Chapitre 131
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Ryuu
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 131 : Le cours de la bataille bouleversé par un simple duel d’entraînement
Rem était aux anges.
Ragna, lui, brûlait d’un enthousiasme nouveau.
Audin aussi avait l’impression d’avoir trouvé une réponse au cours de son duel d’entraînement avec Enkrid.
Ses prières au Seigneur avaient toujours été pleines de questions, mais n’avaient jamais reçu de réponse.
Le Seigneur faisait du silence une arme, laissant aux mortels le soin de trouver leurs réponses dans ce calme.
Pourtant, parfois, juste parfois, Audin croyait que le Seigneur lui répondait autrement, par l’intermédiaire d’une chose ou d’une personne.
Et ce jour-là, au cours de leur duel, Audin avait eu l’impression qu’Enkrid lui avait apporté une telle réponse. Du moins, c’était ce qu’il ressentait.
« Que peut bien gagner cet homme à s’épuiser ainsi sans relâche ? Ses efforts finiront-ils par porter leurs fruits ? »
Les interrogations d’Audin sur la persévérance d’un homme le ramenèrent bientôt aux dilemmes plus profonds qui le tourmentaient depuis des années.
« Tu dis qu’il faut protéger les faibles, alors pourquoi ne les protèges-tu pas ? Pourquoi ne récompenses-tu pas leurs efforts ? »
Force et faiblesse. Bien et mal.
Des questions anciennes.
Pourquoi ceux qu’il jugeait « mauvais » prospéraient-ils, tandis que ceux qu’il estimait « bons » souffraient ?
Il avait vu des faibles vertueux et des hommes forts tout aussi vertueux tomber. Il avait vu le mal prospérer dans les temples, berceau et fondement mêmes de la création du Seigneur.
Pourquoi le Seigneur se contentait-il de regarder ?
Pourquoi n’intervenait-il pas ?
Et pourquoi les inquisiteurs, ceux qui prétendaient défendre la foi, se contentaient-ils d’enchaîner les impuissants avec des épines et de les traîner à la mort ?
Pourquoi le Seigneur laissait-il faire ?
Au milieu de tout cela, il y avait un homme qui s’acharnait à vider un fleuve entier à mains nues.
Un homme qui se tenait devant lui sans jamais fléchir, immuable jour après jour, tel le soleil levant.
Si Dieu existait vraiment, il avait dû envoyer cet homme pour lui répondre. Impossible de détourner les yeux d’un être qui brûlait d’une telle ardeur et vivait avec une telle conviction.
Audin ignorait si une intervention divine avait réellement eu lieu. Il ne pouvait pas le savoir.
Mais peu importait.
Le fait de connaître Enkrid et de passer du temps avec lui avait appris quelque chose à Audin.
« Les questions sont en moi. »
Et les réponses aussi.
Au cours de leur duel, Audin avait eu le sentiment d’avoir trouvé une réponse à ses propres questions. À vrai dire, il s’en sentait libéré. Le poids qui lui avait oppressé la poitrine s’était envolé, et il se sentait léger.
Si léger, en fait, qu’il pouvait désormais fracasser le crâne de quelques ennemis sans hésiter. Voilà ce qui l’avait poussé à s’avancer après son duel avec Enkrid.
Rem l’avait rejoint. Ragna aussi.
Nul ne pourrait l’affirmer avec certitude, mais l’esprit inflexible d’Enkrid avait infléchi le cours de cette bataille.
Ce simple duel d’entraînement avait ébranlé le cœur de tous les membres de son escouade et les avait poussés sur le champ de bataille.
« Seigneur, je vous confie aujourd’hui ces âmes, afin qu’elles demeurent auprès de vous. »
Tuer pouvait être un péché, mais pas toujours. Toutes les religions reflétaient l’époque où elles existaient, et celle d’Audin ne faisait pas exception. Son Dieu ne reculait pas devant le sang.
