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Cinq ans jour pour jour avant la mort de Naru.
Cela faisait presque un an que Changho avait rencontré Naru au sein de l'équipe nationale et qu'ils étaient devenus comme des frères.
Juste après avoir terminé une nouvelle journée d'entraînement épuisante.
Changho marchait d'un pas léger, songeant à aller voir Naru.
Quelqu'un l'interpella.
« Seo Changho. »
« ...... ? »
Changho tourna la tête, le regard interrogateur, vers cette voix familière.
Son visage se figea en voyant l'homme qui se tenait là.
Un homme d'âge mûr, aux cheveux noirs caractéristiques et au regard perçant.
Un visage qu'il n'avait pas vu depuis près de six ans.
Mais aussi un visage qui ne lui inspirait aucune joie.
« ...... Senior Hanchul. »
Marmonna Changho en fixant l'homme devant lui.
Kim Hanchul.
Une légende du monde du Kendo coréen, un monstre qui avait remporté cinq championnats du monde consécutifs.
Il se tenait au sommet de l'histoire du Kendo coréen.
Il était l'actuel président de l'Association coréenne de Kendo.
Et...
Le père de Naru.
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À l'intérieur d'un café non loin du centre d'entraînement.
Deux hommes étaient assis face à face à une table isolée dans un coin.
Un jeune homme aux cheveux châtain clair et un homme d'âge mûr aux cheveux noirs.
Seo Changho et Kim Hanchul.
« Alors... qu'est-ce qui vous amène ici ? »
Demanda Changho, les yeux froids en fixant Hanchul.
Son regard était un mélange de mépris, de dégoût et de trahison.
Le regard d'un enfant qui avait vu la face sombre du héros qu'il admirait autrefois.
« Ça fait un bail... Six ans, je crois. »
Hanchul le salua nonchalamment, comme s'il ne remarquait pas le regard de Changho.
Changho ressentit une bouffée de nausée face à l'attitude effrontée de Hanchul.
« Oui... Ça fait un bail. »
« Tu n'as pas l'air très heureux de me voir. »
Dit Hanchul d'une voix dénuée d'émotion, en jouant avec sa tasse de café sur la table.
Il tapota la tasse de son index et poursuivit.
« Tu sais pourquoi je suis là, n'est-ce pas ? »
« ... »
Changho garda la bouche close.
Ce n'était pas qu'il ignorait la raison.
Il ne voulait simplement pas y faire face.
« Tu pensais que je ne saurais pas ? Que tu es proche de mon fils depuis un an... »
Il existait une règle tacite parmi les membres de l'équipe d'entraînement à laquelle appartenait Changho.
C'était de garder ses distances avec le garçon nommé « Kim Naru ».
- Ce gamin, Naru... C'est le fils du président.
- Tous les seniors qui se sont approchés de lui ont fini par le regretter.
- Si tu lui montres la moindre gentillesse, ou si tu le traites bien...
- Tu finiras impliqué dans un étrange scandale de violence, ou tu te blesseras bizarrement, et tu seras forcé de prendre ta retraite...
- Donc, le mieux est de l'éviter autant que possible.
Changho se remémora les histoires que ses aînés lui avaient racontées.
« Tu sais que j'ai été indulgent avec toi... »
« ... »
« Soyons francs. Reste loin de mon fils. »
Changho ne répondit pas cette fois non plus.
Hanchul soupira face à l'entêtement de Changho et le fixa.
Ses yeux vides étaient noirs et sans vie.
« Pense à ta carrière d'athlète... Veux-tu vraiment gâcher toute ta vie pour un sentiment aussi futile ? »
Ceci est un avertissement.
Un avertissement pour ton avenir.
« Réfléchis bien. »
Dit Hanchul en reprenant une gorgée de café.
Son ton et son attitude désinvoltes firent grincer les dents de Changho.
Comment un père pouvait-il dire une telle chose à son propre fils ?
La main de Changho, qui tenait la tasse de café, se crispa involontairement.
- Crac... !
Le gobelet en carton se froissa sous la pression.
Le contenu renversé trempa froidement la main du jeune homme.
Changho prit une profonde inspiration pour calmer sa colère, puis parla.
« Pourquoi faites-vous ça... ? »
« Pourquoi ? »
« Pourquoi poussez-vous ce pauvre enfant si cruellement... ! »
« ... »
Il avait trouvé cela étrange.
L'entraînement que recevait Naru était toujours un peu décalé.
Le forcer à faire des sparrings avec des gens utilisant toutes sortes d'armes étranges.
Le faire courir tout le parcours du marathon une fois par semaine.
Le rouer de coups toute la journée sous prétexte d'entraînement.
Tout cela était étrange, bien loin de toute méthode d'entraînement normale.
Cela ressemblait plus à de la « torture » qu'à de l'« entraînement ».
Une torture cruelle imprégnée de malveillance.
Comme si l'objectif n'était pas l'entraînement, mais d'infliger de la douleur.
« Qu'est-ce que cet enfant a fait de mal pour mériter ça... ? »
À la question de Changho, les pupilles de Hanchul s'assombrirent.
Ses yeux, d'un noir profond comme si de l'encre y avait fondu, ressemblaient au ciel nocturne sans lune.
