Chapitre 442
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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LE CHEVALIER QUI RÉGRESSAIT ÉTERNELLEMENT
Chapitre 442 : Qu’est-ce qu’un chevalier ?
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Après s’être rempli l’estomac de pain rassis, de soupe claire, de viande salée et de biscuits farineux détrempés, Enkrid fit exactement ce qu’il avait décidé.
« Pfiou ! Je vais mourir ! »
Dunbakel résista, mais elle n’avait aucune échappatoire. Enkrid lui plongea la tête dans la baignoire. Elle la ressortit d’un coup, projetant de l’eau partout.
« Non, je me suis lavée il y a dix jours ! »
protesta Dunbakel.
Si se passer quelques gouttes sur le visage suffisait à se laver, alors oui, elle n’avait techniquement pas tort.
« Je peux mettre Rem dans la même baignoire que toi. »
« Je vais me laver toute seule. »
Dunbakel finit par céder et se lava seule, tandis qu’Enkrid demanda qu’on remplisse une autre baignoire.
« Je vais te frotter le dos. »
proposa gentiment Ruagarne.
« Ça ira. »
refusa Enkrid. Tandis qu’il trempait dans l’eau chaude, la fatigue du voyage sembla se dissiper.
Il avait l’impression d’avoir oublié quelque chose, mais ça ne devait pas être important.
Il réfléchit à ce qu’il avait à faire, puis à la chevalière Oara, et une vague de somnolence l’envahit. Inutile de lutter : il ferma les yeux.
Enkrid s’endormit, la nuque appuyée contre le rebord de la baignoire en bois.
« Alors, tu es arrivé dans un endroit intéressant. »
Floc.
L’eau de la rivière et une lampe violette lui obstruaient la vue. Le visage sous la capuche noire se brouilla, puis ses yeux, son nez et sa bouche se dessinèrent lentement.
Une peau pareille à un tas de pierres grises, un regard flou et dénué d’émotion : c’était le Passeur.
« Quelque chose de sinistre approche, par hasard ? »
demanda Enkrid.
En apparence, le Passeur ne fit rien.
Mais s’il avait été humain — s’il l’avait vraiment été —, il aurait alors grincé des molaires et serré les poings.
Et s’il était allé encore plus loin, il aurait peut-être flanqué un coup de poing à cet enfoiré sans même s’en rendre compte.
Des veines violettes saillirent sur la main qui agrippait la rame.
« Non ? »
Enkrid pencha la tête.
Le Passeur s’accrocha à sa raison avant qu’elle ne lui échappe.
C’était la première fois depuis qu’il avait commencé à ramer. Jamais encore ses émotions n’avaient bouillonné ainsi.
Jusqu’alors, il s’était contenté de mépriser ses passagers et de les railler, éprouvant un plaisir vil et répugnant.
À présent, il ressentait autre chose.
D’une certaine façon, ce changement émotionnel était peut-être positif.
N’avait-il pas vécu si longtemps qu’il avait oublié qu’il pouvait encore se mettre en colère ?
Le Passeur y réfléchit et se reprit.
« Si vous n’en êtes pas sûr, ce n’est pas grave. »
Enkrid n’avait aucune intention malveillante. À ses yeux, le Passeur ressemblait à un être divin.
Il s’était donc contenté de parler franchement.
Il espérait une réponse, mais s’il n’y en avait pas, tant pis.
Son ton et son attitude le montraient clairement. Le Passeur parvint donc à parler calmement.
« Dégage, espèce de taré. »
Il avait voulu dire qu’à présent qu’Enkrid était arrivé sur la Terre Maudite, il allait lui bénir sa journée.
Qu’Enkrid ne regretterait son choix qu’après avoir affronté ce qui serait peut-être le jour le plus cruel de sa vie.
Le Passeur ne parvint pas à prononcer une seule des railleries qu’il avait préparées.
* * *
L’absence de mauvais pressentiment ne changeait rien.
