.
Geommugeuk reprit une attitude polie et calme. Après tout, son objectif principal était de blanchir Jonghak avant que quiconque ne cherche à se venger.
« Maintenant que vous êtes descendu, parlons-en tous ensemble. Vous ne vous demandez pas, Chef, pourquoi le capitaine d’escorte Gong a tenté de tuer un porteur innocent ? »
Woo Sochu répliqua aussitôt :
« Je n’ai pas essayé de le tuer. Je voulais couper les mains qui avaient volé. Et qu’est-ce que c’est que cette histoire de meurtre et d’extermination ? Il ne serait pas mort simplement parce qu’on lui aurait coupé les poignets, si ? »
Geommugeuk était certain que Gong Chan avait tenté de tuer Jonghak.
« Si on vous coupait les deux mains ici, vous croyez que vous arriveriez vivant jusqu’à un médecin ? Supposons que je vous les coupe toutes les deux. Vous pensez pouvoir courir chez un médecin et survivre sans utiliser votre légèreté ? Pour quelqu’un qui ne maîtrise pas les arts martiaux, le simple fait de se faire couper les mains suffit à le faire s’évanouir sur-le-champ. » 4
Woo Sochu ne trouva rien à répondre. Il perdrait tant de sang que, sans soins appropriés, même lui risquait de ne pas survivre.
Les villageois qui observaient la scène se tournèrent les uns vers les autres et se mirent à chuchoter. On les avait fait sortir en leur disant qu’un voleur allait avoir les mains tranchées en guise de punition ; la vérité qui se révélait à présent était tout autre.
Les guerriers du bureau d’escorte se méfiaient déjà, à voir les réactions de Gong Chan et de Woo Sochu. Ils sentaient qu’une machination se cachait derrière tout ça. Pour l’instant, ils se contentèrent de regarder en silence. Après tout, celui qui leur faisait face était un démon hors du commun.
Geommugeuk s’adressa à Gong Chan et Woo Sochu :
« Vous avez non seulement essayé de prendre la vie de cet homme, mais aussi de lui ôter son honneur. »
Jonghak laissa échapper un long soupir. Lorsque Geommugeuk prononça ces mots devant tout le monde, il eut l’impression qu’un poids qui lui comprimait la poitrine venait enfin de s’envoler. Ce qui l’avait le plus tourmenté, après avoir failli faire perdre la langue à son beau-frère, c’était d’avoir été accusé à tort de vol. De toute sa vie, il n’avait jamais convoité le bien d’autrui. Peut-être était-ce pour cela que l’accusation l’avait blessé plus encore.
Geommugeuk s’avança et épousseta doucement la neige sur l’épaule de Jonghak, une nouvelle fois.
La vieille Yoon observa la scène en silence, puis souffla à sa fille aînée :
« Il est jeune, mais il a l’étoffe d’un véritable adulte. »
Seul quelqu’un qui avait affronté les tempêtes de la vie pouvait voir certaines choses.
Pendant ce temps, Geommugeuk posa une autre question devant Woo Sochu.
« Chef Woo, quelque chose m’intrigue. À voir ce capitaine d’escorte Gong, il est manifestement impulsif et cruel. Alors pourquoi n’a-t-il pas tué cet homme pendant la mission d’escorte ? Vu son caractère, c’était pourtant très probable. »
Gong Chan resta figé de peur, le visage changeant tandis qu’il jetait des regards à Geommugeuk et à Woo Sochu.
En le fixant droit dans les yeux, Geommugeuk lui demanda :
« Vous deviez, par hasard, revenir faire votre rapport à quelqu’un ? »
Et qui pouvait bien être cette personne ? Naturellement, tous les regards se tournèrent vers Woo Sochu.
« Cette personne, c’était le chef Woo ? »
Gong Chan ne répondit pas. Mais son silence leur apprit tout ce qu’ils avaient besoin de savoir.
