Il existe un dicton selon lequel, lorsque la rage dépasse un certain seuil, excédant la capacité de l'esprit humain, elle vous laisse froid et indifférent.
À l'époque, j'avais balayé ça d'un revers de main, pensant que ce n'était que des mots.
Mais aujourd'hui, confronté à cette réalité, je ne pouvais chasser un sentiment étrange.
« Hé. »
Les tremblements de mon corps cessèrent.
Mes respirations saccadées d'il y a un instant se calmèrent, comme par magie.
Il faisait froid.
Comme si mon cœur avait gelé net.
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? »
Une voix excessivement dénuée d'émotion.
Cela peut paraître étrange, mais c'était le paroxysme de ma rage.
Mes émotions s'estompaient peu à peu.
À leur place, une rationalité glaciale commençait à me consumer.
« Répète ça. »
Les capturer vivants.
Cette pensée avait depuis longtemps disparu de mon esprit.
Tout ce à quoi je pouvais penser maintenant, c'était
à la façon de rendre leur mort aussi atroce que possible.
Comment faire en sorte que cette bouche, qui avait osé se moquer de la mort de ma mère, supplie pour sa vie.
« … »
Ma décision prise, je levai mon épée une fois de plus.
C'était simple.
Je ferais ce que je voulais faire.
Sur cette pensée, je m'élançai.
« Il arrive… ! »
« Gagnez du temps, quoi qu'il arrive !! »
Gagner du temps ?
Croyaient-ils vraiment que c'était possible ?
Leurs paroles me parurent comiques, et je laissai échapper un léger ricanement.
-Clang !!
Mon épée fendit l'air, heurtant celle de la robe devant moi.
Des étincelles jaillirent.
Je poussai, brisant ses défenses.
-Kang !! Kik, kreeek… !
Alors que nous étions engagés dans un duel de force, nos lames verrouillées,
une autre robe, qui s'était furtivement approchée sur le côté, se rua vers mon cou avec une estocade.
C'était une combinaison décente.
Mais ils auraient dû choisir leur adversaire avec plus de soin.
« Ugh, ptooey. »
Je rassemblai le sang qui s'accumulait dans ma bouche et le crachai au visage de la robe.
« Kuh… ?! »
Le sang éclaboussa ses yeux, l'aveuglant.
Sa maîtrise de l'épée faiblit, sa vision obscurcie.
Son attaque manqua sa cible, évitant mon cou de justesse.
Je ne laissai pas passer l'occasion.
Je poussai rapidement la robe devant moi et empoignai une poignée de ses longs cheveux flottants.
« A-attends… ! »
-Slice
Une ligne argentée traversa l'air.
Une fontaine de sang jaillit, m'inondant le visage.
Sa tête proprement tranchée gisait dans ma main.
Alors que je fixais mon trophée d'un air impassible, je vis la robe que j'avais repoussée charger à nouveau vers moi.
« Aaaaagh !!! »
Il hurla de peur, faisant tournoyer son épée sauvagement.
Je déviai son attaque sans effort d'une main,
tandis que l'autre, serrant toujours la tête tranchée, la balança comme une masse.
-Swoosh… Thud !!
La tête, projetée de toutes mes forces, percuta la tempe de la robe avec un bruit écœurant.
Il chancela un instant,
puis perdit l'équilibre et s'effondra.
Je poignardai la robe tombée avec mon épée, les yeux fixés sur le dernier assaillant.
« …Merde. »
C'était celui qui, quelques instants plus tôt, s'était moqué avec joie de la mort de ma mère.
Je ricanai.
Puis, je chargeai vers lui, mes pieds martelant le sol.
« Bon sang… ! »
Il jura, se préparant à contre-attaquer.
Je levai mon épée, acceptant son défi audacieux.
Alors,
un choc violent d'acier résonna dans la salle de banquet.
-Clang !!
Mon épée dansa, se faufilant à travers ses défenses, exploitant chaque ouverture.
Des attaques comme un essaim d'abeilles, une défense comme un papillon voletant.
Sans surprise, il ne put résister à mon assaut incessant et commença à reculer.
-Clang ! Crack… ! Thud !!
Un pas.
Deux pas.
Je le poussai progressivement vers le piège que j'avais tendu.
L'échange féroce se poursuivit un moment.
Puis, alors qu'il faisait son cinquième pas en arrière,
« … !! »
Il trébucha sur quelque chose, perdit l'équilibre et tomba au sol.
C'était une flèche qui l'avait fait chuter.
L'une des flèches que j'avais déviées avec Reflet plus tôt, plantée dans le sol.
-Slice !
Sans hésiter, je lançai mon coup final.
Une image rémanente argentée traça un arc, montant du bas vers le haut, et le bruit de la chair et de l'os se séparant emplit l'air.
-Clang ! Thud…
Une rafale de sons suivit, se dispersant sur le sol.
Son épée gisait là, ainsi que ses mains tranchées.
« Ouf… Maintenant. On va discuter un peu ? »
Je m'adressai calmement à l'homme, étalé sur le sol, le visage figé dans la confusion.
Il était temps pour lui de payer.
De payer pour avoir osé parler de la mort de ma mère.
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