Chapitre 358
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 358 : Attends, arrête.
= = =
Attraper une flèche en plein vol méritait bien le nom d’exploit.
Même s’il s’y était attendu, cela aurait été un exploit. Mais celle-ci était sortie de nulle part et visait l’arrière de sa tête.
Il ne l’avait pas sentie venir pour l’esquiver. Il l’avait attrapée.
C’était le résultat de la fusion de l’Art sensoriel et du Point de concentration.
« … Waouh. »
« Q-Qu’est-ce que c’était que ça ?! »
Deux des recrues réussirent à trouver leur voix.
Les trois autres ne parvinrent même pas à finir une phrase.
C’était compréhensible. N’importe qui serait resté bouche bée en voyant ça.
L’un était stupéfait qu’il ait attrapé la flèche. Un autre, qu’une flèche ait soudain surgi de nulle part.
Enkrid leva les yeux vers le mur d’enceinte.
Il repéra un homme qui n’avait même pas pris la peine de dissimuler sa présence, seulement son visage. Celui-ci se tenait sur le faîte étroit du mur comme si de rien n’était, parfaitement stable. Son équilibre était absurde.
Il portait des vêtements ordinaires : une chemise ample et un pantalon court qui lui arrivait aux chevilles.
Il ne faisait pas nuit, alors pas de tenue entièrement noire ?
Mais il avait quand même gardé son masque.
Enkrid pencha la tête. L’homme qui avait lancé la flèche ne fit aucun autre geste. Il semblait attendre une réaction.
« Alors… »
L’homme venait à peine d’ouvrir la bouche.
Enkrid lança la flèche qu’il tenait. Elle siffla dans les airs, droit vers lui.
Épée de mercenaire du Style de Vallen : Frapper pendant qu’on parle.
Ping ! La flèche fila comme un couteau de lancer. L’homme masqué bondit sur le côté, puis glissa latéralement.
Une légèreté stupéfiante.
Enkrid continuait de réfléchir tandis que ses mains s’activaient.
Il avait lancé la flèche pour servir d’appât, puis avait aussitôt envoyé une dague à sa suite.
Fiiiiou !
C’était une dague sifflante. Difficile à se procurer, il n’en possédait que quelques-unes, et il venait d’en utiliser une.
Dans un sifflement aigu, la lame fonça à une vitesse terrifiante. L’homme sur le mur se laissa tomber en arrière et disparut de sa vue.
Le pied droit d’Enkrid s’enfonça dans le sol. Il plia le genou et prit appui sur le rebond. Décomposé en plusieurs mouvements, le geste aurait paru lent, mais tout se déroula en un instant.
Boum !
Il bondit en avant, creusant un trou dans le terrain d’entraînement.
Son corps fusa à une vitesse effrayante, comme pour rivaliser avec la taille du cratère.
Les recrues ne parvinrent même pas à en voir l’image rémanente.
« Ce salaud est cinglé ! »
Le cri venait de l’autre côté du mur. Enkrid l’ignora et bondit.
Il n’était pas en armure complète, mais portait tout de même trois épées.
Les cinq recrues, qui n’avaient fait que cligner des yeux en silence, ouvrirent la bouche encore plus grand.
Trois épées, une armure de cuir, et il avait quand même jailli vers le haut comme si tout cela ne pesait rien. C’était irréel.
On aurait dit un mystère, une illusion, de la magie, ou quelque chose du même genre.
Enkrid accrocha le bout des doigts au sommet du mur et se hissa.
Comment pouvait-on faire ça ?
De la magie ?
Le temps que les pensées des cinq recrues s’emmêlent, Esther s’était réveillée et observait la scène, les paupières à demi closes.
Bien sûr, il n’y avait aucune magie là-dedans.
C’était la force physique pure de quelqu’un qui avait depuis longtemps envoyé ses limites au diable.
Enkrid se hissa et, à cet instant, deux hommes qui l’attendaient derrière le mur dégainèrent leurs épées courtes.
Ils bondirent sur place et frappèrent.
Deux lames filèrent vers le poignet d’Enkrid.
Son corps avait déjà franchi la moitié du mur. Enkrid lâcha prise de la main gauche.
Fouich, fouich.
Les deux lames tranchèrent le vide à l’endroit où se trouvait sa main. Dans le même mouvement, Enkrid agrippa fermement le mur de la main droite et tira de nouveau.
