Chapitre 356
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 356 : Andrew livra un combat désespéré.
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Les six nobles ne lui adressèrent pas un mot.
Ils traitèrent Crang et Enkrid comme s’ils n’existaient pas.
« Attendez tranquillement. N’ouvrez pas la bouche tant qu’on ne vous a rien demandé. Ne relevez pas la tête et ne croisez pas leur regard. Répondez sincèrement quand on vous parle. Si Sa Majesté vous appelle, avancez-vous, mettez un genou à terre et répondez. »
Le vicomte Bantara s’approcha et lui donna ces consignes au beau milieu de tout ce remue-ménage. Enkrid hocha la tête, sans réagir à l’odeur infecte.
À moins d’être un homme-bête ou d’avoir pratiqué l’Art sensoriel, il devait être difficile de percevoir ce genre d’odeur.
Personne d’autre ne s’était avancé : seul le vicomte Bantara l’avait fait. On aurait dit que c’était toujours lui qui se chargeait des basses besognes.
Enkrid s’en inquiéta soudain et demanda :
« Est-ce qu’on vous met à l’écart ? »
Les autres nobles lui refilaient-ils délibérément tout le sale boulot ?
Si c’était le cas, peut-être devrait-il lui conseiller de leur tendre une carotte, comme Jaxon l’avait fait.
Le vicomte Bantara ne cilla même pas.
Il avait une force de caractère inhabituelle. Il ne trembla pas d’un cil.
Le comte Molsen avait peut-être vraiment le flair pour repérer les gens.
À travers les larges manches, Enkrid aperçut les muscles bien entraînés de ses avant-bras.
C’étaient les bras d’un homme qui avait tenu une épée pendant des années. La paume qu’il lui montra en parlant était pareille. Elle ressemblait à celle d’Enkrid, fendue et refendue à force de serrer une épée.
« Surveillez votre langue. »
Le vicomte Bantara poursuivit sur le ton de l’avertissement. Enkrid se contenta de hausser les épaules.
Peut-être que cet échange leur parut insolite, car deux nobles se tournèrent vers eux.
Pourtant, aucun ne prit la parole.
Après un court moment, quelques nobles se mirent à chuchoter. Ils se couvraient la bouche et rapprochaient leurs têtes pour se parler à l’oreille.
Ils pensaient que personne ne pouvait les entendre, mais Enkrid maîtrisait l’Art sensoriel.
Il n’eut qu’à se concentrer pour distinguer clairement leur conversation.
« C’est un roturier. »
« J’ai entendu dire qu’il avait le niveau d’un écuyer. »
« Ce fils de pute l’a amené pour qu’on le recommande à un ordre de chevalerie ? En remerciement de l’avoir escorté jusqu’ici ? »
« Regardez donc dans quel état est l’homme qu’il a amené avec lui. »
« Il a le genre de visage qui ferait merveille sous les jupes d’une noble. »
Si Rem avait entendu ça, leur aurait-il fendu le crâne à coups de hache sur-le-champ ?
Il détestait cette racaille de nobles.
Enkrid s’en fichait. Ce n’était pas la première ni la deuxième fois qu’il entendait ce genre de choses.
Les gens pouvaient bien bavarder autant qu’ils le voulaient. Il n’avait qu’à ne pas y prêter attention.
Tandis qu’il laissait les paroles des nobles entrer par une oreille et ressortir par l’autre, Enkrid jeta un coup d’œil sur le côté et vit Crang, impassible.
Sa posture était stable, mais son visage lui donnait l’air d’attendre, une jambe légèrement fléchie et les bras croisés.
La Reine apparut peu après.
« Sa Majesté la Reine arrive ! »
Elle n’était évidemment pas seule. Des gens l’escortaient, et la Garde royale entra avec elle, avant de prendre position près des portes de la salle d’audience et de la porte arrière par laquelle elle était arrivée.
Les pointes de ces lances étaient-elles peintes en or par goût ?
La pensée lui traversa l’esprit.
Bien sûr que non. C’était pour le spectacle. La Garde royale assurait aussi les cérémonies, d’où l’or qui ornait son équipement.