Dès le lendemain, Enkrid s’adapta de lui-même.
« Bonjour. »
Il salua un soldat qui aidait à débarrasser la salle à manger. C’était peut-être le petit ami de Rowena, ou simplement un client. Le soldat leva les yeux.
Dunbakel le suivit de près. Sa fourrure, grise la veille, était devenue blanche grâce au bain. Elle lança au soldat :
« Salut, soldat mendiant. »
Une nouvelle façon de l’appeler.
« … Pourquoi je suis un soldat mendiant ? »
« Je t’ai vu demander une réduction dans cette ruelle parce que tu n’avais pas de kronas. »
Dunbakel se déhancha pour l’imiter.
Le soldat rougit. La scène avait été extrêmement gênante, surtout lorsqu’il n’avait pas réussi à se retenir et avait levé la main.
« Je suis chef d’escouade, moi aussi. »
Le soldat le précisa. Enkrid répondit d’un bref « Ah bon ? » et poursuivit son chemin. Dunbakel l’ignora et suivit Enkrid.
« Vous n’avez pas de larves grillées ? »
La Grenouille descendit à son tour et posa la question. Le soldat secoua la tête.
« On n’en a pas. »
« D’accord. Bon courage, soldat à la moitié inférieure bien portante. »
Quand ils furent tous les trois partis, le soldat cracha ses mots :
« … Je suis chef d’escouade, moi aussi, bande d’enfoirés. »
Cela dit, quand on manquait de points de contribution, la réalité voulait qu’on transporte au moins la nourriture dans la salle à manger.
Cette fois, il avait trop présumé de ses forces en essayant de mettre la main sur des kronas.
Mais ce n’était pas une raison de regretter.
Le soldat se tut.
Enkrid sortit et s’installa dans un terrain vague.
Toute la ville n’était qu’une immense caserne, alors des mannequins d’entraînement en bois se dressaient çà et là.
Les maisons étaient espacées et laissaient beaucoup de terrains libres. N’importe quel endroit pouvait servir de terrain d’entraînement.
La veille, il s’était bien lavé et avait bien dormi. La fatigue du voyage s’était dissipée.
« Tu as un corps solide. Excellent. »
Ruagarne le félicita. Chaque jour, sous le même soleil, il répétait le même entraînement des dizaines, des centaines, des milliers de fois.
La Technique d’isolement consistait à pousser le corps jusqu’à ses limites physiques absolues.
Enkrid s’y adonna de nouveau ce jour-là.
Même si un danger imminent avait approché, cela n’aurait rien changé. Et puisqu’il n’y en avait pas, c’était une raison de plus pour continuer comme toujours.
S’entraîner.
Faire travailler son corps, manier l’épée.
Ruagarne tira sa lame. Dans un tintement, la Grenouille dégaina son Épée en boucle. Ce n’était pas quelqu’un qu’on pouvait prendre à la légère.
Tandis qu’ils s’échauffaient avec quelques passes d’armes, le soleil pâle perça les nuages et répandit sa lumière.
Prenant cette lumière pour point central, Enkrid exécuta le pas qu’il avait appris, traça des lignes de sa lame et déstabilisa Ruagarne avec des feintes et des parades.
Il fit mine de frapper à droite, puis porta une estocade à l’épaule gauche.
Il se servit du pas que Ruagarne lui avait enseigné.
Il posa son poids sur le pied gauche, puis lança une estocade de la main gauche.
On aurait dit les mouvements maladroits d’un soldat nerveux. Le Pas de la rainette.
Cette technique provenait de ce mouvement raide où la jambe et le bras avançaient de concert.
Comme il s’était entraîné sans relâche à écrire de la main gauche et à s’en servir en diverses occasions, il y parvenait désormais avec plus de précision qu’autrefois.
Tous ces éléments réunis rendaient ce mouvement possible.