Son corps jaillit vers le haut d’un seul mouvement ample. Il s’éleva dans les airs, et les deux hommes qui l’attendaient en bas paniquèrent visiblement.
Leurs pupilles tremblèrent.
Le soleil se trouvait derrière lui tandis qu’il s’élevait ; à leurs yeux, une ombre noire semblait avoir surgi de nulle part.
« Attends ! »
L’un d’eux cria, mais Enkrid s’en moquait.
Pourquoi se soucier de ceux qui avaient attaqué les premiers ?
En plein vol, il pivota, le Glaive dans la main droite et Spark dans la gauche.
Vu de la position des assaillants, on aurait dit que ses yeux répandaient de la lumière.
À contre-jour, il avait quelque chose d’inquiétant.
Il sembla s’immobiliser dans les airs l’espace d’une fraction de seconde, puis ses deux mains bougèrent.
Son ombre noire, ses yeux lumineux et deux traînées de menace physique s’abattirent férocement à droite et à gauche.
Clang ! Paf !
Main droite : dégainer et trancher.
Main gauche : dégainer et transpercer.
Deux styles d’escrime différents frappèrent deux ennemis à la fois.
Celui de droite parvint à lever son arme pour parer. Celui de gauche n’eut aucune chance.
La lame lui transperça l’épaule gauche.
Il avait de la chance que ça s’arrête là.
Enkrid avait frappé en mettant en pratique ce qu’il venait de comprendre.
Ce n’était pas suffisant.
Sa main gauche devait porter un instant de Volonté, tandis que sa droite devait manier l’Épée écrasante.
Apprendre en enseignant, repousser des assaillants tout en répétant le mouvement.
Le chemin qu’il devait suivre commençait à se dessiner.
Enkrid atterrit lourdement, un genou au sol, puis releva la tête. Un sourire s’était dessiné sur son visage avant même qu’il ne s’en rende compte.
Y avait-il vraiment un mauvais moment pour apprendre ?
Chaque instant, chaque chose était un maître et une leçon.
Grâce au dos de Crang, il avait appris quelque chose qui transmettait l’élan. Avec la technique maîtrisée d’Andrew, il avait appris à mêler l’escrime à la lutte.
Il y avait aussi beaucoup à apprendre ici.
Rien que pour ça, il était satisfait d’être venu dans la capitale et d’avoir escorté Crang.
C’était le genre d’homme qu’il était.
Vu de l’autre côté, depuis un autre point de vue, c’était terrifiant.
Il avait franchi le mur d’un seul bond, écarté un homme d’un coup d’épée courte en plein vol, transpercé l’épaule d’un autre, atterri, puis souri ?
La lueur dans ses yeux pouvait facilement passer pour de la folie.
« C’est un malade ! »
L’un des assaillants cria.
Enkrid ne cherchait pas à savoir pourquoi ils hurlaient.
Qui étaient ces types ? Il en était presque certain, à l’instinct.
Étaient-ils différents des autres ?
Pas vraiment.
Alors il suffisait de les abattre. Ils ne lui semblaient pas différents des groupes d’assassins qui l’avaient attaqué tout au long du chemin.
La même bande.
Il en conclut cela et passa à l’action.
Eux aussi étaient des assassins, entraînés à manier les armes. Ils excellaient notamment à lire l’élan de leur adversaire.
Quand Enkrid se rua sur eux, ils crièrent précipitamment :
« Arrête ! »
Le cri était sincère, destiné à calmer les choses. En vain, bien sûr.
Il les avait déjà pris pour des ennemis.
Fouich.
Il fondit sur eux. Ses pas étaient si rapides qu’on distinguait à peine le moment où ils touchaient le sol et celui où ils s’achevaient.
Au même instant, une longue ligne se dessina au-dessus de sa tête.
Ils étaient trois assaillants au total, et seul le premier — l’archer posté sur le mur — n’était pas encore blessé.
L’homme intact avait crié « arrête », et à peine son cri s’était-il éteint qu’une lame s’abattit du ciel.
On aurait presque dit qu’elle avait fondu sur lui en abolissant l’espace qui les séparait.
Putain !
Il n’eut même pas le temps de jurer à voix haute.
Plus vite que jamais, il dégaina et leva ses épées.