Quand la situation l’exigeait, c’était acceptable. Même à cet instant, il pouvait envoyer autant d’âmes qu’il le fallait servir auprès du Seigneur, sans la moindre retenue.
Audin s’avança résolument. Les soldats autour de lui murmurèrent, puis se turent.
« Que ceux que la Déesse de la Fortune bénit feraient mieux de reculer. »
Sa voix exprimait la compassion et la miséricorde. Le brouillard était si épais qu’on ne voyait pas au-delà des alentours immédiats.
Un soldat ennemi le remarqua et ricana.
« Tu essaies d’imiter notre Géant, c’est ça ? »
Ce n’était pas une supposition déraisonnable. Audin esquissa un léger sourire. Il ne s’en offusqua pas. Pas le moins du monde.
Il les enverrait auprès du Seigneur et leur donnerait l’occasion de demander pardon. À quoi bon s’énerver ?
Ce n’était pas le moment de s’attarder sur les mesquineries d’un mortel.
« Je n’imite personne, mon frère. »
« Mon frère, mon cul. »
Ils n’étaient plus qu’à quelques pas l’un de l’autre, figés dans un face-à-face. Audin se mit à compter à voix haute.
« Cinq. »
Personne ne comprit la signification de ce chiffre.
« Qu’est-ce qu’il marmonne, ce putain de taré ? Tuez-le ! »
Sur ce champ de bataille enflammé par l’apparition du Géant, le sang des soldats s’était déjà échauffé.
Un soldat des forces d’Azpen se rua sur lui, lance en avant.
Boum.
Du revers de la main, Audin dévia doucement la pointe de la lance. Celle-ci glissa le long de sa main et dévia de sa trajectoire.
Le soldat manqua de trébucher, puis retrouva son équilibre.
« Quatre. »
Audin poursuivit son décompte.
« Espèce de… ! »
Le soldat fit un signe de la main pour donner ses ordres à son escouade. C’était un chef d’escouade.
Ses hommes encerclèrent aussitôt Audin. Pour un fantassin, une lance était la meilleure arme qui soit.
À présent, dix pointes de lance étaient braquées sur Audin, toutes dirigées vers lui.
« Trois. »
Audin compta de nouveau.
« T’as complètement perdu la boule. »
Le chef d’escouade jura, mais un malaise le gagnait. Un frisson lui parcourut l’échine et son estomac se noua.
Que venait-il de se passer ?
Qui déviait une lance à mains nues comme ça ?
Portait-il quelque chose sous ses fins gants blancs ? Ils ne ressemblaient pas à des gantelets de combat.
Et pourquoi ses mains étaient-elles aussi absurdemment grandes ?
« Deux. »
Avant qu’il ait pu comprendre ce qui se passait, le compte à rebours reprit. Le chef d’escouade cracha par terre et aboya son ordre.
« Tuez-le. »
Au moment précis où l’ordre fut donné…
« Un. »
Audin prononça le dernier chiffre.
C’était sa dernière marque de clémence, son ultime geste de compassion. Un avertissement adressé à tous ceux qui portaient la pièce de la Déesse : qu’ils battent en retraite.
Pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, il agirait comme l’émissaire du Dieu de la Guerre. Il ne comptait pas encore incarner pleinement l’apôtre du Dieu de la Guerre. Ce n’était pas le moment.
Mais si les forces ennemies voulaient lui envoyer un Géant, soit. S’il devait invoquer le nom du Dieu de la Guerre, autant qu’un véritable combat lui permette de faire ses preuves.
« Eh bien. »
Audin parla calmement tandis que les lances fonçaient sur lui.
Sur ce dernier mot, il bougea et saisit son arme. Ce n’était pas celle qu’il préférait ; il avait laissé son arme de prédilection au temple.
Celle-ci ne la remplaçait que provisoirement.
Une simple matraque en bois, huilée, sans ornement. Ni clous, ni renforts de fer.
Mais elle ferait l’affaire.