Quoi qu’il en soit, les casques et les lances dorés devaient avoir fière allure lors d’un défilé.
Sa curiosité passagère surgit, puis s’évanouit. Quelle importance ?
« C’est vous ? »
La Reine s’adressa à Enkrid dès son arrivée.
Elle semblait moins être une souveraine qu’une femme chaleureuse au sourire facile.
Elle lui rappela une vieille serveuse de taverne qui avait pris soin de lui quand il était jeune.
L’une régnait sur un royaume.
L’autre portait des chopes de bière dans une taverne.
Leur statut était tout autre et elles ne se ressemblaient pas du tout, pourtant Enkrid percevait chez elles une même douceur.
« Baissez la tête. »
Le vicomte Bantara le réprimanda à côté de lui.
Devait-il le faire ?
« Laissez-le. »
La Reine l’arrêta.
Puis elle observa un instant le visage d’Enkrid et déclara :
« Vous avez un visage agréable. »
Cela ressemblait moins à une marque de désir qu’à un simple compliment sur son apparence.
Enkrid ne sut que répondre.
Il ne pouvait tout de même pas lui dire : « Votre Majesté a l’air très généreuse. »
À vrai dire, la Reine n’était ni frêle ni mince.
Elle avait une silhouette équilibrée, et un diadème symbolisant la couronne reposait sur sa tête.
À ses côtés se tenait un visage familier — ou, plus précisément, une Grenouille familière.
Grrk.
La Grenouille gonfla une joue un instant. C’était sans doute un sourire.
Enkrid la salua lui aussi du regard.
Ruagarne, la Grenouille qui l’avait accompagné lorsqu’il avait obtenu le Style de l’Épée correcte sans nom, qui l’avait aidé à travailler son Épée correcte et qui s’emportait toujours à la vue des Cultistes.
« Vous ne connaissez même pas les bonnes manières ? »
Un autre noble intervint de nouveau. Cela suffisait à révéler une chose.
L’autorité de la Reine était en lambeaux. Elle avait laissé faire, et pourtant un simple noble se permettait encore d’intervenir.
Enkrid le remarqua également, mais laissa couler.
« Vous êtes réunis pour vérifier s’il est vraiment de sang royal, n’est-ce pas ? Donnez votre nom. »
Comme si elle n’avait pas entendu le noble, la Reine reporta son regard sur Crang.
Enkrid n’eut même pas le temps de s’avancer et de mettre un genou à terre.
Elle avait naturellement détourné le sujet et l’attention de la salle. C’était là l’essentiel. Le noble qui était intervenu ne pouvait désormais plus s’en prendre à Enkrid.
Enkrid quitta le centre de l’attention. Crang s’avança.
Le noble qui avait fusillé Enkrid du regard se mit à fixer Crang de la même façon.
Quel lâche. S’il avait décidé de montrer son hostilité, il aurait dû garder les yeux sur Enkrid.
Sur cette pensée, Enkrid regarda Crang avancer.
Il était difficile de décrire sa démarche.
Ni rapide ni lente, simplement assurée. Crang marcha, releva la tête et croisa le regard de la Reine.
À cet instant, bien qu’il se trouvât au-dessous du trône, il avait l’air de faire face à la Reine d’égal à égal.
Il dégageait une telle force, une telle présence et une telle assurance.
Ses vêtements étaient couverts de poussière après le voyage, ses cheveux en bataille faute d’avoir été lavés correctement, mais tout cela n’avait aucune importance.
Il avait de la dignité et de la prestance.
« Kdianat Rangdius Nauril, à votre service. »
Crang prit la parole. Sa voix fit vibrer la grande salle. Elle rebondit contre les murs et sembla résonner dans tout son corps.
« Approchez. »
Aux paroles de la Reine, une vieille femme en robe traînante sortit de derrière elle.
Elle prit le pendentif de Crang et le compara à celui qu’elle tenait dans sa propre main.
« Il correspond. »
On procéda ensuite à une vérification magique du sang de Crang.
