Chapitre 503
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 503 : Tu te bats si bien que ça ? Suis-moi au terrain d’entraînement
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Nurat avait été le lieutenant du commandant de bataillon stationné à Greenfield.
Comment s’appelait déjà ce commandant ?
Enkrid y réfléchit un instant, mais ne parvint pas à retrouver son nom. En revanche, il se souvint que l’homme écrivait des poèmes et avait une belle voix de chanteur.
Quand on revivait le même jour encore et encore, certaines choses finissaient par s’effacer. Même la meilleure mémoire n’était pas parfaite.
Mais il se souvenait de Nurat. Sa peau sombre, son tempérament décontracté, ses muscles souples. L’amante de Kraiss.
Ces souvenirs s’étaient superposés pour former quelque chose de solide.
Il venait de s’en rendre compte, mais l’œil des Grenouilles pour évaluer les talents n’était pas infaillible. Aussi aiguisé fût-il, il pouvait se tromper.
Malgré tout, à voir la posture et les mouvements de Nurat, elle dépassait clairement un certain niveau.
À moins qu’elle n’ait appris la démarche d’ancienne combattante de Vallen, Nurat avait franchi une sorte de palier.
« Tu as progressé », dit simplement Enkrid.
« Moi ? Je m’entraîne dur, mais ça se voit ? Je suis en meilleure forme ? »
Kraiss contracta son bras pour exhiber son biceps, mais Enkrid ne lui accorda pas un regard.
Nurat leva le pied gauche et le posa de manière à plaquer toute sa plante au sol. Plus exactement, elle répartissait son centre de gravité sur l’ensemble du pied afin de pouvoir réagir dans n’importe quelle direction à tout moment.
Une telle posture permettait de bondir facilement à gauche ou à droite, par réflexe.
Rem laissa échapper un petit son admiratif et Ruagarne écarquilla ses grands yeux.
Même pour Ruagarne, ce talent sortait de l’ordinaire. Nurat était née avec un corps différent des autres.
Des muscles souples, une carrure capable de rivaliser avec celle de n’importe quel homme-bête. Puis, sur ces fondations, elle avait empilé les efforts et les entraînements harassants, brique après brique, jusqu’à atteindre un sommet.
Enkrid se leva et épousseta son postérieur. Aucune poussière ne s’envola. Le ciel, lourd de nuages d’orage, hésitait entre la pluie et l’accalmie.
« Au cas où tu ne le saurais pas, Nurat est ma partenaire », dit Kraiss, remarquant qu’Enkrid la fixait.
Enkrid ignora cette absurdité et reprit :
« Pas mal. »
On aurait facilement pu mal comprendre, mais Nurat ne l’interpréta pas ainsi. Kraiss avait parfaitement compris ce qu’il voulait dire, lui aussi.
Ils ne s’étaient pas vus depuis un moment. C’était le genre de plaisanterie qu’on lançait dans ces circonstances.
Nurat inclina brièvement la tête en guise de salut, un geste simple de soldat.
Rem et Ruagarne comprenaient assez bien la situation : non seulement le jugement d’Enkrid, qui avait remarqué les progrès de Nurat, mais aussi ce qui se cachait derrière.
En bref, tout était une question de stimulation. C’était manifestement l’œuvre d’un monstre qui avait le don de pousser les autres à en vouloir toujours plus.
Enkrid l’ignorait, mais sa présence était un excellent aiguillon.
Nurat n’était pas la seule. Les soldats dans leur ensemble avaient progressé. La raison en était qu’Enkrid s’était entraîné avec un sérieux absolu, chaque fois qu’il avait vécu ici.
Il y avait des gens comme ça dans le monde. Des gens qui, par leur seule façon de vivre, vous faisaient vous arrêter pour vous demander si vous vous donniez vraiment assez de mal.
Des gens dont l’existence éveillait en vous une faim irrépressible.
Par son attitude, ses actes et la vie qu’il menait, Enkrid avait produit cet effet sur tous ceux qui l’entouraient. Il avait allumé en eux une volonté nouvelle.
