Chapitre bonus grâce à '@Reni2425' et '@Wocod' pour leur abonnement sur Ko-fi. Le passé, la fumée et un dernier souhait
Juste après être entré dans le manoir.
J'ai suivi Gilbert dans le couloir.
Ariel et Rachel étaient déjà montées dans leurs chambres, prétextant devoir défaire leurs bagages.
Elles avaient toutes deux dit qu'elles reviendraient bientôt... mais je ne pouvais pas éviter la situation gênante de marcher seul avec Gilbert.
Je n'ai pas pu m'empêcher de traîner derrière lui d'un pas maladroit.
"......"
L'atmosphère du manoir, où je revenais après une longue absence, était un peu plus chaotique que dans mes souvenirs.
-Alors, le Jeune Maître est de retour ?
-Ce n'est pas un peu tôt pour les vacances ? Il est rentré plus vite que prévu... ?
-Eh bien, ses vacances ont été avancées à cause du récent incident.
-Le majordome en chef est allé l'accueillir personnellement...
-Oh, regardez... ! Il passe par là !
Les domestiques s'affairaient dans tous les sens.
Des serviteurs étaient postés çà et là dans les couloirs.
J'ai légèrement froncé les sourcils face aux murmures qui parvenaient faiblement à mes oreilles.
"......Les domestiques ont l'air un peu agités."
"Haha, eh bien, ce n'est pas tous les jours que le Jeune Maître revient au manoir après presque six mois."
Gilbert laissa échapper un rire fatigué.
Il caressa sa barbe soigneusement taillée et esquissa un léger sourire.
"Ils doivent être heureux de voir le Jeune Maître."
"Haha... Votre humour s'est amélioré pendant mon absence, Majordome en chef."
"Cela ressemble à une blague ?"
"Cela ressemble à une très mauvaise blague."
Les serviteurs, heureux de me voir ?
C'était impossible.
Alors que je répondais froidement, le visage radieux de Gilbert se figea légèrement.
Il jeta un coup d'œil aux domestiques alentour.
Puis, comme pour leur trouver des excuses, il prit la parole.
"......Ils se préparent à accueillir le Jeune Maître depuis trois jours."
"C'était un ordre du Duc ?"
"......"
"Je m'en doutais."
Alors... les serviteurs alignés devant le portail tout à l'heure, c'était encore une idée de Père.
J'ai ruminé cette légère supposition.
Alors que j'organisais mes vagues doutes persistants, Gilbert inclina la tête avec une mine soumise.
"Je vous présente mes excuses, Jeune Maître. Je n'aurais pas dû dire une chose pareille..."
"Ne vous excusez pas. Je m'en fiche éperdument."
J'ai coupé court à ses excuses avec fermeté.
Puis, mon masque de calme solidement en place, j'ai avancé.
"......Et, je pense que c'est tout naturel."
"Pardon... ?"
"Il n'y a aucune chance que quiconque accueille le fou qui a dévoré sa propre mère."
"......"
Gilbert tressaillit à mes mots cinglants et se tut.
Son visage était sombre.
À bien y penser, Gilbert était l'un des rares à connaître la vérité sur la mort de ma mère.
Le jour où la tragédie s'est produite.
C'est Gilbert qui était intervenu pour gérer la situation à la place de Steiner, perdu dans son chagrin.
-Jeune Maître... ?!
-Est-ce que ça va ?!
Je m'en souviens très bien.
La chaleur du vieil homme qui s'occupait de moi alors que je restais là, hébété, dans la pièce tachée d'un cramoisi magnifique.
Cela n'avait plus d'importance maintenant.
Raiden avait toujours été reconnaissant envers Gilbert.
-Toc, toc...
Un silence pesant s'installa.
Nous marchions dans le couloir, perdus dans nos pensées.
-Bon sang... Ça recommence.
-Chut... ! Et si le Jeune Maître t'entendait... !?
-Soyez prudents pendant un moment... À moins que vous ne vouliez perdre la tête.
Alors que je déplaçais mécaniquement mes jambes fatiguées.
Les chuchotements des domestiques qui bavardaient dans un coin parvinrent jusqu'à moi.
Une hostilité claire dirigée contre moi.
Les regards se posaient et se détournaient sans cesse sur mon passage.
J'ai étiré mes lèvres en un sourire amer, réfléchissant aux émotions négatives qui se déversaient.
'Encore ça...'
En y réfléchissant.
L'endroit où Raiden causait le plus de problèmes, c'était ce manoir.
Ce n'est pas comme si je ne m'attendais pas à cette réaction, mais ça faisait quand même mal quand on y était confronté.
J'ai touché mon cœur vide.
Un vide passager s'est transformé en un sourire amer qui s'est brisé comme de la fumée.
'Ça me rappelle le bon vieux temps...'
L'atmosphère du manoir était chargée d'un air glacial.
En le traversant, j'ai rappelé des souvenirs de ma vie précédente.
'Chaque fois que je mettais les pieds dans la salle de Kendo... tout le monde me regardait avec ces yeux-là.'
La salle de Kendo.
L'endroit où j'avais passé près de la moitié de ma courte vie précédente.
Tout le monde là-bas me regardait avec ces yeux-là.
Méfiance, inquiétude, peur.
C'était peut-être à cause des rumeurs selon lesquelles traîner avec moi ne menait qu'à des ennuis.
À l'exception de Changho hyung et Jihye noona.
La plupart des gens dans la salle de Kendo m'évitaient comme si j'étais un monstre.
-Soyez prudents... Votre carrière d'athlète est finie si vous vous impliquez avec lui.
-Hé, Seo Changho... ! Je t'avais dit de ne pas lui parler... !
-J'aimerais que ce bâtard disparaisse... Je suis tellement anxieux chaque jour, ça me rend fou...
C'était un souvenir que je n'avais pas revisité depuis un moment.
J'ai accepté naturellement les hallucinations auditives qui ondulaient dans mes oreilles.
Mon estomac s'est noué.
Ma vision s'est brouillée et j'ai ressenti une vague de vertige.
Mes jambes tremblaient sans cesse.
Était-ce parce que l''Iron Will' qui me soutenait avait disparu ?
Des traumatismes qui ne seraient pas remontés à la surface en temps normal rongeaient maintenant mon esprit.
"Ugh..."
"Jeune Maître ? Est-ce que ça va ? Vous titubez depuis tout à l'heure..."
"Ce n'est rien. J'ai juste un peu le vertige..."
"Vous sentez-vous mal quelque part ?"
"Je n'ai pas mal... Je suis juste fatigué."
J'ai repoussé la main de Gilbert qui me soutenait.
C'était atroce.
J'avais l'impression que mon expression crispée allait se briser si je baissais ma garde ne serait-ce qu'un instant.
"Je vais d'abord dans ma chambre... Je veux me reposer."
"Mais, ne devriez-vous pas aller présenter vos respects au Duc d'abord puisque vous êtes de retour... ?"
"Ai-je jamais été du genre à me soucier de ce genre de choses ?"
Vous n'avez pas oublié que je suis la brebis galeuse, n'est-ce pas ?
Alors que je laissais échapper un léger rire, Gilbert marqua une pause, puis hocha la tête.
"......Oui, je comprends. Alors je vais vous escorter jusqu'à votre chambre."
"Bonne idée."
Dieu merci.
Si j'étais dans ma chambre, je n'aurais pas à ressentir tout ça.
J'ai poussé un soupir de soulagement et j'ai parcouru le couloir d'un pas instable.
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