« Vous n’arrivez même pas à dire “non” tout de suite. »
Woo Sochu intervint aussitôt :
« Pourtant, il n’a pas dit “oui” non plus. Avec vous qui le menacez de mort, comment voulez-vous qu’il réponde correctement ? »
Mais Geommugeuk avait compris. Au moment où Gong Chan s’apprêtait à parler, Woo Sochu lui avait envoyé un message télépathique.
« Qu’est-ce que votre chef vous a soufflé par transmission ? Il vous a menacé de mort ? Il vous a promis une fortune si vous teniez bon ? Il vous a offert le poste de capitaine d’escorte en échange ? Ou bien les trois à la fois ? »
Gong Chan regarda Geommugeuk, stupéfait.
« Mais qui est cet homme… ? »
À sa grande stupeur, les trois propositions étaient vraies.
Gong Chan avait fait son rapport à Woo Sochu. Toute cette affaire s’était déroulée sur les ordres stricts du chef du bureau.
Et il était vrai aussi que Woo Sochu venait de lui envoyer un message télépathique : s’il avouait, il le tuerait de sa propre main. En même temps, il lui avait fait miroiter une belle récompense et le poste de capitaine en chef des escortes.
Bien sûr, ce genre de stratagème ne servait à rien face à quelqu’un comme Geommugeuk.
« Je suis désolé de vous le dire, mais même s’il vous promettait cent millions d’or au lieu de dix millions, ça ne changerait rien. Si vous ne dites pas toute la vérité ici et maintenant, vous mourrez de ma main. »
Woo Sochu tenta alors de convaincre Gong Chan :
« Si cet homme est vraiment le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, il ne peut absolument pas vous tuer. Un démon qui tue le capitaine d’escorte d’une faction orthodoxe ? Et le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, qui plus est ? Si cela arrivait, le monde des arts martiaux serait plongé dans le chaos. Faites-moi confiance. » 5
Gong Chan finit par garder le silence. S’il parvenait seulement à passer ce mauvais moment, il toucherait une somme colossale et deviendrait même capitaine en chef des escortes. Woo Sochu le sauverait, ne serait-ce que pour se protéger lui-même.
Le regard de Geommugeuk se glaça tandis qu’il libérait son énergie démoniaque.
« C’est vrai, bien sûr. Si vous étiez du genre à entendre raison, vous n’auriez jamais fait une chose pareille. »
L’énergie démoniaque ne s’en prit à personne d’autre : elle fila droit sur Gong Chan.
Gong Chan regarda autour de lui. Il se tenait au milieu du ciel. Il ne trouva cela beau qu’un instant. Puis il se sentit entraîné sous l’eau.
Un abîme noir comme la nuit l’attendait, et il ne voyait rien. Ce n’était pas une illusion. Il avait vraiment l’impression de se noyer ; il n’arrivait réellement plus à respirer. Comment une simple intention pouvait-elle provoquer cela ?
La douleur était atroce. Il aurait voulu perdre connaissance, mais l’intention de Geommugeuk reflétait exactement sa volonté.
Le supplice se poursuivit sans relâche. Au bord de la mort, on lui accordait une bouffée d’air ; il reprenait conscience, puis replongeait dans l’agonie de l’asphyxie. 6
« Je vous en prie ! Je vous en prie ! Tuez-moi plutôt ! »
La douleur était si insupportable qu’au lieu de supplier qu’on le laisse vivre, sa première pensée fut de réclamer la mort.
La voix de Geommugeuk résonna alors :
— Vous voulez vivre ?
La volonté ? La loyauté ? S’il pouvait seulement respirer de nouveau, il offrirait même son âme.
« Oui, je vous en prie, épargnez-moi ! »
— Alors dites la vérité.
À bout de souffle, il se redressa brusquement et cria :
« C’est le chef Woo qui a donné l’ordre ! »
Woo Sochu resta silencieux. On aurait dit qu’il l’admettait.
Mais ce n’était pas un aveu. En réalité, Geommugeuk avait secrètement maîtrisé ses points de pression et ses points sanguins, dont le Trou du Démon.