Maintenant que j’y pense, je n’ai pas chômé non plus.
Rem se fit cette réflexion. Ces séances d’entraînement et de conditionnement, comme il n’en avait jamais connu, étaient en partie dues à son envie de cogner sur les crânes des idiots qui l’entouraient, certes. Mais, avec le recul, voir Enkrid se démener chaque jour lui avait donné envie de s’y mettre, lui aussi.
Et il n’était sûrement pas le seul.
C’était une spirale ascendante.
Les ordres de chevalerie avaient été fondés pour cette raison, en quelque sorte : offrir aux gens un chevalier à prendre pour modèle et à s’efforcer d’égaler.
Même si un chevalier, lorsqu’il n’était fait que de talent, pouvait tout aussi bien devenir un symbole de désespoir et d’inutilité.
Parmi eux, il n’y en avait probablement jamais eu un d’aussi obsédé par la lame.
« Bref, content que tu sois de retour », dit Kraiss avec un sourire.
« Allons manger », répondit Enkrid. Il bougeait depuis un moment. Il était grand temps d’avoir faim.
Ils quittèrent le terrain d’entraînement chacun de leur côté, puis se dirigèrent vers le réfectoire attenant aux logements.
Une grande table, une salle privée et du personnel engagé qui apportait les plats et débarrassait à vive allure.
On leur servit un cochon entier rôti, découpé en tranches et arrosé d’un filet de citron vert.
Rem et Jaxon essayaient encore de se battre à coups de fourchettes tout en mangeant. Enkrid s’assit donc entre eux.
Voir ces deux-là se comporter comme des bêtes n’avait rien de nouveau. Enkrid et Ruagarne n’y prêtaient plus attention, et Sinar s’en fichait depuis le début. Mais les hommes de l’escorte que Kraiss avait amenés étaient raides comme des piquets. Assis à la table voisine, ils avaient les épaules et les jambes crispées.
« Qui sont-ils ? » demanda-t-il.
L’un des membres de l’escorte se leva d’un bond.
« Monseigneur ! Je m’appelle Ilanbeitzu, je viens de la région de Ruabang ! »
Un nom qu’on n’entendait pas tous les jours. Sa peau était plutôt claire, même si le soleil l’avait quelque peu hâlée à force de voyager en plein air. Debout, Ilanbeitzu regardait Enkrid, les yeux brillants.
« J’ai beaucoup d’admiration pour vous, monseigneur. »
La moitié de l’escorte était comme lui : des hommes attirés par la réputation d’Enkrid.
L’autre moitié avait plutôt l’air composée de mercenaires qui ne voulaient que faire leur travail, mais tous témoignaient du respect à Enkrid.
« Où est-ce que tu trouves autant de monde ? » demanda Rem, assis à côté de lui.
Kraiss avala une bouchée de porc rôti avant de répondre.
« Les gens n’arrêtaient pas de chercher la bagarre, je n’avais pas le choix. »
« Quel genre de bagarre ? »
Rem réfléchissait bien plus vite que son visage ne le laissait paraître. Vu la taille de la ville et le soutien du roi, il ne devait y avoir personne ayant une raison de chercher des noises à Kraiss.
Il avait même mis au pas la guilde criminelle de la ville. Est-ce qu’on la lui avait retirée ?
« C’est une histoire sans intérêt. Quelques nobles des environs n’aimaient pas que le roi favorise autant le territoire de la Garde-frontière. »
Gouverner, c’était administrer. Et administrer, c’était apaiser les uns après les autres. Écraser tous ceux qui vous agaçaient, c’était simplement devenir un tyran.
Après tout, Crang avait fait tomber le comte Molsen pendant la guerre civile, et une partie de la noblesse s’était écroulée avec lui.
Certains avaient été élevés au rang de nouveaux nobles dans la foulée, d’autres parmi ceux qui étaient tombés étaient remontés en selle, mais davantage encore étaient morts.
La gouvernance n’avait pas échoué.
