Chapitre 332
Traducteur : FenrirTL
Éditeur et relecteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 332 : J’ai essayé de le réconforter à ma manière
J’avais un cadeau pour le Grand Démon Ivrogne.
Sur le chemin du retour, je m’étais arrêté dans une distillerie réputée des Terres Sauvages pour y acheter de l’alcool.
Jeokyeon déchargea les caisses de bouteilles de la carriole. Il n’y en avait pas qu’une ou deux. J’avais acheté plusieurs bouteilles de différentes sortes, de quoi lui permettre d’en profiter un bon moment.
« Tu n’as quand même pas acheté tout ça pour moi ? »
— J’ai choisi des boissons qui devraient te plaire, mais je ne sais pas si tu les aimeras. J’ai volontairement évité celles qui étaient trop fortes. Je me suis dit qu’il valait mieux penser à ta santé.
Song Sa-Hyuk, pris au dépourvu par ce cadeau inattendu, eut l’air décontenancé. À l’origine, il était venu lancer une pique à Geommugeuk, pour lui demander si tout s’était bien passé sans lui ni le Démon Bouddha. Mais un cadeau ?
Mabul prit la parole à ma place.
« Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste s’est arrêté dans plusieurs endroits des Terres Sauvages pour vous. Il n’a pas hésité à faire un grand détour. »
Le Démon Bouddha profita de l’occasion pour se faire pardonner de n’avoir pas remis l’herbe empoisonnée à Geommugeuk.
« Bon, je vous laisse discuter tous les deux. Je me rends à la salle du chef du Culte. »
Sur ces mots, il s’éloigna.
Après son départ, le Grand Démon Ivrogne examina les bouteilles. Ce qui l’émut, ce n’était pas seulement que j’aie acheté de l’alcool. C’était de retrouver là toutes les boissons que nous avions appréciées ensemble, lorsque nous avions bu dans les Terres Sauvages. Je m’en étais souvenu.
Le Grand Démon Ivrogne prit une bouteille, en ôta le bouchon et but directement au goulot.
La liqueur avait un goût incroyablement doux.
« Fais-moi goûter. »
Je pris la bouteille qu’il me tendait et bus à mon tour.
« Elle a vraiment un goût différent de celles des Plaines centrales. Je viendrai bientôt vous rendre visite, alors nous partagerons de nouveau un verre. »
C’est alors que quelqu’un d’autre arriva.
« Te voilà de retour ? »
C’était la Suprême de l’Épée Tranchante.
Song Sa-Hyuk lui lança d’un ton piquant :
« Je croyais que tu étais trop occupée à t’entraîner. »
Elle était venue parce qu’elle voulait voir Geommugeuk. Elle tenait aussi à montrer qu’elle s’entraînait toujours : pas de maquillage, elle ne se souciait pas de son apparence. Mais ce n’était pas sa seule raison.
« Je voulais te dire que la prochaine fois, tu devrais emmener notre ivrogne avec toi. Mais on dirait que ce ne sera pas nécessaire. »
Elle jeta un coup d’œil aux caisses d’alcool et demanda :
« Tu en as acheté beaucoup. Tu ne m’as pas rapporté de cadeau ? »
« Désolé, mais cette fois, le cadeau était réservé à notre Grand Démon Ivrogne. »
Song Sa-Hyuk se tourna alors vers moi.
« Pas même un pour le chef du Culte ? »
Je hochai la tête.
Il eut l’air décontenancé, mais aussi ravi.
D’ordinaire, il aurait saisi l’occasion pour lancer une plaisanterie bien sonore, mais pas devant So Yeonrang. Comment aurait-elle pu ne pas comprendre ? Elle était manifestement venue protester parce que seul le Démon Bouddha avait été du voyage.
La Suprême de l’Épée Tranchante me demanda :
« Et la mission ? »
« C’est réglé. »
« Évidemment, puisque c’est toi qui t’en es chargé. »
« Il y a eu quelques moments dangereux. »
Elle répéta ce qu’elle avait déjà dit :
« Évidemment, puisque c’est toi qui t’en es chargé. »
C’était sa façon de dire que Geommugeuk attirait toujours les tempêtes et les bourrasques.
« Maintenant que tu es de retour, passe nous voir à l’occasion. »
« Oui, je viendrai vous voir bientôt. »
So Yeonrang regarda le Grand Démon Ivrogne et lui demanda :
« Tu veux que je t’aide à les porter ? »
Song Sa-Hyuk acquiesça. Avec leur force intérieure, dix caisses ou même cent ne leur poseraient aucun problème. Elle le savait ; elle avait simplement posé la question.