Il tenait deux lames courbes, une dans chaque main.
C’étaient ses armes emblématiques.
À l’origine, il était une figure importante d’une branche de la coalition des assassins.
Parer et dévier.
Dès qu’il prit sa décision, ses deux épées courbes se levèrent vers le trait de lumière.
Il l’avait bloqué !
Puis quelque chose lui parut étrange. Au moment où la lumière rencontra ses lames, le temps sembla s’étirer.
Il eut alors le loisir d’enchaîner les pensées.
Mais il n’avait pas le temps de s’interroger. Il se concentra plus que jamais. Il ne pensa qu’à parer.
Rapide.
Il comprit soudain.
L’angle du dégainé, la prise, la façon d’appliquer la force.
Oui, c’est comme ça qu’il faut faire.
La manière de manier une arme. Comment y insuffler de la force. Tout cela lui traversa l’esprit.
Alors pourquoi n’y a-t-il toujours pas d’impact ?
Il fixa le trait lumineux. Il continuait de descendre, peu à peu. La lame traçait une ligne droite, sans la moindre vibration.
Ce n’est qu’alors que ses deux armes rencontrèrent véritablement cette lame de lumière.
Ses pensées s’arrêtèrent là.
Boum !
Crac, crac, crac ! Craac !
Enkrid avait insufflé un instant de Volonté dans son coup.
Sur quoi reposait la vitesse ?
« L’explosivité vient d’abord d’une bonne contraction des muscles. Les gros tas lents, c’est rien que des crétins, des crétins. »
Rem avait dit ça.
« Les muscles, mon frère. »
Audin l’avait dit.
Les muscles. Plus précisément, des muscles qu’il savait contrôler et utiliser correctement.
Sa cuisse droite, sa taille, ses abdominaux, son épaule, son avant-bras, sa prise : tout se contracta et donna à son mouvement une vitesse explosive.
Puis il fit pivoter sa cheville et sa taille, ajoutant la force centrifuge de la rotation à l’épée qui s’abattait de haut en bas.
Lorsque tout cela se combina, l’épée qui tombait devint la foudre elle-même.
C’était la réinterprétation personnelle par Enkrid de la Frappe foudroyante de Ragna.
Une frappe qu’un adversaire devait approcher du niveau d’un chevalier pour espérer parer.
Non pas la Volonté d’une estocade, mais celle d’un coup écrasant porté du haut vers le bas.
Le résultat était donc naturel.
Cette foudre, propulsée par des muscles entraînés, rabattit les deux lames courbes vers le sol.
Le premier bang explosif fut celui du métal heurtant le métal.
Le craquement qui suivit fut celui des os de la main et du bras de l’homme, brisés alors qu’il tenait ses lames.
Le dernier craquement retentit lorsque le dos non tranchant de l’épée courbe fut repoussé et s’écrasa sur sa clavicule.
Enkrid écrasa son ennemi d’un seul coup.
« Hooooo… »
Il poussa un long soupir sans changer de posture.
Les deux hommes restants n’osèrent pas se jeter sur lui.
L’un d’eux, celui dont l’épaule était transpercée, tenait du poison des Dix Souffles, mais il ne pouvait même pas remuer les doigts.
Enkrid se tenait dos à l’ombre du mur et expira. Son souffle s’éleva de ses lèvres comme de la vapeur.
Cette brusque débauche de violence avait fait monter sa température corporelle.
« Arrête ? Attends ? Vous avez quelque chose à dire ? »
Ce n’est qu’alors qu’Enkrid prit la parole.
Putain, il demande ça maintenant.
L’assaillant qui avait bloqué le Glaive et s’était cassé deux os des doigts le pensa en se redressant pour répondre.
« Nous sommes venus vous avertir. »
« M’avertir ? »
Était-ce son imagination, ou cela ressemblait-il moins à un avertissement qu’à une tentative de se faire tabasser ?
Enkrid le regarda comme pour lui dire de continuer.
« Ghh… Vous n’avez rien à faire ici. Alors rentrez. C’est pour ça qu’on est venus. »
Ce fut celui dont l’épaule gauche avait été transpercée qui répondit.