Crang ne relâchait jamais sa discipline intérieure, mais des idiots incapables de se mettre les idées en place continuaient malgré tout d’apparaître.
Si Rem l’avait compris, Enkrid n’allait pas passer à côté. Il avait saisi l’essentiel.
Un imbécile qui cherche la bagarre.
Un imbécile qui avait tout de même l’œil pour repérer les ressources essentielles de la ville, comme le prouvait le fait qu’il s’en prenne à Kraiss. Ou peut-être avait-il d’abord tenté sa chance auprès de Graham et s’était-il cassé les dents. C’était sans doute ça.
Enkrid mit de l’ordre dans ses pensées tout en mâchant. Il mastiqua la viande, dont le jus explosa sur sa langue.
Kraiss avait essayé de monter les factions nobles les unes contre les autres et d’agiter le nom du roi pour susciter la concurrence. Il avait tenté de détourner l’attention de la Garde-frontière, mais sans succès.
Kraiss était malin, mais être malin ne rendait pas infaillible. Tout le monde faisait des erreurs.
Et dernièrement, avec l’expansion de la ville en plus de tout le reste, il était devenu presque impossible de rester dans l’ombre.
Cela ne voulait pas dire qu’Enkrid avait remarqué précisément le faux pas de Kraiss.
Il avait seulement décelé la présence d’un imbécile qui cherchait la bagarre. Plus exactement, il savait que l’homme était le cousin d’un grand noble et, à peu près, où se trouvait sa ville. Cela suffisait.
Le problème ne venait ni d’une erreur ni d’une limite de Kraiss. Celui qui cherchait la bagarre était tout simplement en tort.
« La ville a grandi », dit Enkrid pour ouvrir le sujet.
Kraiss saisit aussitôt la perche.
« Grandi ? Ce n’est pas qu’une question de taille. C’est toute sa substance qui a changé. Sa substance. »
Kraiss trempa un doigt dans son gobelet d’eau, le retira et traça un trait sur la nappe, une ligne nette qui serpentait entre les morceaux de nourriture.
« La route relie cet endroit à celui-là. Ici, c’est la Garde-frontière ; là, à peu près, la capitale ; et plus bas, on descend vers Martai et les autres villes. »
Une route qui partait de ce qu’il appelait la Garde-frontière. Pendant l’absence d’Enkrid, Kraiss avait pris sa décision et développé la ville.
En même temps, il avait donné de l’ampleur à son propre rêve.
Ce serait dommage de s’arrêter à une seule ville de plaisirs.
Si un seul endroit possédait un salon, les riches clients venus de loin auraient du mal à s’y rendre. Il existait une meilleure solution. L’esprit vif de Kraiss avait trouvé la voie.
Construire de grands salons dans toutes les villes.
Les relier par la route, installer des postes de contrôle en chemin, puis ouvrir un salon dans chaque ville une fois la sécurité assurée. Il suffirait d’adapter la taille du salon à celle de la ville.
Il avait même esquissé un nom.
Les bains heureux de Kraiss ?
L’eau courante y serait acheminée par des conduites, pour qu’on puisse se laver, manger, s’amuser et dormir sous le même toit.
« Une fois la route sécurisée, les compagnies marchandes viendront en masse, comme des papillons attirés par la flamme. Les grandes routes seront également payantes. Des routes à péage. »
L’idée était assez novatrice pour qu’Enkrid se surprît à hocher la tête.
À un moment, Rem et Jaxon sortirent pour se battre un peu. Ruagarne s’éclipsa aussi, tout comme Sinar. Bientôt, il ne resta plus que Kraiss et Enkrid à table.
« Je ne ferai pas construire de hauts remparts du côté d’Azpen », poursuivit Kraiss.
« Pourquoi ? »
« Parce que commencer à bâtir des remparts face à Azpen reviendrait à leur mettre une lame sous la gorge. »
Même une mesure défensive serait interprétée par Azpen comme une agression. Plus exactement, il ne servait à rien de leur fournir un prétexte.
Les remparts resteraient d’une hauteur raisonnable tandis que la frontière s’étendrait discrètement.