Comme lorsque Gong Chan avait tenté de trancher la main de Jonghak tout à l’heure, Geommugeuk lui avait fait croire qu’il avouait. La situation se répétait.
Woo Sochu était sous le choc. Quelle que soit la maîtrise des arts martiaux d’un homme, il aurait dû être impossible de lui bloquer les points sanguins sans qu’il s’en aperçoive, et de surcroît à distance.
« Il est vraiment le Jeune chef ! »
Pendant ce temps, Geommugeuk poursuivit son interrogatoire de Gong Chan.
« Alors, qui est l’homme avec un point sur le front ? »
« Je ne sais pas. Le chef m’a dit d’aller le rencontrer. Il m’a indiqué où et quand récupérer le prochain paquet. »
« Vous savez ce que contient le paquet ? »
« Non. »
« Quand deviez-vous récupérer le prochain ? »
« Dans trois jours, dans la Forêt des Sources Limpides. »
Mais Geommugeuk posa une question encore plus importante.
« Pourquoi avez-vous essayé de couper la main du porteur Jonghak ? »
« Quand j’ai signalé que ce vaurien avait surpris notre rencontre secrète, le chef a dit qu’il fallait régler le problème en lui coupant les mains. »
À cet instant, Jonghak fut lavé de toute accusation.
Les regards des guerriers du bureau d’escorte et des villageois se tournèrent vers le chef. Le visage rouge de honte, Woo Sochu était toujours incapable de prononcer un mot.
« Les guerriers du bureau d’escorte ont-ils participé à cette affaire ? »
« Il n’y avait que moi. Les autres n’ont fait qu’obéir aux ordres. Non, moi aussi, j’ai seulement suivi les ordres du chef. »
Il rejeta aussitôt toute la faute sur le chef.
« Je vous ai tout dit, alors… vous allez me laisser vivre, n’est-ce pas ? »
Gong Chan n’était pas le seul à attendre la réponse avec anxiété. La famille de Jo Chunbae, derrière Geommugeuk, était encore plus nerveuse.
Jonghak, surtout, pria en silence : « Je vous en prie, ne le laissez pas vivre ! » Il craignait que Gong Chan ne cherche à se venger de lui si on l’épargnait. 7
« Pourquoi le ferais-je ? »
À la question de Geommugeuk, Gong Chan haussa la voix :
« Vous n’avez pas dit que je vivrais si je disais la vérité ? »
« Vous n’avez pas parlé quand je vous ai interrogé, si ? Vous n’avez répondu qu’après que je vous ai fait pression avec mon énergie démoniaque, n’est-ce pas ? »
Gong Chan comprit. Geommugeuk n’avait jamais eu l’intention de le laisser vivre. Alors qu’il s’apprêtait à l’insulter, son Trou du Démon était déjà bloqué. Une maîtrise incompréhensible : même les fantômes seraient impuissants une fois leur énergie interne et leurs méridiens maîtrisés.
Pas même un dernier mot du genre : « Sois meilleur dans ta prochaine vie. » Geommugeuk rejetait jusqu’à la moindre valeur de l’existence de Gong Chan. 8
Vroum !
Sans la moindre pitié, le poing de Geommugeuk s’abattit sur lui.
KRAAAAC !
Le tonnerre gronda, comme si le châtiment divin venait de s’abattre.
PAF.
D’un seul coup, les côtes de Gong Chan volèrent en éclats et son corps fut projeté contre le mur d’un bâtiment lointain. Mais il était déjà mort avant même de le heurter.
« Vous avez voulu couper les mains d’un innocent, et vous avez même essayé de trancher la langue de mon ami. Vous étiez déjà un homme mort. »
Il prononça ces mots pour que les villageois et les guerriers du bureau d’escorte les entendent. Ils devaient comprendre ce que signifiait exactement cette mort. C’était la seule façon pour que la famille de Jonghak puisse continuer à vivre ici.
Les guerriers du bureau d’escorte et les villageois qui avaient assisté à la scène estimèrent tous que le châtiment était juste.