« Bien ! »
s’exclama Ruagarne, enthousiaste. Il n’était pas particulièrement avide de combat, mais, face à Enkrid, il lui arrivait de s’enflammer sans même s’en apercevoir.
Après avoir ainsi transpiré,
« Quand quelqu’un disparaît, tu pourrais au moins essayer de le retrouver, non ? »
Un barbare aux cheveux gris entra dans le terrain vague.
« … Ah. »
Enkrid se rappela ce qu’il avait oublié la veille dans la baignoire. Rem.
« Où étais-tu passé ? »
« Tu t’inquiétais vraiment ? »
« Non. »
Rem avait apparemment chassé tout seul. De l’herbe et de la terre lui collaient dessus, preuve évidente qu’il avait traîné dans les environs.
Une légère odeur de charbon s’en dégageait aussi.
Il avait l’air d’avoir brûlé quelque chose pendant la nuit.
Il portait également une lourde bourse, probablement remplie de pierres. On en apercevait quelques-unes par l’ouverture.
Rem avait parcouru la ville et repéré de bonnes pierres à aiguiser. Lorsqu’il avait appris qu’il ne pouvait pas s’en procurer sans points de contribution, il était parti les chercher lui-même. Des pierres à aiguiser naturelles.
Une fois chauffées, elles durcissaient davantage.
Il lui fallait ce genre de pierre pour aiguiser sa hache en Acier de Lewes.
Il avait trouvé quelques pierres, exploré un peu les environs, puis était retourné à la forge pour les chauffer. C’était ainsi qu’il avait passé la nuit sans dormir.
« Bref, on va d’abord dormir. »
La fatigue s’accumulait ; il fallait se reposer dès qu’on en avait l’occasion.
Qu’il s’agisse de Mille Briques ou du cœur de la Terre Maudite, Rem n’était pas du genre à se laisser influencer par son environnement.
Il faisait comme à son habitude.
Enkrid l’accepta et se concentra sur son entraînement.
Il mania son épée un bon moment, puis une voix l’interpella.
« Tu as dit que tu deviendrais chevalier ? »
Quand était-elle arrivée ? C’était la chevalière Oara.
Elle était accroupie sur une souche près du terrain vague, les coudes posés sur les genoux, les bras ballants.
Oara mâchonnait une prune.
À chaque bouchée, du jus violet lui tachait les lèvres. Une goutte coula le long de son menton.
Sous le soleil, ses cheveux étaient nettement bruns.
Ils ondulaient naturellement, avec une jolie courbe, et elle portait un bandeau de tissu bien ajusté sur le front.
Ses yeux ronds avaient un regard limpide.
Elle avait désormais l’air parfaitement sobre. Oara mâcha encore un peu, puis cracha le noyau. Il atterrit dans la terre, d’une teinte proche de celle de ses cheveux.
« Oui, c’est ce que je compte faire. »
répondit Enkrid.
« Hum. »
Oara hocha la tête et n’ajouta rien. Elle se contenta de regarder.
Enkrid termina ce qu’il était en train de faire.
Oara l’observa encore un instant, puis se leva, épousseta ses vêtements et cassa une branche d’un grand arbre entre les maisons.
Elle la frappa du tranchant de la main. Les feuilles tombèrent en bruissant.
Puis elle sortit un couteau et élagua la branche.
« Il faut que je garde la main. »
dit Ruagarne en la regardant.
Oara lui tournait le dos. Au moment où elle se retourna avec la branche ébranchée,
Paf !
Dunbakel bondit et recula de plus de cinq pas. Sous sa forme de Lion Blanc, elle montra les crocs et s’abaissa.
Une main touchait le sol, sa mâchoire le frôlait presque ; seule sa tête restait relevée.
Elle affichait une vigilance absolue.
La Pression était brutale.
La Pression d’un chevalier ressemblait généralement à un énorme rocher écrasant les épaules, mais celle d’Oara allait plus loin.
Sa Pression était comme des entraves de fer. Non, plutôt comme un bloc de fer qui vous assénait un coup.