Et à l’entendre raconter tout ce qui s’était passé pendant son absence, Kraiss avait abattu une quantité de travail considérable. Pourtant, il ne voyait rien de tout cela comme du travail.
Il s’était bien rempli les poches au passage et avait trouvé tout ça amusant. Voyager avec une escorte était pénible, mais les gens qui cherchaient la bagarre dans telle ou telle ville ne lui avaient pas laissé le choix, ajouta-t-il.
« Quand on voyage en groupe comme ça, la plupart des gens évitent de chercher des ennuis. Alors, oui. »
Nurat se chargerait de quiconque avait un niveau raisonnable. Mais les bagarres inutiles faisaient perdre du temps, alors mieux valait se déplacer en nombre.
Au milieu de toutes ces contrariétés et de tous ces maux de tête, il avait aussi créé un nouveau type d’unité.
Quel que fût le point de vue, Kraiss était un génie.
Ce qu’il avait créé, c’était une cavalerie, qu’il avait baptisée unité de reconnaissance montée.
Former une cavalerie était extrêmement difficile. Rien que de se procurer des chevaux de guerre représentait une entreprise colossale.
Un cheval capable de charger sur un champ de bataille ne se résumait pas à un cheval qui courait vite.
Il fallait apprivoiser avec soin les chevaux peureux et les élever au terme d’un long processus.
Kraiss avait réussi à se procurer des chevaux de guerre, on ne savait trop comment, en faisant appel à quelqu’un qui avait le don de les élever et en lançant un programme de reproduction. Mais les cavaliers ?
Les cavaliers devaient manier leur monture comme si elle était le prolongement de leur propre corps.
Former une véritable unité de cavalerie en si peu de temps était hors de question.
Quelques mois n’y auraient pas suffi.
Y renoncer ? Kraiss n’en avait rien fait. Il avait changé de méthode.
Il avait commencé par rassembler, dans toute l’armée, tous les cavaliers compétents qu’il avait pu trouver.
Puis il les avait soumis à un entraînement intensif pour développer leur aptitude au combat. Certains avaient abandonné en cours de route et, après avoir écarté ceux qui ne seraient bons qu’à faire des bandits, il n’en restait plus beaucoup.
Au lieu d’une cavalerie traditionnelle, ils ne pouvaient donc servir que de force d’interception.
C’était l’unité que Nurat dirigeait désormais : l’unité de reconnaissance montée de Greenfield.
Kraiss précisa que le nom n’était que provisoire. En l’entendant, Enkrid pensa à Enri, qu’il avait rencontré dans l’ouest.
Le chasseur devenu marchand. Il devait apporter des ressources. Au départ, il comptait probablement emprunter la route sûre construite par la Garde-frontière et faire halte en chemin, mais certaines de ses marchandises pourraient être achetées ici.
Il n’y avait pas aussi des lances d’obsidienne qui arrivaient de l’ouest ?
On n’en trouvait pas souvent sur le continent. Une pointe de lance en obsidienne était efficace comme javelot précisément parce qu’elle était fragile, mais sa solidité était bien trop faible pour les combats rapprochés à la lance.
La cavalerie créée par la Garde-frontière reposait pourtant principalement sur les arcs et les javelots.
Restaient à savoir si elle serait d’une puissance dévastatrice, mais l’affronter serait pénible.
Une troupe montée qui harcelait l’ennemi ici et là sans jamais s’immobiliser.
Ce serait agaçant.
Pour une unité de reconnaissance montée, c’était déjà une qualité suffisante.
« Appelons-les la Cavalerie des Lances Noires. »
« Pardon ? »
« Le nom. »
« Hum. Tu veux dire qu’on teindrait les hampes des lances en noir ? »
Kraiss devina le sens de sa proposition et demanda.
Les noms avaient du poids. Certains inspiraient la peur rien qu’en les entendant, d’autres remontaient le moral avant même le début du combat.
Le nom qu’avaient gagné les Lévrier Gris d’Azpen, les Amants Tenaces, s’était forgé de la même manière.