Le Grand Démon Ivrogne et la Suprême de l’Épée Tranchante prirent chacun plusieurs caisses remplies de bouteilles, puis partirent côte à côte vers leur destination.
Après un moment de marche, So Yeonrang lui lança soudain :
« Suprême Démoniaque, il serait temps que tu grandisses un peu. »
Song Sa-Hyuk ne trouva rien à répondre.
À peine ces deux-là étaient-ils partis qu’un autre Suprême Démoniaque arriva. Cette fois, c’était le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes.
« Vous êtes revenus sains et saufs ? »
Comme tout le voyage dans les Terres Sauvages avait commencé à cause d’elle, comment aurait-elle pu ne pas venir les accueillir ?
« Grâce à votre sollicitude, le voyage s’est bien passé. »
Après les salutations, Cheongseon demanda des nouvelles de Jeong Dae.
« Où est le Maître ? »
« Le chef du Culte est resté au Culte du Vent Céleste. »
La voyant surprise, je m’empressai d’ajouter :
« Il a dit qu’il viendrait dès que ses affaires seraient réglées là-bas. Il ne devrait donc pas tarder. »
La déception passa sur son visage. De toute évidence, le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes attendait le retour de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste plus que quiconque. Ces derniers temps, le chef du Culte était devenu extrêmement populaire auprès de ses disciples.
Après son départ, Seo Daeryong lança :
« Mais combien de Suprêmes Démoniaques sont venus ici ? Voyons… un, deux… Ça en fait déjà quatre ! »
Je répondis :
« Non, cinq. »
« Hein ? Je me suis trompé dans mon compte ? »
Mon regard se posa sur une immense statue, au loin.
« Il y en a un autre, là-bas. »
« Qui ça ? »
Seo Daeryong plissa les yeux, mais il ne parvint pas à distinguer qui c’était d’aussi loin.
Grâce à la Nouvelle Technique de l’Œil, en revanche, je voyais parfaitement. C’était quelqu’un que j’étais plus heureux de revoir que n’importe qui d’autre.
Masqué de blanc, les bras croisés, il observait la scène en silence, au loin. C’était le Démon au Sourire Maléfique. Il se tenait au sommet de la statue, comme la fois précédente.
« Soma-nim ! »
Même de si loin, il était venu me voir rentrer.
La dernière fois, il avait dit que ce serait peut-être lui qui m’accueillerait à mon retour au Culte. Ce n’étaient pas de simples paroles : il était vraiment revenu pour me souhaiter la bienvenue.
« Merci, Soma-nim. Je viendrai vous voir plus tard. »
Ignorant s’il pouvait me voir, je m’inclinai dans sa direction, puis me tournai vers la salle du chef du Culte.
Car, en cet instant, mon père me manquait terriblement.
* * *
Dans le Pavillon du Démon Céleste, mon père se trouvait avec le Conseiller stratégique Sima Myung.
Mabul les avait déjà salués et était reparti.
« Je suis de retour, père. »
Il accueillit ma salutation d’un air sévère, mais j’étais si heureux de le revoir. J’aurais voulu que mon visage laisse paraître ce que je ressentais. J’aurais voulu que mon père le remarque.
« Conseiller stratégique, je suis de retour. »
« Vous avez bien travaillé, Jeune chef du Culte. »
La Lune Cachée l’avait déjà informé de tout ce qui s’était passé dans les Terres Sauvages.
« Pendant ce temps, nous n’avons détecté aucun mouvement lié au Culte du Sang de notre côté. C’était entièrement ma faute. »
« Ce n’est pas de votre faute. Avant de mourir, cet homme m’a dit qu’il avait d’abord voulu faire renaître le Culte du Sang, mais qu’il avait changé d’avis. Pour le prouver, il a même tenté de détruire le dernier sanctuaire que le Culte du Sang avait laissé derrière lui, dans ses derniers instants. Il n’était mû que par ses désirs personnels. »
Bien sûr, Sima Myung devait en avoir eu le pressentiment. Après tout, Baekcheongyeong, qui avait agi en secret au sein de l’Alliance du Murim, n’avait aucun lien avec le Culte du Sang.
« Il se peut qu’il reste des survivants. Restez sur vos gardes. »
« Ce sont eux qui devraient se méfier. Savent-ils seulement au fils de qui ils s’en sont pris ? »
Ma plaisanterie fit sourire Sima Myung.