Enkrid se contenta d’observer.
« C’est exact. Tu es de mon sang. Au nom de la Reine, je te reconnais. Si un ministre a une objection, qu’il la formule maintenant. »
Les nobles ne formulèrent aucune objection à voix haute.
Mais leurs regards en disaient long.
« Et alors ? Tout le monde sait déjà qu’il est du sang de la Reine. »
« Tout ça, c’est parce que l’ancien roi n’a pas su se défaire de ses mauvaises habitudes. »
Ils savaient déjà tout.
Puisqu’ils étaient même allés jusqu’à envoyer une équipe d’assassins, qu’auraient-ils pu obtenir en contestant maintenant l’identité de Crang ?
Ils avaient même sorti un pendentif gravé de l’emblème royal, et un mage l’avait authentifié.
On aurait dit une pièce de théâtre dont tous les participants connaissaient déjà le dénouement.
Après cela, la Reine annonça qu’elle devait se retirer, ses obligations officielles l’attendant.
Les ministres se dispersèrent eux aussi rapidement.
Au bout du compte, Crang et Enkrid furent les derniers à quitter la salle d’audience.
Les nobles les ignorèrent tous les deux comme s’ils n’avaient rien qui mérite l’attention.
Pas un seul regard sur le chemin de la sortie.
Même celui qui avait réprimandé Enkrid pour son manque de manières garda le silence.
En sortant de la salle, Enkrid prit la parole.
Cela ne le concernait pas, mais l’ambiance était étrange.
« Ils ont tous l’air de s’en désintéresser. »
Une nouvelle voie de succession s’était ouverte, et Crang s’était fait connaître. Pourquoi les nobles ne s’intéressaient-ils pas du tout à lui ?
« Ceux qui me reconnaîtraient ne sont pas dans cette salle. Seuls ceux qui veulent me voir mort s’y sont réunis. »
Enkrid comprit et demanda :
« Alors, ils n’ont pas besoin de parler à quelqu’un qui va bientôt mourir ? »
« Des gens pragmatiques. »
Crang ricana en disant cela.
Était-ce normal de rire d’une chose qui concernait sa propre vie ?
La dignité qu’il avait montrée un instant plus tôt avait disparu, remplacée par une malice pure et simple.
Enkrid lui lança d’un ton inquiet :
« Ne te rapproche pas trop de Rem. »
« Je te le répète : à mes yeux, c’est toi le plus cinglé. »
« Je suis sérieux. Essaie de ne pas parler à Rem. »
Il avait déteint sur lui. Sans aucun doute.
Au moment où ils sortirent de la salle d’audience,
« Enki. »
Ruagarne, la Grenouille, appela Enkrid.
« Tu vas bien ? »
Sur ces mots, la Grenouille abattit sa main à la verticale.
Enkrid leva la main et déchiffra son mouvement.
Une feinte.
Le plus important n’était pas sa main qui s’abattait, mais son pied. Ruagarne prit appui sur le sol et glissa sur l’épais tapis.
Une manœuvre pour réduire la distance.
L’Épée entravante s’activa d’elle-même.
Au rythme de ce jeu de jambes, la main lisse de Ruagarne s’anima : elle se plia, piqua et frappa de tous les côtés. Enkrid para chacun de ses coups.
Sa peau étant glissante, il était encore plus facile de dévier ses attaques.
Dès le début, il n’y avait eu aucune intention meurtrière, pas même de pression : ce n’était qu’un jeu de mouvements, pour s’amuser.
Deux soldats postés en sentinelle dans la salle d’audience les observaient, les yeux brillants.
Le niveau de leur échange était impressionnant.
« Si nous nous battions maintenant, je perdrais. Tu as beaucoup progressé. »
Ruagarne avait l’air impressionnée. Elle retira sa main et gonfla les joues en poussant un grrk.
Elle disait vrai.
Avec de tels progrès, même si ces salauds de Cultistes avaient attaqué, Enkrid aurait pu leur écraser le crâne.
Cette pensée la réjouit à nouveau, et deux autres grrk s’échappèrent de ses joues.