Fff.
Du point de vue de ses ennemis, Audin sembla disparaître au moment où ils pointaient leurs lances. Mais ce n’était pas le cas. Il s’était simplement cambré en arrière, pliant le corps à ras du sol pour éviter les coups.
Trois soldats avaient attaqué simultanément, en visant tous sa poitrine.
Avec une souplesse contre nature, Audin prit appui sur le sol et se redressa d’un seul mouvement fluide.
D’un simple coup de matraque…
Clac !
Un large mouvement circulaire envoya les trois lances s’entrechoquer sur le côté.
« Ah ! »
Les soldats vacillèrent, déséquilibrés. Audin s’avança.
Sa matraque s’abattit.
Boum !
Un coup, un crâne fracassé.
Boum, boum !
Trois coups, trois crânes écrasés. Tout fut terminé en un instant. Malgré sa carrure, Audin se déplaçait aussi vite qu’un écureuil.
« Qu’est-ce que… ? »
D’autres ennemis chargèrent, lançant des lances et des couteaux. Audin esquiva la plupart des projectiles, en attrapa quelques-uns et les renvoya avec une précision mortelle.
Lorsqu’il fut à portée, sa matraque frappa de nouveau.
Boum !
Les têtes éclatèrent comme des melons trop mûrs, leur contenu se répandit partout. Derrière lui, un soldat de Naurillia marmonna : « C’est un monstre. »
Rien de compliqué. Esquiver, frapper et gagner. Tout le monde connaissait la formule. La différence se jouait dans l’exécution : rares étaient ceux qui en étaient réellement capables.
Boum !
Une autre tête éclata.
Au début, il ne se servait que de sa matraque. Quand l’ennemi riposta avec des flèches, il se mit aussi à utiliser ses pieds. À partir de là, on aurait dit une charge de cavalerie.
Tous ceux qui s’approchaient étaient projetés au loin.
« Hahaha ! »
Tout du long, Audin laissa échapper un rire sonore.
« Que la bénédiction du Dieu de la Guerre soit avec nous ! »
Il cria de nouveau. S’il était fou, il l’était jusqu’au bout.
Bien sûr, les soldats de Naurillia qui assistaient à la scène en éprouvaient un certain soulagement. Au moins, ce fou était de leur côté.
« En avant, tout le monde ! »
Le poste de commandement s’adapta rapidement au changement de situation et ordonna à l’armée de progresser. Audin semait le chaos au milieu des rangs ennemis.
« Où crois-tu aller ?! »
Même les meilleurs combattants des Lévrier Gris tentèrent de l’affronter.
Mais…
« Bienvenue, mon frère ! »
Audin feinta avec sa matraque, pivota sur le pied gauche et lança sa jambe droite dans un coup de pied.
Crac !
Le coup, porté au milieu du corps, plia le soldat ennemi en deux.
Quel genre de coup de pied était-ce ?
On aurait dit qu’il portait des poids d’acier aux pieds. Le corps de l’homme se replia vers l’intérieur, ses organes éclatèrent. Les vaisseaux de son visage se rompirent et ses yeux devinrent écarlates.
Son corps sans vie s’écrasa contre plusieurs soldats, les renversant comme des dominos.
« C’est quoi, ce type ? »
Pour ses ennemis, c’était incompréhensible. Audin combattait comme un fourmilion affamé, dévorant tout ce qui s’approchait.
Sa déferlante ne s’interrompit pas. Quels que fussent leurs efforts, ses ennemis ne parvenaient ni à le submerger ni à le prendre de vitesse.
Ce n’était pas seulement sa force brute, mais aussi sa façon de se mouvoir. La précision de chaque coup, sa manière d’atteindre toujours sa cible, l’efficacité brutale avec laquelle il éliminait tous ses adversaires.
Au milieu du tumulte du champ de bataille, il demeurait une force inébranlable, fendant le chaos comme un vent violent.