Alors mon père, qui s’était contenté d’écouter jusque-là, me posa soudain une question.
« Quel genre de personnes sont-ils ? »
Il alla droit au but, sans préambule. Il me demandait ce que m’avait dicté mon instinct.
« Ils sont extrêmement dangereux. Plus que n’importe quelle organisation apparue jusqu’ici dans le Murim. Personne n’a jamais osé s’en prendre en même temps au Culte du Démon Céleste, à l’Alliance du Murim et aux Terres Sauvages. »
Geom Woojin acquiesça lentement.
En regardant Sima Myung, mon père déclara :
« On dirait que tu vas avoir fort à faire. »
C’était à la fois un ordre lui enjoignant d’agir avec prudence et une marque de confiance.
« Je vous ferai rapport dès que j’aurai de nouvelles informations. Je vais vous laisser tous les deux discuter. »
Sima Myung s’inclina respectueusement, puis se retira.
Mon père descendit du Trône du Zénith Céleste.
« Allons marcher un peu. »
« Oui, père. »
Depuis quelque temps, mon père avait pris goût à nos promenades. Marcher ensemble dans la cour intérieure m’était bénéfique à bien des égards. Chaque fois que les membres du Culte nous voyaient ainsi, leur respect et leur loyauté envers moi s’en trouvaient renforcés.
« Ah, c’est vrai. Père, j’ai percé le secret de la Boîte secrète. »
Mon père s’arrêta, surpris.
Je sortis la Boîte secrète de ma robe et lui racontai comment j’avais absorbé l’aura de l’Œil noir au Culte du Vent Céleste.
« Si vous le souhaitez, je vous la rendrai. »
« C’est un objet du destin, désormais lié à toi. Il t’appartient. »
Mon père savait toujours m’émouvoir dans ces moments-là. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était vraiment mon père.
Au lieu de prendre la Boîte secrète, Geom Woojin me saisit le poignet. Un courant d’énergie le traversa. Il vérifiait que mon corps n’avait rien.
« Il y a bel et bien une énergie étrangère en toi, mais je ne parviens pas à l’identifier. Elle ne semble toutefois pas malveillante. »
Je baissai les yeux vers la Boîte secrète que je tenais dans ma main. Comme mon père l’avait dit, cet objet était désormais lié à mon destin. Et je le sentais : il ne me ferait pas de mal.
« Si mon corps venait à changer, je vous le dirais aussitôt. »
Je ne sentais pas l’aura de l’Œil noir, mais je percevais l’inquiétude de mon père. C’était une force plus précieuse et plus puissante que n’importe quelle énergie au monde.
« Ah, et l’ancien chef du Culte du Vent Céleste est resté au Culte. Cet incident l’a rapproché du chef actuel. Comme toi et moi, père. »
« Tu trouves que nous nous sommes rapprochés ? »
« “Rapprochés”, ce n’est pas assez fort. Nous sommes liés, complices, inséparables. Ah ! Ce sentiment… il n’y a pas de mots pour le décrire. »
Un sourire en coin apparut sur les lèvres de mon père. En le voyant sourire, je me sentis envahi d’un doux soulagement : j’étais vraiment chez moi.
« Il y a quelqu’un d’autre dont tu devrais te rapprocher, tu ne crois pas ? »
Je ris et répondis :
« J’avais l’intention d’aller présenter mes respects à mon frère en premier. »
* * *
La tension régnait dans l’Atelier de fer du Culte du Démon Céleste.
Une nouvelle arme était en cours de finalisation avant les essais. Aujourd’hui, il s’agissait d’une paire de gantelets conçus pour les pratiquants des techniques de poing.
« Les gantelets que nous avons mis au point cette fois sont faits d’un matériau si fin et si souple qu’on ne sentira même pas qu’on les porte. Leur résistance a toutefois été considérablement accrue : une lame ne pourra plus les trancher. »
Celui qui donnait ces explications était Maître Gwak, de l’Atelier de fer. Devant lui se tenait le Jeune Maître aîné, Geom Muyang.
C’était Geom Muyang lui-même qui avait conçu et dirigé la mise au point de ces gantelets. Il était désormais responsable de plusieurs tâches essentielles au sein du Culte du Démon Céleste.
Au début, Geom Muyang avait pensé qu’on le reléguerait à un poste secondaire.