Elle ne disait pas : « Si tu bouges, je te tranche. » Elle disait : « Commençons par te frapper une fois avant même que tu bouges. »
« Ah, ça fait longtemps que je ne l’ai pas utilisée sur quelqu’un. Je ne la maîtrise pas très bien. »
Elle s’avança en parlant. Tenant sa branche levée, elle se plaça face à Enkrid.
Enkrid brandit Aker.
Normalement, il aurait dû avoir du mal à bouger.
La Pression d’Oara couvrait une zone bien délimitée, à environ cinq pas dans toutes les directions autour d’elle. À l’intérieur, elle surpassait de loin la Pression ordinaire.
Assez pour déstabiliser un chevalier junior.
Mais Enkrid ne se contenta pas de lever son épée et de prendre sa garde. Il manifesta son esprit combatif.
Au moment où il sentit cette masse de fer invisible le frapper, la Volonté du Refus s’activa en lui.
La volonté annulait la volonté.
La Pression n’eut donc aucun effet.
Enkrid ne l’avait pas fait exprès, mais Oara s’intéressa à lui.
Il n’est même pas chevalier et il a repoussé ma Pression ?
Fallait-il appeler cela une méthode de défense anormale ?
C’était comme si un enfant de sept ans portait un bouclier en acier noir.
À moins que cet enfant ne soit un géant, le bouclier aurait dû être trop lourd à soulever. Pourtant, Enkrid l’avait levé, avait bloqué l’attaque et l’avait déviée. Cela l’impressionna.
Un sourire effleura les lèvres d’Oara. Elle dit, d’un air amusé :
« C’est une bonne épée. »
« C’est un trésor royal. »
« Alors, c’est toi, le héros de la guerre civile. Tu aurais pu m’en donner une aussi, radin. »
« Vous connaissez Sa Majesté ? »
« Pas du tout. Je ne l’ai jamais rencontrée. »
Oara n’avait pris part ni à la guerre civile ni à quoi que ce soit qui se passait au palais royal.
Son rôle était de garder cet endroit.
C’était la promesse qu’elle s’était faite.
« On joue ? »
demanda-t-elle. Sa voix était séduisante, comme celle d’une amante attirante qui vous invite à la rejoindre dans son lit à la nuit tombée.
Enkrid mordit à l’hameçon.
Sans un mot, il s’avança. Il ne mêla pas la moindre ruse à son mouvement.
Une ligne droite, rien de plus. Il misa tout sur sa capacité à voir d’un point à l’autre et à les relier.
Un mouvement d’approche pour jauger les capacités de son adversaire ? Inutile. Son adversaire était chevalier.
Il devait donc donner le meilleur de lui-même.
Le Cœur de la Force surhumaine battit à tout rompre.
Le Point de concentration donna l’impression que le temps s’étirait.
La Pression pesait sur tout son corps, comme s’il était pris dans un marécage.
Enkrid endura cette pression et abattit son épée.
En voyant la scène, Dunbakel écarquilla les yeux. Sans même s’en rendre compte, elle enfonça ses griffes dans le sol et fendit d’un craquement une pierre qui y était incrustée.
Elle connaissait aussi cette technique. Elle l’avait subie auparavant.
Ça s’appelait la Frappe du Géant, non ?
Mais ce qu’il montrait maintenant, elle ne l’avait jamais subi ni vu.
Enkrid engagea tout son corps dans une seule technique, un seul coup d’épée.
Il fit exploser les muscles de tout son corps, forgés par la Technique d’isolement.
C’était comme si quelqu’un avait saisi le temps lui-même pour l’étirer de côté.
Sur cette ligne temporelle étirée, seul Enkrid avança et abattit son épée.
Un rayon qui fendait la lumière du soleil s’abattit sur la tête de la chevalière.
Tac.
Puis un son creux retentit.
« Tu y as mis trop de force. »
Enkrid se figea dans la posture de son coup. La branche d’Oara reposait sur son poignet.