« Est-ce vraiment convenable devant le prince ? »
demanda Enkrid.
« Personne n’exige d’une Grenouille qu’elle respecte l’étiquette. »
« Je suis d’accord. »
Crang ajouta, puis demanda à Enkrid :
« Alors, vous vous connaissez ? »
« C’est la Grenouille qui était venue à la Garde-frontière. »
Enkrid répondit, mais avant qu’il ait fini, la Grenouille remua les joues et prit la parole :
« Notre relation était-elle si insignifiante pour que tu la présentes ainsi ? »
« Et comment devrais-je la présenter ? »
« Je t’ai appris l’escrime, nous avons combattu ensemble et nous avons même exploré des reliques. Si les choses avaient mal tourné, nous aurions pu y rester coincés. »
« Ça a l’air d’être une longue histoire. »
Crang intervint au moment opportun.
« Oui, c’en est une. Mais surtout, où sont passés les autres ? »
Enkrid hocha la tête et demanda :
Personne de son groupe n’était en vue.
Un chevalier les avait-il emmenés de force, tous ensemble ?
Pourtant, ils n’étaient pas du genre à se laisser emmener sans protester.
Ils ne connaissaient personne ici non plus ; même si on leur avait dit de se reposer au palais royal, ils n’auraient pas obéi sans broncher.
Sans rapport avec les pensées d’Enkrid, les deux gardes royaux qui observaient Enkrid, Crang et la Grenouille affichaient des expressions perplexes.
Pourquoi cet Enkrid tutoyait-il le prince, mais vouvoyait la Grenouille ?
Et pourquoi personne ne trouvait-il cela étrange ?
« Je savais que tu finirais par venir ici, capitaine. »
La voix retentit à l’improviste. Enkrid se tourna vers elle.
« Hein ? »
Il fut véritablement surpris. Il ne s’attendait pas à voir ici quelqu’un qu’il connaissait, à part Marcus ou Ruagarne.
Et si quelqu’un d’autre se présentait, il s’était dit que ce ne serait pas une bonne rencontre.
« Toi. »
« Traiter un noble de “toi”, quelle insolence ! »
L’autre homme le dit en souriant. Il plaisantait.
« Et celui qui se tient devant toi est un prince. »
Crang intervint.
« Oui, Votre Altesse. Comment allez-vous ? »
« Grâce à toi, fort bien. »
Un seul « toi » avait suffi à lancer cet échange.
« Allons-y. J’ai invité tout le monde dans mon domaine. »
Le visage familier prononça ces mots.
« Andrew. »
Enkrid prononça son nom.
« Andrew Gardner, un noble. »
« Et moi, je suis un prince. »
Crang ajouta :
« Votre Altesse, vous avez toujours autant aimé plaisanter ? »
Andrew demanda cela en clignant des yeux.
Aux yeux d’Enkrid, Crang et Andrew avaient l’air de se connaître. Et c’était bien le cas.
Andrew avait rêvé de restaurer sa maison. Pour y parvenir, il avait joué l’avenir de sa famille en misant sur quelqu’un qui n’appartenait à aucune des factions existantes, au lieu de rejoindre l’une d’elles.
Cet homme, c’était Crang.
Après s’être séparé d’Enkrid, Andrew avait vécu ses propres aventures, qui l’avaient mené jusqu’ici.
Il était maintenant le baronnet Andrew Gardner et possédait même un véritable domaine dans la capitale.
« Je suis surpris. »
Enkrid le dit d’un ton neutre.
« Vous n’en avez pas du tout l’air. »
« Je suis vraiment surpris. »
« Alors, vous allez loger chez le baronnet Gardner ? »
Ruagarne, qui avait suivi leur conversation, posa la question. Avant qu’Enkrid ne puisse répondre, Andrew prit les devants.
« Je vous en prie. Ce sera toujours mieux que de loger dans une auberge. »
Il n’y avait aucune raison de refuser.
« Alors, à plus tard. J’ai beaucoup de travail, moi aussi. »
Ruagarne dit cela, puis leva ses doigts arrondis et les agita de droite à gauche.