Jonghak poussa un soupir de soulagement.
Devant le soulagement de son mari, Yang Seon le serra dans ses bras.
Yang In le ressentit aussi : lorsque Geommugeuk avait appelé Jonghak son ami, elle avait senti la main de son mari se resserrer autour de la sienne.
D’une voix tremblante, Jo Chunbae dit :
« Vous êtes bien trop bon pour être l’ami d’un homme comme moi. »
Geommugeuk se tourna alors vers lui et lui sourit.
« Bien sûr. Je vais devenir le Démon Céleste, après tout. Je suis un ami trop bien pour n’importe qui. »
La plaisanterie désinvolte de Geommugeuk apaisa le cœur de Jo Chunbae.
« Vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous suis reconnaissant. »
Jo Chunbae garderait sa gratitude au cœur jusqu’à la fin de ses jours.
Puis Geommugeuk prononça des mots inattendus :
« C’est moi qui devrais vous remercier. »
« Quoi ? »
« C’est vous, Maître de la taverne, qui m’avez sauvé. »
Jo Chunbae ouvrit de grands yeux, sans comprendre ce que Geommugeuk voulait dire. Celui-ci lui adressa un léger sourire, puis se détourna.
Merci de m’avoir permis de protéger ma Voie démoniaque, Jo Chunbae.
Geommugeuk s’approcha de Woo Sochu.
« Heureusement, on dirait que nous avons démêlé le vrai du faux. »
Ce n’était pas la seule chose qui avait été démêlée. À un moment ou à un autre, les points de pression de Woo Sochu avaient eux aussi été libérés.
« Vous ! Vous vous rendez seulement compte de ce que vous avez fait ? Vous venez de tuer le capitaine d’escorte du Bureau d’escorte du Dragon Jaune ! »
Il se tourna vers les guerriers du bureau d’escorte et cria :
« C’est tout à fait distinct des crimes de Gong Chan ! Un démon vient de tuer un guerrier orthodoxe ! C’est une attaque du Culte du Démon Céleste contre les factions orthodoxes ! » 9
Ses cris résonnèrent dans le vide. Pas une seule personne ne soutint ses propos. Dès qu’on avait découvert qu’il avait ordonné de couper les poignets de Jonghak sur la base de fausses accusations, l’autorité du chef du Bureau d’escorte du Dragon Jaune s’était effondrée. Il n’était plus qu’un hypocrite qui avait tenté de tuer un innocent pour son propre profit.
« Si vous me touchez, une guerre éclatera entre les factions orthodoxes et démoniaques ! À cause de vous, d’innombrables vies seront perdues ! »
Face à sa frénésie, Geommugeuk demeura calme.
« Vous avez déjà prouvé que vous êtes incapable de comprendre la raison ou de lire la situation. Je vais donc continuer à agir à ma façon. Ou plutôt, à la vôtre. »
Woo Sochu cligna des yeux, déconcerté par ces paroles, quand…
Frrt.
Sa main gauche se tendit d’elle-même. Son Trou du Démon ayant déjà été maîtrisé, il ne pouvait pas résister.
« Qu’est-ce que vous essayez de faire ? »
« Ce que vous avez essayé de faire. Vous n’avez pas rassemblé tous ces gens pour leur montrer ce qui arrivait aux criminels ? Pour leur donner une leçon en leur faisant assister à une punition ? »
Geommugeuk tendit la main, et l’épée qui reposait à la taille du cadavre de Gong Chan, loin de là, s’envola. La lame fendit l’air et atterrit dans sa paume.
« Mon épée est si tranchante que je me suis dit qu’elle ferait peut-être moins mal. » 10
Comprenant les intentions de Geommugeuk, Woo Sochu fut saisi de terreur.