« C’est vous qui avez attaqué les premiers. »
« C’était une attaque que vous pouviez esquiver. »
« C’est gonflé. Après toutes les fois où vous vous êtes rués sur moi, je pourrais vous trancher la tête à tous les deux sans que vous ayez le moindre motif de vous plaindre. »
À peine eut-il fini de parler que l’homme à l’épaule transpercée lança une bombe fumigène au sol.
Pouf ! La fumée jaillit.
En la voyant, Enkrid comprit qu’ils le sous-estimaient sérieusement.
Ils croyaient vraiment pouvoir l’avoir en faisant éclater un écran de fumée et en se ruant sur lui ?
Il rengaina Spark, tendit le Glaive devant lui, tourna le plat de la lame à la verticale et la fit tournoyer. La lame souleva une rafale de vent.
Fouich !
Une force physique qui dépassait un certain seuil ne différait pas d’un sortilège.
La masse de fumée fut balayée sur le côté.
Enkrid s’attendait à ce qu’ils continuent de charger.
C’était ce qu’ils avaient fait jusque-là.
Mais cette fois, il se trompa.
J’ai baissé ma garde.
Enkrid le reconnut. Il ne s’était pas attendu à ce qu’ils fuient, mais ils détalèrent tous.
« Que s’est-il passé ? »
Andrew accourut du manoir avec un temps de retard.
Il était armé. Les cinq recrues couraient derrière lui, et Mack les suivait également.
Mack s’était mis au service du majordome, mais il n’avait pas pour autant négligé son entraînement.
Vu l’atmosphère qui régnait dans la capitale, ce n’était pas le moment de poser son épée et de se la couler douce.
Il y avait bien trop de choses qui clochaiant ici.
« Ils sont déjà partis. »
Andrew remarqua qu’il y avait eu des assaillants. Son regard se posa sur le cadavre.
« Qui est-ce ? »
« Il s’est jeté sur moi. Je lui ai porté un coup et il est mort. »
Ses deux bras et les os de ses mains étaient brisés, sa clavicule fracassée, ses organes commotionnés ; puis le dos de sa propre arme avait frappé son cœur et l’avait envoyé de l’autre côté du fleuve.
« C’est insensé. En plein jour, escalader le mur d’une propriété noble ? Même pas de nuit ? »
Andrew regarda le mort et les traces de fumée, la voix chargée de colère.
Enkrid rassemblait les pièces du puzzle.
C’était un groupe d’assassins.
Pourquoi l’attaquer maintenant ?
Jaxon était absent. Tout le monde était dispersé.
Ils ne pouvaient pas choisir meilleur moment.
Et qu’est-ce que ça impliquait ?
Ils les surveillaient.
À côté de lui, Andrew grinça des dents.
« Ces enfoirés, sérieux. »
Sa fierté avait été blessée, et il était furieux lui aussi.
Enkrid essuya sommairement le sang de son épée, la rengaina, puis passa une main dans ses cheveux.
Jusqu’à un instant plus tôt, ce n’était pas si mal.
Il avait aussi eu une révélation.
Pour quelqu’un comme Ragna ou Rem, ce genre de mur devait être un obstacle qu’ils franchissaient douze fois par jour. Pour Enkrid, sans répétition de la journée, il lui aurait fallu de la chance.
Une idée lui vint alors soudain à l’esprit.
Pouvait-il provoquer cette chance ?
Pour cela, il devait d’abord comprendre la situation actuelle.
« Que font les chevaliers et les ordres de chevalerie ? »
C’était le cœur du problème. Il alla droit au but et posa la question.
La lèvre inférieure d’Andrew tressaillit.
Qu’est-ce qui définissait la puissance militaire d’un royaume ?
Les chevaliers, évidemment.
S’il n’y avait pas de chevaliers, s’ils ne pouvaient pas en former, alors se faire réduire en bouillie par Azpen était inévitable.
Il ne s’agissait pas de simples escarmouches locales. Si l’armée de Naurillia avait pris ne serait-ce qu’un peu de retard, Azpen aurait engagé toutes ses forces et franchi la frontière sans pitié.
Si Azpen n’avait finalement pas franchi la ligne de défense frontalière, c’était à cause des ordres de chevalerie.
Azpen avait jugé que si la situation dégénérait en guerre totale, même au prix du déclin de son pays, ses forces seraient repoussées.
Évaluer la situation et faire des prévisions.
C’était ce qu’il devait faire à présent.