Un adieu très humain. Enkrid lui fit signe en retour.
« On pourra discuter en chemin. Et toi, Crang ? »
« Je ferais mieux de rester au palais. Dans quelques jours, on donnera une réception pour célébrer mon retour ; j’ai beaucoup de choses à préparer. »
Une réception ne plaisait absolument pas à Enkrid.
Crang s’éclipsa sans attendre de réponse.
Enkrid observa Andrew et se rendit compte que son ami avait beaucoup changé.
Sa barbe était plus fournie, et une cicatrice qu’il n’avait pas auparavant lui barrait la peau sous l’œil droit.
À présent, il se débrouillait seul. Peut-être n’avait-il plus besoin d’une nounou.
Enkrid s’était désarmé avant d’entrer dans le palais ; Andrew était donc lui aussi les mains vides.
« Mack ? »
« Il est au domaine. »
Il avait peut-être abandonné son rôle de nounou pour devenir majordome.
« Très bien, allons-y. »
* * *
Andrew résuma sa vie depuis leur dernière rencontre en quelques mots simples et directs.
« J’ai risqué ma vie pour une mission et récupéré mon titre de noble. Ensuite, la pression et les manœuvres pour me surveiller sont devenues féroces. Alors, même maintenant, je suis encore au beau milieu d’une aventure. »
Inutile d’entendre tous les détails de cette aventure.
Il semblait tout de même avoir mis assez d’argent de côté entre-temps. Ce n’était pas un domaine avec jardin, mais il avait une vraie maison dans la capitale.
Un bâtiment de trois étages.
Le rez-de-chaussée comptait une salle de réception et une salle à manger ; les chambres commençaient au deuxième étage. Il y en avait plus de dix en tout.
La maison était grande et spacieuse.
À leur arrivée, Enkrid aperçut le groupe, Rem compris.
« Ouah, ce salaud d’Andrew a réussi. »
Rem prononça ces mots au milieu de la salle de réception, tout en mâchant des sucreries.
La capitale était le cœur des échanges commerciaux.
Sa cuisine y était donc très développée, et plus particulièrement ses desserts.
Rem mâcha, puis hocha la tête.
« Rem n’a pas changé. »
Andrew parla derrière lui.
Esther somnolait sur un coussin de laine.
Pour le moment, les autres étaient éparpillés dans la salle de réception.
Ragna se tenait près de la fenêtre. Devant lui, quelques hommes s’entraînaient, un gourdin à la main.
« Des soldats privés ? »
demanda Enkrid.
« Il est interdit d’avoir des soldats privés dans la capitale. »
« Alors ? »
« Ce sont des élèves à qui j’enseigne l’escrime. »
« Qui ça ? »
« Moi. »
« Qui ça ? »
Même Rem posa la question en mangeant ses sucreries.
« Qu’est-ce que tu leur enseignes ? »
Ragna tourna alors la tête et posa la même question.
Jaxon ne dit rien, mais observa Andrew en silence.
« Vous seriez stupéfaits de voir à quel point j’ai progressé. »
Enkrid hocha la tête. Andrew avait progressé. Évidemment.
Aux yeux d’Enkrid, Andrew avait du talent.
« Alors, tu as progressé. »
La voix d’Enkrid était étrangement neutre.
En l’entendant, Andrew esquissa un sourire.
Seules ses lèvres se retroussèrent ; ses yeux ne souriaient pas. Enkrid avait lui aussi accompli de grands exploits, mais Andrew avait dû franchir bien des obstacles de son côté.
« Un petit combat ? »
Andrew proposa le premier. Enkrid hocha de nouveau la tête.
Il s’était passé bien des choses, depuis l’invitation jusqu’à sa rencontre avec la Reine, mais cette proposition était de loin celle qui lui plaisait le plus.
« Ça ira, si tu pleures après t’être fait battre devant tes élèves ? »
Enkrid s’inquiétait pour un ancien membre de son unité.
« Putain, viens te battre. »
Andrew livra un combat désespéré.
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