Pendant ce temps, Sinar, le commandant de compagnie elfe, faisait face à un adversaire.
Un autre elfe.
De nos jours, croiser l’un des siens sur un champ de bataille n’avait rien d’inhabituel.
Le monde avait changé. L’époque où les elfes vivaient rassemblés dans des forêts reculées était révolue depuis longtemps.
Les sociétés fermées comme la leur finissaient inévitablement par disparaître. Et quand elles disparaissaient, on les oubliait. Dieux ou elfes, ceux qui vivaient à l’écart finissaient par abandonner leurs terres aux envahisseurs.
Les décisions prises par les générations précédentes d’elfes avaient, d’une manière ou d’une autre, changé le destin de leurs descendants.
Parmi elles, il y avait eu le choix d’échanger leurs années contre des kronas. Mercenaires ou engagés en échange d’un autre prix, de nombreux elfes avaient rejoint l’armée.
Aussi Sinar estima-t-elle qu’elle ne différait pas beaucoup de l’elfe qui se tenait devant elle.
Pour des kronas ou pour une autre raison, ils étaient désormais ennemis.
« Une lame-aiguille ? »
L’elfe qui lui faisait face portait une arme semblable à la sienne : une fine lame-aiguille, élancée, conçue pour porter des estocs précis.
C’était une arme elfique traditionnelle, mais son usage, ici, était évident : tuer.
« Tu es des nôtres, remarqua l’elfe d’Azpen d’une voix sèche et tranchante. »
Il avait le visage froid et résolu, les cheveux courts et la mâchoire serrée. La plupart des elfes étaient entêtés, et Sinar n’allait pas nier qu’elle partageait ce trait.
La pointe de la lame de l’homme était rouge, et le sang gouttait régulièrement sur le sol. Autour d’eux, leurs forces respectives avaient reculé pour former un large cercle.
D’un côté, un commandant de compagnie. De l’autre, un soldat armé d’une lame spécialement conçue pour ce genre de situation.
« Si tu fuis, je ne te poursuivrai pas. »
Sa voix était dure, ses paroles méprisantes, comme s’il lui offrait une porte de sortie. Sinar répondit en dégainant sa propre lame.
Chling.
Le son de sa lame-aiguille — une lame-feuille — quittant son fourreau fendit l’air.
« Tu m’as ôté les mots de la bouche. »
Ils fondirent l’un sur l’autre en un instant, leurs armes étincelant. Le duel ne dura pas longtemps.
Sinar surpassait largement son adversaire en habileté, en expérience et en précision. Que cela tînt au talent naturel, à l’entraînement ou à sa seule capacité d’adaptation, l’elfe se montra inférieur en tout.
En quelques passes, la lame de Sinar trouva sa cible.
Fschht !
Sa lame-aiguille effleura le cou de l’elfe ; le coup fut net et mortel.
L’homme porta la main à sa gorge, le sang ruisselant entre ses doigts, puis s’effondra en avant.
Sinar se tint au-dessus de lui, sa lame dégoulinante. Mais au lieu d’éprouver de la satisfaction, elle ressentit un profond dégoût.
« Bande de salauds. »
C’était un piège. Elle comprit que l’elfe avait servi d’appât. Au moins trois intentions meurtrières distinctes l’avaient encerclée pendant qu’elle se concentrait sur le duel.
Tout cela n’avait servi qu’à détourner son attention, à la distraire assez longtemps pour que des assassins puissent frapper.
Leur objectif était clair : assassiner un commandant. Le plan n’était pas mauvais, songea-t-elle. Avec un peu plus de chance, il aurait même pu fonctionner.
Mais la chance les avait abandonnés. Les intentions meurtrières qu’elle avait ressenties plus tôt avaient disparu.
Il n’y avait que deux explications possibles. Les assassins avaient fui, jugeant leur tentative vouée à l’échec, ou bien…
Quelqu’un d’autre s’en était chargé.