Enkrid pivota alors sur son pied gauche et bougea.
La lame traça une nouvelle trajectoire.
Oara dégagea la branche, la ramena d’un coup et frappa de nouveau son poignet.
C’était une chevalière. Elle jugea que cela suffirait à faire lâcher son épée à Enkrid.
Mais être chevalier ne signifiait pas être parfait en tout.
Crac !
La force de ce coup aurait pu briser le poignet d’une personne ordinaire, mais Enkrid l’encaissa.
Les muscles qu’il avait aiguisés au fil de longues années d’entraînement étaient désormais d’une tout autre dureté. Et Audin lui avait appris d’innombrables fois à encaisser correctement un coup. À l’impact, il appliqua une force contraire et tira sa main, déplaçant même le point de contact.
Puis il acheva le mouvement de son épée, déjà amorcé.
Prenant appui sur son pied droit, il déploya la force de ses muscles dans la lame. L’épée jaillit en ligne droite, brillante comme un Éclair blanc.
Oara lâcha la branche. Dès qu’elle comprit qu’elle avait échoué, elle saisit et dégaina une arme secondaire.
Ting !
La lame d’Aker fut arrêtée.
Oara regarda Enkrid par-dessus son épée courte tenue en diagonale.
Ses yeux bleus croisèrent les siens.
Lames engagées, aucun des deux ne reculait ni ne cédait de terrain.
La force avait été appliquée, puis immobilisée exactement au point d’impact.
C’était la ruse d’Oara. Elle n’avait employé que la force nécessaire pour maintenir l’épée d’Enkrid en place. Cette technique s’appelait la Capture de lame.
« Tu te débrouilles bien. »
dit Oara.
Elle le pensait vraiment.
À ce niveau, il rivalisait avec les deux chevaliers juniors qu’elle avait personnellement formés.
Non. Si elle ne jugeait que son esprit combatif, il se battait peut-être encore mieux.
Elle n’en savait rien. Il fallait se battre pour le savoir.
Mais cette fois, elle pouvait le deviner sans prolonger le combat.
Elle avait prévu d’en finir avec une branche, mais elle avait dégainé une épée.
Était-ce parce qu’elle avait mal évalué ses capacités ?
Oara avait commis deux erreurs, et elle les reconnut sur-le-champ.
Ça fait longtemps que je ne me suis pas battue contre quelqu’un.
Il était rare qu’elle s’entraîne au combat, tout simplement.
Voilà pour la première erreur.
La seconde, c’était que
Je ne le sous-estimais pas, mais…
ce sacré Enkrid était tenace.
Un chevalier junior ordinaire muni d’une épée d’acier bien fabriquée, c’était une chose. Lui, c’était comme une lame forgée à partir de ferraille fondue, assemblée avec un soin absurde après que chaque morceau eut été ramassé à la main.
Son estimation s’était donc révélée fausse.
Il n’était pas le produit d’un entraînement régulier et méthodique. C’était un grimpeur acharné qui s’était hissé depuis le bas de l’échelle.
Puisqu’elle l’avait compris, il était naturel qu’elle adapte sa réaction.
« Si tu n’arrives pas à parer, ça fait mal. »
dit Oara en écartant l’épée d’Enkrid.
Enkrid tenta de dégager son épée bloquée et de forcer le corps à corps, mais elle le repoussa. Sa force était immense.
« Qu’est-ce qu’un chevalier ? »
Oara baissa le bras qui tenait l’épée courte et posa la question.
Au lieu de répondre, Enkrid reprit sa garde.
« Ce sont ceux qui matérialisent une force intangible appelée volonté. »
C’était une définition parfaitement concrète.
Si l’on dépouillait le sujet de tout son romantisme, elle était juste.
Impossible de parler de chevaliers sans évoquer la Volonté.
Et Oara montra à Enkrid cette définition même du chevalier qu’elle venait d’énoncer.
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