Un nom qui murmurait : une fois qu’ils vous ont marqué, ils vous traqueront quoi qu’il en coûte.
« La Cavalerie des Lances Noires, ce n’est pas mal », marmonna Kraiss, et Enkrid lui parla de quelques marchandises qu’il ferait venir de l’ouest.
« C’est bien », approuva Kraiss.
Des pointes de lance en obsidienne et des lanceurs de javelots. Le début d’une unité montée qui se déplacerait vite et frapperait fort.
Les ressources de l’ouest, les chevaux nés dans les plaines de Greenfield, l’intelligence de Kraiss et les soldats qui avaient enduré un entraînement acharné et rigoureux.
Tout cela s’était combiné pour former une seule unité. Malgré tout, au bout du compte, il ne s’agissait que d’une unité de reconnaissance montée.
« Et le reste de l’équipe de reconnaissance ? »
« Finn la dirige. Elle a dit qu’elle ferait d’eux des rangers. »
Une spécialisation des soldats.
C’était le plan de réorganisation à grande échelle des unités qu’Enkrid avait accepté avec Kraiss. L’équipement avait été uniformisé et les unités réparties entre épéistes, lanciers, archers, porteurs de bouclier, cavaliers et archers montés.
Tout avait avancé régulièrement pendant son absence.
Après avoir échangé encore quelques histoires de ce genre, ils quittèrent le réfectoire. Le cheval sauvage aux yeux vairons accourut alors vers Enkrid dans un grand reniflement, comme s’il comptait le renverser.
Enkrid intercepta la tête du cheval avec sa paume et détourna sa charge. C’était Œil-Vair, qui jouait.
Comme un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps et qui vous accueille en vous bousculant.
« Oui. Ça fait un bail », dit Enkrid en saluant son ami, qui avait du sang de Bête magique dans les veines. Il lui saisit la crinière et la secoua ; Œil-Vair hennit avec un enthousiasme manifeste, les lèvres agitées d’un côté à l’autre.
La ville était trop petite pour Œil-Vair. Il s’y sentait à l’étroit, alors il passait ses journées à vagabonder au-dehors. Ce jour-là, il avait croisé quelqu’un que son ami guidait et l’avait suivi jusqu’ici.
Enkrid lui caressa la crinière pour le saluer, puis remarqua une ombre qui tombait sur la lumière du soleil.
Un homme se tenait derrière lui, une épée noire posée sur l’épaule. Il avait les cheveux blonds, les yeux rouges et un fin manteau de cuir maculé de sang par endroits.
Il était sorti sans armure, à ce qu’il semblait.
Il avait l’air d’un dur à cuire, mais son maniement de l’épée n’avait rien de grossier.
« Depuis quand es-tu rentré ? » demanda l’homme, comme s’il avait vu Enkrid la veille et que ce n’était que le lendemain matin.
Enkrid eut un petit rire avant de répondre.
« Il y a un moment. »
« Je suis rentré pendant que je faisais un petit tour. »
Il marmonna ces mots. Le sang sur ses vêtements laissait penser qu’il ne s’était pas contenté de se perdre au cours d’une promenade. Il avait dû trancher quelques personnes en chemin avant de rentrer.
On aurait dit qu’il n’avait ni dormi ni mangé correctement depuis plusieurs jours.
Enfin, comme toujours, ça ne semblait pas beaucoup le déranger.
« Battons-nous. Espèce de lame du Nord minable, incapable de trouver son chemin même sur une route droite. »
« … Pourquoi tu me sors des choses que tu dirais à un sauvage ? »
Ragna se raidit un instant avant de répondre.
Se faire provoquer de la même manière qu’Enkrid provoquait Rem lui mit un peu les nerfs en pelote. Il savait qu’Enkrid le faisait exprès, mais n’y pouvait rien.
« Tu te crois si fort que ça ? Suis-moi au terrain d’entraînement. »
Enkrid ignora sa réponse et acheva ce qu’il avait à dire.
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