Mais Geommugeuk lui avait confié bon nombre de ses responsabilités importantes. Pas seulement des tâches administratives : il lui avait également confié des affaires liées aux unités d’élite du Culte, et même des missions concernant les Huit Suprêmes démoniaques. C’était une marque de confiance manifeste de la part de son cadet.
Les essais de résistance furent concluants. Même frappés par une lame, les gantelets n’avaient pas été endommagés. Les spectateurs poussèrent des cris de joie.
« Et ce n’est pas tout : ils décuplent la puissance des poings. »
« Vous avez bien travaillé. »
« C’est vous, Jeune Maître aîné, qui avez vraiment travaillé dur. »
En vérité, Maître Gwak avait souvent secoué la tête au cours de ce projet. Il avait toujours été fier de son souci du détail, mais à côté du Jeune Maître aîné, il se sentait aussi paresseux qu’un fainéant.
Geom Muyang passait plusieurs fois par jour à l’Atelier pour suivre les progrès. S’il repérait le moindre défaut, il demandait qu’on recommence tout.
Pour autant, Geom Muyang ne se contentait pas de donner des ordres. Il faisait lui-même les recherches, montrait l’exemple et examinait les matériaux de ses propres yeux. L’Atelier de fer n’avait donc aucune raison de se plaindre. Grâce à lui, ils avaient réussi à fabriquer les meilleurs gantelets à ce jour.
« Nous en avons préparé pour cinquante personnes. Jeune Maître aîné, vous devriez les remettre en personne à la Faction du Poing de l’Est. »
Après tout le travail qu’il y avait consacré, il avait bien mérité de s’en attribuer le mérite.
« Merci d’avoir pensé à moi. »
« À voir ces gantelets, je pense que le Roi Démon du Poing en sera très satisfait. »
« Un jour, il faudra que nous en fabriquions une paire digne du Roi Démon du Poing lui-même. »
La qualité était excellente, mais ces gantelets étaient tout de même destinés à être produits en grande quantité.
« Espérons que ceux-là seront fabriqués dans un autre atelier. »
À la plaisanterie du maître d’atelier Gwak, Geom Muyang esquissa un faible sourire.
C’est alors qu’une voix retentit derrière eux :
« Comme prévu ! La loyauté, c’est une affaire de famille. »
Les deux hommes se retournèrent et virent Geommugeuk entrer dans l’Atelier.
« Va donc fabriquer de l’équipement pour celui qui t’a soutenu en premier. »
Pendant la lutte pour la succession, Dan Woo-gang avait officiellement annoncé qu’il soutenait Geom Muyang.
Contrairement à autrefois, Geom Muyang accueillit la pique avec légèreté.
« C’est évident. Je ne fabriquerai plus d’équipement que pour le Roi Démon du Poing et le Démon Bouddha. Si ça ne te plaît pas, tu peux toujours me mettre à la porte. »
« Tu es trop doué pour qu’on se prive de toi. »
Geommugeuk se tourna vers Gwak Bangju et le salua poliment.
« Cela fait longtemps, Maître Gwak. »
« J’ai appris que vous étiez de retour. »
« Puis-je essayer les gantelets ? »
« Bien sûr. »
Geommugeuk enfila les gantelets. Maître Gwak l’observait avec une pointe de nervosité. Tout le monde savait que Geommugeuk avait hérité des arts martiaux du Roi Démon du Poing. C’était le premier essai réalisé par un véritable maître des techniques de poing.
Après quelques mouvements d’essai, des coups de poing lancés dans le vide comme s’il affrontait un adversaire, Geommugeuk afficha un sourire satisfait.
« Ils sont excellents. Puis-je garder cette paire ? »
Gwak Bangju se détendit enfin.
« Bien sûr. »
« Alors, Maître d’atelier, signez-les en souvenir. Cela ne décuplera-t-il pas leur valeur ? »
En souriant, Maître Gwak s’écarta pour les laisser discuter.
Lorsque Geom Muyang voulut porter à lui seul la caisse de gantelets, Geommugeuk en prit la moitié pour l’aider.
Ils marchèrent côte à côte.
« Mabul nous a été d’une aide précieuse pendant cette dernière mission. »
« C’est un brave homme. Ne lui manque jamais de respect. »
Geommugeuk regarda Geom Muyang en souriant.
« Pourquoi tu souris ? »
« Tu sais, quand on y pense, tu prends soin des gens qui t’entourent. Comme lorsque tu as fait fabriquer les gantelets en priorité. »
« C’est juste une histoire de fermer la porte de l’écurie après que le cheval s’est enfui. »
« Le cheval n’est pas allé bien loin. Il traînait encore près de l’écurie. »
Geom Muyang eut un bref éclat de rire.