Hanchul répondit froidement.
« Pour son propre bonheur. »
« Espèce de bâtard. »
Changho cracha une insulte sans s'en rendre compte.
Hanchul, imperturbable, déplaça ses yeux sans vie.
Il posa sa tasse de café et se leva.
« Fais ton choix. Continue de rester proche de mon fils, ou reste loin de lui. »
Pour ton information, je te recommande la seconde option.
Je suis sérieux.
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La suite était évidente.
Après un moment de silence, Changho choisit de rester aux côtés de Naru.
- Tu le regretteras.
Hanchul quitta le café sur ces mots.
Changho resta assis là, fixant le vide sur la table que Hanchul venait de libérer.
Quelques mois après leur rencontre, Changho fut impliqué dans un étrange scandale de violence.
[Choquant ! Seo Changho, membre actuel de l'équipe nationale de Kendo, impliqué dans un scandale de violence...]
[Suite à l'incident récent, l'Association a décidé d'expulser Seo Changho du monde du Kendo...]
[L'actuel président de l'Association de Kendo, Kim Hanchul, exprime ses regrets concernant l'incident...]
Changho fut emporté par le courant sans aucune chance de se défendre.
Il fut jeté dehors en un instant et dut s'enfuir.
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« Putain... »
Perdu dans ses pensées, Changho lâcha une nouvelle insulte.
Le son vide résonna faiblement dans la pièce déserte.
Il n'avait réussi à rien faire, à devenir personne, et s'était effondré en poussière.
- Je... Je resterai aux côtés de Naru. Je ne te laisserai pas faire.
Quel vœu stupide cela avait été.
Un moment de défi contre le héros de son enfance qui l'avait déçu.
L'imprudence d'un jeune homme dont les émotions l'emportaient encore sur la raison.
L'arrogance insensée de croire qu'il pouvait aider Naru dans cette situation.
Changho serra les dents et s'essuya à nouveau les yeux.
Une voix impuissante s'échappa de ses lèvres tremblantes.
« Rester à ses côtés, mon cul... Quel idiot... »
Le vœu qu'il avait fait ce jour-là avait déclenché une tempête bien plus grande qu'il n'aurait pu l'imaginer.
C'était violent.
Accablant.
Et si cruel qu'il n'avait même pas eu la force de se rebeller.
Changho avait fini par être mis à genoux, incapable de résister au pouvoir de Hanchul.
En conséquence, Changho avait tout perdu, tout ce qu'il avait construit.
Et Naru avait été laissé avec une blessure irréparable.
« Je n'aurais pas dû m'enfuir comme ça... »
S'il devait s'enfuir après avoir tout perdu.
Il n'aurait pas dû laisser Naru seul dans le vestiaire ce jour-là.
Il aurait dû lui attraper la main et s'enfuir avec lui.
Au lieu de trembler de peur devant cette influence écrasante, il aurait dû faire quelque chose, n'importe quoi.
Il avait détruit sa propre vie par son propre choix.
Il aurait dû au moins protéger ce qu'il avait tenté de protéger en se battant à travers les décombres...
« C'est ma faute... Si seulement j'avais fait un meilleur choix ce jour-là... »
La culpabilité accumulée formait un souvenir douloureux.
Et ce souvenir remplissait un coin de son cœur.
Maintenant que Naru s'était donné la mort, Changho ne pouvait plus rien faire.
Tout ce qu'il pouvait faire, c'était lever les yeux vers la hauteur vertigineuse de ses regrets et lécher ses blessures amèrement.
« Ugh, ugh... »
Changho laissa échapper un gémissement de douleur alors que les larmes coulaient sur son visage.
Le soleil d'été pointait à travers la fenêtre.
Chaque fois que les rayons chauds touchaient son visage hagard, une légère chaleur effleurait sa joue.
C'était une sensation tout à fait désagréable.
Changho tendit la main et ferma les rideaux avec irritation.
La lumière chaude du soleil lui rappelait la main du petit garçon qui avait autrefois touché sa joue.
Changho ne pouvait pas le supporter.
Le chant des cigales se faisait entendre depuis l'extérieur de la fenêtre.
L'air était lourd de la chaleur de l'été.
C'était comme si tout lui rappelait cette saison.
En y repensant, cela avait toujours été l'été.
- Hé ! Tu es Naru, c'est ça ? Je suis ton senior ! Tu peux m'appeler Hyung Changho !
La saison où je t'ai rencontré pour la première fois.
- Eh bien alors... Au revoir, Naru.
La saison où je t'ai quitté.
- Naru... s'est suicidé... ?
La saison où tu as quitté ce monde.
« Putain... Putain, putain, putain... »
Des mots crus, sans filtre, s'échappaient de sa bouche.
Sa voix ressemblait plus à un gémissement qu'à un murmure.
C'était un déversement d'émotions.
Le faible chant des cigales semblait se moquer de lui.
Changho se boucha les oreilles et se recroquevilla.
Mais l'été ne voulait pas s'en aller.
Il ne faisait que faire fondre impitoyablement son corps, affalé dans la défaite sous sa chaleur torride.
Oui, l'été.
Un été sans fin.
Un été cruel et impitoyable qui avait emporté le garçon.
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