Enkrid réfléchit tout en s’y attelant.
Grands Yeux était le spécialiste de ce genre de choses.
Mais il n’était pas là, alors que pouvait-il faire ?
Quand on n’a plus de dents, on mâche avec ses gencives.
« Tu connais la situation actuelle du pays ? »
Andrew réfléchit un instant, puis lui retourna la question.
« Non. »
Enkrid répondit sans détour.
Son ton indiquait clairement qu’il n’avait pas l’intention de prétendre le contraire.
En le voyant, Andrew comprit pourquoi Crang avait une si haute opinion de ce capitaine fou.
Combien de personnes étaient capables d’avouer qu’elles ne savaient pas, quand elles ne savaient pas ?
Franc, droit, solide.
C’était l’impression qu’il dégageait.
Et son niveau ?
Un monstre, tout simplement un monstre.
Andrew aurait presque voulu savoir ce qui avait traversé l’esprit du mort dans ses derniers instants.
Pourquoi ce salaud était-il mort avec un demi-sourire ?
C’était parce qu’il avait eu une révélation dans le dernier éclair de sa vie, mais Andrew n’avait aucun moyen de le savoir.
« Il n’y a pas un seul chevalier dans la capitale en ce moment. Rentrons, je t’expliquerai tout. »
Ce n’était pas une conversation que les recrues devaient entendre.
« Mack. »
Andrew se tourna vers lui.
« Oui, je vais nettoyer tout ça. »
Mack avait mauvaise mine.
Enkrid trouvait ça normal.
Si ton seigneur avait mis toute sa fortune sur une main forcément perdante, toi aussi, tu te ferais du souci.
Il n’avait pas entendu tous les détails, mais l’atmosphère lui suffisait pour comprendre.
C’est une bataille perdue d’avance, non ?
Pas besoin de beaucoup réfléchir pour s’en rendre compte. Du point de vue de Crang, les dangers se succédaient sans relâche.
À ce stade, il aurait presque mieux valu rassembler d’abord des forces à l’extérieur, puis revenir plus tard avec des troupes et tout écraser par la force.
« Quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »
Rem revint avant le dîner.
« J’ai rien trouvé de valable. »
Dunbakel était avec lui, et Ragna revint un peu plus tard.
« Je croyais que c’était ta première fois dans la capitale. Pourquoi tu n’arrêtes pas de dire que tu connais des raccourcis ? »
Il ne faisait pourtant pas chaud, mais l’intendant qui l’avait accompagné était trempé de sueur en disant cela.
Lui envoyer un intendant avait vraiment été une excellente idée.
Jaxon revint le dernier.
« Où est-ce que tu traînes tout le temps ? »
Rem lui jeta un coup d’œil et lança la question.
Ils étaient réunis dans le salon du rez-de-chaussée, qui servait de salle de réception.
Il avait lui-même passé son temps à vagabonder, mais semblait l’avoir complètement oublié.
Ça, c’était bien Rem.
Jaxon l’ignora parfaitement. Il ne le regarda même pas et ne fit pas semblant d’avoir entendu.
Il lui arrivait souvent d’ignorer les gens de cette façon, mais cette fois, on aurait dit qu’il s’en fichait vraiment.
Puis il regarda Enkrid. Celui-ci le vit et prit la parole.
« Te voilà ? »
Jaxon hocha la tête.
Pour Enkrid, ce hochement de tête avait l’air d’exprimer une profonde réflexion.
C’était subtil, infime ; il l’aurait manqué sans son Sixième Sens.
« Il s’est passé quelque chose ? »
« Non. »
La réponse vint aussitôt qu’il posa la question. C’était étrange, ça aussi.
D’habitude, il n’aurait pas répondu comme ça.
Il aurait plutôt dit : « Il faut qu’il se passe quelque chose ? »
Ou encore : « On dirait qu’il s’est passé plus de choses ici que de mon côté. »
Mais non.
Pourquoi ?
Enkrid était curieux, mais est-ce que ce type répondrait si on le lui demandait ? S’il avait été du genre à le faire, on ne les aurait jamais appelés la compagnie des Fous.
Pour l’instant…
« Andrew, continue. »
Il devait d’abord entendre la suite des explications. Quoi qu’il fasse ensuite, il devait comprendre où ils en étaient.
= = =
Rejoignez notre serveur Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>