« Merci, grand frère. »
En réponse, Geom Muyang parla d’un ton quelque peu froid :
« Sais-tu que je le regrette plusieurs fois par jour ? Chaque soir, je m’endors en m’imaginant héritier. Je ne mérite pas tes remerciements, alors ne me remercie pas. »
« C’est justement pour ça que je te remercie. »
« Quoi ? »
« Merci de me l’avoir dit. Et si ça recommence à bouillir en toi, si tu as l’impression de ne plus pouvoir te contenir, viens me trouver et parle-moi comme tu viens de le faire. Si je ne suis pas là, va voir le Démon Bouddha. Si ça ne suffit pas, trouve le Roi Démon du Poing. Et si tu n’en peux vraiment plus, va voir père. »
« Pourquoi père en dernier ? Tu aurais dû le laisser de côté. »
« Lui parler te soulagerait sans doute plus que tout. »
Geom Muyang s’arrêta et me regarda.
« Tu devrais te rapprocher de père. Oublie cette histoire de Jeune chef du Culte. Au bout du compte, nous sommes ses fils, non ? »
C’était ainsi que j’essayais de réconforter mon frère, à ma manière.
« Père et Mabul s’inquiètent pour toi. Mais pas moi. Je n’ai pas la moindre intention de te réconforter non plus. Tu t’en sortiras tout seul. Je suis le mieux placé pour savoir à quel point tu es impitoyable. »
Geom Muyang esquissa un sourire amer.
Mais je le savais. Je savais trop bien à quelle vitesse quelqu’un pouvait s’effondrer dès que la fissure apparaissait.
Quand notre cœur se met à nous murmurer des tentations, nous finissons par comprendre que notre volonté n’est pas enfermée dans des chaînes de fer vieilles de mille ans. Parfois, il suffit d’un fil de tissu qui se défait dès qu’on tire dessus.
« Tu as déjà demandé à père ? »
« Demandé quoi ? »
« Ce qui lui pèse. »
Geom Muyang tressaillit un instant.
« Tu le lui as demandé ? »
« Non. Je me suis dit que c’était au fils aîné de le lui demander en premier. »
Mon frère me fixa.
Voilà comment j’avais choisi de le réconforter. Car dès qu’on se laisse sombrer dans l’apitoiement, on tombe sans fin dans l’abîme.
« Je crois qu’il est grand temps de prendre soin de lui. Commençons par toi, puisque tu es l’aîné. »[a][b]
1 : Ah ah, tellement vrai. L’aura de protagoniste principal et ses catastrophes à répétition XDXDXD
2 : Mugeuk compris ^^
3 : Ah, oui, le pouvoir de l’amour ^^ Pour reprendre les mots de Grimory : « Dis-moi, qui pourrait se mettre en colère en voyant un adorable lapin courir dans les parages ? Est-il étrange de tomber amoureux de belles fleurs ? Voilà ce qu’est vraiment “l’amour” !! Seule une poignée de personnes peuvent véritablement tomber amoureuses de quelque chose !! Et laisse-moi te dire que si tu savais vraiment aimer, même une fleur sauvage poussant à terre pourrait valoir plus que d’innombrables trésors !! Voilà le véritable pouvoir de l’amour !!! Ô Seigneur Démon, offre ton amour au monde et, avec lui, le monde t’appartiendra !!!! » (Dilemme de l’archidémon XDXDXD)
4 : Et aussi parce qu’il est débordé à force de courir partout, alors il t’a refilé tout son travail en douce XDXDXD
5 : Attention, Daryeong, on risque de te voler ta place de bras droit XDXDXD
6 : Et une paire pour Mugeuk aussi ^^
7 : Eh oui, vu qu’il a dû supporter sa campagne de propagande et le voir gagner à l’époque, il sait à quel point il est impitoyable ^^
8 : Ah ah, il le pousse dans la gueule du lion ^^ Comme dans un film d’horreur où l’on laisse passer les dames en premier XDXDXD
[a] Peut-être : « Je crois qu’il est temps de commencer à prendre soin de lui. À toi de commencer, puisque tu es l’aîné. »
[b] Ou bien :
« Je crois qu’il est temps que nous prenions soin d’eux. Commence par moi, grand frère, puisque tu es mon grand frère. »