La réponse apparut lorsqu’un homme entra dans son champ de vision. Il essuya nonchalamment sa lame sur les vêtements du cadavre, l’air aussi calme que s’il revenait d’une promenade.
Ses yeux bruns luisaient d’un éclat rougeâtre, en accord avec ses cheveux auburn.
Les légères ondulations de sa chevelure lui donnaient un charme rustique, et pas une tache de sang ne la souillait.
En tout le temps où elle avait connu Jaxon, Sinar ne l’avait jamais vu se salir en combattant.
Il était toujours impeccable.
Enfin… sauf une fois. Après avoir passé une soirée dans un bordel, ses vêtements étaient dans un état lamentable. Elle se rappelait l’avoir vu ressortir, visiblement après avoir bien profité de sa soirée.
« Et par ici ? »
« Il n’y a plus rien à faire. »
Sinar posa la question, et Jaxon répondit.
Il ne faisait pas exception aux autres. Voir Enkrid progresser l’avait rendu impatient, désireux de se rendre utile.
Il y avait quelque chose chez Enkrid qui lui donnait des fourmis dans les jambes, une envie d’agir.
Ses mains le démangeaient, elles aussi. Et sa lame.
Alors, quand l’occasion s’était présentée, il avait décidé de se joindre au combat. Fendant le brouillard, Jaxon avait éliminé en silence les trois assassins qui visaient Sinar.
La tâche n’avait rien de difficile pour lui.
Les assassins étaient des elfes, et leur niveau était excellent selon les critères ordinaires.
Mais pour Jaxon, ils n’étaient guère plus que de petits désagréments. Ils comptaient sur leur talent inné plutôt que sur un entraînement rigoureux.
Cela en faisait des cibles faciles pour quelqu’un comme lui.
« Tu laisses ton commandant derrière ? »
demanda Sinar en haussant un sourcil. Jaxon pencha la tête, songeur.
« S’il avait dû mourir dans un endroit pareil, il serait déjà mort. »
C’était un bel éloge.
Sa voix ne laissait place à aucun doute : Jaxon faisait entièrement confiance à Enkrid. À présent, il ne ressentait même plus le besoin d’aller vérifier comment il allait.
La prochaine fois.
Il se fit cette réflexion.
La prochaine fois, il ne s’agirait plus d’apprendre les bases. Il lui faudrait enseigner quelque chose de plus avancé. Si Enkrid avait déjà ouvert la porte de l’intuition, alors…
« Observer et réagir. »
Voilà quelle serait l’étape suivante. Une compétence qui exigeait du temps et des efforts. L’avait-il déjà enseignée à quelqu’un ?
Non, jamais.
« Ha. »
Jaxon poussa un léger soupir, réalisant à quel point il réfléchissait à tout cela.
Il n’était pas vraiment obligé d’enseigner quoi que ce soit à Enkrid. Sinar remarqua son soupir et se méprit sur sa signification.
« Le commandant de bataillon n’est pas un idiot. Il sait lire le cours de la bataille. »
Elle croyait que son soupir venait de l’impatience que lui inspirait l’inaction de l’armée.
Ce n’était pas ça.
Mais Jaxon, qui avait toujours su dissimuler ses pensées, ne prit pas la peine de la détromper.
Le commandant de compagnie elfe supposa que l’homme qui se tenait devant elle, après avoir éliminé sans effort trois assassins, s’impatientait simplement de voir le cours de la bataille s’inverser.
Ses paroles parvinrent toutefois aux oreilles des soldats alentour. Si le cours de la bataille changeait, cela signifiait que la victoire était proche.
« Reformez les rangs ! »
À son ordre, les cinq soldats de sa compagnie qui l’escortaient se rassemblèrent rapidement derrière elle.
Quelques instants plus tard, des cors retentirent de toutes parts et des coureurs transmirent de nouveaux ordres.
Comme Sinar l’avait prédit, Marcus avait compris que le rapport de force sur le champ de bataille venait de basculer.
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