« Arrêtez ! Ne faites pas ça ! Arrêtez ! »
« Ça va. Vous l’avez dit vous-même, non ? Qu’on ne mourait pas simplement parce qu’on vous coupait un poignet. »
« Pourquoi faites-vous ça, Jeune chef ? Jeune chef, je vous en prie ! »
« Très bien. Je vais vous laisser une chance. »
Les paroles qui sortirent de la bouche de Geommugeuk étaient aussi terrifiantes que l’éclat glacial de ses yeux.
« Si vous ne répondez pas avant que je compte jusqu’à trois, je vous couperai d’abord la main gauche, puis je vous poserai la question à nouveau. »
Il leva l’épée, prêt à frapper à tout instant, et demanda :
« Qui est l’homme avec un point sur le front ? Un, deux… »
1 : Vous voyez ? Dès que ça ne correspond pas à sa façon de penser, il rejette complètement l’idée. Les gens comme ça deviennent hostiles quand on essaie de leur montrer à quel point leur vision est étroite, même avec des preuves légitimes et faciles à comprendre. Et malheureusement, ils sont TRÈS nombreux. Wizard’s First Rule !!!
2 : En quoi leur es-tu supérieur, au juste ? Ils ont fait preuve de loyauté, de détermination et de courage. Toi, tu as fait preuve de rancune, d’arrogance et d’égoïsme. Je crois qu’on sait tous qui sont les meilleures personnes ici.
3 : « Quelqu’un peut m’apporter des cocktails !!! » XDXDXD
4 : À cause de la douleur et de la perte de sang.
5 : Il a déjà tué Yarhuyan, le maître du petit-fils du Chef de l’Alliance du Murim, ainsi que plusieurs figures du Murim orthodoxe qui s’étaient ralliées à la Société céleste. À côté de ça, tu ne représentes rien.
6 : Sa maîtrise de son intention est d’une précision incroyable. Tu sais quoi, je vais ajouter un rappel à la fin du chapitre. *
7 : Oui, c’est bien le genre à faire ça. Voilà pourquoi notre Voie démoniaque élimine toujours les méchants !
8 : Pour Geommugeuk, ce serait plutôt : « Reste en enfer, ordure. »
9 : Redis-le, mais avec plus de conviction. Orthodoxes !!! XDXDXD
10 : Dommage qu’elle ne soit pas rouillée ; un petit tétanos, ça ne peut pas faire de mal~~ ^^ De toute façon, il ne restera pas en vie bien longtemps XDXDXD
* : L’intention de Geommugeuk se divise en trois parties : le ciel et son reflet, l’abîme et le champ de bataille. Il peut la libérer en partie, comme ici, pour intimider les plus faibles et les soumettre.
Son intention reflète fidèlement son état d’esprit : il a toujours aspiré au ciel et à la liberté qu’il y cherchait, comme en témoigne la couleur de son énergie interne. De plus, il se sert de son attitude enjouée pour masquer le reste de ses pensées, comme le reflet dissimule l’abîme.
L’abîme le relie à la fois à son père et au vide, à la dépression qu’il a ressentie après la chute du culte. Il n’a réussi à s’en défaire qu’en partie après avoir découvert la Technique de la Grande Méthode du Retour grâce à Seojin.
Quant au champ de bataille, il incarne l’horreur de ce jour où il a tout perdu, les gens qu’il a tués pour satisfaire son obsession et la résolution qui s’est cristallisée en lui. Après tout, c’est précisément ce qu’il souhaite désespérément empêcher ; cela le hante donc sans cesse et le pousse à s’entraîner toujours davantage.
Pour finir, au chapitre 314, Hwan Yeon a utilisé l’Art de Répression de l’Âme-Démon pour contempler le subconscient et les traumatismes latents de Geommugeuk. Elle y a vu une plaine enneigée à perte de vue, marquée par ses empreintes, représentation de son passé solitaire, de ses épreuves, de ses tourments et de la solitude qui soufflait dans le vent. C’est une partie de Geommugeuk qu’il ignore lui-même, ou à laquelle il préfère éviter de penser. Il est probable qu’on ne la voie plus, mais si elle réapparaît, elle se situera sans doute entre l’abîme et le champ de bataille.